NUI
4° Il n'est pas vrai que Moïse ait multiplié les signaux selon le besoin; il parle constamment d'une seule colonne qui était de nuée, et non de fumée, pendant le jour, et qui ressemblait à un feu pendaut la nuit.
II est encore faux que Dieu ne fut censé présent dans le tabernacle, que par ses symboles et par ses ministres. Il est dit formellement que Dieu était présent dans la colonne de nuée, qu'il y faisait éclater sa gloire, qu'alors Aaron et Moïse se prosternaient, Exod., c. 40, y 32; Num., c. 9, y 13; c. 11, y 23 ; c. 10; y 19 et 22, etc. Se seraient-ils prosternés devant un brasier ? L'histoire dit que cela se faisait 'à la vue de tout Israël.
5° Notre dissertateur en impose au sujet de saint Clément d'Alexandrie. Ce Père regardait certainement la colonne de nuée comme un miracle, puisqu'il dit: « Que les » Grecs regardent donccommecroya- » ble ce que racontent nos livres ; » savoir, que Dieu tout-puissant a » pu faire qu'une colonne de feu pré- » cédât les Hébreux pendant la nuit, » et guidât leur chemin. » S'il a comparé ce prodige à l'action de Trasybule, c'était pour montrer que Dieu a fait par sa puissance ce que la sagesse avait dicté à un habile général.
6° Xénopbon, dans sa Cyropédie, 1. 3, p. 33, rapporte que Cyrus et Cyaxare, faisant la guerre aux Assyriens n'allumaient point de feu dans leur camp pendant la nuit, mais au devant de leur camp, afin que si quelque troupe venait les attaquer, ils l'aperçussent sans en être vus ; que souvent, ils en allumaient derrière leur camp, d'où il arrivait que les coureurs des ennemis qui venaient à la découverte , donnaient dans leurs gardes avancées, lorsqu'ils se croyaient encore fort éloignés, de leur armée. Il est dit au contraire, Exod., c. 14, y 19 : « Que la nuée quittant la » tête du camp des Israélites, se » plaça derrière, entre Ile camp des » Egyptiens et celui d'Israël; qu'elle » était ténébreuse d'un côté et lumi- » neuse de l'autre, de manière que » les deux armées ne purent s'ap- » procher pendant tout le temps de
» la nuit. » En quoi ces deux faits se ressemblent-ils ? Par quel artifice les chefs des Israélites purent-ils rendre ténébreuse du côté des Egyptiens une nuée qui était lumineuse de leur côté?
Il n'est pas fort étonnant que les Egyptiens n'aient pas pris pour un miracle une nuée ténébreuse pendant la nuit; ils ne voyaient pas qu'elle était lumineuse du côté des Israélites.
7° Nous lisons, Num., c. 9, v 23, que les Israélites campaient ou décampaient à l'ordre du Seigneur ; qu'ils étaient en sentinelle suivant le commandement de Dieu, donné par Moïse, c. 10, y 11, que la nuée s'éleva de dessus le tabernacle, que les Israélites partirent, que les premiers décampèrent suivant l'ordre du Seigneur donné par Moïse. Quel avait été l'ordre du Seigneur? D'observer attentivement si la nuée s'arrêtait ou marchait, afin de savoir s'il fallait camper ou décamper. Comment cela prouve-t-il que Moïse disposait de la nuée et la dirigeait ?
8° Il n'est pas prouvé que l'ange du Seigneur, dont il est parlé, Jud., c. 2, y 1, fût un prophète; il n'y a rien dans le texte qui autorise cette conjecture.
Ainsi, en défigurant le texte, en supprimant les faits et les circonstances essentielles, en citant à faux les auteurs sacrés et profanes, en multipliant les suppositions à leur gré, les incrédules se ilattent de faire disparaître les miracles de l'histoire sainte.
On demande si c'était la colonne de nuée qui guidait les Israélites, pourquoi donc Moïse engagea-t-il Hobab, son beau-frère, à demeurer avec eux, afin qu'il leur servît de guide dans le désert? Parce que Hobab, qui connaissait le désert, savait où l'on pouvait trouver des sources d'eau bonnes ou mauvaises, des arbres, des pâlurages, des peuplades amies ou ennemies? Voilà ce que la colonne de nuée n'indiquait pas.
Bergier.
NUIT. Les anciens Hébreux partageaientla nuit en quatre parties qu'ils appelaient veilles, dont chacune du-