NYSSE
Nysse.
Voyez saint Grégoire de
(la voyelle) (Théol. mixt. scien:
philol.) — Cette lettre est, dans les langues néo-latines et germaniques, la quinzième de l'alphabet et la quatrième voyelle. Dans l'ancien latin, remplaçait u ; on disait volcanus pour vulcanus ; il remplaçait aussi e ; on disait vorsus pour versus, voster pour reste?'.
Le sanscrit possède la voyelle o longue et brève ; la longue se prononce au et la brève o ; quelques grammairiens la qualifient diphtliongue.
Dans l'hébreu, la voyelle o manque comme toutes les voyelles ; la prononciation en o était conservée par la tradition ; mais depuis l'introduction dans l'écriture des points voyelles, il y a deux signes qu'on ajoute aux consonnes lorsqu'elles doivent se prononcer en o : Ce sont
le cholem on hholem qui s'écrit i et qu'on emploie quand on doit prononcer o long, d ou oh, et le remplaçant du cholem, qui s'écrit t et qu'on emploie quand on doit prononce o bref.
Le Nom.
O (les) de Noël. Voy. Annonciation.
OB. Voyez Python.
t OBÉDIENCE CANONIQUE (serment d') (Théol. pur. lois, ecclés.) — C'est le serment que l'on fait prêter, au moment ds l'investiture, à l'ecclésiastique qui accepte une fonction; il prête ce serment entre les mains de son évoque ou de son vicaire général.
Les évèques prêtèrent d'abord ce
serment àleurs métropolitains ; Thomassin en cite un exemple du treizième siècle (1). A présent c'est au pape qu'il se prête ; on en trouve la formule dans le pontifical romain, et c'est, au fond, le même serment que Grégoire VII prescrivit en 1079.
Quant au serment que les évoques, archevêques et cardinaux prêtent au souverain politique en Allemagne et enFrance, c'est un reste de la féodalité qui n'a rien d'ecclésiastique.
Le Nom.
OBÉDIENCE ECCLÉSIASTIQUE (Théol. pur. lois ecclés.) — On nomme ainsi le pays qui reconnaît la légitimité d'un pape ou d'un autre dignitaire ecclésiastique. C'est ainsi qu'au temps du concile de Constance, il y avait l'obédience de Clément VI I en oppositionà l'obédience d'Urbain VI, etc.
Le Noir.
OBÉDIENCE MONASTIQUE (Théol.
pur. lois ecclés.) — C'est l'obéissance que doit le religieux à son supérieur en vertu de ses vœux. Une lettre d'obédience est l'ordre très-brièvement rédigé que le supérieur intime à son inférieur. Quand il la lui remet à lui-même directement, on l'appelle Litterse obedientiales brevi manu ; quand il la lui fait remettre par mandataire, ce sont des Litterse obedientiales per mandatorium.
Le Noir.
OBÉISSANCE. Il est plus né
M) Vit. et nov. disiipl. eccle . 46. d. 5.
cessatre
t. m, lii). u,
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d'obéir à Dieu qu'aux hommes. C'est ce que répondirent les apôtres, lorsque le conseil des Juifs leur défendit de prêcher, Act., c. 5. f 29. Ils ne faisaient que suivre la leçon que Jésûs-Christ leur avait donnée en disant : « Ne craignez pas ceux qui » tuent le corps, mais qui ne peu- » vent tuer l'âme. » Mutt., c. 10, y 28; Luc , c. 12, f 4, etc.
Les incrédules se sont récriés à l'envi contre cette maxime ; elle n'est propre, disent-ils, qu'à renverser l'ordre public et à troubler la société. Armé de ce bouclier, tout fanatique se croit inspiré de Dieu, et en droit de braver l'autorité légitime.
Obéir à Dieu, ce n'est jamais, dans le fond, qu'obéir aux prêtres, qui se donnent pour les organes et les interprètes de la volonté de Dieu ; toutes les sectes ont justifié, par ce faux principe, leur résistance aux lois civiles.
Quelques réflexions fort simples démontreront la sagesse et la justice de la conduite des apôtres, et l'injustice de l'abus que l'on peut en faire pour violer les lois de la société.
1° La maxime dont les incrédules se scandalisent a été adoptée par les philosophes les plus célèbres : Socrate, Platon, Epictète, l'ont enseignée.
Voy. le Phédon de Platon, et la Vie d'Epictéte, pag. 58. Celse, quoiqu'il blâme les chrétiens de résister aux lois qui autorisaient l'idolâtrie, juge cependant que l'on ne doit pas trahir la vérité par la crainte des tourments. Orig. contre Celse, 1, 1, n. 8 « Si l'on commandait, dit-il, à un » adorateur de Dieu de dire une im- » piété ou de faire une mauvaise ac- » tion, il ne doit jamais obéir ; il doit » plutôt souffrir les tourments et la » mort. » Ibid., 1. 8, n. 06. Il n'est donc pas vrai que toute résistance aux lois soit un crime.
2° En refusant d'obéir au conseil des Juifs, les apôtres ne suivaient pas l'avis des prêtres, puisque ce conseil était principalement composé do prêtres.
3° Les apôtres prouvaient leur mission divine par celle de Jésus- Christ, par sa résurrection, par la
descente du Saint-Esprit, par lis miracles qu'ils opéraient: connait-on des imposteurs ou des fantiques qui aient donné de semblables preuves de leur inspiration prétendue? Lorsqu'une religion fausse est établie chez une nation par les lois, ou il faut soutenir que Dieu ne peut envoyer personne pour en détromper les hommes, ou il faut convenir que ces envoyés ont droit de résister à l'autorité publique. Les Juifs eux-mêmes le comprirent. « Prenez garde, leur » dit Gamaliel, à ce que vous allez » faire... ; si l'entreprise de cesgens- » là vient des hommes, elle se dé- » truira d'elle-même ; sielle vient de » Dieu, vous ne pourrez pas l'em- » pêcher, et il se trouvera que vous » résistez à Dieu. » Act., c. Jr 35, 38.
L'auteur des Pensées philosophiques a donc eu très-grand tort de dire, n. 42 : « Lorsqu'on annonce au » peuple un dogme qui contredit la » religion dominante, ou quelque fait » contraire à la tranquillité publique, » justifiât-on sa mission par des mi- » racles, le gouvernement a droit » de sévir, et le peuple de crier cru- » cifige. Quel danger n'y aurait-il pas » à abandonner les esprits aux séduc- » tions d'un imposteur, ou aux rève- » ries d'un visionnaire ? » Comme si les imposteurs et les visionnaires pouvaientfaire desmiracleseii preuve de leur mission. Où sont ceux qui en ont fait?
Ainsi, lorsque des sectaires auxquels les lois défendent l'exercice de leur religion se croient en droit de braver les lois, et donnent pour toute réponse qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, il faut qu'ils commencent par prouver que Dieu leur ordonne cette résistance , de même que les apôtres ont prouvé que Dieu leur avait commandé de prêcher, mL^gré toutes les puissances de la terre. On a demandé aux premiers prédicants du protestantisme des signes de leur mission divine, ils n'ont point pu en donner; on les demande avec autant de raison à leurs successeurs et à tous ceux qui s'obstinent à les écouter. Les premiers chrétiens, quoique bien convaincus de la divinité de leur reli-
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gion, n'ont point entrepris d'en obtenir par violence l'exercice public.
Qui adonné aux protestants un droit mieux fondé?
4° Les incrédules eux-mêmes violent sans scrupule les lois qui défendent de parler, d'écrire, d'invectiver contre la religion de l'état ; ils n'allèguent point un ordre de Dieu, auquel ils ne croient pas ; mais ils soutiennent, aussi bien que les sectaires, qu'ils y sont autorisés par le droit naturel. Mais les envoyés de Dieu, ks apôtres, les pasteurs de l'Eglise, n'ont-ils pas aussi le droit naturel de prêcher leur croyance, quand même ils n'en auraient pas un droit divin bien prouvé? C'est ainsi que les hérétiques et les incrédules, en voulant se soutenir les uns les autres, se percent de leurs propres traits.
Voyez Mission.
Bergier.
OBÉISSANCE (Vœu d'). VoyezVŒn.
OBERRAUCH (Antoine-Nicolas) (Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce théologien allemand, plus connu sous son nom de religion Héraclien, né dans le Sarnethal en 17*28, entra dans l'ordre des Franciscains au couvent de Kaltern en 1750, reçut la prêtrise en 1753, enseigna avec succès le droit canon et la théologie morale à Innsbruch jusqu'en 1808, année où il mourut. Il avait été élu à plusieurs reprises déliuiteur de l'ordre, et avait publié des ouvrages en allemand contre l'indifférence et le scepticisme qui envahissaient les esprits; les théologiens d'Angsbourg l'avaient attaqué, notamment sur son traité De .histitia christiana, et avaient réussi à faire mettre ce livre à l'index en 1701. On a de lui :
Insiituiiones Justitix Christianx, OEniponti, 1774, 4 vol ; Thcologia moralis, 8 vol. ; nouv. édition angm..
Nurenberg, 1796; Vindiciœ Theologim moralis adoersus recens. Friburg., 1776 ; Théon etAmyntas, 4 vol., 1788, 1792, et augm. 1804; de la Contrition, contre la critique d'Augsbourg, 1794; Appel aux princes et aux peuples d'Europe par rapport aux affaires de France, 1793; Introduction à la
Perfection chrétienne, 1800; de la Passion de Jésus-Christ, 1800; le Saint Chemin de la croix, ou les quatorze stations, 1800; De eligendo vitx statu tractatus, 1800; Dissertation sur la Fin dernière, 1801; de l'Art et delà Science, 1804.
« Il écrivait mieux, dit M. Haas, en latin qu'en allemand. »
Le Noir.
OBERTHUR (François) (Théol.
hist. biog. et bibliog.)— Ce Ihéologien catholique allemand, né à Wurzbourg en 1743, qui adopta et mit en pratique le principe de Herder :
« Plus de tradition ! à chaque maître sa méthode, » et qui mourut à l'àga de 86 ans, en 1831, chanoine d'un chapitre de Bavière, après s'être rendu célèbre par ses idées de réforme dans l'enseignement et par sa bienfaisance, a laissé beaucoup d'ouvrages, par exemple :
De diverso juris germanici ad civile romanum et canonicum commune
habita,
Llea biblica ecclesùe
Dei, 6 vol, 1790-1821. Encychpœdia
et Metho'lohgia thrologica, Wurzb.
1786 ; l'Anthropologie biblique, S vol.
in-8, Munster 1807 à 1810; les Minnesanger et les Maîtres chanteurs de Franconie, drame patriotique avec musique en trois actes, Wurzbourg, 1818 ; la Fête consacrée, le 8 juillet, à la mémoire de S. Kilian et de ces compagnons, 182S; Des Défauts des meilleures institutions d'éducation, opuscule qui fut couronné, Leipz., 1808; A ceux de mes frères qui servent, et principalement aux femmes, Wurzbourg, 1819; Opinions sur les faits les plus nouveaux et les plus remarquables apparus dans le genre humain et priucipiii' ment sur les sociétés bibliques, Sulzb., 1823 ; etc.
Le Noir.
OBÉSITÉ (Théol. mixt. scien. méd.
et ther.) — Voici ce que dit le D r Focillon de cet état qui consiste dans une accumulation excessive de la graisse dans le tissu cellulaire, et dont on peut dire que l'oisiveté et la bonne nourriture sont les principales causes : « Il n'est pas facile de remédier à l'obésité. Si l'on avait le
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courage, dès qu'elle devient un peu incommode, de partager les travaux et la nourriture de l'homme des champs, qui laboure la terre et qui l'arrese de ses sueurs, presque toujours on réussirait; mais nous savons que cela n'est guère praticable ; en effet , allez donc conseiller au citadin obèse, qui se lève tard, qui vit largement, de prendre la vie du laboureur sérieux, de faire la fenaison, la moisson, etc., de manger la soape aux choux, le lard et le fromage du pajrsan; cela n'est guère possible. On a aussi cherché dans certaines médications un remède contre l'embonpoint excessif, mais presque toujours c'a été par des remèdes propres à altérer la nutrition en agissant d'une manière fâcheuse sur les organes digestifs, et par suite en compromettant la santé ; le plus sage est donc de faire un exercice même un peu forcé, de se nourrir modérément, de se lever de bonne heure, etc. Dans ces derniers temps, on a parlé de succès obtenus, a-t-on dit, par la décoction du fucus vesieulosus, ou mieux, par l'extrait hydro-alcoolique à la dose de 1 à S grammes. »
Le véritable préservatif contre l'obésité, lorsqu'elle ne provient pas de causes organiques inconnues et tcut à fait exceptionnelles, c'est le travail et l'activité, soit du corps, soit de l'esprit; le travail de l'esprit dépense aussi les éléments nutritifs et les empêche de s'accumuler.
Le Noir.
OBJECTION. Plusieurs chrétiens dont la foi est sincère sont surpris de la multitude d'objections que l'on fait contre la religion, de la quantité énorme de livres qui ont été faits de nos jours pour l'attaquer; quelques réflexions suffiront pour les instruire.
Il n'y avait pas longtemps que le dernier des apôtres était mort, lorsque les philosophes païens commencèrent à écrire contre le christianisme, et employèrent toutes les ressources de l'art sophistique auquel ils étaient exercés. Ils furent secondés par les différentes sectes d'hérétiques formées à leur école, et cette autre es-
pèce d'ennemis s'est renouvelée daus tous les siècles. Les incrédules de nos jours n'ont donc pas eu besoin d'être créateurs ; des sources abondantes d'arguments leur étaient ouvertes de toutes parts : ils y ont puisé à discrétion.
Pour combattre les vérités de la religion, ils ont ramené sur la scène les objections des épicuriens , des pyrrhoniens, des cyniques, des académiciens rigides et des cyrénaïques; c'est une doctrine renouvelée des Grecs. Mais ils ont passé sous silence les raisons par lesquelles Platon, Socrate, Ciréron, Plutarque et d'autres ont réfuté toutes ces visions.
Contre l'ancien Testament, et contre la religion des Juifs, ils ont rajeuni les difficultés et les calomnies des manichéens, des marcionites, de Celse, de Julien, de Porphyre et des autres philosophes ; et ils ont laissé de côté les réponses qu'Origène, Tertullien, saint Cyrille, saint Augustin et d'autres Pères y ont données.
Pour attaquer directement le christianisme, nos adversaires ont encore été mieux servis ; ils ont copié les livres des Juifs anciens et modernes, et ceux des mahométans ; ils ont répété les :eproches de tous les hérétiques, particulièrement des protestants et des sociniens , anglais , français, allemands et autres. Il ne leur a donc pas été difficile de multiplier les volumes à peu de frais.
Toutes les sciences ont été mises à contribution pour servir le dessein des incrédules ; l'histoire, la chronologie, la géographie, la physique, l'astronomie, l'histoire naturelle, la connaissance les langues, les découvertes de toute espèce, les relations des voyageurs, etc. Lorsqu'ils ont cru découvrir une objection qui n'avait pas encore été faite, un système que l'on n'avait pas encore proposé, une conjecture singulière et inouïe, ils l'ont présentée comme une victoire complète remportée sur la religion.
Si l'on veut y réfléchir, il n'est aucune vérité contre laquelle on ne puisse faire des sophismes, aucun fait auquel on n'oppose des probabilités, aucune loi dont un disputeur entêté ne conteste la justice, aucune
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institution qui n'entraîne quelques inconvénients. La religion est incommode, elle gène les passions ; voilà son grand crime : si la foi était sans conséquence pour la conduite, tout incrédule deviendrait croyant.
Lorsqu'une armée d'écrivains a conjuré contre elle, on voit bientôt éclore une bibliothèque d'impiétés, de blasphèmes et d'absurdités. Tous se répètent, se copient, ressassent la même difficulté en vingt façons. Si l'on a le courage de les lire, on est bientôt fatigué de ce fatras de répétitions.
Des hommes, qui voudraient sincèrement instruire, rapporteraient le pour et le contre, mettraient les preuves à côté des objections; c'est ce qu'ont fait dans tous les siècles les défenseurs du christianisme ; mais ce ne fut jamais la méthode des incrédules, ils se bornent à compiler les objections; ils laissent aux théologiens le soin de chercher les réponses et les preuves.
Pour être solidement instruit, estil nécessaire d'avoir lu les arguments des incrédules? Pas plus que de connaître les sophismes des pyrrhoniens pour savoir si nous devons ajouter foi aux lumières de notre raison et au témoignage de nos sens. Les objections ne peuvent produire que des doutes, il faut des preuves positives pour opérer la conviction. Or, les objections des incrédules n'ont pas renversé une seule des preuves du christianisme ; celles-ci subsistent dans leur entier : il s'en faut donc beaucoup que le triomphe de l'incrédulité ne soit assuré. Le règne bruyant de l'ancienne philosophie ne fut pas de longue durée : celui de la philosophie moderne sera encore plus court, parce que ses sectateurs actuels ont encore moins de bon sens que ceux d'autrefois.
BliHGIER.
OBLAT, enfant consacré à Dieu par ses parents dans une maison religieuse. Cet- usage n'a commencé que dans les bas siècles, probablement au commencement du onzième.
L'estime singulière que l'on avait conçue pour l'état religieux, la dif-
ficulté de goûter le repos ailleurs et d'élever chrétiennement les enfants dans le monde, engagèrent les parents à mettre les leurs dans les monastères, afin qu'ils y fussent instruits et dressés de bonne heure à la piété; plusieurs crurent leur donner la plus grande marque de tendresse, en les y vouant pour toujours. Un oblat était censé engagé par sa propre volonté autant que par la dévotion de ses parents ; on le regardait comme apostat s'il quittait. On se fondait sur l'exemple de Samuel, qui fut voué à Dieu par sa mère dès sa naissance, et sur l'exemple des nathinêens; mais ces personnages n'étaient engagés par vœu ni au célibat ni aux autres observances monastiques. Voyez Nathinéens.
On nommait aussi oblat ou donné, et oblate, celui ou celle qui vouait sa personne et ses biens à quelque couvent, sous condition d'être nourri et entretenu par les moines. Quelques-uns donnaient leurs biens aux monastères, sous condition qu'ils continueraient d'en jouir pendant leur vie, moyennant une légère redevance, et les biens ainsi donnés se nommaient oblata. L'on fut obligé de prendre cette précaution dans les temps de trouble, de désordre et de rapines. C'était la ressource des faibles dans les gouvernements orageux de l'Italie ; les Normands, quoique puissants, l'employèrent comme une sauvegarde contre la rapacité des empereurs. Il ne faut donc pas s'étonner de la richesse de certains monastères.
Tous ces usages ont été supprimés avec raison dans des temps plus heureux, et lorsque les motifs de les tolérer ne subsistaient plus. Le concile de Trente, en décidant que la profession religieuse faite avant l'âge de seize ans complets, et sans avoir fait le noviciat d'un an, serait absolument nulle et n'imposerait aucune obligation quelconque, a supprimé pour toujours l'abus des oblats; l'examen, qui se fait par les évèques des jeunes personnes qui se destinent à la profession religieuse, prévient le danger d'une fausse vocation que pourrait leur inspirer l'éducation
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qu'elles ont reçue dans un couvent.
Les souverains ont empêché par des lois les monastères d'acquérir de nouveaux biens par des dons ou autrement. Il ne reste donc plus aucun motif de plainte à ce sujet, et l'on n'en ferait plus, si l'on voulait se rappeler les différentes circonstances dans lesquelles l'Europe s'est trouvée pendant les siècles qui nous ont précédés.
Un oblat était encore un moine lai que le roi plaçait dans les abbayes ou prieurés riches, pour y être nourri, logé, vêtu et mèine pensionné; c'était une manière de donner les invalides à un soldat vieux ou blessé; il sonnait les cloches, balayait l'église, et rendait d'autres légers services. Ainsi les richesses des monastères ont toujours été une ressource pour le gouvernement. Tout laïque qui obtenait de la cour une pension sur un bénéfice, était aussi nommé oblat.
Bergier.
OBLATiE, oublies ou hosties dont on se sert pour consacrer l'eucharistie, et pour donner la communion aux fidèles. Ce nom est venu de ce qu'autrefois le pain destiné à la consécration était offert par le peuple.
Voyez Hostie.
OBLATES, congrégation de religieuses ou plutôt de filles et de femmes pieuses, fondée à Rome en 1425 par sainte Françoise. Le pape Eugène IV en approuva les constitutions l'an 1437. Ce sont des filles ou des veuves qui renoncent au monde pour servir Dieu, elles ne font point de vœux, mais seulement une promesse d'obéir à la supérieure, et au lieu de profession elles nomment leur engagement ablation.
Elles ont des pensions, héritent de leurs parents, et peuvent sortir avec la permission de la supérieure. Il y a dans le couvent qu'elles ont à Rome plusieurs dames de la première qualité; elles suivent la règle de saint Benoit. On les nomme aussi collatines, probablement à cause du quartier dans lequel leur monastère est situé. Cet institut ressemble assez à
celui des chanoinesses de France.
Vies des Pères et des Martyrs, tom. 2*.
Beugier.
OBLATION. Ce terme est quelquefois synonyme de celui d'offruriilts, il signifie ce que l'on offre à Dieu et l'action même de l'offrir; mais, en fait de cérémonies, il désigne particulièrement l'action du piètre, qui, avant de consacrer le pam et le viu, les offre à Dieu, afin qu'ils deviennent, par la consécration, le corps et le sang de Jésus-Christ; c'est une partie essentielle du sacrifice de la messe, et dans plusieurs anciennes liturgies, la messe entière est appelée ablation, àévatpoixi.
Aussi est-ce par cette action que commence ce que l'on a nommé autrefois la messe des fidèles; tout ce qui précède était appelé, au quatrième siècle, la messe des catéchumènes, parce qu'immédiatement avant l'oblation l'on renvoyait les catéchumènes et ceux qui étaient en pénitence publique; on ne permettait d'assister à l'oblation, à. la consécration et à la communion, qu'aux fidèles qui étaient en élat de participer à la sainte eucharistie.
Comme les protestants ne veulent reconnaître, dans ce mystère, ni la présence réelle de Jésus-Christ ni le caractère de sacrifice, ils ont été obligés de supprimer l'ablation; cette action annonce trop clairement les deux dogmes qu'ils affectent de méconnaître. Pourquoi, en effet, témoigner tant de respect pour le pain et le vin destinés à être consacrés, s'ils devaient être de simples figures ou symboles du corps et du sacg de Jésus-Christ, et pourquoi les offrir à Dieu? Mais cette ablation se trouve dans toutes les anciennes lituigies, en quelque langue qu'elles aient été écrites ; elle est aussi ancienne que la consécration même. On peut voir dans le père Le Brun le sens de toutes les paroles que le prêtre prononce, et de toutes les cérémonies qu'il tait à cette occasion, et jusqu'aux plus légères variétés qui se trouvent entre les sacramentaires ou missels des différents siècles. Explic.
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des cérém, de la Messe, t. 2, 3 e part, art. 2 et C.
Quelques protestants ont demandé comment le prêtre peut appeler le pain qu'il offre à Dieu une hostie ou victime sans tacite, et le calice dans lequel il n'y a encore que du vin, Je calice da salut ? C'est que le prêtre fait moins attention à ce que le pain et le vin sont pour lors, qu'à ce qu'ils doivent devenir par la consécration ; il les envisage d'avance comme le corps et le sang de Jésus-Christ, seule victime sans tache, immolée pour le salut du monde ; sans cela personne n'aurait jamais imaginé que du pain et du vin peuvent être un sacrifice, et qu'il les fait offrir à Dieu pour notre salut. Aussi le prêtre ajoute : « Venez, » Sanctiticateur tout-puissant, Dieu » éternel, et bénissez ce sacrifice pré- » paré pour la gloire de votre saint » nom. » Cette invocation serait encore déplacée, si l'on ne croyait offrir à Dieu que de simples symboles du corps et du sang de Jésus-Christ.
Voyez Invocation.
Thiers, dans son Traité des Superstitions, tom. 2, c. 10, § 10, dit, après le cardinal Bellarmin, que ces prières de l'ablation n'ont guère plus de cinq cents ans d'antiquité; mais le père Le Brun observe qu'elles se trouvent dans le missel gallican et dans le missel mozarabique, qui datent au moins de douze siècles avant nous ; et dans les liturgies orientales, il y a des prières relatives à celles-ci, et qui expriment la chose ; on doit donc les regarder comme essentielles.
Thiers fait encore mention de quelques abus dans lesquels certains prêtres sont tombés en faisant cette cérémonie.
Quant aux oblations qui se faisaient autrefois par les fidèles dans cette partie de la messe, voyez Offrande.
Bergier.
OBLIGATION MORALE. Voyez Devoir.
OBLIQUITÉ DE L'ECLIPTIQUE
(Théol. mixt.scien. cosmol.) — L'écliptique est le plan de l'orbite annuelle que décrit la terre autour du soleil ; l'équateur terrestre est le cercle per-
pendiculaire 'à l'axe de rotation de la terre ; or le plan de l'orbite de la terre dans sa translation autour du soleil, est oblique par rapport au plan de son équateur ; cela provient de l'inclinaison de son axe de rotation par rapport au plan de son orbite. C'est ce qu'on appelle ['obliquité de l'écliplique. Mais un phénomène assez étrange a première vue se produit à ce sujet : depuis les plus anciennes observations, ['obliquité de l'écliptique a diminué et va toujours en diminuant par rapport à l'équateur, en sorte que les saisons — qui sont l'effet de l'obliquité de l'écliptique — tendent à s'effacer. Au temps d'Hipparque, l'angle que formait l'écliptique avec l'équateur, était de 23 degrés 50 miuutes; en 1800, Delanibre le trouvait de 23 degrés, 27 minutes, 57 secondes ; et aujourd'hui il n'est plus que de 23 de-
grés
minutes, 2!) secondes; la
diminution est d'environ 48 secondes par siècle. La ville de Syène était autrefois sous le tropique, puisque, le jour du solstice, le soleil montrait son image au fond des puits, et aujourd'hui, ce phénomène n'a pas lieu, la ville de Syèns est entrée dans la zone tempérée. Ce fut Ticho-Brahé qui constata le premier ce phénomène, et ce fut la théorie de l'attraction newtonienne qui en donna l'explication. Mais il y a à se demander si cette diminution de l'obliquité de l'écliptique continuera toujours; jusqu'à présent, elle n'y a pas manqué, et aucune périodicité sur ce point n'est encore constatée par l'expérience. S'il devait en être ainsi indéfiniment, notre terre serait, destinée à changer complètement ses conditions de vie pour les êtres qui l'habitent; il viendrait un moment, où le plan de l'écliptique se confondant avec celui de l'équateur, il n'y aurait plus de saisons, où toute l'année serait pareille à elle-même, constamment très-chaude sous les tropiques, constamment très-froide du coté des pôles, et constamment tempérée dans les intervalles. Mais, en même temps que la théorie de l'attraction rendait compte du phénomène do la diminution d'obliquité, elle rassurait
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l'homme en lui prédisant que cette diminution ne pouvait pas aller audessous de 22 degrés. Dans une centaine de siècles le genre humain pourra voir se vérifier la prophétie de la loi newtonienne, et l'obliquité de Vécliptique rentrer dans sa période d'augmentation. Ce n'est donc pas sur cette base qu'il convient de supputer une fin du monde.
Le Noir.
OBSCÉNITÉ, parole ou action ca-
pabledeblesserla pudeur. Un desplus sanglants reproches que l'on ait à faire aux écrivains de notre siècle, même à plusieurs de nos philosophes, c'est d'avoir souillé leurs plumes par des obscénités, soit en vers, soit en prose. Non-seulement ils ont cherché à justifier par des sophismes la plus brutale de toutes les passions, mais ils ont travaillé à la faire entrer dans tous les cœurs par tous les moyens possibles. Les livres, les tableaux, les gravures, les statues, les spectacles licencieux, tout est exposé au grand jour dans les rues et dans les places publiques. La pudeur est obligée de fuir, pour n'avoir pas continuellement à rougir des objets dont ses regards sont frappés.
Celui qui aurait trouvé le funeste secret d'empoisonner l'air que nous respirons, et qui mettrait cet art en usage pour prouver son habileté en fait de chimie, mériterait certainement des peines afflictives; ceux qui emploient leurs talents à corrompre les mœurs sont-ils moins coupables?
Leur nom devrait être noté d'infamie, et dévoué à l'exécration de la postérité.
« Malheur, dit Jésus-Christ, à celui » qui scandalise ; il vaudrait mieux » pour lui être précipité au fond de » la mer, qu'être chargé et responsay> hle de la perte de ses frères. »
Matth., c. 18, ^ 7. C'est faire le mal pour le mal ; s'il pouvait y avoir un crime irrémissible, ce serait certainement celui-là. Saint Paul dit aux fidèles: « Qu'aucune obscénité, aucune » parole indécente ne sorte de votre » bouche, cela ne convient point à des saints. Ephes., c. 5, $ 3. Les apologistes du christianisme ont
donné pour preuve de la sainteté et de la divinité de notre religion le changement qu'elle opéra dans les mœurs, la chasteté, la modestie, la retenue dans les paroles et dans les actions qu'elle a fait régner parmi ceux qui l'ont embrassée.
L'Eglise conforma sa discipline aux lojs de l'Evangile. Au quatrième siècle, un évêque convaincu d'avoir écrit des livres licencieux dans sa jeunesse, et qui ne voulait pas les supprimer, fut déposé. Il était sévèrementdéfendu, surtout aux clercs, de lire ces sortes d'ouvrages. Saint Jérôme s'est exprimé sur ce sujet avec la véhémence ordinaire de son style, Epist. 141, ad Damasum. Une des raisons pour lesquelles la lecture de?
livres des païens fut interdite aux fidèles, c'étaient les obscénités dont la plupart étaient remplis.
Cependant pi usieursauteurspaïens, même les poètes, ont blâmé la licence qui régnait de leur temps dans les discours et dans les écrits ; et en cela ils ont rendu hommage à la sainteté des lois du christianisme.
Presque de nos jours, un écrivain qui s'est rendu également célèbre par son scepticisme en fait de religion, et par le style cynique de ses écrits, n'a pas pu s'empêcher de blâmer ce second défaut dans un poète italien; il convient que cet auteur s'est mai défendu, lorsqu'on lui a reproché sa turpitude. Bavle, ûict. crit., Guirin, C. D.
Lui-même n'a pas mieux réussi à faire son apologie dans un éclaircissement placé à la lin de son Dictionnaire critique. Brucker proteste qu'après avoir lu sans préjugé celte prétendue justification, elle lui a paru pitoyable, itist. philos., t. 4, p. 601.
Il est bon de faire voir que cette censure n'est pas trop sévère, parce que d'autres écrivains obscènes ont allégué les mêmes excuses avec aussi peu de justesse et de succès.
Bayle dit, 1° qu'il faut s'en rapporter sur ce point au témoignage des femmes; comme si l'on avait besoin de leur avis pour décider un point de morale. Quand la plupart auraient eu l'esprit et le cœur gâtés par la lecture du Dictionnaire criti-
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que, auraient-elles voulu l'avouer?
Pour mieux faire, Bayle aurait dû encore en appeler au témoignage des libertins.
2° II soutient que les obscénités grossières sont moins capables de blesser la pudeur, que quand elles sont enveloppées sous des expressions chastes en apparence. Quand cela serait vrai, il s'ensuivrait seulement que les unes sont moins criminelles que les autres, et non qu'elles sont innocentes. Dans le fait cet auteur est coupable de ce double crime, puisque son livre est rempli soit d'obscénités grossières, soit d'obscénités déguisées.
3° Il prétend que ces sortes d'ordures sont moins choquantes dans un livre que dans la conversation. Il n'est pas question de savoip si elles sont moins choquantes, mais si elles sont moins capables de salir l'imagination et d'exciter des passions impures. Or, nous soutenons qu'elles le sont davantage, parce qu'une lecture se fait sans témoins, et que l'on y réfléchit avec plus de liberté que dans la conversation. Il demeure toujours pour certain que dans l'un et l'autre cas, elles sont très-condamnables.
4° Il dit que la plupart de ceux qui ont lu son livre en avaient déjà lu d'autres qui étaient bien plus capables de les pervertir, qu'ils n'ont rien appris de nouveau dans le sien. Cela est-il certain à l'égard de tous? Quand il le serait, lorsqu'un homme a déjà pris une dose de poison, il n'est pas permis de lui en donner davantage, et d'augmenter l'effet que le premier a dû produire. N'y eût-il qu'une seule personne pervertie par la lecture de Bayle, n'en serait-ce pas assez poulie rendre inexcusable ?
3° Il allègue pour raison qu'il ne lui était pas possible d'éviter ce défaut dans son dictionnaire. Cela est très-faux ; si l'on en retranchait tous les endroits scandaleux, l'ouvrage n'en serait que meilleur. Mais, loin de chercher à les éviter, on voit que l'auteur affecte de les accumuler; il semble n'avoir fouillé dans l'antiquité que pour y recueillir toutes les anecdotes impures.
6<> Il s'autorise de l'exemple de plusieurs auteurs estimables, qui ont
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bravé en ce genre la censure du public. Est-ce donc par là qu'ils ont mérité de l'estime? Un désordre, quelque multiplié qu'il soit, n'en est pas pour cela moins odieux ; et parce qu'il a régné plus ou moins dans tous les siècles, on n'est pas en droit pour cela de le perpétuer. Le grand nombre de ceux qui y tombent est justement ce qui fait l'opprobre de la littérature ; le mauvais exemple ne prescrira jamais contre les droits de la raison, du bon sens et de la vertu.
7° Il a poussé plus loin la témérité, en voulant justifier sa conduite par celle des auteurs sacrés qui nomment toutes choses par leur nom sans aucun détour, parcelle des Pères de l'Eglise qui ont raconté naïvement toutes les turpitudes des païens, par celle des casuistes qui entrent dans des détails très-scandaleux touchant les péchés contraires au sixième commandement du Décalogue.
On lui avait répondu, 1° que les casuistes sont forcés d'entrer dans ces détails, et qu'il ne leur est pas possible de les envelopper sous des expressions chastes; 2° qu'ils n'écrivent point en français, ni pour toutes sortes de lecteurs ; 3° qu'ils ont travaillé dans un siècle moins licencieux que le nôtre ; 4° qu'ils n'ont pas eu envie de pervertir leurs lecteurs, mais au contraire de faire connaître les circonstances aggravantes et l'énormité des fautes qui pouvaient être commises contre le sixième précepte du Décalogne.
Bayle a répliqué qu'il avait été forcé aussi de rassembler le bon et le mauvais dans un dictionnaire historique; nous lui avons déjà fait voir que cela est faux. Il dit que des obscénités, en latin, ne font pas moins d'impression qu'en français.
Soit pour un moment ; du moins elles ne sont lues dans les casuistes que par un petit nombre d'hommes qui, parleur âge, par leur profession, par la nécessité où ils se trouvent, par le motif qu'ils se proposent, par les précautions qu'ils prennent, sont à couvert de danger ; les lecteurs de son livre sont-ils dans le même cas?
Il ajoute qu'il n'est pas vrai que notre siècle soit plus corrompu que les pré-
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cëdents. Sans disputer sur le plus ou le moins, ne l'est-il pas assez pour faire un très-mauvais usage des compilations de Bayle ? Qu'il nous dise de quelle utilité peuvent être, pour qui que ce soit, les obscénités qu'il a rassemblées.
Ce n'est donc pas sans raison que Brucker a jugé toutes ses excuses très-mauvaises.
Mais il est essentiel de montrer que Bayle a eu encore plus de tort d'alléguer l'exemple des auteurs sacrés et des Pères de l'Eglise, et que les incrédules qui ont copié ce reproche sont très-mal fondés.
Il faut se souvenir d'abord que le style des livres hébreux n'est pas le nôtre, parce que les mœurs du monde ancien ne ressemblaient pas à celles du monde moderne. « Quand un » peuple est sauvage, dit un savant » magistrat, il est simple et ses ex- » pressions le sont aussi ; comme » elles ne le choquent pas, il n'a pas » besoin d'en chercher de plus dé- » tournées, signes assez certains que i l'imagination a corrompu la langue.
» Le peuple hébreu était à demi-sau- » vage, le livre de ses lois traite sans » détour des choses naturelles que » nos langues ont soin de voiler.
» C'est une marque que ces façons de » parler n'ont rien de licencieux; car » on n'aurait pas écrit un livre de » lois d'une manière contraire aux » mœurs. » Traité de la formation mécanique des langues, tome 2, n. 189.
« Un peuple de bonnes mœurs, dit » un déiste célèbre, a des termes » propres pour toutes choses, et ces » termes sont toujours honnêtes, » parce qu'ils sont toujours employés » innocemment. Il est impossible d'i- » maginer un langage plus modeste » que celui de la Bible, précisément » parce que tout y estdit avec naïveté.
» D'où vient notre délicatesse en » fait de langage, demande un autre » philosophe? C'est que plus les » mœurs sont dépravées, plus les ex- » pressions sont mesurées. On croit » regagner en langage ce qu'on a >> perdu en vertu. La pudeur s'est en- » fuie des cœurs et s'est réfugiée sur » les lèvres. »
En effet, les enfants, les personnes
simples et innocentes, parlent de tout sans rougir ; elles n'y voient aucune conséquence. C'est le désir coupable de faire entendre des obscénités, qui engage les impudiques à se servir d'expressions détournées, atin de révolter moins ; grâce à leur adresse, il n'est presque plus de mots chastes dans notre langue.
Une preuve de la vérité de ces réllexions, c'est que, dans la suite des siècles, lorsque tes mœurs des Juifs furent corrompues par leur commerce avec les nations étrangères, ils défendirent la lecture de certains livres de l'Ecriture sainte avant l'âge de trente ans, et l'on ne retrouve plus dans le nouveau Testament les mêmes façons de parler que dans l'ancien.
L'usage établi dans l'Orient de renfermer les femmes et de converser rarement avec elles, a dû introduire dans le langage desjhommes plus de liberté et de naïveté que parmi nous.
Rien de si indécent, selon nos mœurs, que le chapitre des lois des gentous indiens, concernant l'adultère ; on ne peut pas présumer qu'il soit aussi scandaleux selon les mœurs des Indes.
Mais que font nos philosophes incrédules ? Ils affectent de retracer aux yeux d'un peuple licencieux des tableaux qui n'étaient supportables qu'à l'innocente simplicité des premiers âges. Ils traduisent dan? toute leur énergie des passages qu'un lecteur chaste se fait un devoir d'omettre en lisant les livres saints ; ils bravent les précautions que prend l'Eglise pour ne les mettre qu'entre les mains de gens incapables d'en abuser. Ensuite ils s'autorisent de cette malignité, ou pour déclamer contre nos livres saints, ou pour écrire des obscénités de leur chef.
Les mêmes raisons, qui justifient les auteurs sacrés, servent aussi à faire l'apologie des Pères de l'Eglise.
1° Les mœurs de l'Asie et de l'Afrique n'étaient pas les mêmes que les nôtres, ni le langage de ces temps-là aussi châtié que le nôtre. En général, le caractère de ces peuples nous paraît dur et grossier ; ils ne ménageaient les termes dans aucun genre ; la politesse dont nous faisons profession leur était inconnue ; on ne la trouve
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pas même aujourd'hui chez les Orientaux, encore moins sur les côtes de l'A! nie. 2° Les Pères parlaient ou aux païens ou aux chrétiens ; il aurait f té ridicule de craindre de scandaliser les premiers, en nommant par leur nom des désordres communs et publics parmi eux, ou de révolter les seconds, en leur rappelant des crimes dont ils avaient été témoins.
Saint Paul en a fait l'énumération dans son Epltre aux Romains. 3° Les Pères n'en font mention que dans le style le plus capable d'en faire sentir toute la turpitude et d'en inspirer de l'horreur ; au lieu que Bayle et ses imitateurs en rappellent la mémoire d'un ton jovial et railleur, sans aucune marque d'improbation, et uniquement pour amuser les lecteurs corrompus.
Barbeyrac, dansson Traité de la morale des Pères, reproche à saint Clément d'Alexandrie d'être entré dans un trop grand détail des péchés dans son Pédagogue, et à saint Jérôme de n'avoir pas assez ménagé la pudeur dans les reproches qu'il fait à Jovinien. Le Clerc juge que saint Augustin a commis la même faute en écrivant contre les pélagiens son traité de Nuptiis et Concupiscentia. Mais indépendamment des raisons que nous avons alléguées, ces vieillards vénérables, dont l'austérité des meeurs est prouvée d'ailleurs, étaient certainement plus en état que les écrivains du dix-septième ou dix-huitième siècle, de voir ce qui pouvait ou ne pouvait pas scandaliser les chrétiens de leur temps.
Telle a toujours été et telle sera toujours l'équité des protestants.
Lorsque les Pères ont parlé des actions impures, pour en faire rougir les païens ou les hérétiques, et pour en inspirer de l'horreur aux fidèles, c'a été un crime aux yeux de ces moralistes rigides; lorsque leurs controversistes ont forgé des ordures abominables pour couvrir d'opprobre l'Eglise romaine, ils ont bien fait ; c'était par zèle pour servir la bonne cause, il ne faut pas les blâmer : Ba}'le lui-même a cité leur exemple pour se justifier. Voyez. Inpodicité.
Bergier.
OBSÈQUES. V. Funérailles.
Prières pour les Morts.
OBSERVANCE se dit des statuts et des usages particuliers de quelques communautés ou congrégations religieuses. Chez les carmes, l'on distingue ceux de l'ancienne observance d'avec ceux qui ont embrassé la réforme faite par sainte Thérèse, et que l'on nomme carmes déchaussés.
Parmi les bernardins, les religieux de l'étroite observance sont ceux qui ont repris toute la rigueur de la règle de saint Bernard, tels sont ceux de la Trappe et de Sept-Fonts. Les cordeliers sont divisés en observantins et en conventuels.
Peu de temps après la mort de saint François, plusieurs de ces religieux avalent mitigé leur règle, avaient obtenu de leurs généraux et des papes la permission de posséder des rentes et des fonds, d'être chaussés, etc. D'autres plus fervents persévérèrent dans l'observation de l'institut de leur fondateur, et prirent le nom ^.'observantins, pour se distinguer des premiers que l'on appela conventuels. Dans la suite il y eut encore des relâchements et des réformes parmi les observantins mêmes ; on y distingua la petite et la grande ou l'étroite observance. Saint Pierre d'Alcantara fonda cette dernière l'an 1555, en Espagne ; ce sont les franciscains déchaussés. La même raison avait déjà donné lieu aux réformes des capucins, des récoliets, et des tiercelins ou piepus.
Il est bon d'observer que la coutume d'aller pieds nus est plus supportable en Espagne et en Italie, que dans les pays septentrionaux ; les ordres religieux, en se répandant au loin, ont été forcés d'accorder quelque chose à la température du climat.
Bergier.