ONO
ONEIHQCRITIE, art d'interpréter les songes. Voyez Soxge.
ONONYCHITE. Ce terme signifie à la lettre, gui a les pieds d'un une, il est formé du grec ô'voç, âne, et d'6Vj£, ongle, sabot. C'était le nom injurieux que les païens donnèrent dans le troisième siècle au Dieu des chrétiens ; Tertullien dit qu'ils le présentèrent avec des oreilles et un pied d'âne, tenant uu livre, et couvert d'une robe de docteur, Apolog., c. 16. Il ajoute qu'un juif apostat avait ima-iné cette ligure, 1. 1, adNat.,c. 14. Mais quelques critiques prétendent qu'il faut lire dans le texte onokoitis, engendré d'un âne. Tertullien se moque, avec raison, de cette calomnie absurde, et il expose la croyance des chrétiens touchant la Divinité.
Qu'est-ce qui avait pu donner lieu à cette imagination bizarre? Les païens, dit-on, savaient que les chrétiens reconnaissaient le même Dieu que les. Juifs ; or ils accusaient aussi les Juifs d'adorer la tète d'un âne.
Dans ce cas le juif apostat voulait tourner en ridicifle le Dieu de sa propre nation aussi Lien que celui des chrétiens.
Il y a dans ['Histoire de l'Académie des Inscriptions, tome 14, in-12, un mémoire où l'on rapporte les différentes fables que les auteurs païens ont forgées sur le compte des Juifs, et il en résulte que les historiens, soit grecs, soit romains, étaient trèsmal instruits de l'histoire, des mœurs et de la croyance des Juifs.
Appion, grammairien d'Alexandrie, prétendait que quand. Antiochus-Epiphane pilla le temple de Jérusalem, il y trouva une tète d'âne qui était d'or, et d'un assez grand prix, et qui était adorée par les Juifs, îosèphe l'historien, qui rapporte cette calomnie, la réfute en faisant voir
que les Juifs n'ont jamais adoré aucun animal, comme faisaient les Egyptiens, I. % contra Appion., c. 3
Diodore de Sicile, dans des fragments tirés de son 34° livre, raconte quAnliochus étant entré dans le temple y trouva une statue de pierre qui représentait un homme avec une grande barbe, et monté sur un âne et qu'il jugea que cette figure était celle de Moïse ; mais cela ne suffisait pas pour fonder la calomnie famée par Appion ; l'on sait d'ailleurs que les Juifs ne souffraient aucune statue dans leur temple ; et Tacite convient que quand Pompée y entra, il n'v trouva rien.
Le môme Tacite, Hist. , 1. 3, n . 3 et 4, rapporte, d'après d'autres écrivains, que Moïse et son peuple avant été chassés de l'Egypte, parce qu'ils étaient infectés de la lèpre, se retirèrent dans le désert d'Arabie, où ils étaient près de mourir de soif, lorsqu'ils virent une troupe d' sauvages qui allaient vers un roi i i couvert d'arbres; que Moïse les ayant suivis, trouva une abondante source d'eau ; qu'en reconnaissance de ce service, les Juifs consacrèrent dans leur sanctuaire une figure de cet animal. Plutarque, dans ses propos de table, a copié cette fa]
Mais Tacite lui-même n'y ajoutait pas foi. « Les Egyptiens, dit-il, n. 5, » adorent plusieurs animaux, et des » figures composées de diff » espèces ; les Juifs admettent un » seul Dieu que l'on ne peut saisir » que par la pensée ; Etre souverain, » qui existe de toute éternité, Etre » immortel et immuable. Ils re- » gardent comme des profanes ceux » qui représentent les dieux sous une » forme humaine; ils ne souffrent » point de simulacre dans leurs villes, » encore moins dans leurs temples ; » ils ne rendent cet honneur ni aux » rois ni aux Césars. »
Plusieurs savants modernes ont recherché l'origine de la calomnie d'Appion, et ont formé différentes conjectures sur ce sujet. Celle qui parait la plus probable est celle de Lefèvre. 11 observe que le temple bâti en Egypte par Ùnias, sacrificateur juif schismulique, était appelé