‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 116 sur 166 · APE · texte numérisé non relu

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APEL1JTES, ouAPELLEIENS.comme les nomme saint Epiphane ; hérétiques du second siècle, sectateurs ûApelJes, disciple de Marcion, mais qui ne suivit pas en toutes choses les sentiments de son maître. 11 n'admit pas comme lui deux dieux, ou deux principes actifs et coéternels, mais un seul Dieu existant de soi-même et souverainement bon ; probablement néanmoins il supposait l'éternité de la matière. Selon lui, le monde n'avait pas été fait par ce Dieu bon, mais par un esprit d'un rang inférieur, dont 1 impuissance et la maladresse étaient cause des maux que nous éprouvons Pensait-il que Dieu avait crée librement et ouvrirr malhabile ou que celui-ci était sorti nécessairement de Dieu par émanation ? Les anciens n'en disent rien. Au reste Apelles n'accusait point cet esprit de' méchanceté : il supposait au contraire que par ses prières il avait obtenu que Dieu envoyât son Fils sur la terre alm de corriger le monde.

Il ne soutenait point avec Marcion que le Fils de Dieu n'avait eu qu'une chair apparente, et avait fait illusion à tous les sens ; mais il prétendait qu en descendant du ciel le Fils de Dieu s'était formé lui-même un corps

tare des quatre éléments, sans s'incarner dans le sein d'une vierge • quil avait réellement souffert; qu'il était mort et ressuscité ; qu'avant son ascension il avait rendu aux éléments le corps qu'il en avait tiré; que son âme seule était retournée au ciel Consequemment il niait, aussi bien que' Marcion la résurrection future de la chau-. Il ne rejetait pas absolument, comme lu., tout l'Ancien Testament Mais il y a, disait-il, du bon et du mauvais ; c'est a nous de choisir et c est ce que Jésus-Christ a voulu dire lorsqu il nous a ordonné d'être dé bons changeurs. On l'accuse de ne pas avoir mi.fé h, continence de son maître, de s'être livré à des femmes d avoir même été séduit par une certaine Plulumène, qu'il regardait comme une inspirée et une prophé-

La multitude des sectes qui ont paru dans le second siècle, la variété des rêveries forgées par leurs divers docteurs, nous donneront souvent occasion de faire des réflexions.

1 lous ces raisonneurs étaient des philosophes sortis de l'école d'Alexandrie, ou d'ailleurs, qui voulaient accorder les dogmes du christianisme avec la doctrine de Pythagore et de Platon, et en savoir plus qu'il n'a plu à Dieu de nous en révéler 2° lous voulaient expliquer l'ori°ine du mal, et aucune de leurs hypothèses ne résolvait la difficulté. Si c'est Dieu qui a créé librement le formateur du monde en prévoyant le mal qui arriverait, il en est responsable comme s'il l'avait fait lui-même. Si cet ouvrier a existé nécessairement, tout est fatalité pure ; autant vaut dire que Dieu n'a pas pu mieux faire.

3° Quoiqu'mtéressés à révoquer en doute l'histoire de l'Evangile, età portée d'en vérifier les faits, ils n'ont pas osé récuser le témoignage des apôtres, ils l'ont plutôt coniirmé. 4° Saint Paul les a peints d'après nature, II Tim., c. 4, f 4. « Ils ne pourront, » dit-il, souffrir une saine doctrine ; » ils auront la démangeaison d'écou- » ter de nouveaux maîtres : ils fer- » meront leurs oreilles à la vérité et » courront après des fables.»

Brassa,

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