‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 14 sur 166 · PP · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION DE BERGIEU.

et à se réunir dans une seule Eglise. Le Fils de Dieu envoie ses apôtres prêcher l'Evangile à toutes les nations. J'en ferai, dit-il, un seul troupeau sous un même pasteur (1). Si ce dessein n'avait pas été conçu dans le ciel, il serait le plus beau qui eût pu se former sur la terre ; et si Jésus-Christ n'était pas Dieu, il serait encorde meilleur et le plus grand des hommes.

Ceux-ci étaient moins grossiers et moins stupides que dans les siècles précédents ; aussi les signes de la mission du Sauveur n'ont point été des prodiges de terreur, mais des traits de bonté. Les mœurs étaient plus douces, mais'plus voluptueuses; il fallait une morale austère pour les corriger. Une philosophie curieuse et téméraire n'avait laissé subsister aucune vérité ; il fallait des mystères pour la confondre et pour réprimer ses attentats. Les usages de la vie civile avaient acquis plus de décence et de dignité; il fallait un culte noble et majestueux. Les connaissances circulaient d'une nation à une autre ; la tradition universelle ou la catholicité était donc la base sur laquelle l'enseignement devait être fondé. Telle est en effet la constitution du christianisme.

Ce n'est pas le connaître que de l'envisager comme une religion nouvelle, isolée, qui ne tient à rien, qui n'a ni titres, ni ancêtres. Ce caractère est l'ignominie de ses rivales ; ainsi elles portent sur leur front le signe de leur réprobation. Le christianisme est le dernier trait d'un dessein formé de toute éternité par la Providence, le couronnement d'un édifice commencé à la création; il s'est avancé avec les siècles, il n'a paru ce qu'il est qu'au moment où l'ouvrier y a mis la dernière main. Aussi les apôtres nous font remarquer que le verbe éternel qui est venu instruire et sanctifier les hommes, est celui-là même qui les a créés (2). Saint Augustin, dans ses livres de la Cité de Dieu, envisage la vraie religion comme une ville sainte, dont la construction a commencé à la création, et ne doit être finie que quand ses habitants seront tous réunis dans le ciel.

Ce plan sublime n'a pu éclore dans l'esprit d'un homme ; il timbrasse toute la durée des siècles; ceux mêmes qui, dans les premiers âges, ont concouru à son exécution, ne le connaissaient pas. C'est Jésus-Christ qui nous l'a révélé. Saint Jean, au commencement de son évangile ; saint Paul, dans sa lettre aux Calâtes, et dans le premier chapitre do l'épître aux Hébreux, l'ont clairement développé. Le christianisme est la religion du sage, de l'homme parvenu à l'âge viril et à la maturité parfaite (8).

L'auteur de l'Ecclésiastique, qui a si bien présenté les deux

(1) Fiet uuum ovile et unus pastor. Joan., c. 10, j> 16,

(2) Joan., c. 1, Heb., c. 1, (3 Ephes.,c. 4,^ i3.

INTRODUCTION DE BERGIER

premières époques de la révélation, ne pouvait peindre la troisième ; il l'a précédée de plus de deux cents ans ; mais il prie Dieu d'accomplir ses promesses et les prédictions des anciens prophètes; « afin, dit-il, que l'on reconnaisse la fidélité de ceux » qui ont parlé en votre nom, et pour apprendre à toutes les » nations que tous les siècles sont présents à vos yeux » (1).

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