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(1). Quand il serait vrai que ce démon Azazel passa précisément du texte que nous examinons dans les démonologies postérieures, il n'en reste pas moins établi que la signification du mot dans le sens d'un démon, et précisément de Satan, est une signification très-ancienne, et d'autant plus digne d'attention qu'Origène s'en sert d'une manière nette et positive. Elle seule s'adapte au texte et à tout le rituel de la cérémonie de l'expiation. C'est par la perfidie de Satan que le péché est entré dans l'homme, avec le coupable consentement de ce dernier et par une transgression libre de la loi divine.
Or le peuple élu devant, au jour de Kippour, expier ses péchés devant Dieu en offrant le sacrifice expiatoire prescrit, rejette symboliquement ce péché, en le détestant, sur celui dont il est originairement dérivé. Et en effet, la confession des péchés faite par le grand prêtre, au nom du peuple, sur la tète du bouc émissaire (2), le charge symboliquement de ces péchés , Il est envoyé dans le désert à Azazel, parce que le désert est le séjour des mauvais esprits (3). »
Voy, à bouc émissaire, l'article de Bergicr, où ce théologien parait rejeter cette interprétation, mais sans lui en substituer une autre.
Le Noir.
AZOR, (Jean). (Théol. Mat. biog. et bibliog.) — Né à Lorca, eu Espagne, il entra dans l'ordre des Jésuites en 1539. Après avoir enseigné la théologie à Complutum et à Plaisance, il alla l'enseigner à Rome, où l'on admira son exposition ingénieuse. Azor était admirateur de S. Thomas d'Aquin, comme presque tous les théologiens de son temps; il s'occupa surtout de philosophie morale. Il mourut, regretté des savants, à Rome, en 1.G03.
Le principal de ses ouvrages est
1) Orig., adv. CWs., VI, 43.
2) Lévit., XVI, 21.
3 Job, ÏM, i.
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intitulé : Institutionum moralium , tomi III. Les deux derniers volumes ne parurent qu'après sa mort; cet ouvrage fut beaucoup estimé dans les 17° et 18 e siècles. — Azor a aussi laissé un commentaire très-connu sur le Cantique des Cantiques.
Le Nom.
AZOTE. Voyez Septuagêsime.
AZYME, du grec dÇujMX, sans I pain qui n'est pas fermenté. Depuis le jehisme des Grecs, consommé dans l'onzième siècle par le patriarche Michel Cérularius, il y a eu dispute entre eux et les Latins, pour savoir si le pain dont on se sert pour ta consécration de l'eucharistie, doit être levé ou sans levain; les Grecs et les autres Orientaux, les Syriens jacoBites et maronites, les cophtes et les nestonens, se servent de .pain levé, et il parait que cet usage est établi chez eux depuis les premiers temps du christianisme; les Latins consacrent du pain azyme, et les savants ne conviennent point de l'époque à laquelle celte coutume a commencé, quoiqu'elle n'ait pas été toujours néralement observée.
Bingham, charmé de trouver une occasion de blâmer l'Eglise romaine, prétend que l'usage des pains azymes, que nous nommons hosties, a été inconnu dans toute l'Eglise avant l'onzième siècle ; il veut nous le prouver par saint Epiphane, qui parle du pain azyme comme d'un rit affeeté parles ébionites, User. 30, n. 15; par saint Ambroise, qui appelle le pain de l'eucharistie un pain usuel, de Sacrant., 1. 4, ci; par l'auteur de la vie du pape Melchiade, mort l'an 31 ':, qui nomme l'eucharistie fermrnliim ; par le pape Innocent t, mort eu il7, qui l'appelle de même dans une de ses lettres ; enfin, parce que Photius, qui commença le schisme des (hits au neuvième siècle, n'objecte point aux Latins l'usage du pain azyme, au lieu que Michel Cérularius leur en lit un crime entOol ;donc, dit Bingham, il n'en était pas encore question dans l'Eglise latine. Orig. ecdês., 1. Ici, c.
Mais ces preuves ne peuvent pas prévaloir aux têffi positifs
d'Aleuin en 790, et de Raban-MffUT en 810, qui parlent du comme d'un usage commandé et néiire à observer; le premier connais, lit la pratique des E. lises d'Angleterre, et le second celle des Eglises d'Allemagne. Lorsque le rit grégorien fut introduit en Espagne, dans l'onzième siècle, au lieu du rit mozarabique, les Eglises de ce royaume ne changèrent rien dans le pain dont elles -e scrvaicnl pniir l'eucharistie ; le pain azyme y était donc usité , au moins depuis la fin du sixième siècle.
Dans le dixième et l'onzième, le pape Léon IX soutint, contre les Grecs, que l'on s'en servait en Italie de temps Immémorial.
Ce que saint Epiphane a dit des ébionites, nous donne lieu de penser que, dans t"E ! [ne, l'on s'abs-
tient de consacter du pain azyme, ie peur de paraître approuver l'erreur des hérétiques, Jui en usaient par attachement aux rites ju , mais la même raison n'avait pas lieu dans l'Occident, où les ébionites ne parurent jamais.
Il n'est pas prouvé que du temps de saint Ambroise le pain usuel fut du pain levé; aujourd'hui encore le peuple des ca mange souvent
des gâteaux de pain sans levain ; il semble an contraire que dans la via du pape Melchiade, et dams la lettre d'Innocent I, le mot /'< rmrntinn est employé pour distingner le pain calque du pain ordinaire.
Du silence de Photius, l'on doit seulement conclure que ce patriarche et les autres Grecs n'afcl
pas pour lors au pain levé autant d'importance qu'ils lui en ont donné cent soixante ans après , lorsqu'ils ont voulu absolument consommer leur schisme, et que dans l'onzième siècle ils ont été moins raisonnables qu'au neuvième.
On ne se persuadera jamais que dans cet intervalle les Eglises d'Italie, des Gaules, d'Espagne, d'Angleterre cl d'Allemagne, ont conspiré tout à coup à se servir de pain azyme contre leur ancien usage, sans que l'on puisse découvrir aucun, motif ni au-
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cun événement qui ait pu donner heu à ce changement ; on sait le temps auquel le missel grégorien a été substitué au missel gallican et au missel gothique ou mozarabique, la manière dont cela s'est fait, et les motifs par lesquels on s'y est déterminé : pourrait-on ignorer l'origine du pain azyme, si l'usage du pain levé avait été constant et universel dans tout l'Occident?
Il est à peu près certain que Jésus- Christ a consacré l'eucharistie avec du pain azyme, puisque c'était le seul dont il fût permis d'user dans la célébration de la pâque : cette considération jointe à la leçon que saint Paul fait aux fidèles, I. Cor., c. 5, y 7 : « Purifiez-vous du vieux levain, « etc. , » a fait conclure que le pain azyme était le plus convenable pour l'eucharistie. Aujourd'hui encore les Abyssins cophtes se servent de pain azyme pour consacrer l'eucharistie le jour du jeudi saint : les arméniens ont affecté de ne mettre ni levain dans le pain eucharistique , ni vin
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dans le calice afin d'exprimer ainsi leur erreur touchant l'unité de nature en Jesus-Christ; les ébionites s'abstenaient de célébrer avec du pain levé, par attachement aux rites judaïques mais l'Eglise latine ne s'est conduite par aucun de ces motifs. C'est trèsmal à propos que les Grecs l'ont voulu charger de ce ridicule; par mépris, ils nous appellent azymites:
par réciprocité on les a nommés fermentaires. Les protestants auraient dû s abstenir d'imiter l'opiniâtreté des Grecs L Eglise latine a été plus raisonnable qu'eux : lorsqu'ils consentirent à se réunir à elle au concile de Florence il fut décidé que chacune des deux Eglises serait libre de conserver son ancien usage. Le Bran, Exphc. des Cérémon., t. S, p. llfi et suiv. r
Thiers fait mention de plusieurs superstitions pratiquées par différentes sectes à l'égard du pain eucharistique. Tr. des Superstitions., t. 2, 1. i, ch. 1.
Eebgier.