‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 49 sur 166 · ABI · texte numérisé non relu

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venu qui soit plus immédiatement sous la main du gouvernement; puisque le roi en dispose à chaque mutation, et que l'on peut les employer à l'utilité publique par des réunions, par les économats, par des pensions, etc. 3° Que, daus toutes les calamités qui affligeât les campagnes, il n'est ■point de ressource plus prompte et plus certaine que celle que l'on peut trouver dans les abbayes. Si l'on faisait une liste des bonnes œuvres qui se font journellement dans ce genre, les ennemis des moines seraient forcés de rougir de leurs déclamations.

4° Que ces vastes bâtiments, qui insultent, dit- on, à la misère publique, ont été élevés par les brasdes ouvriers du canton, qui y ont ainsi gagné leur vie; qu'en cela l'on s'est conformé au sentiment de nos philosophes politiques, qui soutiennent que la meilleure espèce d'aumône est de faire travailler le peuple. 11 y aurait bien d'autres observations à faire. Voyez Moine, Monastère. Bergier.

ABBON DE FLEURY (thêol. hist.

biog.et bibliog.) — ■ Né, vers le milieu du siècle, aux environs d'Orléans, Abbon fut élu abbé de Fleury en 988, et devint un des personnage' les plus considérables de son temps. Il assista à différents conciles, et soutint toujours avec ardeur les droits de l'Eglise. Il mourut en lOOi, des suites d'un coup de lance qui lui fut porté à l'instigation d'un moine gascon.

Abbon de Fleury est l'auteur de nombreux ouvrages, dont beaucoup sont perdus. La collection de ses lettres sur les affaires de l'Eglise en sont la portion la plus importante. Puis viennent : Collcctio Canonum ad Hugonem et Roberlmnreges; Prologas in libellum suum de Grammaticalibus; Epitome de vitis Romanorum Puntificum ; Polssïo S. Eadmundi régis, in Surrii vitis (manuscrit) ; Apologeticus adversus Arnulphum, episc. Awelian. Ses manuscrits traitent de philologie, de philosophie, d'histoire, de mathématiques, d'astronomie et tous dénotent un talent très-étendu. Le Noir.

ABDAS. Voyez Zèle de Religion.

ABD-EL-KADER (thêol, hist. biog. et bibliog.) — Cet Arabe célèbre aura une notice dans notre ouvrage, à cause des tendances théologieo-philosophiques qu'il a manifestées dans plusieurs lettres fort remarquables, et même dans un ouvrage dont l'esprit est tout entier dans le sens de l'union des culte^, et en reconnaissance aussi de sa belle conduite, lorsqu'il organisa une défense de nos chrétiens de Damas, contre ses coreligionnaires fanatiques qui avaient commencé d'exécuter sur eux une espèce de Saint-Barthôlcmy. Abd-el-Kn'lrr, après avoir été adversaire acharné de la France, et avoir lutté avec un talent militaire si rare, pour l'indépendance de sa nationalité, est devenu, dans la retraite, un philosophe musulman, comme l'Islam en a produit très-pou. Son théisme est intelligent, son Allah et notre Dieu ne sont point différents dans son esprit; et sa religion, qui est sincère, est la religion philosophique elle-même dans sa plus grande simplicité. Sa biographie, qui serait celle d'un guerrier, et, dans sa partie la plus importante, l'histoire même de notre conquête de l'Afrique, sortirait de notre cadre.

Nous dirons seulement qu'il est né vers 1807, aux environs de Mascara, sur le territoire des Hacheras, d'un père, marabout très-vénéré dans la province d'Oran, qui faisait remonter sa généalogie jusqu'au Prophète; qu'il fut élevé dans une espèce de sêminaire appelé la(Juetna; que, dèsson entame, il montra tant d'intelligence qu'il expliquait les passages les plus difficiles du Coran; que, plus tard, il se lit remarquer par son éloquence et mérita, par sa piété fervente à l'égard du dieu de l'Islam, les titres de marabout et de thaleb, c'est-à-dire de saint et de savant; qu'il fut obligé de fuir en Egypte pour échapper au dey d'Alger, qui, redoutant son ambition, voulait le faire assassiner; et qu'enlin ce fut h son retour en Algérie, que, trouvant le pays au pouvoir des Français, il entreprit cette héroïque défense qui dura de 1832 jusqu'en 18i3, et qui iinit par sa reddition au général Lamoricière, mais à la condition d'être transporté à Damas ou à S. Jean d'Acre, et d'y avoir

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