‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 48 sur 166 · L. 3 de Pec. meritis et Remiss., c · texte numérisé non relu

L. 3 de Pec. meritis et Remiss., c

13, n. 22, saint Augustin, ne dit point que Dieu refuse quelquefois aux justes la grâce pour faire le bien, mais pour le faire parfaitement, ad perficiendunijustitiam ; et cela est vrai.

Dieu ne donne pas toujours aux âmes les plus saintes la force de pratiquer le bien avec autant de perfection qu'elles le voudraient ; c'est ce qui les afflige, les humilie, les tourmente même par des scrupules : s'ensuit-il de là que Dieu leur refuse les grâces nécessaires pour éviter le péché et pour persévérer dans le bien?

Episl. 104 ad Sixtum, chap. G, n.

21 et 22, saint Augustin parle non de

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la grâce actuelle, mais de la grâce finale, du don de la persévérance, de la prédestination à la gloire éternelle.

Nous convenons, d'après saint Augustin, quecedonn'estdùàpersonne, que Dieu peut le refuser à qui il lui plait, et que ceux auxquels il ne l'accorde point n'ont pas droit de se plaindre ; que cela ne peut pas excuser les pécheurs, comme le prétendait Pelage. Nous traiterons cette question aux mots Persévérance et Prédestination. Voyez Grâce, § 3.

Bergier.

ABBAYE, ABBÉ, ABBESSE. Un corps, une communauté quelconque, ne peut subsister sans subordination; il faut un supérieur qui commande et des inférieurs qui obéissent : parmi des membres tous égaux et qui font profession de tendre à la perfection, l'autorité doit être douce et charitable; on ne pouvait donner aux supérieurs monastiques un nom plus convenable que celui de père; c'est ce que signifie abba: par la même raison, l'on a nommé abbessesles, supérieures des religieuses, etabbayes les monastères. La juridiction, les droits, les privilèges des abbés et des abbesses ont été fixés par les lois ecclésiastiques ; c'est un des articles de la jurisprudence canonique. 11 nous suffît d'observer que la multitude des abbayes de l'un et de l'autre sexen'a rien d'étonnant pour ceux qui savent quel était le malheureux état de la société en Europe pendant le dixième siècle et les suivants ; les monastères étaient non-seulement les seuls asiles où la piété put se réfugier, mais encore la seule ressource des peuples opprimés, dépouillés, réduits à l'esclavage par les seigneurs toujours armés et acharnés à se faire une guerre continuelle. Ce fait est attesté "par la multitude des bourgs et des villes bâtis autour de l'euceintedes abbayes.

Les peuples y ont trouvé les secours spirituels et temporels, le repos et la sécurité dont ils ue pouvaient jouir ailleurs.

On n'a jamais autant déclamé que de nos jours contre les richesses, la somptuosité, la magnificence des abbayes : dans nos dictionnaires géogra-

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phiqufs, on ne manque jamais, en parlant des villes ou des bourgs dans lesquels il se trouve une abbaye, de faire contraster l'opulence qui y règne avec la pauvreté et la misère des peuples du canton, et d'insinuer que c'est ce voisinage fatal qui ruine les colons.

L'on ferait une observation à peu près aussi sensée, si l'on mettait en opposition la magnificence du château de Versailles et le luxe de la cour, avec la multitude des pauvres rassemblés daus cette ville; ou la misère répandue sur le pavé de Paris, avec la I somptuosité des hôtels des grands sei- ' gneurs et des financiers. Les pauvres se rassemblent dans ces deux villes, parce qu'ils espèrent de trouver dà secours dans la charité des princes et des grands : ainsi, tes abeilles se répandent sur les prairies dans lesquelles il y a des fleura à sucer, et non dans les campagnes labourées, où il n'y en a point. Nous pensons qu'il en est de même des abbayes et des riches monastères, et que si les misérables n'y trouvaient rien à gagner, ils iraient chercher leur subsistance ailleurs. Les réflexions de nos censeurs politiques prouvent précisément le contraire de ce qu'ils prétendent.

Il vient de paraître un ouvrage intitulé : Observations d'un solitaire citoyen, dans lequel l'auteur a pronvé, par des raisons très-solides, qu'à n'envisager les abbayes et les monastères que sous un aspect .politique, ces établissements sont très-avantageux, et qu'en les détruisant ou en changeant leur destination, l'on produirait beaucoup plus de mal que de bien ; il a répondu d'une manière très-satisfaisante à toutes les objections que les censeurs de l'état monastique ont compilées dans leurs dissertations.

Sans entrer ici dans un grand détail, il est évident, 1° que, dans toutes les abbayes et les monastères en règle, le revenu est consommé sur le lieu même et dans le voi^iuasce; au lieu que ^s 'il était donné à des séculiers, il serait dépensé à la cour, dans la capitale, ou dans quelque autre demeure éloignée du sol et du séjour des colons. 2° Que, par le moyen des commendes, il n'est aucune espèce de re-

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