‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 51 sur 166 · AB · texte numérisé non relu

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Eutrope, son disciple, et du grec en latin, par Jules Africain qui vivait en 221 . Ces contradictions démontrent que le prétendu Abdias est un imposteur. Wolfang Lazius, qui déterra le manuscrit de cet ouvrage dans le monastère d'Ossak, en Carinthie, le lit imprimer à Bàle en 1551, comme un monument précieux. Il y en a eu plusieurs autres éditions, sans que cette histoire en ait acquis plus d'autorité. Bergiee

ABDISSI, ABDJÉSUouÉBEDJÉSU.

Voyez NestohieiNS.

ABÉCÉDAIRES, branche d'anabaptistes, qui prétendaient que pour' être sauvé il fallait ne savoir ni lire, ni écrire. Voyez Anabaptistes.

ABEL, second fils d'Adam. Selon l'histoire sainte, Caïn, son fils aine, cultivait la terre; Abel élevait des troupeaux ; le premier offrait à Dieu les fruits de l'agriculture ; le second lui présentait la graisse ou le lait des animaux: il était naturel que, par reconnaissance, les hommes lissent à Dieu l'offrande des aliments qu'ils tenaient de sa bonté. Dieu agréa les dons à' Abel et n'eut point égard à ceux de Caïn. Celui-ci, jaloux de la prospérité de son frère, conçut contre lui une haine violente, et le tua.

Les rêveries que les rabbins ont écrites sur la conduite à' Abel ne méritent aucune attention ; le récit simple et naïf de l'Écriture donne lieu à plusieurs reflexions. 1° Le sort des deux frères dut faire sentir à nos premiers parents les suites terribles de leur péché, l'excès des misères auxquelles était condamnée leur postérité. 2° La destinée d'Abel démontre que les récompenses delà vertu ne sont pas de ce monde. Dieu avait dit à Caïn, pendant qu'il méditait son crime : « Si tu fais bien, » n'en recevras-tu pas la récompense?

» Si tu fais mal, ton péché s'élèvera » contre toi. » Cependant Abel reçoit pour toute récompense de sa piété une mort violente et prématurée.

Dieu a donc accompli sa promesse dans une autre vie. Selon saint Paul, Abel, par sa foi, a offert à Dieu de

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meilleurs sacrifices que Caïn ; par là il a mérité le nom de juste ; Dieu lui-même a rendu témoignage à ses offrandes, et par cette foi il parle , encore après sa mort. Hebr., cil,

Quelle a pu être la foi d'Abel, sinon une ferme croyance à la vie future ? Le témoignage que Dieu lui a rendu serait illusoire, si la piété A' Abel était frustrée de toute récompense. L'indulgence avec laquelle Dieu traite Caïn après son crime serait un nouveau sujet de scandale.

Voyez Caïn.

Comme saint Cyprien, L. de bono patientix, a loué Abel de ne s'être pas défendu contre son frère, et d'avoir ainsi donné un prélude de la constance des martyrs et de la patience des justes, Barbeyrac accuse ce Père d'avoir détruit par là le droit naturel d'une juste défense de soi-même; Traité de la morale des Vires, c. 8, §41.

Mais le droit de se défendre et l'obligation de le faire, est-ce la même chose? Barbeyrac convient que non ; qu'il y a des cas dans lesquels un juste peut être louable de se laisser mettre à mort, plutôt que de tuer l'injuste agresseur; il donne pour exemple Jésus-Christ et les martyrs. La question est donc de savoir si Abel n'a pu avoir aucun motif louable de se laisser ôter la vie:

or, nous soutenons que le dessein de laisser à son frère le temps de faire pénitence, de donner à ses propres enfants un exemple de patience, de remettre à Dieu seul le soin de la vengeance, estun motif très-louable, et que saint Cyprien n'a pas eu tort dele louer. Voyez Défense de soimême. Bergier.

ABÉLIENS, ABÉLOITES, secte d'hérétiques assez obscurs et en petit nombre, qui ont subsisté pendant quelques années auprès d'Jlippone en Afrique. Quoique mariés, ils s'abstenaient de tout commerce conjugal avec leurs femmes. Le motif de cette conduite bizarre étoit probablement d'imiter la chasteté d'Abel, que l'on suppose n'avoir jamais eu d'enfants.

Mais, outre l'incertitude de ce fait, il

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aurait été plus simple de s'abstenir du mariage. Cette continence mal entendue ne pouvait manquer de produire bientôt du désordre dans un climat tel que l'Afrique. Quelsqu'aient pu être leurs motifs, ils ne valaient pas la peine que plusieurs écrivains se sont donnée pour les deviner. S.

Aug., de Hœr., n. 87.

Mosheim, Hist. Ecclésiat., n° siècle, 2 e part, c. 5, n. 18, a pris les Abéliens pour une secte de gnostiques.

11 nous parait qu'il s'est trompé. Saint Augustin parle de ceux d'Afrique comme d'une secte qui venoit de s'éteindre, et qui n'avoit pas duré longtemps. Bergier.

ABELLY (Louis) (Mol. hist. biog.

et bibliog.). — Evèque, comte de Rodez, Abelly fut un des adversaires des jansénistes. Parmi ses ouvrages, qui sont tous savants, on remarque une vie très-détaillée de S. Vincent-de- Paul, un livre sur la tradition du culte de Marie, un compendium de théologie très-estimé, intitulé : Medulla theologise, en deux volumes. Il mourut après avoir résigné son titre, à 88 ans, en 1691, à Paris dans le couvent de Saint-Lazare. Le Noir.

ABERRATIONS DE LA SCIENCE (theol. mixt. philos, et scien). — La science positive, dans laquelle on prétend aujourd'hui enchaîner nos esprits malgré les efforts que feront toujours la religion, la philosophie et l'art pour ouvrir leurs ailes au grand air et à la liberté ; la science positive dont les adeptes exclusifs de nos jours se qualitient avec tant d'orgueil du titre mensonger de libres-penseurs ; la science positive, que ceux-là mêmes nous vantent comme la seule lumière,' comme le soleil du monde, serait-'' elle donc exempte de ces aherratiom '■ et de ces préjugés qiù étouffent par- l ' fois, durant de longs siècles, les essors de l'intelligence, et maintiennent les âmes dans une nuit profonde à désespérer?

Oh ! non certes : cette science , ainsi qu'on le répète, se fonde tout entière sur l'observation. Or, l'observation porte sur ce qui se voit, sur ce qui se touche, c'est-à-dire sur les appa-

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rences. Mais les apparences phénoménales sur lesquelles elle concentre toutes ses forces, sont-elles donc toujours la manifestation des réalités? Ne sont-elles pas quelquefois souverainement trompeuses?

Qui donc avait enrayé pendant quinze siècles l'astronomie dons le système absurde, tout ingénieux qu'il fut, des épieyeles, si ce nest la Beieace positive à 'observât ion par son glorieux interprète IMolémèe, le plus grand des astronomes et des observateurs depuis Hipparque et jusqu'aux Copernic, Kepler, Descartes et Newton, dont les théories eurent l'audace de s'élever au-dessus des apparences?

Si quelques génies supérieurs pendant cette longue nuit, tels que Roger Bacon et le cardinal de Cusa, faisaient des efforts dignes de toute admiration pour briser les chaînes de l'esprit humain, on les traitait d'idéologues iusensés, quand on n'allait pas jusqu'à immobiliser leur essor par la compression morale ou par la persécution matérielle; et n'était-ce pas la science positive de ces tristes temps qui élait la première coupable ?

Qui donc avait enrayé la chimie, pendant de si longs siècles, dans le système des quatre éléments, si ce n'est la science positive, laquelle se fondant toujours sur l'observation , n'avait encore vu dans les apparences que la terre, l'air, l'eau et le l'eu, et n'avait encore acquis ni la hardiesse de chercher plus profondément par la spéculation, par l'idée , ni les moyens d'exécuter matériellement ses recherches?

Qui donc avait jusqu'à ces derniers temps enrayé la physique de la lumière dans l'explication par les émissions, si ce n'est encore la science pov sitive d'observation fondée sur les apparences?Quand nous voyons le soleil, il est naturel de penser que ces rayons par lesquels il se révèle à nous, sont îancésparlui jusqu'à nous dans l'espace, sous laforme d'une matière subtile qui part de, sa substance. Newton lui-même n'a pu se débarrasser par la théorie, par l'idée audacieuse, de l'ùuluence qu'exerce sur tout observateur cette apparence constante ;

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et son optique, tout admirable qu'elle fût sous les autres rapports, n'avait servi, sous celui-là, qu'à maintenu; l'esprit humain dans une grande erreur. Descartes, le grand théoricien, le profond inventeur, avait donné l'admirable explication des ondulations déterminées par les foyers lumineux dansun fluide universellementrépandu, qu'il appelait l'éther, explication de laquelle il résultait cette chose étrange, que le fluide lumineux, la lumière, était, ainsi que l'avait supposé Moise dans son tableau de la création, antérieur au soleil. Mais la science positive avait suivi Newton, avait ri de Descartes plus ou moins, et ce n'est que dans ces dernières années que des observations de nouvelle espèce sur les rayons des foyers lumineux, ont tranché la question en faveur de Descartes, auquel s'étaient , au reste, ralliés peu à peu beaucoup de physiciens.

A la naissance de la paléontologie, toute l'Allemagne et le reste del'Europe à sa suite prend, pendant soixante ans environ, le crâne pétrifié d'une grossesalam andre pour un crâne humain ; Campera l'audace d'en douter et déparier d'un reptile ;Cuvier a l'audace plus grande de nommer l'espèce du reptile; il convoque les savants d'Allemagne à une conférence solennelle sur les lieux mêmes où la roche est conservée ; il attaque cette roche avec le marteau, et découvre le squelette de la salamandre jusqu'à la queue ; elle avait un mètre et demi de longueur et un crâne presque en tout pareil à celui de l'homme. (V. Ages

PALEONT0LOGI0L"ES DE L'ESPÈCE HU- MAINE.) Or, n'était-ce pas encore la science positive et d'observation qui avait eu là son aberration dans le savant Scheuchzer, et dans la multitude de ceux qui l'avaient suivi?

Si l'espace nous était donné, nous ferions un livre pour énumérer et raconter ces aberrations de la science positive. Et les positivistes auraient la prétention, après toutes ces leçons du passé, de nous imposer leurs arrêts, au nom de cette science, contre des vérités d'un autre ordre qui ont leurs appuis sur la conscience humaine, sur la philosophie, sur toute lamé-

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taphysique, sur l'histoire, et le reste!

Nous ne sommes pas de ceux qui doutent de la science par système; nous avons l'âme ouverte à ses révélations ; mais encore faut-il que ces révélations aient de sérieux étais, et soient incontestables lorsqu'elles ne sont pas étrangères à d'autres sciences plus sérieuses encore, et qu'elles paraissent élever.contre elles des contradictions. Nous sommes assez instruits par le passé pour être sur nos gardes, et pour conserver, jusqu'à certitude, incontestablement acquise, des faits el des choses, le doute raisonnable sur les découvertes de la science positive et d'observation, en ce sens que de nouvelles observations, mieux conçues et mieux exécutées, plus profondes ou plus délicates, puissent venir détruire les précédentes, bien qu'elles eussent paru définitives aux esprits trop empressés de fermer les questions.

Le Nom.

ABGARE, roi d'Edesse, ville de la Mésopotamie, est connu dans l'histoire ecclésiastique par ce que Eusèbe en rapporte, liv. 1 , c. 13; il dit que ce roi écrivit à Jésus-Christ pour le prier de venir le guérir d'une maladie : que le Sauveur lui lit réponse et promit de lui envoyer un de ses disciples ; qu'après l'ascension , saint Thomas envoya en effet saint Thadée, qui guérit Abgare et convertit la ville d'Edesse. Eusèbe rapporte la lettre et la réponse, et prétend les avoir tirées des archives de la ville d'Edesse.

De savants critiques ont regardé ces deux pièces comme supposées ; Tillemont, Cave et d'autres les reçoivent comme authentiques, et répondent aux difficultés qu'on leur oppose. Mosheim n'oserait garantir l'authenticité de ces deux lettres ; mais il ne voit aucune raison de rejeter l'histoire qui y a donné lieu.

D'autres protestants plus hardis s'inscrivent également en faux contre l'histoire et contre les lettres ; mais ils n'allèguent que des preuves négatives.

Il n'est pas fort nécessaire à un théologien de prendre parti dans cette dispute, qui est dans le fond

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