‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 53 sur 166 · ACI · texte numérisé non relu

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et son fils Abiathar, dont il est parlé dans le livre des Rois, ne sont point deux grands-prêtres, mais de simples sacrificateurs, aussibienque les autres

Erètres de la ville de Nobé, que Saùl t mourir. En effet, ni l'un ni l'autre ne sont appelés grands-prétres, mais seulement Sacrificateurs, et il n'est pas probable que Saûl eût osé faire massacrer deux grands-prêtres. Wiston prétend encore qu'il y a eu deux grands-prêtres nommés Abiathar , l'un sous Saùl, et qui était frère d'Acbimelech ; l'autre sous David et sous Salomon, et qui était ûls d'Achimele.cli ; mais qu'ils ne sont point les mêmes personnages que les sacrificateurs de Nobé dont il est question dans le 21 e chap. du l c r livre des Rois. Voyez la bible de Chais sur cet endroit. Bergier.

ABISME, ou plutôt Abysme, formé d'à privatif et de pôsaoç, fond ; il signilie sans fond. Ce mot se prend dans l'Ecriture, 1° pour l'immensité des eaux qui environnaient le globe de la terre au moment de la création, et avant que Dieu les eût renfermées dans un même lit. Gènes., c. t, y 2, et 9. 2° Pour la mer ; en parlant du déluge, il est dit que les sources du grand abime furent rompues, c'est-àdire, que la mer sortit de son lit. Gènes, c. 7, ^ 11. Au sujet des Egyptiens submergés dans la mer Rouge, Moïse dit qu'ils ont été couverts par les abîmes. Exod., c. 15, f 5, etc. 3° Pour les lieux les plus profonds de la mer. Eccli., c. 1, f 2. 4° Pour l'enfer. Il est représenté comme un gouffre placé sous les eaux et vers le centre de la terre, dans lequel sont renfermés les impies, les géants qui ont fait trembler les peuples, les rois de Tyr, de Babylone, d'Egypte, toujours vivants, et portant la peine de leur orgueil et de leur cruauté. Isaïe,

1>arlant de la mort du roi de Babyone, lui adresse ainsi la parole : « Ton » arrivée a troubléles enfers, a éveillé » les géants ; les rois des nations se » sont levés de leurs sièges : ils te » diront : Te voilà donc blessé aussi » bien que nous, et devenu semblable » à nous ; ton orgueil a été précipité » aux enfers, ton cadavre est tombé ;

» il sera la proie de la pourriture et » des vers, etc. » Isaïe, c. 14, f 9 et suiv. Ezôchiel dit la même ebose du roi de Tyr, ebap. 28, y 8 ; du roi d'Egypte et de ses sujets, c. 32, jH8 et suiv. L'abîme est aussi pris pour l'enfer dans l'Apocalypse, c. 9, 11, 20, etc.

Les conjectures des savants, sur la manière dont les Hébreux concevaient le centre de la terre ou le fond de Vablme, la source des fontaines et des rivières, etc., nous importent fort peu ; il nous suffit de présenter le sens littéral et naturel des livres saints :

il en résulte que ceux qui ont assuré que les anciens Hébreux n'avoient aucune idée de l'enfer, se sont trompés. Voyez Enfer. Bergier.

ABISSINS. Voyez Éthiopiens.

ABJURATION, est le serment par lequel un bérétique converti renonce à ses erreurs et fait profession de la foi catholique ; cette cérémonie est nécessaire pour qu'il puisse être absous des censures qu'il a encourues, et être réconcilié à l'Eglise.

Les protestants ont souvent tourné en ridicule les conversions et les abjurations ■ de ceux d'entre eux qui rentrent dans le sein de l'Eglise catbolique ; pour prévenir cette espèce de désertion, ils ont posé pour maxime qu'un honnête homme ne ebange jamais de religion. Ils ne voient pas qu'ils couvrent d'ignominie, non-seulement leurs pères, mais les apôtres de la prétendue réforme, qui ont certainement ebangé de religion, et qui ont engagé les autres à en changer ; ils rendent suspectes les conversions desjuifs, des mabométans, des païens, qui se font protestants ; et leur censure retombe même sur tous ceux qui se sont convertis à la prédication des apôtres. Leur maxime ne peut être fondée que sur une indifférence absolue pour toutes les religions, par conséquent sur une incrédulité décidée. Voyez Conversion.

Bergier.

ABLUTION. C'est l'action de se laver le corps. Tous les peuples, dans tous les temps, ont compris que la

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propreté du corps était le symbole de la propreté de l'âme ; que le péché pouvait être envisagé comme une tache de la conscience : qu'en se lavant le corps, un homme témoigne le désir qu'il a de se purifier l'âme.

Ainsi les ablutions, très-nécessaires à la santé dans les climats chauds, où l'on ne connaissait pas l'usage du linge, sont devenues un acte religieux universellement pratiqué. A-t-on cru pour cela que cette cérémonie avait la vertu d'effacer le péché aux yeux de la Divinité? Si les ignorants l'ont pensé, les sages du moins ont senti qu'un rite extérieur ne peut être efficace qu'autant qu'il plaît à Dieu de l'agréer et qu'il est accompagné d'un sentiment intérieur de pénitence.

Il parait que les ablutions ont été en usage chez les patriarches, puisqu'il en est parlé dans le livre de Job, ch. 9, f 30. Moïse en prescrivit aux Juifs un grand nombre ; Jésus-Christ les a consacrées en donnant au baptême, conféré en son nom, la force d'effacer le péché. Voyez- Baptême.

L'Eglise, animée par le même esprit, a conservé l'usage de l'eau bénite. On sait que les païens pratiquaient aussi différentes espèces d'ablutions; que les mahométans se lavent plusieurs fois le jour, surtout avant la prière; que les peuples les plus grossiers pensent sur ce sujet comme les nations les plus éclairées.

Est-ce une superstition générale qui a saisi tous les esprits? Quiconque se persuade que, pour effacer le crime, il suffit de se laver le corps, sans avoir aucun sentiment de componction et de regret, sans aucun désir de se corriger, est superstitieux sans doute; il abuse d'un signe destiné à lui rappeler ce qu'il doit faire intérieurement :

mais l'abus dans aucun genre ne prouve rien contre un usage utile en lui-même. Il n'est aucune institution de laquelle on ne puisse abuser; l'ignorance, la stupidité, l'hypocrisie, ne prescriront jamais contre les signes naturels de la piété et de la religion.

Voyez Expiations.

En terme de liturgie, l'on nomme ablution l'eau et le vin que le prêtre met dans le calice après la communion, afin qu'il n'y reste rien du vin

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