‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 55 sur 166 · TIENS · texte numérisé non relu

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Voyez Samosa-

ABRAHAMITES, moines catholiques qui souffrirent le martyre pour le culte des images sous Théophile, au neuvième siècle. Voyez Iconoclastes.

ABSOLU (1') (theol. mixt., philos, ontol.). — Les positivistes de notre temps, ayant à leur tète Auguste Comte, Proudhon le premier de tous, M. Littré, leur grand représentant vivant encore, etc. n'admettent pas l'absolu; ils n'admettent que le relatif; et cela dans toutes les sciences, dans tous les ordres, en toutes choses. On conçoit facilement que, s'ils l'admettaient une seule fois ils verraient s'écrouler, d'un coup, tout leur échafaudage. L'absolu, en effet, c'est l'éternel, puisque ce qui n'est point éternel se rattache nécessairement à quelque commencement et à quelque cause, condition qui l'établit dans une relation avec un autre être dont il dépend, et qui, en d'autres termes, en fait dès lors un relatif. Or, si vous reconnaissez une seule vérité éternelle, vous avez aussitôt Dieu lui-même, avec tout le reste des absolus, et c'est précisément de ce Dieu qu'ils ne veulent pas.

Ils nient donc absolument tout absolu et ne reconnaissent que des relatifs et des ensembles de relatifs.

Mais il suffit d'un raisonnement pour les jeter dans l'absurde et le contradictoire à ce premier point de départ.

Ils admettent le relatif, et il le faut bien, puisqu'autrement ils nieraient tout; fussent-ils sceptiques sur toutes choses, que ce serait encore admettre le relatif, qui serait alors leur scepticisme même ; et s'ils niaient tout absolument, jusqu'à leur scepticisme et toute affirmation comme tout être, ils affirmeraient par là un absolu, le néant universel. Au reste, ils ne font pas difficulté d'accorder cela, et de dire qu'ils reconnaissent parfaitement le relatif, en ajoutant que tout est relatif.

C'est à ce pas que je les prends et que je leur dis : Admettre le relatif

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sans l'absolu, c'est nier tout, et professer seulement, le néant absolu, à commencer partout ce qui vous concerne. En effet, qu'est-ce que le relatif et pourquoi est-il relatif ? Le relatif est relatif parce qu'il a une relation à un autre. Sans cette relation iln'est plus relatif; donc professer que tout est relatif, c'est dire que tout a une relation à un autre. Quel est cet autre ? est-ce un absolu ? Si vous l'accordez, vous admettez l'absolu. Mais vous n'en voulez pas. Que dites-vous donc? vous dites que c'est encore un relatif; niais prenez garda. Nous venons de poser le mot tout ; ce mot n'admet aucune exception ; c'est l'omnia des relatifs; vous n'avez plus le droit, cette parole prononcée: tout, d'introduire un nouveau relatif, avec lequel la relation s'établirait, puisque vous les avez tous compris dans l'hypothèse. Vous voilà donc arrêtés dès le premier pas. Vous ne pouvez pas dire que tout est relatif sans qu'il ait une relation à quelque chose; vous ne pouvez pas dire que cette relation s'établit avec un nouveau relatif, puisque vous les avez tous compris dans votre mot tout, sérieusement entendu.

Donc vous ne pouvez dire qu'une chose, à savoir que la relation nécessaire pour constituer le relatif s'établit avec l'absolu.

Nous voilà, tout de suite arrivés à DIEU, sans quoi votre mot relatif ne signifie plus rien, et vous-même ne dites rien.

Voulez-vous une autre formule plus abrégée ?... dire relatif sans absolu pour premier point de relation, c'est dire relation sans relation, attache sans point d'attache, être sans être.

Voilà le résumé de toutes vos doctrines. Le Noir.

ABSOLU, adject. ABSOLUMENT, adv. Absolu se dit, 1° par opposition à ce qui est relatif. Nous soutenons qu'il n'y a dans le monde aucun mal absolu, mais seulement des maux relatifs; la condition des créatures n'est bonne ou mauvaise, un bien ou un mal, que par comparaison. Le bien absolu, c'est l'infini; le mal absolu, c'est le néant : entre ces deux extrêmes il y a une ialiuité de de-

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grés ou de manières d'être qui sont censés un mal en comparaison d'un plus grand bien, et un bien si on les compare à un état plus mauvais.

L'oubli de ces notions a rendu plus obscure la question de l'origine du mal. V. Bien et Mal.

Dans le même sens, certaines propositions, énoncées en termes absolus, ne sont vraies que par comparaison ou daus un sens relatif. Quand on dit que Dieu abandonne les pécheurs, cela n'est pas absolument vrai, puisqu'il n'en est aucun à qui Dieu ne donne des grâces ; mais il ne leur en accorde pas autant qu'aux justes.

Voyez Grack, § 3. Saint Paul répète ce que Dieu a dit par un prophète :

J'ai aimé Jacob, et j'ai hai Esaù. Cependant Dieu n'a pas cessé absolument de répandre des bienfaits sur Esaù et sa postérité ; mais il ne les a pas traités aussi favorablement que Jacob et ses descendants. L'auteur du livre do la Sagesse dit à Dieu : Vous ne haïssez., Si ignewr, rien de ce que vous avez fait. Cette proposition est absolument vraie ; la précédente n'est vraie que par comparaison.

11 faut distinguer encore les arguments absolus d'avec les arguments relatifs personnels que l'on nomme arguments ad hominem : ceux-ci ne sont solides que relativement aux opinions et aux principes de l'adversaire contre lequel on dispute; ils ne prouvent rien contre ceux qui ont des principes ou des opinions contraires.

2° Absolu se dit par opposition à ce qui est conditionnel; ainsi l'on distingue en Dieu la volonté absolue, par laquelle il opère immédiatement par lui-même tout ce qu'il lui plait, et la volonté conditionnelle, par laquelle il nous laisse la liberté de résister.

Dieu veut notre salut, non absolument, mais sous condition que nous le voudrons nous-mêmes, et que nous obéirons à ses grâces.

3° L'on distingue l'impossibilité absolue ou met iphysique, d'avec l'impossibilité morale, qui signifie seulement une très-grande difficulté.

4° Absolu, se prend dans un sens opposé à déclaratif. Dans ce sens les catholiques soutiennent que le prêtre

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a le pouvoir de remettre les péchés absolument; les protestants, au contraire, prétendent qu'il peut seulement déclarer que Dieu a remis les péchés.

5° On nomme le jeudi de la semaine sainte le jeudi absolu, parce que dans plusieurs" églises on fait l'absoute avant la cérémonie de la cène ; c'est un reste de l'ancienne discipline ou de l'usage de réconcilier ce jour-là les pénitents publics, avant de les admettre à la communion.

Bergier.

ABSOLUTION, rémission des péchés faite par le prêtre au nom de Jésus-Christ dans le sacrement de pénitence. Voyez Pénitence.

Absolution se prend encore pour la levée des censures et l'action de réconcilier un excommunié à l'Eglise :

dans ce sens elle tient au droit canonique plus qu'à la théologie.

Enfin l'on nomme absolution une prière qui se dit à la fin de chaque nocturne de l'office divin, à la fin des heures canoniales, et une prière qui se fait pour les morts. Bergier.

Nous eomplétons cet article, qui est insuffisant, par le suivant, inédit, de M. l'abbé Peltier. Le Noir.

ABSOLUTION. Le mot absolution peut s'entendre ou de l'absolution des péchés, ou de celle des censures, ou enfin d'une simple cérémonie.

absolution sacramentelle ou des péchés. Ainsi que l'a déclaré le concile de Trente, (sess. xiv, c. vi) l'absolution des péchés ne consiste pas dans un acte pur et simple de déclarer que les péchés sont remis, ou de rapporter à cesujetles paroles de l'Evangile; mais dans un acte judiciaire, où le prêtre prononce sa sentence avec toute l'autorité d'un juge. En vertu de cette sentence, les p èchés remis sur la terre sont du même coup remis dans le ciel, ex opère operato , comme disent les théologiens, c'est-à-dire par la vertu qu'il a plu à Notre Seigneur Jésus-Christ d'attacher au sacrement lui-même, à moins que, comme il arrive trop souvent, les dispositions personnelles du pénitent n'y mettent obstacle.

« C'est sans doute un grand bienfait de Dieu, écrivait Leibnitz, tout protestant qu'il était, dans son Système théologique, d'avoir donné à son Eglise le pouvoir de remettre et de retenir les péchés, pouvoir qu'elle exerce par les prêtres, dont on ne peut mépriser le ministère sans un grand péché. » Aussi, protestants de toutes sectes, Luthériens, Anglicans, Calvinistes, après nous avoir contesté, à nous autres catholiques, ce pouvoir, ont-ils cru ne pouvoir rien faire de mieux que de se l'attribuer à euxmêmes. « Pour moi, disait Daillé (De la confession, liv. I, c. 6), je nie que les ministres ne remettent pas vraiment les péchés. Ils les remettent vraiment, s'ils font bien les fonctions de leur charge. » Daillé aurait dû ajouter : « Et si celui dont ils tiennent leur charge aie pouvoir, tout le premier, de remettre et de retenir les péchés. » Mais où est la preuve de ce pouvoir, ou de la mission qu'ils n'auraient pu recevoir que de Jésus- Christ? En rompant avec les légitimes successeurs des apôtres, ils ont du même coup fait tarir pour eux la sève qui seule aurait pu la leur communiquer.

Ne pouvant ni prouver la légitimité de leur mission, ni se résigner à reconnaître l'autorité du ministère catholique, certains protestants de nos jours sont revenus en désespoir de cause à poser contre nous la question pharisaïque : Qui peut remettre les péchés, si ce n'est Dieu seul? et à prétendre de plus belle qu'en disant aux apôtres : Recevez le Saint-Esprit, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, etc., Jésus-Christ ne leur a point donné un pouvoir réel de remettre les péchés , mais seulement celui de déclarer quels seraient les vrais pénitents, et de prêcher aux hommes la parole de Dieu.

« Est-ce là, reprenait là-dessus Mgr Milner (dans sa lettre u au Rév. Robert Cloyton), est-ce là suivre le sens clair et naturel de l'Ecriture? Mais, au lieu de discuter moi-même cette question, je vais opposer à la glose vague et arbitraire de l'évèque (anglican Portens), sur ce passage décisif, une autorité qu'il ne peut, à ce qu'il

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me semble, rejeter ou combattre:

elle n'est autre que celle du fameux champion des protestants, Chillingwort. Il dit, au sujet de ce texte :

Peut-il y avoir un homme assez déraisonnable pour s'imaginer que quand notre Sauveur, avec tant de solennité, après avoir d'abord soufflé sur ses disciples, et avoir ainsi porté et fait entrer dans leurs cœurs le Saint-Esprit, leur renouvela, ou plutôt leur conlirma cette glorieuse mission, etc., par laquelle il leur délégua le pouvoir de lier et de délier les péchés sur la terre, etc. ; y a-t-il, dis-je, quelqu'un qui puisse avoir des sentiments assez indignes de notre Sauveur, pour penser que ces paroles qu'il leur adressa dans cette circonstance n'étaient que de vains compliments? C'est pourquoi , conformément à sa sainte volonté, et ainsi que m'y autorise et me l'ordonne ma sainte mère , l'Eglise anglicane , je vous conjure de ne pas souffrir, par votre exemple et votre usage, que cette mission, qui a été donnée par Jésus-Christ à ses ministres, ne soit réputée qu'une vaine formule de paroles entièrement vides de sens. Lorsque vous vous sentez chargés et oppressés, etc., ayez recours à votre médecin spirituel, et découvrez-lui sans crainte la nature et la malignité de votre maladie. Ne l'approchez pas seulement dans les mêmes sentiments dans lesquels vous iriez trouver un homme instruit, ou qui pourrait vous dire des choses consolantes, mais comme celui qui est revêtu du pouvoir qui lui a été délégué par Dieu lui-même, de vous absoudre et de vous acquitter de vos péchés (Serm.

vu, Retig. des Prot.)

D'autres protestants, tombant dans un autre excès, ont prétendu que le pouvoir de remettre les péchés ap-

Eartenait indistinctement à tous les dèles ; mais il leur reste à prouver que Jésus-Christ, en faisant le choix de ses apôtres, n'a voulu leur donner aucune autorité sur ses autres disciples, ou qu'en disant à saint Pierre :

Pais mes agneaux, pais mes brebis, il a constitué tous ses disciples indistinctement pasteurs de son troupeau.

Mais si tous sont pasteurs, quels se-

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ront les agneaux et les brebis ? Si tous ont le pouvoir de remettre les péchés, il vaut autant dire que tous ont le pouvoir de s'absoudre euxmêmes, ce qui sera plus expéditif et plus conforme apparemment à la bonté divine.

Pour ne pas tomber dans de semblables extravagances, sachons donc nous en tenir à la doctrine de l'Eglise catholique, si nettement formulée!

par le concile de Trente, et disons avec ce concile, que par ces paroles si claires: Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, etc., toute l'antiquité, d'un consentement unanime, a toujours entendu que la puissance de remettre ou de retenir les péchés a été réellement communiquée aux apôtres et à leurs légitimes successeurs, pour réconcilier les fidèles tombés dans le péché depuis leur baptême ; condamnant en conséquence les interprétations imaginaires de ceux qui, pour combattre l'institution de ce sacrement, détournent et appliquent faussement ces paroles à la puissance de prêcher la parole de Dieu, et d'annoncer l'Evangile de Jésus-Christ {Conc. Trid., de sacram.

Pœnit., cap. i).

Ce pouvoir d'absoudre conféré aux apôtres est-il attaché à un rite extérieur? Quel est ce rite, et quelles sont les conditions requises pour sa validité? - v

Dieu seul ayant par lui-même la connaissance des cœurs, un homme ne peut remettre les péchés à un autre homme d'une manière utile qu'au moyen d'un acte extérieur qui fasse connaître à celui-ci la volonté qu'a le premier de l'absoudre, comme ce n'est que par l'acte extérieur de la confession que le prêtre peut connaître les péchés dont on lui demande d'être absous. C'est cet acte extérieur de remettre les péchés que nous appelons absolution sacramentelle, et qui, d'après le concile de Florence (Decr. de reunione Armenorum) et celui de Trente (De sacram pœnit., cap. 3), consiste mentalement dans ces paroles : Ego te absotvo, etc., au moins pour l'Eglise latine. Ces deux conciles n'ont rien dit de plus, sans doute pour nous faire entendre que

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l'essence de l'absolution se réduit à ces seuls mots, ou à leurs équivalents, et que les formules de prières ou autres paroles qui les précèdent çt les suivent dans les divers rituels peuvent être omises, nous ne disons pas sans péché, mais du moins sans nuire à la validité du sacrement.

Cette formule , absolvo te , est , comme on le voit, indicative ; mais ne conviendrait-il pas qu'elle fût plutôt déprécatoire, comme il paraît, disent beaucoup de théologiens après le P.

Morin, qu'elle l'a été communément durant les douze premiers siècles, même dans l'Eglise latine, et comme il parait, ajoute-t-on, qu'elle l'est encore aujourd'hui dans l'Eglise grecque? A l'appui de ce dernier fait, on se plaît à citer le décret de Clément VIII, adressé aux Grecs mêlés aux Latins dans la Basse-Italie, et continué depuis par Benoit XIV; il y est dit que, dans les cas de nécessité, les prêtres du rite grec peuvent absoudre les Latins, mais qu'alors ils doivent employer la formule d'absolution prescrite à la suite du concile de Florence, en y ajoutant, s'ils le veulent, l'oraison déprécatoire qu'ils ont coutume de dire seule pour la forme de l'absolution. Ce règlement ne semble-t-il pas montrer, qu'au moins dans cette partie de l'Italie, les Grecs unis ne se servent d'oidinaire pour l'absolution que d'une formule déprécatoire, et que néanmoins les papes jugent cette forme bonne et valide, quand ils s'en servent les uns à l'égard des autres ? (Chardon, Hist. des sacrem.) Que si cependant le Saint-Siège exige qu'à l'égard des Latins qui s'adresseraient à des prêtres grecs en cas de nécessité pour recevoir d'eux l'absolution, on emploie premièrement la formule indicative, telle qu'elle est usitée parmi nous, c'est sans doute par ménagement pour les scrupules des Latins, d'une part, et aussi pour l'opinion commune parmi les Grecs de la validité de la forme déprécative, opinion qui, spéculativement considérée, n'a point été jusqu'ici condamnée par l'Eglise. Et de fait, que la forme soit indicative, ou qu'elle ne soit que déprécatoire, la signification en est toujours la même; car en di-

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sant : Te absolvo, comme nous le disons aujourd'hui, le prêtre parle bien moins en son propre nom, qu'au nom de Jésus-Christ, dont il est le ministre et un instrument en quelque sorte ; et en disant : Dominus te absolvat, comme il parait que c'était aussi l'usage du temps d'Alexandre de Halès, le prêtre avertit le pénitent de reporter à Notre Seigneur toute la vertu de son action. C'est donc toujours au fond Jésus-Christ qui absout par la bouche du prêtre, comme saint Augustin faisait la remarque que, dans le baptême, c'est toujours Jésus-Christ qui baptise par les mains de son ministre.

« Mais comment, se demandait à lui-même saint Liguori (Traité contre les hérétiques), cette forme déprécative a-t-elle valu anciennement et vaut-elle encore chez les Grecs, tandis que chez les Latins elle n'est plus valable? Pour résoudre cette difficulté, saint Liguori répondait avec les paroles de notre théologien français Juénin, que l'Eglise peut bien changer les formes, non quant à la substance, mais quant au mode, en assignant quelque chose comme condition sine qua non : car l'administration des sacrements a été confiée par Jésus-Christ à la prudence de l'Eglise, laquelle a prescrit aux Latins le mode indicatif pour exprimer l'acte de juridiction que les prêtres opèrent en administrant ce sacrement. » Et en effet, cet acte de juridiction nous semble bien plus clairement exprimé pas ces paroles : Je vous absous, que par d'autres dont le sens serait : Je prie Dieu de vous absoudre ; et Jésus- Christ n'a pas dit à ses apôtres : Tous ceux à qui vous me prierez de remettre leurs péchés, leurs péchés leur seront remis ; mais : Tous ceux à qui vous remettrez leurs péchés.

Nous avons dit, sur la foi de savants théologiens, que l'Eglise grecque emploie encore de nos jours la forme déprécative. Il faut reconnaître cependant, comme l'a observé l'abbé Pascal (Orig. de la lit. cath.), que dans l'Eglise arménienne les prêtres administrent l'absolution presque dans les mêmes termes que chez les Latins. Voici, traduite en latin la for-

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