‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 64 sur 166 · AER · texte numérisé non relu

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rent aux catholiques pour combattre les rêveries de cette secte, qui ne subsista pas longtemps. Tillemont, Hist.

cccîés., t. 9, p. 87.

Comme la plupart des erreurs soutenues par Aérius ont été renouvelées par les protestants, ilestde leur intérêt de justifier cet hérétique. Us disent que son principal but était de réduire le christianisme à sa simplicité primitive. « Ce dessein, dit Mosheim, est » louable ; mais les principes qui y » portent et les moyens que l'onem- » ploie sont souvent répréhensibles à » plusieurs égards, et tel peut avoir » été le cas de ce réformateur. » Hist.

ecclésiast., 4 e siècle, 2 e part., c.3, § 21 . Ainsi, selon Mosheim, Aérius pouvait avoir tort pour la forme, mais il avait raison pour le fond. « Son opi- » nion, dit-il encore , plut beaucoup » à plusieurs bons chrétiens qui » étaient las de la tyrannie et de » l'arrogance de leurs évèques. »

Mais nous soutenons que ce réformateur, très-semblable à ceux du seizième siècle, était répréhensible et condamnable à tous égards. 1° Elait-ce à un simple prêtre, sans autorité et sans mission, de vouloir réformer la croyance et la pratique de l'Eglise universelle? S'il croyait y apercevoir des innovations et des abus, il pouvait faire des représentations modestes et respectueuses aux pasteurs auxquels il appartenait d'y pourvoir; mais se révolter contre son évêque, lui débaucher ses diocésains, se séparer de l'Eglise pour devenir chef de secte et de parti, c'est une conduite condamnée par les apôtres, et que rien ne peut excuser. 2° Le motif qui faisait agir Aérius était connu : c'était la jalousie contre son évêque et le dépit de ne lui avoir pas été préféré pour remplir le siège de Sébaste; on en était convaincu par ses discours et par toute sa conduite. 3° Cet hérétique n'attaquait point des abus nouvellement introduits, mais des usages aussi anciens que le christianisme.

Saint Epiphane, en le réfutant, lui oppose la tradition primitive, constante et universelle de toute l'Eglise chrétienne, Hseres. 75. Vouloir supprimer ou changer ces notions et ces usages, ce n'était pas réduire le

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christianisme à sa simplicité primitive, mais créer un nouveau christianisme.

Au quatrième siècle il était aisé de savoir quel avait été le christianisme depuis les apôtres. 4° Une preuve que ceux qui s'attachèrent à Aérius n'étaient pas de bons chrétiens, c'est que cet hérétique n'admettait pas la divinité de Jésus-Christ; aussi ses sectateurs et lui furent-ils chassés de toutes les églises, réduits à s'assembler dans les campagnes et dans les forêts. 5° Aucune secte hérétique n'a jamais manqué de regarder les pasteurs légitimes comme des tyrans et des arrogants ; mais aucun chef de secte n'a jamais manqué non plus de s'arroger une autorité plus absolue et plus tyrannique que celle des évêques; témoin Luther et Calvin. Il est fâcheux qu'Aérius, un de leurs précurseurs, ait été universellement condamné comme novateur; cet exemple aurait dû les rendre plus sages. Voyez Novateurs.

Bergier.

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