‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 63 sur 166 · A.DU · texte numérisé non relu

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des deux qui les foule aux pieds, il est, aux yeux de Dieu et de la religion, coupable du même crime. A la vérité, l'infidélité de la femme entraine des conséquences plus fâcheuses, puisqu'elle l'expose à placer dans sa famille un enfant adultérin, qui enlèvera injustement aux enfants légitimes une partie de leur héritage, et qui sera pour le mari une charge do plus. Mais, d'autre part, un mari infidèle, quelle que soit la personne à laquelle il s'attache, fait à son épouse l'injure la plus sensible, et à ses entants un tort irréparable ; il n'est pas rare de voir des pères perfides témoigner, pour les fruits de leur débauche, plus d'attachement que pour ceux de l'union conjugale.

Ce crimeunefois commis, Une reste plus d'estime, plus de confiance, plus de tendresse mutuelle entre les époux; le lien qui devait faire leur bonheur leur devient insupportable. De lànaissent les divisions éclatantes, les séparations scandaleuses, les diffamations réciproques, les haines déclarées entre les familles. A quels excès ne sont pas c p ;blcs de porter la jalousie, la vengeance, la fureur? Quels exemples pour des entants qui auraient dû trouver des modèles de vertu dans ceux de qui ils ont recule jour ! Quelle reconnaissance, quelrespeclpeuventils avoir pour eux?

Lorsque -les mœurs d'une nation sont dépravées, que l'irréligion, le luxe, l'épicurcisme ont éLouffé tous les sentiments et perverti tous les principes, ce désordre ne peut pas manquer de devenir commun; l'on n'enrougit plus, et l'onferme lesyeux sur toutes les conséquences. L'on disserte alors et l'on déclame contre l'indissolubilité du mariage; on soutient la jusiiee et la nécessité du divorce.

t.'ii crime peut-il donc rendre nécessaire un autre crime? C'est augmenter le mal, au lieu d'y remédier. Voyez Divorce.

Je us-Christ, plus sage que tous les di. -éclateurs, a pris le seul moyen efficace de le prévenir, eu fermant toutes les avenues qui peuvent y conduire, en condamnant le simple désir de l'impudicité ; pour conserver les

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corps chastes, dit saint! eau Chrysostome, il s'est attaché à purifier les âmes, t. 7, Ilom. 17, in Matlh. En rétablissant le mariage d us sa sainteté primitive, il a voulu bannir les désordres qui le rendent malheureux.

Le sentiment commun des théologiens protestants, est que ce divin maître a permis le divorce ou la rupture du mariage, en cas d'adultérc; nous prouverons le contraire au mot Divorce.

Certains critiques ont été scandalisés de ce que Jésus-Christ ne voulut pas condamner la femms adv.lt 're. Joann., c. 8,^ 3. S'il l'avait condamnée, ces censeurs téméraires déclameraient encore plus forL. 1° Le San : m n'était ni juge ni magistrat ; il ne voulut pas seulement en faire les fonctions pour accorder deux frères qui contestaient sur leur héritage. Lue., c. 12, f 14.

2° Les scribes et les pharisiens, qui accusaient cette femme, ne l'étaient pas non plus ; ce n'était point le zèle pour l'observation de la loi qui les faisait agir, mais le désir do tendre un piège au Sauveur. Dès qu'ils virent que leur hypocrisie était démasquée, il se retirèrent tout confus. 3° En usant dïndulgcuce envers l'accusée, il n'était pasauxmagislratsle pouvoir de la punir, si elle était vérilablcm Mit coupable, et ce n'était point à lui de poursuivre sa condamnation ; il était venu, non pour perdre les pécheurs, maispour les sauver. 4° En disant aux accusateurs: Que celui d'entre vous qui est sans péché jette la première pierre, il ne décidait pas qu'il faut être sans péché pour juger un criminel, puisque encore une fois il n'y avait point là déjuges, et que celte femme n'avait été ni convaincue ni condamnée. Si tel avait été le sens de sa réponse, les scribes et les pharisiens ne se seraient pas tus ; mais elle leur lit sentir que Jésus-Christ connaissait leurs motifs et leur dessein; c'esteequiles couvrit de confusion, et les fit retirer l'un après l'autre.

Cette histoire manquait autrefois dans plusieurs exemplaires de l'évangile de saint Jean; saint Augustin et d'autres auteurs ont pensé qu'elle avait été omise exprès par des copistes, qui craignaient que l'on n'en tirât acs

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conséquences fâcheuses comme font aujourd'hui les incrédules. Fausse prudence, mais qui heureusement n'a pas eu de succès. Cette narration nous fait admirer la sagesse et la charité du Sauveur; elle ne peut inspirer une fausse confiance aux pécheurs mais seulement leur apprendre que s'ils se repentent, Jésus-Christ est toujours prêt à leur pardonner. C'est encore une bonne leçon pour les zélateurs hypocrites qui déclament contre la négligence et la douceur des magistrats, pendant qu'ils seraient euxmêmes en danger d'être punis, si les lois étaient observées à la rigueur.

ADVERSITÉ. Voyez Affliction.

/EGIDIUS DE VITERBE. [TMol.

hist. biogr. et bibliog.) — Il fut général de l'ordre des Augustins, trèsfort sur le grec et sur l'hébreu, prédicateur et poète. Il assista, en 1512, au concile de Latran, fut nommé cardinal en 1517, fut successivement c -, êque d'un grand nombre de diocèses, et légat dans plusieurs cours ; enfin, il devint en tb23 promoteur de son ordre et, pour comble de dignités, patriarche deConstantinople. Il mourut à Rome en 1342, quand il semblait destiné à la tiare.

On trouve dans Marténe un choix de ses écrits, Collect. Nov. t. III. M.

Dûx indique les suivants : « Historia ri'jinti annoram per tutklem Psalmos êvjcsta; le même ouvrage porte aussi le titre: de Sseculorum dùpositione ; le manuscrit s'en trouve à Rome chez les Augustins. Cet ouvrage est identique encore avec celui que plusieurs savants intitulent : Commentarius in quosdam Psalmos; puis : Commentarius in L. Sententiarum usque ad dist. 17, ad mentem Platonîs. — Epistokirum famiiiarum ad Gabrielem Venetum liber, et ditiersarvm ad diverses lib. VI.

Ensuite : Erfogse sacrx très ; bictiona- ■rium, sive liber radicum Hebr. ; Annota tkmes in tria priera capila Genescos ; Lltcllus de Ecclcsiœ ineremeuto ; Liber (lialngorum cl oraiio quam in prineipio concilii Laterancnsis, anno 1512, habuit. Ce discours se trouve dans les actes de ce concile, dans la Collection

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des Conciles de Hardouin, t. IX, p.

1576. Il y a aussi dans Montfaueon'î';»

Biblioth. Mss., t. II, p. 779) l'écrit:

Informatio contra Lutheranam seetam pro Sedis apostoliese auctoritate, etc., Conf. Alb. Fabricii Bibl. Lut., t. I.

Le Noir.

JENEAS SYLVIUS. V. Pie II.

AÉRIENS. Sectaires du quatrième siècle, qui furent ainsi appelés d'Aérius, prêtre d'Arménie, leur chef.

Les aériens avaient à peu près les mêmes sentiments sur la Trinité que les ariens; mais ils avaient de plus quelques dogmes qui leur étaient propres et particuliers ; par exemple, que l'épiscopat n'est point un ordre différent du sacerdoce, et qu'il ne donne aux évêques le pouvoir d'exercer aucune fonction qui ne puisse être faite par les prêtres. Ils fondaient ce sentiment sur plusieurs passages de saint Paul et singulièrement sur celui delà première épitre à Timothée, c. 4, ^ 14, où l'apôtre l'exhorte à ne pas négliger le don qu'il a reçu par l'imposition des mains des prêtres. Sur quoi Aérius observe qu'il n'est pas là question d' évêques, et qu'il est clair par ce passage que Timothée reçut l'ordination par la main des prêtres.

Saint Epiphane, Hxrcs. 75, s'élève avec force contre les aériens, en faveur de la supériorité des évêques. Il observe judicieusement que le mot prèsbyterii, dans saint Paul, renferme les deux ordres d'évèques et de prêtres, tout le sénat, toute l'assemblée des ecclésiastiques d'un même endroit, et que c'était dans une pareille assemblée que Timothée avait été ordonné.

FoyesPitE-BYiÈHE, Evêque.

Les disciples d' Aérius soutenaient encore, après leur maître, que les prières pour les morts étaient inutiles ; que les jeûnes établis par l'Eglise, et surtout ceux du mercredi, du vendredi et du carême, étaient superstitieux; qu'il fallait plutôt jeûner le dimanche que les antres jours, et qu'on ne devait plus célébrer la Pàque. Ils appelaient par mépris antiquaires, les fidèles attachés aux cérémonies prescrites par l'Eglise et aux traditions ecclésiastiques. Les aériens se réuni-

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