AFFIXES, PRÉFIXES, SUFFIXES
{Théol. mixt. scten. philol.) — On
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nomme ainsi de petits mots, le plus souvent courts et composés d'une seule syllabe , mais pouvant aussi être composés de plusieurs, qui s'ajoutent, dans les langues flexives, à d'autresmots, de manière à faire corps avec ceux-ci et à former un nouveau mot qui n'exprime l'idée du premier qu'avec une modification introduite par Vaffixe.
Dans les langues sémitiques, principalement dans l'arabe, et dans l'hébraïque pour laquelle nous faisons cet article, il y a des affixes comme il y en a dans nos langues; quand nous disons par exemple faire et tefavre, re est un affixe qui marque la répétition; mais ils ne sont pas de môme espèce, et l'affixe principal de ces langues est le pronom personnel qui, quand il est employé aux cas obliques, par exemple : Tenez à moi, s'attache au mot dont il est le complément, en devient inséparable et forme avec lui un mot nouveau. Cela n'empêche pas ce pronom d'être souvent isolé. Dans l'hébreu, il y a des affixes qui ne sont pas de mise en prose et qui ne s'emploient que dans la poésie, ou dans le style poétique.
Ce n'est pas seulement le pronom personnel qui peut jouer le rôle d'aff,xe; dans la plupart des langues flexives, et même agglutinantes, le verbe être fournit des désinences pour la conjugaison des autres verbes j comme Dieu, dont ce verbe est le gi-and nom, {Jehovah de hava être), fournit tout, dans la réalité, à ce qui n'est pas lui.
Dans la langue turque, qui est le type principal des agglutinantes ou agglomérantes, le pronom possessif est exprimé par certaines syllabes, parfois réduites à de simple lettres, qui s'ajoutent au mot principal, et qui s'infléchissent avec ce mot ; c'est une vraie flexivité que possède déjà cette langue et qui la rapproche des flexives tout agglutinante qu'elle soit, (v. agglutinantes), ce qui prouve que les langues ne diffèrent pas autant qu'on le prétend quelquefois. Nous verrons, au mot 'philologie comparée, que les monosyllabiques elles-mêmes ne sont que des langues agglutinantes embryonaires,et qu'on y peut trouver déjà quelque commencement de
flexion. Ceci milite en faveur de l'unité primitive du langage.
Les préfixes ne sont que des affixes qui se placent en avant du mot dont ils modifient le sens, et c'est encore dans les grammaires sémitiques que cette dénomination est la plus employée, parce que les affixes s'y placentplutôt au commencement du mot qu'à la fin.
Celle de suffixes est employée par opposition à la précédente ; les suffixes se placent à la fin du mot. Ainsi toutes nos désinences de déclinaison et de conjugaison sont des suffixes.
Dans la langue sanscrite, d'où nos langues proviennent presque directement, il y a trois sortes de suffixes :
les krudanta qui se mettent après les radicaux pour former les noms primitifs ; les unadi, qui se mettent après les noms primitifs pour en varier le sens ; et les taddhita qui se mettent après des mots qui déjà ne sont plus ni radicaux ni primitifs pour en faire des dérivés ; ces derniers suffixes sont surtout employés pour former les noms patronymiques. Il y a une grande logique et une sublime économie dans cette langue, mère des nôtres, et sans doute la fille d'une première langue commune ; elle est plus belle que toutes celles qui en sont sorties. En fait de langage, comme en fait d'art, les faits connus ne présentent point le progrès dans l'humanité; ils accusent, au contraire, la décadence, et c'est le contraire dans les sciences et dans l'industrie. Remontez en imagination jusqu'à cet âge dont il est dit que l'homme primitif « donna à chaque chose le nom qui lui convenait, » qui la peignait le mieux, en suivant la progression indiquée par les faits d'art littéraire, (les anciens poèmes) et par les faits philologiques (les anciennes langues) vous êtes conduit au « paradis terrestre » de Moïse, à « l'âge d'or » des Grecs, aux « délices d'Adima et d'Eva » dans l'ile de Ceylan du brahmanisme, à lœ « sagesse et aux vertus des anciens, »
du philosophe chinois. Le Noir.
AFFLICTION. Nous laissons aux.
philosophes les réflexions que la raison peut nous suggérer sur l'utilité
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des afflictions, et dont nous nous serrons pour répondre aux blasphèmes des athées contre la Providence et contre la bouté divine. Notre travail , doit se borner à démontrer ce que la révélation nous enseigne sur ce point.
Déjà, au temps de Job, les afflictions des justes étaient un sujet de scandale pour ceux qui se piquaient de raisonner. Ses amis lui soutenaient que Dieu ne l'aurait point affligé s'il n'avait pas élé pécheur : le saint homme leur répond et justifie la Providence :
t'est le plus ancien exemple de dispute philosophique dont l'histoire nous donne connaissance. 1° Job fait parler le Seigneur pour apprendre aux hommes que sa conduite et ses desseins sont impénétrables, et qu'il n'en doit compte à personne, e. 9, f 38. Nous ne connaissons ni l'intérieur des hommes, ni ce que Dieu fera pour eux dans la suite ; il y a donc bien de la témérité à juger de sa providence par le moment présent.
2° Il pose pour principe que l'homme n'est jamais exempt de tout péché aux yeux de Dieu, ibid., y 2. Les afflictions qu'il éprouve peuvent donc toujours être le châtiment de ses fautes. 3° Job soutient que Dieu dédommage ordinairement en ce monde le juste affligé, cap. 2 1 , 2i, 27 ; et il en est lui-même un illustre exemple. 4° Il compte sur une ï ic à venir. « Quand » Dieu m'ôterait la vie, dit-il, i'espé- ». rerais encore en lui... Les leviers de » ma bière porteront mon espérance, » elle reposera avec moi dans la pous- » sière du tombeau. C. 13, f 15; c.
17, f. 16, Hebr. Après avoir déploré la brièveté de la vie de l'homme, il dit an Seigneur : « Accordez -lui donc » quelques momentsderepos, jusqu'à » celui auquel il attend , comme le mer- » cenaire, le salaire de son travail. »
Mais ces vérités capitales, qui faisaient déjà la consolation des patriarches, ont été mises dans un plus grand jour par Jésus-Christ; c'est lui qui, par ses leçons et par son exemple, a fait comprendre aux hommes qu'il faut acheter le bonheur éternel par les souffrances, et qui a su apprendre aux justes à remercier Dieu des afflictions.
D'ailleurs, l'Ecriture sainte nous fait
sentir que celte vie ne peut pas être
le temps de récompenser la vertu et de punir tous les crimes. 1° Cette conduite ôterait aux justes le mérite de la persévérance et de la confiance en Dieu, bannirait du monde les vertus héroïques, rendrait l'homme esclave et mercenaire. Elle ôterait aux pécheurs le temps eL les moyens de faire i pénitence et de se corriger. Un être aussi faible, aussi inconstant que l'homme, doit-il être ainsi traité?
2° Souvent une action qui parait louable, a été faite par un motif criminel, elle est plus digne de punition que de récompense; souvent un délit, qui parait mériter des supplices, est pardonnable, parce qu'il a été commis par surprise, par faiblesse, par erreur. Est-il utile à la société que tous les crimes secrets soient dévoilés par un châtiment éclatant? Qui oserait souhaiter pour lui-même cette Providence rigoureuse? 3° Il faudrait que notre vie lui éternelle sur la terre; quand les peines de ce monde pourraient suffire pour punir tous les crimes, la félicité de cette vie est trop imparfaite, pour être le salaire de la vertu. i° Il faudrait des miracles continuels pour mettre les justes à couvert des fléaux qui sont universels, et pour empêcher les pécheurs de prospérer par leur industrie et par leurs talents naturels. Ceux qui accusent la Providence sont donc ucs insensés. Dès qu'il est établi par la révélation que quand Dieu nous affligé, c'est par miséricorde; qu'il veut par là nous purifier en ce monde, alin de nous pardonner et de nous récompenser dans l'autre; nous sommes encore plus obligés de le bénir dans les afflictions que dans la prospérité.
IÎERGIER.
AFFRANCHI, en latin liherlinus. Ce terme signifie proprement un esclave mis enliberté. Dans les Actes des apôtres il est parlé de la synagogue des affranchis, qui s'élevèrent contre saint Etienne, qui disputèrent contre lui, et qui montrèrent beaucoup de chaleur à le faire mourir. Les interprètes sont partagés sur ces libertins ou affranchis : les uns croient que le texte grec, qui porte libertini, est fautif,
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et qu'il faut lire libystini, les Juifs de la Libye voisine de l'Egypte. Le nom libertini, n'est pas grec; et les noms auxquels il est joint dans les Actes, font juger que saint Luc a voulu désigner les peuples voisins des Cyrénéens et des Alexandrins; mais cette conjecture n'est appuyée sur aucun manuscrit ni sur aucune version que l'on sache. Joann. Drus., Çornel. à Lupid. MUl.
D'autres croient que les affranchis dont parlent les Actes étaient des Juifs que Pompée et Sosius avaient emmenés captifs de la Palestine enltalie, lesquels ayant obtenu la liberté s'établirent à Rome, et y demeurèrent jusqu'au temps de Tibère, qui les en chassa sous prétexte de superstitions étrangères qu'il voulait bannir de Rome et d'Italie. Ces affranchis purent se retirer en assez grand nombre dans la Judée, et avoir une synagogue à Jérusalem, où ils étaient lorsque saint Etienne fut lapidé. Les rabbins enseignent qu'il y avait dans Jérusalem, jusqu'à quatre cents syna- .11 .'s, -ans compter le temple, (Mcum nias, Lyrcm, etc. Mais il pouvait y avoir en Afrique une colonie nommée libertina, puisqu'à la conférence de Garthage, c. 116, deux évèques, l'un catholique, l'autre donatiste, prirent lous deux le titre à'Episcopus Eccle- SiSB iiicriintnsis,
Bergier.
AFFRE (Denis-Auguste), {thêol. hist.
iiog.) archevêque de Paris, mort victime de son dévouement au rétablissement de la paix dans les terribles journées de juin 1848. Il s'exposa librement et avec un esprit de sacrifice admirable pour cette sainte cause, sans manifester aucun parti politique, et il mérite par conséquent, sans contestation possible, le titre de martyr que tout le monde lui a donné.
Nous empruntons, avec attendrissement, à M. Gams l'excellente biographie, a vecnotieebibliographique, qu'il a donnée de cethonnête, savant, digne, ferme et saint archevêque, dansle diction, encyclop. allem. de théol. cathol.
traduit en français par I. Goschler.
« Denis-Auguste Affrc, évêque martyr de Paris, né dans la petite ville de
Saint-Rome-de-Tarn (dans l'Aveyron)»
le 27 septembre 1793. Il fut parfaitement élevé par sa mère, sœur d'uir directeur bien connu du séminaire de Saint-Sulpice, Denis Boyer. Il fit sous la direction de son oncle de solides études, fut nommé avant d'avoir i'âge pour recevoir la prêtrise, professeur de philosophie au séminaire de Nantes, ordonné prêtre le 10 mai [818, etentra dans la congrégation de Saint- Sulpice, qui le chargea d'un cours de dogme. Il fallut cependant qu'il se retirât de la société sulpicienne peu de temps après, ses études ayant gravement altéré sa santé. Il revint à Paris en octobre 1820, trop faible encore pour se livrer à un travail assidu, et accepta biplace d'aumônier de l'hospice des Enfants-Trouvés. Il publia, avec Laurentie et quelques autres amis, une feuille périodique, sous le titre de : France chréthmte. En 1821, Mgr Soyez, nouvel évoque de Luçon, diocèse dans lequel s'agitait la « petite Église » .persévérant dans son schisme, appela l'abbé Affre comme grand vicaire. Denis Affre quitta Luçon en 1822 et devint vicaire général de Mgr de Chabons, évêque d'Amiens. 11 y eut toute la charge de l'administration et lutta avec une victorieuse énergie contre des abus depuis longtemps enracinés. Lorsque, en 1831 , leroi Louis- Philippe vint à Amiens, le grand vicaire lui tint un discours libre et hardi. Plus tard il voulut se. retirer de l'administration, quand il fut nommé chanoine et vicaire général honoraire de Paris (1831).
« En 1836,1'évêque de Strasbourg, Mgr Le Pape de Trévern, demanda Denis Affre comme coadjuteur. L-*, Gouvernement retarda celle nomination jusqu'au 9 décembre 1839, malgré Jcs demandes réitérées dcl'évôque.
Quelques jours après, L'archevêque de Paris, MgrdeQuélon, succomba à une longue maladie, et Denis Affre fut nommé, avec MM. Morel et Auger, vicaire général capitulaire, et cinq mois plus tard archevêque de Paris. Il fut consacré dans la métropole de Notre- Dame le août 1810.
« Le'nouvel archevêque s'occupa d'abord de réorganiser les études, dont il rédigea le plan selon ses vues. Il
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créa les conférences ecclésiastiques et l'institution des hautes études, aujourd'hui florissante, des Carmes. Il prit une part active à toutes les œuvres de Êaenfeisance, visita fréquemment les hôpitaux, s'intéressa surtout à l'œuvre des orphelins du choléra. Sa fermeté politique est connue; il parla à plusieurs reprises, dans des réceptions publiques, chez le roi, en faveur de la célébration du dimanche, de la liberté d'enseignement, se mit à la tête de l'épiscopat français dans le conflit élevé contre le monopole de l'éducation universitaire durant les années 1843-1845, se prononça avec une grande vigueur contre l'intention qu'avait le Gouvernement de faire du Chapitre de Saint-Denis une pépinière de futurs évoques politiques, et fut cause de la ruine de ce projet.
«Lorsqu'enjuinl8481aguerrecivile éclata dans Paris, l'archevêque reçut une lettre lui mandant qu'il pouvait mettre fin à l'effusion du sang s'il paraissait comme pacificateur entre les armées qui luttaient avec acharnement depuis trois jours. Le général Cavaignac rendit l'archevêque attentif aux dangers qu'une semblable tentative lui ferait courir. « Ma vie a peu de prix, reprit l'archevêque; je la sacrifierai sans regret. » Ayant obtenu la cessation du feu, il parut sur la barricade qui s'élevait à l'entrée de la rue Saint-Antoine et voulut parler; mais, un coup de fusil s'étant fait entendre, les insurgés se crurent trahis, tirèrent sur la Garde mobile, qui riposta. Au même instant l'archevêque fut atteint d'une balle et tomba sur le trottoir. « Ne me vengez pas, mes amis, dit-il à ceux qui t'entouraient ; il 7 a eu assez de sang répandu ; puisse le mien être le dernier 1 » On le porta à l'hospice des Quinze-Vingts, ou il reçut les derniers sacrements avec une touchantepiété et un parfait abandon. Lorsque le combat eut cessé, l'archevêque fut porté sur un brancard dans sa demeure, oùil expira le 27 juin.
Le 28, l'Assemblée constituante exprima publiquement sa reconnaissance et ses regrets. Pie IX pleura la mort de ce Denis, évêque de Paris, qui avait donné, comme celui d'autrefois, sa vie pour ses brebis. Le 7 juillet on
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célébra solennellement les obsèques du prélat.
« Denis Affre a laissé sept écrits dont nous citerons : Traité des Appels comme d'abus; Traité de la Propriété des biens ecclésiastiques, 1837; Introduction philosophique à l'étude du Christianisme. L'Ami de la Religion recevait souvent des articles de lui.
Conf. Henri de Riancey, Mgr Affre, archevêque de Paris, esquisse biographique; l'abbé Cruïce (supérieur de l'école des Carmes), Vie de Denis- Auguste Affre, archevêque de Paris; Bir bhographie catholique, décembre 1849.
J.-B. Glaire, Voy. Nouvelle Biographie universelle, parDidot-Hœfer, 1. 1, 1832; Gams, Histoire ecclésiastique du dixneuvième siècle, t. II.
« On a élevé à l'évêque martyr, dans sa ville natale, un monument auquel l'évoque de Rodez a invité tous ses collègues dans épiscopat à prendre part. » Le Noin.
AFRICAINS, AFRIQUE. On ne sait.
pas certainement qui est celui des apôtres, ou de leurs disciples, qui a pn'ohé le premier la religion chrétienne sur les côtes de l'Afrique.
Quelques auteurs ont écrit que c'était Fapôtre saint Simon ; d'autres soutiennent que le christianisme ne s'est établi dans cette partie du monde que vers l'an 120 de notre ère. Il y avait fait en peu de temps de trèsgrands progrès, puisqu'au cinquième siècle on y comptait plus de quatre cents évoques. Les Vandales, qui pour lors se rendirent maîtres de l'Afrique y établirent l'arianisme ; mais Us en furent chassés sous Justinicn, l'an 533. Dans le siècle suivant, les Sarrasins ou Arabes mahométans l'ont subjuguée, et en ont banni le christianisme. Voyez Fabricius, Salut, lux.
Evang., c. 44, p. 702.
Pour comprendre jusqu'à quel point le christianisme avait changé le génie et le caractère des Africains, il n'y a qu'à comparer les mœurs des anciens Carthaginois et celles des Barbaresques d'aujourd'hui avec celles qui régnaient dans ce même climat du temps de Tertullien, de Saint Cyprien.de saint Augustin. Le même phénomène se voyait en Egypte, et
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subsiste encore aujourd'hui, chez les Abyssins ; c'est Lien une preuve qu'il n'y a dans l'univers aucune contrée où le christianisme ne puisse s'établir et se conserver, et que la sainteté de cette Religion peut.triompher dans tous les climats.
A la vérité, lorsque l'on fait attention à l'excès du rigorisme de Tertullien, à l'obstination avec laquelle les évêques & Afrique refusèrentpendant longtemps de reconnaître comme valide le baptême donné par les hérétiques, aux fureurs atroces des donatistes et de leurs circoncellions, aux mœurs de la plupart de leurs évèques, à la dureté avec laquelle s'expriment plusieurs conciles de ce pays-là, on ■voit qu'en général le caractère africain ne gardait point de mesure, et donnait presque toujoursdans l'excès. Salvien, de Provid., 1. 8, n. 2 et suiv., fait des mœurs de cette partie du monde un affreux tableau ; il soutient que l'irruption des Vandales est une juste punition des crimes des Africains. On est tenté de croire que, pour conserver longtemps le christianisme dans ce pays-là, il fallait un miracle aussi grand que celui que Dieu avait fait pour l'y établir. Cependant il y a subsisté pendant près de six cents ans, en y comprenant le siècle entier pendant lequel l'arianisme des Vandales y a dominé ; notre Religion n'y a été entièrement détruite qu'en l'an 709, lorsque les mahométans, pour achever la conquête de ['Afrique, passèrent tous les chrétiens au fil de )'épée. Hist. de l'Acad. des Inscript., t. 10,w/-12,p. 206.
Aujourd'hui même une très-grande partie de l'Afrique serait chrétienne, s'il était possible de vaincre plusieurs obstacles qui s'opposent au succès des missions. 1° Dans plusieurs contrées de ce vaste continent le climat est meurtrier pour les Européens ; plusieurs des tentatives que l'on a faites pour y établir des missions, n'ont abouti qu'à faire périr les missionnaires ; comme à Madagascar, au Congo, à Loango dans la Guinée, etc.
11 faudrait des naturels du pays pour jr établir solidement la Religion chrétienne. 2° Les relations que les missionnaires européens sont forcés d'en-
tretenir avec la nation qui les protège, les rendent suspects aux Africains, qui redoutent beaucoup le génie conquérant, l'ambition, la rapacité et le tonimpérieux desnations de l'Europe.
3° La politique détestable de cellesci les a souvent portées à croiser le succès des missions ; parce que si les Africains embrassaient le christianisme, ils ne vendraient plus leurs compatriotes, et l'on n'aurait plus de nègres pour cultiver les colonies de l'Amérique. 4° Le caractère de la plupart de ces peuples méridionaux est extrêmement léger, et à peu près semblable à celui des enfants ; ils sont très-sensibles au moindre intérêt temporel ; ils renoncent à la Religion aussi aisément qu'ils l'embrassent, dès qu'ils y trouvent le moindre avantage. Etat présent de la Religion, etc., pag. 222 et suiv.
Mosheim, qui n'a négligé aucune occasion de déprimer les travaux et les succès des missionnaires catholiques, a cependant été forcé de rendre justice au zèle héroïque avec lequel les capucins se sont livrés aux missions de V Afrique. Hist. eccl., xvu c siècle, sect. l re , § 18. Behgier.
AFRIQUE (Conciles d'). (Théol. hist.
concil.). — Ces conciles sont en général peu avérés et encore moins connus ; il y en a pourtant qui le sont assez pour que l'on sache les points qui y furent traités; ce furent principalement l'hérésie pélagienne, la controverse donatiste et celle du baptême des hérétiques. Saint Augustin fut l'âme de presque tous ces conciles dont voici la liste avec la date et le nom du souverain pontife sous lequel ils eurent lieu ;
Conciles. Années. Papes.
Afrique 217 Zéphirin.
Carth. 1 254 Cornélius.
Carth. II 233 Cornélius.
Afr. I 257 Etienne.
Afr.II;Carth.I,II,III 238 Etienne.
Carth. I 300 Marcel I".
Carth. II 308 Marcel I".
Carth. I 348 Jules I".
Carth. II et III 397 Sirice.
Carth. IV et V 398 Anastasel"
Afr. I 399 Anastase I er