‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 67 sur 166 · AGI · texte numérisé non relu

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Conciles. Années. Papes.

Afr. II et III 40 1 Anastase I"

Afr. I : 403 Innocent I"

Afr. II 404 Innocent I or

Afr. III et IV 405 Innocent!"

Afr. V et VI 408 InnocentI"

Afr. VII 409 Innocent I '

Afr. VIII 410 Innocent I"

Conciliai), afr. des

Donatistes 414 InnocentI '

Afr. Boniface I . . . . 418 Zosime.

Carth. VI 419 Zosime.

Carth. VII 419 Célestin.

Afr 424 Célestin.

Afr 535 Jean II.

Afr 640 Théodore.

Le Noir.

AGAG, roi des Amalécites. Saùl, vainqueur de ce roi, l'avait épargné contre l'ordre exprès du Seigneur; Samuel indigné le mit à mort devant le tabernacle. I Rcg., c. 15, ^ 33.

On reproche à Samuel ce meurtre, non-seulement comme un acte de cruauté, mais comme un sacrifice de sang humain offert à Dieu.

Il n'était point là question de sacrifice, mais d'exécuter l'ordre de Dieu, et de traiter un ennemi dans toute la rigueur du droit de la guerre, tel qu'il était connu et suivi pour lors.

Loin d'agir par un motif de cruauté, Samuel veut punir Agag de ses cruautés. « De même, lui dit-il, que » ton épée a privé les mères de leurs » enfants, ainsi ta mère sera privée de » toi. Saùl lui-même reconnut qu'il avait eu tort d'épargner Agag. Ibid.,

Mais les incrédules forment contre Samuel une accusation plus grave, c'est d'avoir élé la cause de cette guerre : rien ne leur parait plus injuste que d'avoir engagé Saùl à exterminer entièrement les Amalécites, sous pré texte que, quatre cents ans auparavant, leurs ancêtres avaient refusé aux Israélites, sortant de l'Egypte, le passage sur leurs terres.

Est-ce là véritablement tout le crime des Amalécites ? Non-seulement ils avaient refusé le passage, mais ils étaient tombés sur ceux des Israélites qui étaient restés en arrière, épuisés de faim et de fatigues, et les avaient massacrés sans îaison et sans crainte

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de Dieu. Voilà pourquoi Dieu donna aux Israélites l'ordre suivant : « Lors- » que le Seigneur vous aura donné le » repos dans la terre qu'il vous a pro- » mise, vous exterminerez de dessous » le ciel le nomd'Amalec. » Deuter., c.

25, ^ 17. Ce même ordre avait déjà été donné au moment que les Amalécites vinrent attaquer les Israélites.

Exod., c. 17, y 8 et 14. Sous les juges, ils se joignirent deux fois aux Moabites et aux Madianites, pour mettre les possessions des Israélites à feu et à sang. Jud., c. 4, Jf 13; c. 6, ^ 3.

Ils avaient donc mérité la vengeance qui fut exercée contre eux, et Samuel était bien fondé, à demander que l'ordre du Seigneur fût exécuté à la rigueur.

Mais pourquoi, disent nos censeurs, exterminer non-seulement les hommes, mais les animaux ? Parce que Dieu l'avait ainsi ordonné ; parce que les Amalécites avaient agi de même envers les Israélites, Jud., c. 6, ^4; parce qu'en épargnant le bétail, les Israélites auraient paru agir par cupidité, et non par obéissance à l'ordre de Dieu. Bergieh.

AGAPES, du grec iy&ny, amour :

repas de charité que faisaient entre eux les premiers chrétiens dans leurs assemblées, pour cimenter la concorde et l'union entre les membres du même corps, et pour rétablir du moins aa pied des autels la fraternité détruite dans la société civile par la trop grande inégalité des conditions.

Dans les commencements ces agapes se passaient sans désordre et sans scandale ; il le parait parce que saint Paul en écrivit aux Corinthiens, Epist.

I, c. 11. Les païens, qui n'en connaissaient ni la police ni la fin, en prirent occasion de faire aux premiers fidèles les reproches les plus odieux. On les accusa d'égorger des enfants, d'en manger la chair, de se livrer dans les ténèbres à l'impudicité ; le peuple crédule ajouta foi à ces calomnies.

Mais Pline, après des informations exactes, en rendit compte à Trajan, et assura que, dans les agapes, tout respirait l'innocence et la frugalité.

L'empereur Julien, quoique ennemi déclaré des chrétiens, convenait que

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leur charité envers les pauvres, leurs agapes, le soin que leurs prêtres prenaient des misérables, étaient un des principaux attraits par lesquels Usengagaient les païens à embrasser leur religion. GEuv. de Julien, édit. de Sparth iul, p.30o.

Les pasteure, pour bannir toute ombre de licence, défendirent que le baiser de paix par lequel s'unissait l'assemblée, se donnât entre les personnes de sexe différent, et qu'on dressât des lits dans les églises pour y manger plus commodément ; mais divers autres abus engagèrent insensiblement à supprimer les agapes.

Saint Ambroise y travailla si efficacement, que dans l'Eglise de Milan, l'usage en cessa entièrement. Dans celle d'Afrique, il ne subsista plus qu'en faveur des clercs, et pour exercer l'hospitalité envers les étrangers ; mais ce ne fut pas sans peine que saint Augustin vint à bout de faire supprimer à Hippone cette coutume de manger dans l'église, abus qui avait été défendu par le concile de Laodicée, can. 18 ; il fut obligé de prendre toutes les précautions et d'user de tous les ménagements possibles. Mena, de Til- Icm-, tom. 13, pag. 206.

Il y a eu entre les savants plusieurs constestations pour savoir si la communion de l'eucharistie se faisait avant ou après le repas des agapes; il parait que dans l'origine elle se faisait après, afin d'imiter plus exactement l'action de Jésus-Christ, qui n'institua l'eucharistie et ne communia ses apôtres qu'après la cène qu'il venait de faire avec eux. Cependant l'on comprit bientôt qu'il était mieux de recevoir l'eucharistie à jeun, et il parait que cet usage s'établit dès le second siècle ; mais le troisième concile de Carthage, en l'ordonnant ainsi, excepta le jour du jeudi saint, auquel on continua de faire les agapes avant la communion. L'on en conclut que la discipline, sur ce point, ne fut pas d'abord uniforme partout. Biiigiiam, Orig. Eccles.,\. la, c. 7, §7.

Quelques écrivains prétendent que ces agapes étaient une coutume empruntée du paganisme ; c'était un des reproches de Fauste le manichéen.

Ils ne font pas attention que les

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Juifs étaient dans l'usage de manger des victimes qu'ils immolaient au vrai Dieu, et qu'en ces occasions ils rassemblaient leurs parents et leurs amis. Le christianisme, qui avait pris naissance parmi eux, en prit cette coutume, indifférente en elle-même, mais bonne et louable par le motif qui la dirigeait. Les premiers fidèles, d'abord en petit nombre, se considéraient comme une famille de frères, vivaient en commun : l'esprit de charité institua ces repas, où régnait la tempérance; multipliés par la suite, ils voulurent conserver cet usage des premiers temps; les abus s'y glissèrent, et l'Eglise fut obligée de l'interdire.

Saint Grégoire le Grand permit aux Anglais nouvellement convertis de faire des festins sous des tentes ou des feuillages, au jour de la dédicace de leurs églises ou des fêles des martyrs, auprès des églises mais non pas dans leur enceinte. On rencontre aussi quelques traces des agapes dans l'usage où sont plusieurs églises cathédrales ou collégiales de faire, le jeudi saint, après le lavement des pieds et celui des autels, une collation dans le chapitre, le vestiaire et même dans l'église. St. Grég., Ep. 71, 1. 9; Baronius, ad ann. 57, 377, 384; Fleury, Hist. eccles., t. 1, p. 64, 1. I.

Beugier.

AGAPÈTES. C'étaient, dans la primitive Eglise, des vierges qui vivaient en communauté, et qui servaient les ecclésiastiques par pur motif de piété et de charité.

Ce mot signifie bien-aiméc, et, comme le précédent, il est dérivé du grec.

Dans la première ferveur de l'Eglise naissante, ces pieuses sociétés, loin d'avoir rien de criminel, étaient nécessaires à bien des égards. Le petit nombre de vierges qui faisaient, avec la mère du Sauveur, partie de l'Eglise et dont la plupart étaient parenteo de Jésus-Christ ou de ses apôtres, ont vécu en commun avec eux comme avec tous les autres fidèles. Il en fut de même de celles que quelques apôtres prirent avec eux en allant prêcher l'Evangile aux nations ; outre

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qu'elles étaient probablement leurs proches parentes, et d'ailleurs d'un âge et d'une vertu hors de tout soupçon, ils ne les retinrent auprès de leurs personnes que pour le seul intérêt de l'Evangile, afin de pouvoir par leur moyen, comme dit saint Clément d'Alexandrie, introduire la foi dans certaines maisons, dont l'accès n'était permis qu'aux femmes. On sait que chez les Grecs leur appartement était séparé, et qu'elles avaient rarement communication avec les hommes du dehors. On peut dire la même chose des vierg.es dont le père était promu aux ordres sacrés, comme des quatre filles de saint Philippe, diacre, et de plusieurs autres. Mais, hors de ces cas privilégiés et de nécessité, il ne paraît pas que l'Eglise ait jamais souffert que des vierges, sous quelque prétexte que ce fût, vécussent avec des ecclésiastiques autres que leurs plus proches parents. On voit par ses plus anciens monuments qu'elle a toujours interdit ces sortes de sociétés. Tertullien, dans son livre sur le Voile des vierges, peint leur état comme un engagement indispensable à vivre éloignées des regards des hommes; à plus lorte raison, à fuir toute cohabitation avec eux. Saint Cyprien, dans une de ses Epitres, assure aux vierges de son temps, que l'Eglise ne pouvait souffrir non-seulement qu'on les vît loger sous le même toit avec des hommes, mais encore manger à la même table :

le même saint évêque instruit qu'un de ses collègues venait d'excommunier un diacre pour avoir logé plusieurs fois avec une vierge, félicite ce prélat de cette action comme d'un trait digne de la prudence et de la fermeté épiscopale; enfin les Pères du concile de Nicée défendent expressément à tous les ecclésiastiques d'avoir chez eux de ces femmes qu'on appelait subintroductx, si ce n'était leur mère, leur sœur, ou leur tante paternelle, à l'égard desquelles, disent-ils, ce serait une horreur de penser que des ministres du Seigneur fussent capables de violer les droits de la nature.

Par cette doctrine des Pères, et par les précautions prises par le concile de Nicée, il est probable que la fréquentation des agapètes et des ecclé-

siastiques avait occasionné des désordres et des scandales. C'est ce que semble insinuer saint Jérôme, quand il demande avec une sorte d'indigna- f tion : TJndé agapetarurn pestis in Ecclesiam introivit? C'est à cette même fin que saint Jean Chrysostome, après sa promotion au siège de Constantinople, écrivit deux petits traités sur le danger de ces sociétés; et enfin le concile général de Latran sous Innocent II, en 1 1 39, les abolit entièrement.

Les protestants et tous ceux qui ont écrit contre le célibat des clercs, ont fait grand bruit des scandales qui naquirent de la fréquentation des agapètes avec les ecclésiastiques ; il semble, à les entendre, que cet abus était très-commun, que les lois de l'Eglise ne furent pas suffisantes pour le déraciner, et qu'il fallutpourcela recourir à l'autorité des empereurs; ils ont^ répété vingt fois le mot de saint Jérôme que nous venons de citer.

C'est ainsi que, par des exagérations ridicules, on trompe les lecteurs.

1° Ces déelamateurs ne font pas attention que la fréquentation dont nous parlons avait lieu avant qu'il y eût une loi générale du célibat pour les ecclésiastiques; cette loi ne fut pas même portée dans le concile de Nicée, qui défendit aux clercs promus aux ordres sacrés de retenir chez eux des personnes qui ne fussent pas leurs proches parentes ; ce n'est donc pas la loi du célibat qui donna lieu à leur soeiété avec les agapètes, ou femmes sous-introduites. 2° Tous les exemples que l'on a pu citer de ce scandale se réduisent à deux ou trois, à celui de Paul de Samosate qui retenait chez lui deux jeunes personnes, et ce fut une des causes de sa déposition; et à deux diacres dont parle saint Cyprien dans ses lettres, et qui furent excommuniés par leur évèque. Ces châtiments exemplaires n'étaient pas fort propres à persuader aux clercs qu'ils pouvaient être scandaleux impunément. Les autres scandales que saint Cyprien reprochait à des vierges ne regardaient pas les ecclésiastiques; du moins il n'y a rien dans ses expressions qui le témoigne. 3° Quand il ne serait arrivé dans toute l'Eglise àca sujet qu'un seul scandale danscin-

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quante ans, c'en a été assez pour donner lieu aux lois qui ont été faites "50urle prévenir, soit parles conciles, joit par les empereurs ; et il ne s'ensuit point pour cela que le désordre ait été commun. Ne sait-on pas que le moindre soupçon formé contre la conduite d'un ecclésiastique connu, suffit pour exciter une grande rumeur et faire parler tout le monde? 4° Lorsque saint Jérôme s'est élevé contre les liérétiques et leur a reproché leurs désordres, nos adversaires le regardent comme un déclauialeur, et lui refusent toute croyance; ici, parce qu'il tonne contre les ecclésiastiques de son temps, ils argumentent sur ses expressions comme sur des paroles sacramentelles. Et voilà comme les protestants et les incrédules, leurs élèves, ont traité l'histoire ecclésiastique ; un seul fait désavantageux au clergé, qu'ils peuvent citer, est pour eux un triomphe ; vingt exemples de vertu ne leur paraissent mériter aucune attention.

Le nom d'agapétes fut encore donné, vers l'an 3f>3, à une secte de gnostiques qui était principalement composée de femmes. Celles-ci s'attachaient les jeunes gens, en leur enseignant qu'il n'y avait rien d'impur pour les consciences pures. Une de leurs maximes a était de jurer et de se » parjurer sans scrupule, plutôt que » de révéler les secrets de la secte.

» On a vu régner le même esprit par- » mi tous les hérétiques débauchés.

Saint Aug., Hier. 70.

Il ne faut pas confondre les agapètes avec les diaconesses. Voyez Diaconesse.

Beegier.

AGAPET. (Théol. hùt. pap.) — Deux papes ont porté ce nom.

AGAPET I, romain de naissance, fut élu pape en 533. L'Italie était encore entre les mains des Ostrogoths ; mais leur domination penchait vers son déclin ; le faible Théodat, cherchant à sauversa couronne, même aux conditions les plus désavantageuses, parvint à décider, par l'entremise du sénat de Rome, le Pape Agapet à faire un voyage à Constantinople, pour obtenir de Justinien la prolongation de

la paix entre l'empereur et les Goths.

« Agapet, dit M. Fritz (1), accompagné de cinq évêq'ues et de plusieurs autres ecclésiastiques, se rendit en effet à Constantinople, après avoir fait mettre en gage les vases sacrés de l'église Saint-Pierre, afin de payer les frais de son voyage. Justinien avait envoyé plusieurs évoques et hauts fonctionn aires de la cour au-devant du Pape, pour le recevoir avec les honneurs dus à son éminente dignité; toutefois , dès la première entrevue, il avait nettement déclaré qu'il n'entre rait dans aucune espèce de négociation. Dès lors le Pape n'eut plus à traiter que des intérêts sacrés de la religion en général et de ceux de l'Église d'Orient en particulier. L'Eutychien Anlhirue avait été, contre toute espèce de droit ecclésiastique, transféré du siège de Trapésonte (Trébizonde) à celui de Constantinople; Justinien et plus encore sa femme pressaient instamment le Pape de recevoir Anthime dans la communion de l'Église. Agapet ne s'y montra disposé que sous la condition qu'Anthime renoncerait à son erreur et retournerait à son Église épiscopale de Trapésonte. Ni les promesses de Théodora ni les menaces de Justinii'unepurentl'ébranler: «Je croyais, dit-il ouvertement, me trouver devant un empereur chrétien ;je vois que je suis en présence de Dioclétien. »

Ce langage hardi produisit son effet; l'empereur céda, et comme Anthime, espérant des temps meilleurs pour lui, ditl'érait de renoncer à sa dignité patriarcale et de renier son erreur, un concile réuni par les soins d'Agapet élut Menas, aussi remarquable par son savoir que par sa piété ; il fut sacré évêqueparle Pape lui-même et placé sur le siège de Constantinople.

Agapet mourut au moment où il commençait une enquête contre différents évêques entachés d'Eutychianisme, à Constantinople même, 530. »

AGAPET II, également né à Rome, fut élu Pape en 946. « Le dixième siècle, dit le même biographe, est, on le sait, un des plus décriés dans l'his-

0) Encycl. thcol. calh., trad. de l'allom. par Gowhler.

un

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toire. L'élat politique et religieux de l'Italie était profondément alléré, et le Saint-Siège gémissait dans l'abaissement le plus déplorable, sous la domination honteuse des femmes, maîtresses de Rome et particulièrement sous celle d^ Marozia. Il est doublement consolant, dans des temps si malheureux, de voir apparaître des hommes qui rendent un énergique témoignage à la vérité et à la justice, el qui cherchent à ramener et à dirlgi rieurs contemporains dans la voie du bien. Agapet II fut un de ces hommes. Béranger, marquis d'Ivrée, luttait depuis longtemps contre Hugues , roi d'Italie et d'Arles, et contre son fils et successeur Lothaire, lorsque le Pape crut de son devoir d'apaiser les différends de ces princes; m lis il eut si peu de succès que Béranger empoisonna Lothaire, et réduisit en captivité sa veuve Adélaïde qui refusait d'épouser Adalbert fils de Béranger. Toutefois, ce qu' Agapet avait vainement tenté fut accompli parOthonle Grand, que le Pape avait appelé d'Allemagne. Mais ce Pipe prit plus à cœur encore d'apaiser un différend religieux qui s'était élevé tant en France qu'en Allemagne. En 92o, Herbert, comte de Wrmandois, avait fait installer son fils Hugues, enfant de cinq ans, sur le siège archiépiscopal de Reims, ce que le trop fameux Pape Jean X avait toléré. Lorsque, six ans plus tard, le roi Rodolphe eut vaincu Herbert et conquis Reims, il fit élire le moine Artold, et Jean XI, quoique Hugues ■vécût encore, ne manqua pas de reconnaître cette élection. Dès lors commença une longue et violente lutte entre Hugues et Artold, et, comme la victoire ne restait pas toujours du même côté, il advint que Hugues et Artold prirent alternativement possession du siège de Reims. Cependant Artold se décida à supplier le Pape de convoquer un concile national, qu'Agapet réunit en effet à Ingelheim,

Eres du Rhin. Othon le Grand et ouis, roi de France, s'y rendirent, et le concile se prononça en faveur • d' Artold. Hugues fut excommunié et les décisions du concile furent confirmées par le Pape. — Les deux

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archevêques de Lorch et de Sulzbour" se disputaient la prérogative de métropolitain. Agapet décida que Lorch, ayant été le siège d'un archevêché avant l'invasion des Huns, continuerait à jouir de cette prérogative, maintenant que la paix lui était rendue, et qu'ainsi l'archevêché de Lorch comprendrait dans sa province ecclésiastique la Pannonie orientale, avec le pays des Avares, des Moraves et des Slaves, tandis que l'archevêché de Salzbourg embrasserait la Pannonie occidentale. » (1) Agapet II mourut en 9o6, après un règne glorieux de dix années. Le Noir.

AGASSIZ (Louis.) (Théol. hisL liog.

et lioliog.) — Ce célèbre naturaliste suisse, devenu américain, est né en 1807, à Orbe dans le canton de Vaud, d'un ministre protestant. Il s'est immortalisé par beaucoup d'ouvrages d'histoire naturelle et de paléontologie, dans lesquels, ne faisant point du concession au positivisme matérialiste et athée de notre âge, il sait admirer et faire admirer la sagesse profonde des plans du créateur. Dans un de ses derniers ouvrages : de l'espèce et de la classification en zoologie, Paris 1869, in-8°, traduit par "Vugcli et revu par l'auteur, il pose cette question : « des forces aveugles suffisentelles pour rendre compte de l'apparition de la vie sur la terre? » et il la résout négativement. La classification n'est point arbitraire ; elle n'est encore qu'imparfaitement connue ; de plus en plus on la pénètre, peutêtre parviendrait-on à la connaître parfaitement, etplus on la connaîtra, plus on admirera la sagesse de celui qui l'a conçue; elle est le résultat d'une combinaison profonde, elle ne peut être autre chose (chap. i, § 1 et chap. n) ; il y a quatre types auxquels tout se rattache, les vertébrés, les articulés, les mollusques et les rayonnés ; parmi les infusoires, les uns appartiennent aux rayonnes, les autres aux mollusques ; mais il y a évidemment dans cette classification, qui est donnée par la nature et qui n'est point un jeu de notre esprit, choix

(1) lbid.

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libre de la part du créateur; et les types ont été tellement fixés par lui que les milieux et les temps n'y ont rien changé ; les quatre types sont restés types ; il y a là une volonté de la cause première qui s'exécute, et que nous, observateurs, sommesforcés de reconnaître. Ces créations d'ailleurs, n'ont pa» été toutes, d'après Agassiz, simultanées, comme le veut M. Flourensjmais la succession des créations, dans l'ordre de la vie, n'a pu résulter, comme le prétend Darwin, de perfectionnements héréditaires; point de type primitif unique, mais quatre ayant apparu simultanément, en ce sens, qu'il y a eu, dès l'origine, des individus de ces quatre types; quant aux classes, deux d'entre elles, les acalèphes et les insectes, n'ont apparuque plus tard ; toutes les autres avaient eu des représentants dès le commencement; or les unes n'ont pas pu engendrer les autres ; comment, par exemple, les inférieures subséquentes (acalèphes et insectes) auraient-elles pu venir des supérieures?

tout cela se déduit rigoureusement, d'après Agassiz, de l'état présent de la science d'observation, l'hypothèse de Darwin et la classification de Hœckel fondée sur cette hypothèse, sont, dit-il, en contradiction avec cette science certaine; et, quanta l'homme, il ne peut être venu d'aucun animal, d'aucun au motus de ceux qui existent, à cause surtout de ses facultés morales; car ce naturaliste, qui restera probablement le premier de notre temps, fait presque exception au milieu des autres qui négligent, dans l'homme, la partie psychologique.

Telles sont les principales idées que développe et soutient M. Agassiz dans cet ouvrage récent ; on y retrouve la proclamation des causes finales, et l'aveu formel du savant, que plus son observation de la nature vivante est approfondie, plus elle lui montre de signes incontestables de plans intelligents. C'est le cas de lui appliquer la parole de Bacon : « La science légère peut mener à l'athéisme, la science profonde et sérieuse ramène l'homme à Dieu. »

Les principaux ouvrages d' Agassiz eont une Histoire naturelle despoissons

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d'eau douce de l'Europe centrale, Neufchâtel, 1839,avecpl. etlégendes explicatives en français, anglais et allemand ; Recherches sur lespoissons fossiles, 15 vol. grand. in-8° et 400 pi. infolio, Neufchâtel 1 833 à 41 ; Description des échinodermes fossiles de la Suisse; Monographie d' échinodermes vivants et fossiles; Études critiques sur les mollusques fossiles; Mémoire sur les mondes de mollusques ; Monographie des poissons fossiles du vieux grés rouge.

Mais surtout les suivants : Études sur les glaciers, Neufchâtel, 1840; JVouvelles études sur les glaciers, avec atlas, 1847, — M. Agassiz explique dans cet ouvrage le transport des blocs erratiques (v. ce mot), par le déplacement d'énormes monceaux de glace, dont il rattache la formation à l'hypothèse d'un refroidissement subit et total du globe qui aurait précédé immédiatement la période actuelle de la création. C'est de là qu'est venue ce qu'on a appelé la période glacière. Il passa de longues années à explorer les Alpes pour vérifier sa théorie — ; une Zoologie générale, et esquisses générales de zoologie contenant la structure, le développement, laclassification, etc., de tous les types d'animaux vivants et détruits, p. MM. Agassiz, A. Gould et Max. Perty, Stuttgard, 1854 et années suivantes ; enfin une Bibliograpltie zoologique, Londres, 5vol. in-8°,enanglais.

M. Agassiz quitta en 1840 la Suisse et l'Europe pour aller prendre, en Amérique, possession d'une chaire à New- Cambridge près Boston. Le Nom, ■

AGATHON (S). (Théol. hist. pop.) — Ce pape ne régna que trois ans et demi, de 078 à 681 ; mais ce fut sous son règne que l'empereur Constantin Pogonète, de concert avec le Saint-Siège, convoqua contre les monothélitesle 6" concile œcuménique de Constantinople. Et ce fut dans ce concile que fut déclaré le dogme des deux natures et des deux volontés, la divine et l'humaine, en Jésus-Christ. Jusqu'à cette époque l'usage était que la ville de Rome envoyât 300 solidi à l'empereur de Constantinople pour la contirmationde chaque nouvelle élection papale ; Agathon obtint de Constantin qu'il y renonçât. Le Nom.

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AGED'ORETAGEDEFER. {Tkêol.

mixt. philos, et scien.) — V. adam et evë, etc.

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