‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 75 sur 166 · CONCLUSIONS DERNIÈRES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DERNIÈRES

Nous avons trouvé, dans le polit tableau que nous a laissé Moise, après les trois âges de la cosmologie qui ont été l'objet d'un article à pari, et après les trois dges de la géologie, qui ont été l'objet d'un second article à part, les trois dyes de l'anthropologie dont û a été question dès le début de celui-ci.

Ces trois âges anthropologiques ont eu pour leur âge moyen, correspondant à la jeunesse d'un être à développement, Vdge paléontologique qui a commencé, d'après Moïse par un état de déchéance dans lequel le travail et le progrès sont devenus pénibles, « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, tu en l'ailleras dans la douleur, »

et le reste. Or. u'avons-nouspas trouvé, aussi haut que nous ayons pu remonter dans les découvertes paléontologiques, c'est-à-dire jusqu'au diluvium et même jusqu'au pliocène, bien anténeurau déluge, des restes de l'homme et de son industrie primitive qui annoncent le travail pénible, la douleur, la guerre, lâchasse, la misère? N'y eùt-il que le pauvre instrument de pierre brute, cet éclat de silex arrangé en couteau, en lance, en Hèche, en poignard, puis cette pierre polie, 'taillée en casse tète, aven; h poignée pour la main ou l'entaille pour le manche, n'en serait-ce pas assez pour nous donner à conclure toutes les peines qui durent accompagner ces premières inventions de notre espèce ?

Or, un être intelligent et libre, tel que l'homme, avait-il pu sorlir aussi malheureux des mains du créateur?

Cela n'est guère probable, bien que

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cela ne fût point impossible; et la conclusion à tirer de ces indices, il' est-elle pas un état de déchéance?

oui, l'anthropologie paléontologique naïvement interrogée par la bonne foi du philosophe et du vrai savant, leur répond avec une éloquence écrasante : dégénérescence.

A la suite de ce sous-dge primitif, en vient un autre, qui est ou antédiluvien ou postdiluvien — jusqu'à présent, il est impossible de résoudre scientifiquement un tel problème ; Moïse le dit antédiluvien, et la science paraîtrait déjà plutôt le dire avec lui — mais qui est un grand progrès sur le précédent; c'est l'âge de l'emploi des métaux. Quand notre industrie a trouvé les moyens de façonner à son usage le fer, le bronze, î'argeut, l'or, elle a nécessairement inventé mille autres arts ; elle a vaincu mille difficultés, celles qui étaient les plus considérables ; elle s'est assujetti le feu; elle est dans la voie des grandes inventions qui vont, désormais, s'entr'aider et s'engendrer les unes les autres. C'est le second âge durant lequel apparaissent les arts d'agrément, les imitations de la nature, les instincts du beau. Il nous en reste quelques sculptures et quelques dessins sur des cornes de renne.

Enfin, après ce second âge, que viendra-t-il ? Nous sommes toujours dans la jeunesse ; nous sommes encore bien loin du Christianisme. Il viendra les industries -plus compliquées des habitations lacustres sur pilotis, qui nous paraissent pouvoir être considérées comme les plus anciens monuments de l'architecture humaine ; puis se développera, à partir de cette époque, toute la série historique des cités antiques et des anciens arts, avec les grands poèmes, les hymnes, les épopées, les drames, qui, au point de vue artistique, montrent le mieux la puissance de l'esprit shumain, puisqu'ils atteignent, de 'prime-saut, un summum qui semble 'défier tout progrès au delà, et que l'art chrétien lui-même ne surpassera pas. C'est le troisième âge de la jeunesse de notre humanité, par lequel elle se constitue en pleine vie historique et monumentaire.

C'est le point auquel nous devons nous arrêter. Le Nom.

AGELLIUS (Antoine.) (Théol. hist.

biog. et bibliog.). — Il fut.membre de la commission que Sixte" V chargea de corriger le texte de la vulgaie" pour l'édition nouvelle de 1590. Excellent exégète, il fit un Commentai r,:

sur les psaumes et sur les cantiques de l'office divin, qui est tombé dans l'oubli, mais qui n'en était pas moins bon. Il y compare le texte de la vulgate à celui des septante et à l'original hébreu. Il composa aussi des commentaires sur la plupart des prophètes. Le Noir.

AGGÉE, le dixième des douze petits prophètes, naquit pendant la captivité des Juifs à Babylone ; et après leur retour, il exhorta vivementZorobabel, prince de Juda, le grand prêtre Jésus!

fils de Josédech, et tout le peuple, -au rétablissement du temple ; il leur reproche leur négligence à cet égard, leur promet que Dieu rendra ce second temple plus illustre et plus glorieux que le premier, non par l'abondance de l'or et de l'argent, mais par la présence du Messie, C. 2, f 7 et suivants.

Cette prophétie est formelle; les ternies ne peuvent pas être plus clairs.

« Encore un peu de temps, etj'ébran- » lerai le ciel, la terre, la mer et tout » l'univers, je mettrai en mouvement » tous les peuples, etle désiré de toutes » les nations viendra. Je remplirai ain- » si de gloire cette maison, dit le Sei- » gneur des armées : l'or et l'argent » sont à moi ; mais la gloire de cette » maison sera plus grande que celle » de la première, et je donnerai la » paix en ce lieu. »

Le désiré de toutes les nations ne peut pas être un autre que le Messie.

Selon la prophétie de Jacob, il doit rassembler les nations; selon les promesses faites à Abraham, toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui ; selon les prédictions d'Isaïe, les nations espéreront en lui, et • les iles attendront sa loi, etc. Tacite, Suétone et Josèphe nous apprennent qu'à l'avènement de Jésus-Christ, tout l'Orient était persuadé qu'un person

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nage sorti de la Judée serait le maître du monde. A la venue du Sauveur, le ciel, la ici a-, la mer ont été ébranlés par les prodiges qui ont paru ; le concert des nages qui ont annoncé sa naissance, l'étoile qui l'a indiquée aux mages, le ciel ouvert à son baptême, les ténèbres qui ont couvert la ■' ■ : ' l s;i mort, son ascension, la flesc sate du Saint-Esprit, oui été autant de prodiges opérés dans le ciel ; il a calmé les tempêtes, et a rempli toute la Judée de ses miracles. Avant sa naissance, les guerres des Juifs contre les rois de Syrie ; après sa niorl , la conquête de la Judée par les Humains, ont mis tous les peuples en mouvement. Le second temple était beaucoup moins riche que le premier; mais il aété sanctilié et honoré par la présence du Messie, aui y a opéré plusieurs miracles, et qui a prêché 1 Evangile de la paix.

Aussi les auteurs du Talmud ont entendu comme nous cette prophétie de l'avéneineut du Messie. GalaHn, 1. 8,

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