‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 1 (volume 3)Chapitre 80 sur 166 · AGR · texte numérisé non relu

AGR

une parfaite soumission à Dieu. Il voulait instruire les martyrs, leur apprendre qu'il faut attendre la mort et non la provoquer. Il finit sa prière par ces paroles : MonPêre, que votre volonté se fasse et non la mienne.

Un philosophe moderne est convenu qu'il y a un extrême courage à marcher à la mort en la redoutant. Voyez Dissertation sur la sueur de sang, etc.

Bible d'Avignon, t. 13, p. 408.

Bergier.

AGONISTIQUES.nompar lequelDonat et les donatistes désignaient. les prédicateurs qu'ils envoyaient dans les villes et dans les campagnes pour répandre leur doctrine, et qu'ils regardaient comme autant de combattants propres à leur conquérir des disciples. On les appelait ailleurs circuiteurs, circellions, circoncellions, catropites, coropites, et à Rome monteuses. L'histoire ecclésiastique est pleine des violences qu'ils exerçaient contre les catholiques. Voy. Circo.nckllions, Donatistes, etc. Bergier.

AGONYCLITES, hérétiques du vin" siècle qui avaient pour maxime de ne prier jamais à genoux, mais debout.

Ce mot est compose d'à privatif, de y<Svu, genou, et du verbe hmvu, incliner, plier, courber. Bergier.

AGREDA (Marie d'), (théol. hist.

biogr. etbibliogr.) — Cette mystique, très-célèbre en Espagne, tira son surnom d'Agrcda, de la ville où elle fut supérieure du couvent de l'Immaculée-Conception. Elle naquit en 1602, et prit l'habit de religieuse avec sa mère et sa sœur, en 1619. « Marie, dit l'abbé Pierrot auquel nous emprunterons cette notice biographique et bibliographique , se lit remarquer pendant son noviciat par de grandes austérités et par son goût particulier pour l'oraison, qu'elle avaitpratiquée dès sa plus grande jeunesse. Elle parvint bientôt à un degré de perfection inconnu au commun des religieuses, Dieupermit qu'elle fut affligée par de grandes maladies. Les esprits malins lui causaient des craintes horribles ; on assure qu'ils lui apparurentsous des figures capables d'effrayer les plus

AfiR 151

courageux, elqu'iHui liront snbirdes tortures qui semblaient Lui <li loquer tous les membres. Mais à peine étaitelle délivrée de ces rudes épreuves, qu'elle tombai: dan d i es, -les

ravissements, daa i isions el d'autres merveilles semblables. Elle prétendit avoir reçu L'ordre de Dieu d'écrire la vie de la sainte Vierge. Son confesseur extraordinaire lui ordonna de jeter cet écril au feu, elle obéil aussitôt; mais son confesseur ordinaire lui prescrivit d'écrire de nouveau col ouvrage. II parut sous le tilre de : La royal

tûtte-pwsscmce, ni, me de in grâc, dt Dieu, hi i et ta km de la

trés-saiiil,' y; ,];:,■, ,/, niai,

mai, , . i„ ir

la sainte Vieras, à la, scevn Marie de Usus l aàbesee du Couvent dt Vlmmooir Ut-Conception de la i Ule d'Agréda.

« Cri ouvrage lut mis à l'index à Rome en 1710. Kusèbe Amort, célèbre théologien, déclare que, sous le pontifical de Benoit XIII, ce décret fut rapporté, l.e procès de la canonisation de Marie âïAgréda fatpoursuivi en Cooj de Hume. Les auteurs ,{<• la Bibliothèque sacrée assurent que oit XIV déclara que les écrits de Marie d'Agréda ne contiennent rien de contraire à la foi. Le jugement sur sa canonisation a été suspendu. La Si rbonne condamna, en 1090, plusieurs propositions extraites de La Mystique Cité. » Le Nom.

AGRICULTURE. [Théol mut. indust.j — Y. Au mot industrie, industrie AGRICOLE.

AGRIPPA -Castor), (théol. hist.

bivtj. et bildiog.) — Agrippa vivait sons l'empereur Adrien. Il fit de Basilide une réfutation qu'Eusébe a résumée et qui, d'après cet historien, •■un istait principalement à dévoiler su doctrine secrète. Les Commentaires de Basilide sur l'Evangile ea vingtqn ce livres furent aussi mis en lu- 1 par Agrippa, ainsi que les livres prophétique, apocryphes dont il se servait. On suppose que l'Evangile, pour Basilide, n'était pas l'histoire de Jésus, mais une philosophie transcendante, dont il y aurait au-

AIII

tant d'espèces qu'il y a de cercles de mondes différents, mais tout cela est incertain. Le Noir.

AGUIRRE (Joseph Saenzd'), (théol.

hist. biog. ,1 bibliag.). — Ce Cardinal, qui était né en 10.10 à Logrono, en Espagne, s'était fait bénédictin, et était devenu docteur et professeur célèbre à Salamanque, en 1008, puis abbé de Saint-Yiacent et secrétaire de L'Inquisition; il publia beaucoup d'écrits savants, théologiques et philosophiques, et se déclara adversaire ardent des quatre propositions du clergé gallican en 1083, ce qui lui valut le chapeau.

Ses écrits les plus célébras sont : La grand c tUectum de tomlesconeiles d'Es- ]iuiji„ , i du Nouveau Mande en quatre on six vol. iu-folio, selon Las,éditions ; etl.i Tin oiogi dt saint Ans, U ,eu Lxoia vol. in-folio. Il manque à ce dernier ouvrage un volume, que la mort l'empêcha do terminer. (1001b.

Le Noir.

AGVNMENS, hérétiques nommés aussi agionites, ou agitmoie, qui parurent environ l'an de Jésus-Clu i-l f.ui.

lis m- prenaient point de femmes, et prétendaient que Dieu n'était pas auteur du mariage; leur nom \ lent d'à privatif et de wjvJi, femme. Cette secte parait avoir été un rejeton des manichéens. Beruier.

AIIIAS, prophète du Seigneur, dont il est pariô, in Beg., c. il, y 29.

C'est lui qui, sous le règne do Salomon, annonça à Jéroboam qu'après la mort de ce roi, il régnerai! luimême sur dix des tribus d'I.-raèl ; sa prophétie s'aci omplit eu effet sous Roboam, lils de Sili-mon, parce que cejeuue roi traita avec dureté le peuple qui lui dam être déchargé d'une partie des un

De Là des ii -aies ont

nrisoccasiond'assiu'erquecepraphèta fut La cause du schisme da ces dix tribu ,de tout i rres et de tous

les maux qui »\ usiùvireat; que ce

fut lui qui inspira a Jéroboam l'ambition el I • pneol de parvenir à la rayante, lis en ont conclu qu'en général i : prophètes étaient des rebel-

AIII

les fanatiques, qui soulevaient les sujets contre leur roi, qui soufflaient le feu de la discorde, et qui, par leurs prétendues prophéties, toujours crues par le peuple, furent enfin la cause de la ruine de leur nation.

Ce reproche est grave ; mais a-t-il quelque fondement dans l'histoire?

1° Nos censeurs supposent que la prédiction à'Ahias fut faite à Jéroboam après la mort de Salomon ; c'est une fausseté, Salomon vivait encore : si ce prophète n'était qu'un fanatique, comment put-il prévoir que Roboam , monté sur le trône, rebuterait le peuple ; que le peuple se mutinerait; que dix tribus, pi plus ni moins, secoueraient le joug et se donneraient un autre roi?

Jéroboam conçut alors si peu le dessein de parvenir à la royauté, qu'il se sauva en Egypte, et qu'il n'en revint qu'après la mort de Salomon.

2° Nous ne voyons point qn' Ahias ait eu aucune part au soulèvement du peuple, ni qu'il y ait contribué en rien. La seule cause de cette révolte fut la réponse dure et menaçante que fit Roboam aux plaintes de cette multitude assemblée. Dieu luimême avait révélé à Salomon ce qui arriverait après sa mort ; Aidas ne fit que confirmer la prédiction. Si Salomon n'en profita pas pour donner de salutaires leçons à son fils, il fut coupable ; ce n'est point au prophète qu'il faut en attribuer la faute, III Re g., cil,* H.

3° Jéroboam lui-même ne paraît être entré pour rien dans la sédition.

Il est dit que les tribus mécontentes s'en retournèrent chacune chez elle ; que Roboam ayant envoyé un do ses officiers pour les ramener à l'obéissance, elles le lapidèrent ; que le roi lui-même s'enfuit de Sichem à Jérusalem ; qu'ensuite les tribus ayant appris que Jéroboam était de retour d'Egypte, elles lui envoyèrent des députés, le firent venir dans leur assemblée, et l'établirent roi d'Israël.

Ce fut donc de leur propre mouvement qu'elles le choisirent, et non point par l'instigation du prophète.

Ibid., c. 12, t 16. Si elles avaient eu connaissance de sa prédiction, sans doute elles auraient commencé nar

Page 1