ALLEMAGNE
ALEXANDRE, (Théol. hist. Pnp.) — Huit papes ont porté le nom d'Alexandre.
ALEXANDRE I monta, dit-on, sur le siège pontitical en I0!l, et mourut martyr en 11(1. L'histoire n'a rien de certain sur ce pape.
ALEXANDRE 11, d'abord simple prêtre dans Milan, sa ville natale, vers le milieu du onzième siècle, attaqua avec hardiesse, dans ses prédications, les vices du clergé, notamment la simonie et le concubinage Guidot, archevêque de Mil m, voulant éloigner ce prêtre ardent et incommode, le fit nommer évèque de Lucques. Le nouveau prélat continua l'œuvre du prêtre, que secondèrent les patarins, contre le mauvais clergé. Une sincère communauté de sentiments et d'efforts lia Anselme avec Hildebrand et S.
Pierre Damiens, et lorsque Nicolas II mourut, Hildebrand, déjà très-puissant, parvint à faire élever au trône pontilical Anselme, qui prit le nom d'Alexandre II (lî)61). En vain luiopposa-t-on l'antipape Codolaus, évequede Parme, sousle nom d'Honorius II; Alexandre fut bientôt généralement reconnu, notamment en Allemagne, p ir le concile de 1002. Il continua à faire la guerre aux mœurs corrompues du clergé, se servit d'Hildebrand et de Damiens en qualité de conseillers et de légats ; s'éleva avec sévérité contre les mœurs dissolues du jeune Henri IV, roi d'Allemagne; s'opposa à ce que Henri répudiât Berthe, sa femme légitime ; excommunia
les mauvais conseillers de ce prince; l'appela lui-même à Rome, et mourut en 1073, avant que Henri se fût décidé à se rendre à son invitation. Il eut pour successeur le célèbre Hildebrand.
ALEXANDRE III, d'abord cardinal | Roland, fut élu en HS9, et devint célèbre par sa lutte contre l'empereur I Frédéric Barberousse dont il sortit!
vainqueur ; Frédéric lui opposa en vain trois antipapes, et s'humilia enlin devant lui en concluant la paix de Venise, 1177. Alexandre triompha également d'Henri II, roid' Angleterre, qui ne put obtenir de lui l'absolulion du meurtre de l'archevêque primat Thomas Becket qu'après avoir reconnu la liberté de l'Eglise. Il mourut en 1181.
ALEXANDRE IV, élu en 1234, de la mêmefamille qu'Innocent III, et doué comme lui de hautes facultés, fut harcelé et persécuté par les princes et subit de leur part des violences sans cesse renouvelées La lutte malheureuse qu'il soutint contre le bâtard des Hohenstaufen, Manfred, prince de Tarante, qui s'était illégalement emparé delà Sicile, se prolongea à travers tout son pontilicatret amena à diverses reprises la dévastation et le pillage des États de l'Église. En Sicile, la domination de Manfred avait annulé l'autorité du Pape, et personne ne s'y inquiétait plus de ses excommunications. Il en fut de même en Italie, sans excepter Rome, pendant la lutto des Guelfes et des Gibelins. Alexandre fut contraint de fuir à Viterbe, et ne put sauver sa patrie, Anagni, des dévastations des Romains rebelles que par les plus humbles supplications.
En Allemagne à la mort de Frédéric II (1250), ni Guillaume de Hollande, ni Richard de Cornwalhs, ni Alphonse de Castille ne parvenaient à occuper le trône qu'ils se disputaient avec acharnement, alors eut lieu le malheureux interrègne. Les efforts du Pape pour extirper du clergé le concubinage furent sans résultat. Alexandre mourut en 1261 .
ALEXANDRE V, (Pierre Philargi) naquit dans l'île de Candie, deparents forts pauvres qu'il ne connut jamais.
« Obligé de mendier, a dit M. Héfèlé, il fut accueilli par un Franciscain ita-
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( lien, qui lui apprit le latin et le lit recevoir dans le couvent des Franciscains ou Minimes de Candie, dont il embrassa plus tard la règle. Son bienfaiteur, ayant remarqué ses beureuses dispositions, le conduisit en Italie, où il apprit les arts libéraux et d'où plus tard il se rendit à Oxford. Il y étudia pendantplusieurs années avec succès, ainsi qu'à l'Université de Paris, où il devint un professeur de pbilosopbieet de théologie considéré. Platina dit (1 ) qu'il composa des écrits pleins de sagacité sur les Sentences du Lombard et qu'il acquit une grande renommée comme prédicateur. Aussi Jean G aléas Visconti, dur de Milan, l'appela auprès de lui, profita de ses conseils et en reçut de nombreux services, principalement lorsqu'il l'envoya en mission auprès de I empereur Venceslas.
Bientôt après Pierre Philargi fut, par l'entremise du duc de Milan, nommé •qui' de Vicence, puis de Novarre; en 1402, archevêque de Milan, et cardinal, par Innocent VII; enlin, au concile de Pise, le 26 juin 1409 il fut unanimement élu Pape. C'était un homme de cœur, modéré et bienfaisant, qui put dire avec, vérité de luimême. : » J'ai été un èvêque riche, un cardinal pauvre, et je suis un Pape mendiant. » L'insuccès du concile de Pise, qu'il présida, ne peut lui être attribué; caril fut obligé d'en quitter la direction lorsqu'un nombre assez considérable de princes lui refusèrent l'obédience, et continuèrent à rester attachés aux deux papes Grégoire XII et Benoit XIII, déposés par le concile. Parmi ces princes se signalait surtout Ladislas, roi de Naples, ennemi acharné d'Alexandre, qui tomba les armes à la main sur les États de l'Église. Ce fut le belliqueux cardinal BaUhazar Cossa, légat de Bologne, qui sauva le Pape, mais aux dépens du Pape lui-même, sur lequel il conserva une grande inlluence et qu'il garda prisonnier dans Bologne.
Alexandre y mourut le 3 mai lit 0, empoisonné, dit-on, par le cardinal, après un règne demoinsd'une année.
Oissa, trop fameux dans l'histoire, lui succéda, sous le nom de JeanXXIU.»
(I) De Vitis Pcntif. in vita Alex. V
ALEXANDRE VI (RonEiuc Bonci,\) descendait d'une famille distinguée d'Eqiagne. M. Héfélé fait, comme il suit, dans le dict. encycl. de théol.
cath. allem. la biographie de ce pape tristementeélèbre. « Lorsqueson oncle maternel, Calixle III, devint Pape, il se rendit à Rome, devint archevêque de Valence en Espagne, et cardinal, quoiqu'il ne fût âgé que de vingt-cinq ans. Il vivait secrètement dans des rapports adultérins avec une grande dame romaine, nommée Vanozza, qui lui donna quatre lils et une fille.
Borgia feignait une grande dévotion extérieure, et, comme il a\ ait en même temps infiniment de prndence et d'habileté à manier les allaites, il parvint à se faire élire Pape, en I 192, après avoir gagné à prix d'argent un certain nombre de cardinaux. Les Italiens se réjouirent de cette élection ; mais le sage roi Ferdinand le Catholique fut plus clairvoyant et prédit les malheurs qui devaient en sortir. Dans le fait, nul homme ne souilla plus qu'Alexandre VI le siège pontifical. On a sans doute exagéré ses failles et ses désordres, et on lui a faussement attribué beaucoup de choses, comme un commerce incestueux avec sa propre lille Lucrèce, ce dont il a été clairement juslilié par lloscoé dans son Histoire de Léon X. Mais ce qui est a\éré n'est encore que trop triste et doit faire maudire à jamais la mémoire d'Alexandre. Il suffirait de rappeler, par exemple, les conversations frivoles et obscènes qui étaient alors habituelles à lacourdu Pape. Il abusa surtout de sa puissance spirituelle pour procurer des principautés à ses bâtards, et ne se lit pas scrupule de prendre des portions, des Etals de l'Eglise pour les leur donner. C'est ainsi que, sans oublier ses autres enfants, il procura à son fils aine d'abord le titre de duc de Candie, avec de grands domaines dans le royaume de Naples; qu'il lui livra plus tard, en le détachant des Etats de l'Église, le duché de Bénéveut, pendant qu'il élevait au cardinalat le second de ses fils, le fameux César Borgia. L'ainé ayant été assassiné (2), probablement
(1) Poadaat qiio la pape faisait rechercher Juint
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par quelque mari outragé, et non comme quelques-uns l'ont soutenu ( 1 ) par son propre frère César, celuici hérita de son duché, déposa le cardinalat fut nommépar le roi'de France Louis XII duc de Valentinois, par le Pape, duc de Romagne, et se maria avec une princesse de France. César exerçait une puissante influence sur son père ; m l'un ni l'autre ne reculait devant la violence, la cruauté, la perfidie, 1 empoisonnement, quand il s agissait d'augmenter leur puissance.
« Si la pohtique de l'époque était en gênerai déloyale et perfide, le Pape et son fils méritèrent la palme à cet égard, et il n'est pas étonnant que Machiavel ait déclaré César un des plus grands hommes d'État qui aient jamais existé. Même ce que le Pape Alexandre pouvait faire de juste et de régulier, il le souillait par de sanglantes violences. Il rétablit par exemple avec raison, l'autorité et la considération pontificales dans ses Ktate et humilia l'orgueil des familles aristocratiques ; mais, pour arriver à ce résultat, il dépassa toutes les bornes et ne recula devant aucune perfidie, devant aucun crime. Lorsqu'il trouvait les grands de Rome ou d'Italie barrant son passage, ou qu'il avait besoin de leur argent, il les faisait périr. Du reste, on a mis sur son compte bien des choses qui reviennent de droit à César, véritable tyran de son père. Alexandre, maigre tous ses crimes, se montrait d'une grande douceur à l'égard du peuple et régna longtemps sans être haï comme il le méritait. Tout son pontificat fut rempli d'intrigues politiques, de projets d'alliances, de guerres, et au premier plan furent toujours les négociations les plus adroites pour unir ses enfants aux plus illustres maisons princières de l'Europe. Enfin une mort subite mit un terme, l e )g août 1503, à cette vie déréglée, à ce règne purement politique. On a cru longtemps qu'il était mort pour avoir pris, par la négli-
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le Tibre le cadavre de ce Gis, le penpte disait en se ™p...t: . Vove* ce second LL, ce pVheo a uommes ! » r
(I) Voy. Roscoé, lac. cit., cap. 5.
gence ou l'infidélité d'un de ses domestiques, un poison que lui et son hls avaient préparé pour un cardinal.
Hanlie (2) a renouvelé dernièrement cette assertion ; mais Roscoél'a combattue et a démontré, en se fondant sur d anciens documents, qu'Alexandre était mort d'un accès de fièvre pernicieuse. C'est pendant son règne que le célèbre Jérôme Savonarole prononça ses sermons contre la corruption de l'Église et les vices du pape. »
ALEXANDRE VII (Fabio Ciiigi) fut élu Pape le 8 avril 1655, à la mort d Innocent X, par un conclave trèsdésuni. « Il fît preuve d'abord d'un grand savoir et d'une sévérité de m .f, ar , s extrême, plaça un cercueil à coté de son ht pour penser toujours à la mort, repoussa le luxe, résista au népotisme et défendit à tous ses parents de venir à Rome. Mais vers la fin de sa vie il devint magnifique, et il fut atteint de népotisme autant qu aucun de ses prédécesseurs. C'est sous son règne que la reine Christine de Suède, fille de Gustave-Adolphe qui s était déjà convertie secrètement sous le Pape précédent, rentra solenncflement dans l'Église. Alexandre envoya à sa rencontre, jusqu'à Insbruck, son bibliothécaire, le célèbre Luc Holstenius, qui était aussi un converti, et ce fut àlnsbruck qu'après des instructions nouvelles elle abjura publiquementdans la principale église de la ville. Elle se renditdelà, comme en triomphe, à Rome, et y fut fêtée pendant trois mois. — Alexandre eut à subir de tristes contradictions de la part de la France. Non-seulement la guerre du jansénisme continuait, mais le jeune roi Louis XIV, excité contre le Pape par le cardinal Mazarin, chercha à le blesser, en envoyant comme ambassadeur à Rome l'homme le plus brutal de France, le duc de Créqui. Les gens du duc ayant, à la suite d'une dispute, attaqué la garde corse du Pape, qui se mit à tirer sur eux, Louis XIV contraignit le souverain Pontife à une humiliante satisfaction, en le menaçant de la guerre
(i) IlaDke, Princes et Peuples, t. H, p. » eq.
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etens'emparant du comtat d'Avignon.
Les parents du Pape furent contraints de présenter à Louis XIV et au duc de Créqui des excuses, et une colonne fut élevée portant cette inscription : i Les Corses sont à jamais incapablesde servir lesiégeapostolique. »
Louis XIV consentit plus tard à ce que cette colonne fût démolie, mais il n'y eut plus de garde corse. » Alexan. Ire mourut le 22 mai 1667.
ALEXANDRE VIII, de la famille des Ottoboni, de Venise, succéda à Innocent XI. C'est lui qui fit l'acquisition de la fameuse bibliothèque de Christine de Suède, et qui l'incorpora à la bibliothèque vaticane sous le nom de bibliotheca ottoboniana ; cette acquisition constitua un enrichissement de 19,000 manuscrits. « Un jour avant sa mort, dit M. Héfélé, il rejeta par une bulle expresse, les quatre articles des libertés gallicanes.
Du reste, ajoute le même biographe, les erreurs de quelques jésuites n'avaient pas plus trouvé grâce à ses yeux que celles des jansénistes ; il censura les unes et les autres. » Alexandre mourut à l'âge de 81 ans, en 18W. Le Nom.
ALEXANDRE LE GRAND. {Théol.
Mit. emèg.) — Alexandre le grand est qu,;lilié , au I liv. des Machabées, c. vi, v. 2. de premier roi des Grecs.
Cette dénomination paraissait peu ou point exacte, puisque Alexandre succéda à son père Philippe roi de Macédoine. Mais ou ne pensait pas que le titre de roi des Grecs n'était pas plus équivalent à celui de roi de Macédoine, que le titre d'empereur d'Allemagne n'est équivalent a relui de roi de Prusse. Or des médailles sont venues confirmer l'explication en nous apprenant qu'Alexandre fut, en effet, le premier qui prit le titre de Roi des Grecs. Le Nom.
ALEXANDRE (Noël ou Natalis) (Théol. hist. biog. et bibliog.) V. Noël Alexandre.
ALEXANDRE de HALES ou ALES.
S Théol. hist. biog. et bibliog.) Aleian- Ire de Haies fut un des grands scolastiques du xui e siècle. Il était An-
glais et tenait son surnom du couvent où il avait été élevé (comtéde Glocester) Il vint, selon l'habitude des étudiants de l'époque, à Paris, où il devint professeur de philosophie et de théologie à l'université, puis entra, en 1222, dans l'ordre de S. François, pressé par les supplications d'un pieux franciscain qui l'avait prié de donner l'autorité de son talent à l'ordre naissant. S. Bonaventure fut le plus célèbre de ses disciples.
« Avec Alexandre de Haies, dit M.
Héfélé, commence une nouvelle époque dans la science du moyen âge.
Peu avant son apparition, les ouvrages d'Aristote et des Aristotéliciens arabes, notamment d'Avieenne, s'étaient répandus en Occident et y avaient éveillé un intérêt extraordinaire. Il y eut d'abord certains savants qui en firent mauvais usage, et qui se servirent de la nouvelle sagesse contre l'ancienne doctrine de l'Église, notamment David de Dinant et d'autres.
Alexandre de ILdes fut le premier qui, à rencontre de ces docteurs hétérodoxes, se servit d'Aristote et d'Avieenne dans l'intérêt de la théologie orthodoxe, et non-seulement remit en honneur la philosophie aristotélicienne, qui avait été défendue déjà par un concile de Paris (1210), mais prépara sa future prédominance. La méthode qu'il employa devint bientôt la règle des écoles; elle consistait à présenter toujours sous furme syttogistique les motifs pour et contre, et à faire suivre, comme conséquence de sa discussion dialectique, sa solution, solutio. On voit combien il s'était solidement attaché au terrain de S. Anselme, par la belle explication qu'il donne de la science et de la foi : « Si nous comparons, dit-il, la manière dont se comportent, dans la théologie, la foi et la science l'une à l'égard de l'autre, avec la manière dont ce rapport naît et subsiste dans d'autres scieuces, nous remarquerons que l'ordre est tout à l'.iii inverse. Dans les autres sciences la certitude naît du travail de la raison ou de la pensée, et la connaissance précède la certitude; il en est autrement dans la sphère religieuse : ce n'est qu'après nous être
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approprié la -vérité religieuse par la foi que nous pouvons en acquérir la connaissance raisonnable. Les choses de Dieu ne sont comprises que par ceux qui ont le cœur pur, et nous ne
Participons à cette pureté que par observation des commandements divins. La foi, par laquelle nous arrivons à la certitude, est la lumière de l'âme, et plus on jouit de cette lumière, plus l'œil de l'esprit se fortifie et permet de confirmer, par les motifs mèmesde la raison, cequiad'abord été admis par la foi. »
Alexandre de Haies se conquit une grande autorité; on l'appelle le docteur irréfragable et le roi des théologiens. Le pliis célèbre de ses ouvrages est son commentaire des quatre livres du Maître des sentences, fait sur la demande du pape Innocent IV, et nommé souvent aussi Samma theologise. Il mourut avantdel'avoirterminé, (1245), et ce furent ses disciples qui le publièrent après l'avoir complété.
Cette somme théologique ne régna pas longtemps dans les écoles, elle fut bientôt éclipsée par celle de S. Thomas d'Aquin, et par les commentaires de S. Bonaventure et de Duns Scot.
« Outre la Somme, dit M. Héfélé, Alexandre écrivit des ouvrages d'exégèse, Postillx in uniicrsa Biblia. Dupin (1) doute que les Commentaires sur les Psaumes, imprimés sous son nom, Venise, 1496, et sur l'Apocalypse, Paris, 1642, soient réellement de lui; il attribue les premiers à Hugues de S. Caro. Mais le Commentarius in AristuMis libros III de Anima, Oxou., 1481, est bien d'Alexandre de Haies, tandis que le Commentarius in Metaphysicam Aristotelis, qu'on lui a également attribué, appartient au docteur de Barcelone Alexandre d'Alexandrie. La Summa de Virtutibus, Paris, 1509, et la Destructio vitiorum, Nuremberg, 149G, ainsi que le Commentarius in IV libros Sentcntiarum, ne sont pas d'Alexandre de Haies.
Quelques-uns de ses ouvrages ont été perdus; d'autres, non encore imprimés, doivent être dans les bibliothèques de Milan et d'Oxford. Cf. Dupin, 1. c. p. 72. » Le Noih.
(I) Nouvelle Hibl.,l. X,p. 72.
ALEXANDRIE. Nous n'avons à parler que de l'Eglise fondée dans cetto ville célèbre. Selon tous les monuments anciens de l'histoire ecclésiastique, c'est saint Marc, disciple de saint Pierre, qui a prêché l'Evangile dans Alexandrie, et y a fondé une Eglise.
M. de Valois pense que ce fut la neuvième année de l'empereur Claude, environ dix-sept ans après la mort de Jésus-Christ : d'autres placent cet événement dix ans plus tard.
Quoi qu'il en soii, l'on ne pouvait ignorer dans Alexandrie, ville remplie de Juifs, ce qui s'était passé en Judée dix-sept ans auparavant : il y avait un commerce habituel entre Alexandrie et Jérusalem, et une synagogue dans cette dernière pour les Alexandrins. Act., c. 6, y 9. Si saint Marc avait raconté des faits imaginaires dans l'Evangile qu'il écrivit pour l'instruction des nouveaux fidèles, il leur aurait été très-aisé d'en constater la fausseté. Apollo,disciple de saint Paul, était d'Alexandrie. Act., c. 18, f 24. Les troubles qui causèrent la ruine de Jérusalem ne se firent point sentir en Egypte; l'Eglise naissante put y jouir d'une longue tranquillité.
Saint Marc eut une suite non interrompue de successeurs dont Eusèbe a donné la liste ; la tradition apostolique a dû se conserver lontemps sans altération dans cette Eglise patriarcale.
On sait qu'Alexandrie élait une des villes où les sciences étaient le plus cultivées; il y avait une école de philosophie. Panthœnus, Clément d'Alexandric, Origène, y furent instruits et y donnèrent ensuite des leçons. Ce n'est donc pas dans les ténèbres, ni sous le voile de l'ignorance que le christianisme s'est établi dans Alexandrie. Ceux qui ont cru en Jé^us- Christ, ne l'ont pas fait sans s'être informés de la vérité des faitspubliéspar les apôtres. Il n'est pas douteux que cette Eglise n'ait eu une liturgie qui lui était propre, et il est très-probable que c'est celle qui a paru dans la suite sous le nom de saint Marc. Nous en parlerons au mot Liturgie.
Il n'est aucune des anciennes Eglises qui ait été aussi agitée que celle d'Alexandrie ; celte ville, grande, riche et très-peuplée, était partagée en
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trois religions, le paganisme, le judaïsme et le christianisme, et ses habitants étaient naturellement séditieux et violents. Pour cette raison, les empereurs furent obligés d'accorder beaucoup d'autorité à l'évèque ; sa juridiction s'étendit bientôt sur toute l'Egypte. La célébrité de l'école d'Alexandrie contribua encore à lui donner beaucoup de considération parmi les autres évoques; mais plus cette place était importante, plus elle était exposée à de fréquente orages.
Dès le commencement du ni siècle, l'ordination d'Origène, qui parut irrégulière à deux évèques a'At(\r<mrfne, leur fournit un sujet de troubler le repos de ce grand homme ; d'autres le protégèrent, en particulier Denys, qui occupa le siège vers l'an 250 : mais celui-ci a son tour fut accusé d'avoir préparé les voies à l'erreur d' Arius.
L'an 300, le schisme de Mélèce divisa cette Eglise, et l'an 320 Arius commença d'y publier son hérésie. On sait combien elle causa de désordres dans toute l'Eglise, et a quelles persécutions saintAnastase fut exposé, parce qu'il soutenait avec zèle la divinité le Jésus-Christ. Théophile, un de ses successeurs en 385, l'ut ennemi de saint Jean Chrysostome, et augmenta les brouilleri.es qui régnaient déjà entre les évèques d'Alexandrie et ceux de Constantiuople. L'épiscopat de saint Cyrille, neveu et successeur de Théophile, fut très-orageux; Nestorius, qu'il condamna dans le concile d'Ephèse en 431, et contre lequel il écrivit, eut beaucoup de partisans qui accusèrent saint Cyrille d'eutychianisme. Dioscore, qui lui succéda, embrassa ouvertement le parti d'Eutychès ; il résista aux décisions du concile de Chaleédoine, tenu l'an 451, et entraîna toute l'Egypte dans son schisme. Lorsqu'on voulut mettre sur ce siège des évèques catholiques, les Alexandrins en massacrèrent un et en chassèrent un autre. Pendant près d'un siècle, les empereurs employèrent vainement toute leur autorité pour rétablir la paix; leurs efforts n'aboutirent qu'à aigrir les Egyptiens contre le gouvernement. L'an 630 , le patriarche Cyrus fut le premier auteur du monothélisme, et quatre
ans après, les mabométans conquirent et ravagèrent l'Egypte.
Rasnage, dans son Histoire de l'Eglise, liv. 2, s'rst beaucoup étendu sur ce tableau ; son dessein était de prouver que les évèques d'Alexandrie n'ont jamais reconnu la juridiction du pontife romain, et ne lui ont jamais été soumis. Ce n'est pas ici le lieu de discuter tous les faits dont il veut tirer avantage ; mais quand l'indépendance de ces évoques serait encore mieux prouvée, qu'en résulterait-il ? Les tristes eO'els qu'elle a produits suffiraient pour démontrer contre les protestants la nécessité d'un centre d'unité dans la foi, et d'un chef dans l'épiscopat; puisque, faute d'en reconnaître un, les patriarches d'Alexandrie ont vu leur Eglise sans cesse agitée par des schismes cl par des hérésies, jusqu'à ce qu'eulin le christianisme y aitété presque entièrement aboli; il n'y en a plus qu'un faible reste parmi les cophtes, et encore y est-il très-détiguré par l'ignorance et par l'erreur (II. V. CoPHTSS, Egypte.
L'abbé Renaudot a donné une histoire des patriarches d'Alexandrie, depuis la fondation de cette Eglise jusqu'au xiu° siècle. Beiigikr
ALEXANDRIE (Conciles d'). (Thêol.
hist. conc.) — Les deux premiers Conciles d'Alexandrie furent tenus en 230 et 231 contre Origène, sur convocation de l'évèque Démétrius.
Un troisième eut lieu en 235 contre Amoionius. Un quatrième en 306, contre l'évèque lièletius, de Sycopolis; qui fut déposé. Un cinquième, en 321, composé de cent évèques, contre Arius. Un sixième, en 32 i-, encore contre Arius; Osiusde Cordoue le présidait. Un septième et un huitième, en 328 et en 330, peu impor-
(1) La conclusion de Be-cior est exe -Hante : qu'il y ait eu, de tout temp-, de- autorité» sec-Miiiaire« eiilésiasiiqucs, pntnarrli • nu autres , qui nient fait schisme avec [ Éfiiee de H uni- , c'e-t ce que personne ne conte-te ; mais qui du pare llel scissions B.ent pus» GOlMÙliftr àWM 1 ■■ctliodi'xie t n'aient pas < t.- Je '.Tamis dé-or ces reUitivi'ineiit A ce qui devait être , c'est ce qu'un bon cathuliquo ne saurait accorder , et c'est aus-i lu seul p ont importent de la discussion: avant comme «près le roucil* do Vatican , la question de future Jt l'Eglise a t ujouri étâ la même. Le Nota.
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tants et non avérés. Un neuvième, composé de 3iO membres, en faveur d'Athanase chassé par les eusébiens.
Un dixième, en 302, et un onzième, en 363, dans lesquels on facilita autant que possible la rentrée des Aiit-ns; Athanase présidait. Un douzième, en 399, sous la présidence de Théophile, où l'origénisme fut condamné. Un treizième, le seul du v' siècle qui soit important, en 450, contre le Nestorianisme ; ce fut dans ce concile que Cyrille présenta ses douze propositions connues sous le nom drAnathèmes de Cyrille, et que Nestorius les attaqua sous prétexte d'Apollinarisme. Enfin, un quatorzième, en 033, convoqué par le patriarche Cyrus qui y formula une profession de foi en neuf articles sur la Trinité et l'Incarnation, en vue de réconcilier les monophysrtes théodosiens. C'est le 1" art. qui concerne surtout le Monothélisme.
Le Noir.
ALEXANDRIE (Église d') (Thêol. hist. Êijlis.J — v. Alexandrie.
ALEXANDRIE (école chrétienne d') (Théol. hist. écol.) Cette école prit naissance, lors de l'invasion du christianisme, dans les entrailles mêmes de l'ancienne écolo philosophique et scientifique du même nom. Alexandrie était devenue, depuis les fondations des bibliothèques et des musées dans cette ville par les Ptolérnées, et leurs dotations des professeurs, le rendez-vous général des savants et de la jeunesse lettrée du monde entier; elle avait remplacé Athènes et ses académies. Mais toute cette société lettrée fut d'abord ennemie du Christianisme; la nouvelle société religieuse était l'objet de ses railleries quotidiennes ; et ce fut pour lutter contre cette opposition de la science et de la civilisation païennes, que quelques maîtres devenus chrétiens sentirent le besoin de constituer, dans la métropole des lettres et dans quelques autres villes telles que Rome et Césarée, un enseignement religieuxnon plus seulement catéchétique et élémentaire, mais véritablement scientifique ; puis, cet enseignement se dé-
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veloppant, il finit par faire entrer toutes les sciences philosophiques dans son domaine. C'est ainsi que sa forma l'école chrétienne d'Alexandrie. Los Alexandrins de cette école nouvelle « enseignèrent, dit M. Fritz, parallèlement à la théologie chrétienne, la philosophie platonicienne et aristotélicienne, et, en outre, la rhétorique, la grammaire, la géométrie, l'astronomie et le reste. Cet enseignement préparait les esprits à la foi chrétienne et gagnait souvent des païens instruits et de bonne volonté; car tout cet appareil de philosophie n'avaitpour but que de donner la conscience scientifique des vérités de la foi ; le Christ et son évangile étaient le terme de ce haut enseignement. Le premier maitre de l'école catéchétique d'Alexandrie fut, d'après Philippe Sidétès, Athénagore, auquel succédèrent , par ordre , Pantène , Clément, Origène, Héraclée, Denys, Piérius, Théognoste, Sérapion, Pierre martyr, Didyme l'aveugle et Rhodon. »
Le Nom.
ALEXANDRINE (version) de la Bible (Théol. hist. bibliog.) V. septantk.
ALEXIENS. (Théol. hist. confr.) Pendant la peste noire qui désola une partie de l'Europe dans les commencements du xiv e siècle, des congrégations pieuses se formèrent pour soigner les malades. Les frères furent appelés ccllites, decclla, tombe, parce qu'ils enterraient aussi les morts. Mais comme ils avaient adopté pour patron S. Alexis, qui s'était rendu célèbre au v° siècle par sa bienfaisance, ils furent aussi nommés alexiens. 11 n'existe plus de cette société que de petits restes h Aix-la-Chapelle, à Cologne et à Dûren. On lesavait aussi nommés Lolthnrds, de Lollen, psalmodier des chants île mort. Il s'était formé aussi, à la même époque, des sociétés de sœurs pour le même but, qu'on appelait alexiennes, sœurs dû St. Alexis, ccllites, saurs noires ; il y en a encore à Cologne, Dusseldorf, etc., et même aussi en Belgique et en France.
Le Noir.
ALGÈBRE. (Théol. mixt. sckn. ma-
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ALG
thémat.) « C'est l'algèbre surtout, disions-nous, dans l'article mathématiques de nos harmonies, qui élève l'esprit humain à la certitude absolue des propriétés en tant qu'applicables à tous les c.is, c'est-à-dire à l'inlini et par conséquent à Dieu. L'algèbre dégage la loi de ses applications particulières ; elle lixe l'âme sur l'abstrait et hii fait embrasser l'omnia des possibles, eu la débarrassant de toute concrétion. C'est le phénomène, éblouissaut de beauté philosophique, que présente cette science avec d'autant plus d'étendue et de grandeur qu'elle s'élève à de plus hautes abstractions, et étend davantage son empire. Dans son état présent de perfection, elle offre trois degrés : l'arithmétique algébrique ou analytique, dont les premières irradiations partent, dit-on, de Diophante, philosophe mathématicien d'Alexandrie vers les commencements du moyen âge ; la géométrie algébrique ou analytique, dont le philosophe Descartes est le créateur; enfin le calcul différentiel ou intégral, dont les philosophes Newton etLeibnitzfurentparallélenient les pères. Or, elle constate l'absolu en le dégageant du relatif, avec plus de puissance encore daus le second degré que dans le premier, et dans le troisième que dans le second. Nous ne pouvons pas entrer dans de longues considérations à cet égard ; mais il faut bien cependant que nous donnions au lecteur une idée claire de ce que nous avançons ; et nous essayerons de le faire en choisissant, par exemple, ce que l'algèbre présente, dans ses trois degrés, de plus élémentaire et de plus simple. »
.Nous renvoyons pour cet exposé, qui implique une réfutation de l'athéisme par Yahjêbre, à l'ouvrage que nous venons de citer, celui-ci n'admettant point, dans ses limites, des développements de ce genre, assez longs pour être compréhensibles.
Qu'il nous soit seulement permis, avant de fermer cette simple note, d'applaudir à la réaction qui parait se préparer, du moins dans nos corps savants, en faveur de celui qui fut toujours pour nous, dans les temps modernes, le puissant promoteur des
giandes choses, notre Descartes, et, par là même aussi, en faveur de sa philosophie spiritualiste et de son Dieu. S'il avait jeté au monde à priori sa grande théorie de l'éther, père des fluides et de leurs tourbillons, dits vibrations ou ondulations, si vous voulez, qui renaît aujourd'hui dans la science après avoir été l'objet de toutes les railleries du xvnr siècle ; s'il avait généralisé la logique humaine dans le cogito, ergo siim, et le reste ; c'est lui qui devait aussi faire sortir l'algèbre de sa spécialité, qui était l'arithmétique, en la forçant d'embrasser la géométrie, etla mettant par là sur la voie de servir de langage à toutes les sciences, d'instrument à tontes les abstractions. Par le calcul différentiel et intégral des Leibnitz et des Newton, qui ne l'ont trouvé qu'après que Descartes avait fait l'application de l'algèbre à la géométrie, on peut forcer cette science à tout envahir, en généralisant à l'infini les généralisations elles-mêmes, et, de généralisations en généralisations, à tout centraliser dans l'unité de Dieu.
Le Nom.
ALGÉRIE (Eglise d'). (Thêol. hist.
églis.) — V. AFRICAINS.
ALGERUS DE LIÈGE. (Théol. hist.
biog. et bibliogr.) — Cet auteur de la fin du xi« siècle, à ce qu'il paraît, est resté peu connu, bien qu'il ait été un des hommes les plus inlluents de son temps. Ses contemporains parlent de plusieurs de ses ouvrages, parmi lesquels un grand nombre de lettres; un traité des droits de V Eglise de Liège; un traité du libre arbitre; un traité du Sacrement du corps et du sang de Notre-Seigneur, contre Bérenger de Tours, vanté par Pierre le Vénérable et édité plus tard par Erasme (Bâle 1530) dans sa BibliothecaPatrum, xi»
vol. ; un traité de la miséricorde et de la justice, publié par Martène (v° vol.
de son Thésaurus) d'après un manuscrit trouvé à Clairvaux ; c'est le plus important des livres d'Algerus de Liège. M. Kober en donne l'analyse suivante :
« Cet écrit a trois parties, dont la première énumère les conditions aux-