BERG1EH
ALPHABET, (fhéci. mixt. scien. philol.) — L'alphabet est un ensemble de signes graphiques, correspondants à des sons primitifs abstraits, lesquels, en se combinant de mille et mille manières, engendrent les mots d'une langue, haiphabet phonétique est l'ensemble des sons eux-mêmes; l'alphabet graphique est l'ensemble des signes écrits.
Toutes les langues ne possèdent pas le système alphabétique. Les langues sémitiques (hébreu, arabe, etc.) ont des alphabets ; les langues indoeuropéennes (sanscrit, latin, grec, et toutesbursdérivées) ont desalphabets; les languesagglutinantes en ont aussi, mais les langues idéologiques, dont les mots correspondent directement aux idées, sans prendre pour intermédiaires les sons, telles que l'ancienne langue hiéroglyphique des Egyptiens, l'ancienne langue mexicaine et aujourd'hui la langue chinoise, n'en ont point. On connaît la clef sur laquelle est basée la langue chinoise parlée, et la clef sur laquelle est basée l'écriture dans cette langue; ce sont deux clefs différentes. On a commencé à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens et les hiéroglyphes mexicains. Il y a eu, en Egypte, un passage des hiéroglyphes purs à un commencement d'alphabet, puis de ce commencement d'alphabet à l'alphabet complet et véritable. Voici ce qu'en dit M. Champollion-Figeac :
« L Egypte arriva très-anciennement au complément réel de son système graphique, à l'alphubet. Les causes et l'époque de ce perfectionnement mémorable nous sont absolument inconnues. Esl-il le résultat des efforts de la philosophie égyptienne? N'est-ce qu'une transmission
faite h l'Egypte par un peuple qui l'aurait précédée dans la voie de la civilisation? l'esprit se confond dans l'examen de ces deux questions où se manifeste nue antiquité incontestablement supérieure àtous les temps historiques de l'occident et un perfectionnement de système graphique pour l'écriture, de système grammatical pour la langue, que les principes de l'idéologie moderne n'ont ni dépassé ni prévu. Aux plus anciens temps des annales de l'Egypte, fondés sur l'autorité des monuments existants, auXXHIe siècle avant l'être chrétienne, le système graphique est le même que pour le siècle d'Auguste, et le système grammatical du langage a les mêmes principes généraux qu'au temps des ermites chrétiens de la Thébaïde. Onsait tout sur la civilisation égyptienne, àl'exception de son origine et de ses commencements. La France n'a retrouvé dans les sables du désert que les magnificences des Pharaons; le temps lui a ravi leur berceau ! »
La première invention de l'alphabet paraissait à Platon une chose si merveilleuse qu'il la considérait comme au-dessus de la forcehumaine et qu'il l'attribuait à une révélation divine.
Quelques Pères de l'Église ont pensé là-dessus comme Platon. Cependant les travaux philologiques" modernes desGésénius, desSchlegel,desLassen, desColebrook, des Wilkins, des Bopp, des Sacy, des Rémusat, des Burnouf, des Stanislas Julien, des de Rougé, etc. etc., qui réalisent aujourd'hui le grand mouvement qu'avait pressenti Leibnitz, tendent 5. découvrir des transitions qui indiquent un progrès purement humain ; et il n'est pas hors de probabilité que l'on arrive un jour à résoudre scientifiquement les grands problèmes que présente encore l'écriture alphabétique. N'estelle qu'une modification de l'écriture hiéroglyphique ? y eùt-il un alphabet primitif? quel fut-il ? combien renferme t-il de caractères? Ces caractères furent-ils des situes arbitraires ou des symboles? Dès la plus haute antiquité littéraire, quelques-uns de ces problèmes furent agités; ils ne sont pas encore résolus ; mais il faut
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reconnaît™, que l'on a, dans ces derniers temps surtout, marché quelque peu vers leurs solutions. Nous ne croyons pas.avec M. Gobineau [Del'inégalité des races humaines) que le passage des systèmes liguratifs égyptiens, mexicains et chinois, aux systèmes des décompositions des mots en leurs éléments phonétiques abstraits, quiconstituent'lesafp/iateto.soitabsolument impossible; lesmots symboles, en même temps qu'ils représentaient les choses n'avaient-ils pas un son plus ou moins composé d'éléments plus radicaux, qui leur correspondait?
Pourquoi n'aurait-on pas tini par décomposer ce son en ses éléments, et par représenter ces éléments par des signes abstraits? il suffit d'une idée heureuse pour mettre sur la voie, et, la voie trouvée, {'alphabet n'est plus introuvable. C'est une invention qui ne nous puait pas beaucoup plus difficile à taire, avec le temps, que celle des systèmes de numération.
Non, n'ayons pas sans cesse recours au surnaturel; est-ce que ce n'est pas toujours le même Dieu, la cause universelle, qui agit comme premier moteur? ne sera-ce pas toujours de cette cause que naîtra la puissance par laquelle l'homme inventera, par exemple, l'écriture alphabétique ? et cette puissance, pour l'inventer naturellement, pourra-t-elle se passer du grand ressort permanent et immanent sans lequel toute activité tomberait dans le sommeil ou dans la mort? Admirons ces torces incessamment communiquées à notre nature par celui sans lequel rienne subsiste, rien n'agit, rien n'est.
Le Noir.
ALPHABET grec et latin, caractères ou lettres à l'usage des Grecs et des Latins, que , dans la consécration d'une église, le prélat consécrateur trace avec son doigt sur la cendre dont on a couvert le pavé de la nouvelle église.
Cette cérémonie nous donne à entendre que l'Eglise est la vraie mère des lidèles; qu'elle leur donne des éléments de la vraie science, de la science du salut, et qu'elle réunit tous les peuples. Bergier.
ALPHONSE (S.) de Ligori ou Liguori, (théol. hist. biog. et bibliog. — Le dernier des docteurs de l'Eglise officiellement proclamés (1870.), fondateur de la congrégation des Redemptoristes, né à Naples le 27 sept J696 et mort le l" août 1787, Alphonse fournit sa longue carrière dans un siècle dont le principal caractère, au point de vue ecclésiastique, était le relâchement du clergé et des ordres religieux, qui, à l'exception des Jésuites et de quelques branches de l'ordre de S. Benoit, avaient généralement perdu l'esprit de leurs fondateurs. M. Fehr, (trad.del'allem.parj. Goschler) résume comme il suit les traits principaux de sa biographie :
» Alphonse était le fils de parents nobles et pieux. Il dut les premières semences de sa piété à sa mère, qui sut, par ses exemples et l'éducation qu'elle lui donna, l'initier de bonne heure à la pratique de toutes les vertus. Plus tard elle confia son fils aux prètresde l'Oratoirede Saint-Philippe de Néri, sous la direction vigilante desquels Alphonse fit de tels progrès que, grâce à ses rares dispositions et à son ardeur, il fut en é;at de prendre le grade de docteur en droit dès l'âge de seize ans.
» Il était destiné, d'après le vœu de ses parents, à embrasser la carrière du barreau, carrière qui devait lui ouvrir d'autant plus facilement l'accès des plus hautes dignités qu'à son savoir il joignait les avantages d'un nom illustre et de grandes alliances.
Tout semblait annoncer qu'Alphonse répondrait à l'ambition de son père, car, pourlui obéir, il s'appliquait à tous les exercices chevaleresques qui pouvaient rehausser les grâces naturelles de sa personne. En effet le jeune et brillant avocat attira bientôt tous les regards; son savoir, son talent lui valurent la confiance générale, en même temps que la pureté de ses mœurs le rendait un objet d'étonnement et de respect pour tous. Son père, s'abandonnant aux plus brillantes espérances, cherchait, parmi les familles les plus riches du royaume, une épouse' digne d'Alphonse. I
« Mais Dieu l'avait marqué pour de plus hautes destinées. Il ne l'appela
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toutefois à sou service qu'après l'y avoir préparé par de sensibles humiliations. Alphc nse était occupé d'un procès très-important qui, dans la prévision d'une heureuse issue', lui avait déjà valu une foule de félicitations. Il ne s'était épargné aucune peine ; il avait déployé toute son éloquence; mais une grave négligence qu'il commit renversa tout l'échafaudage de ses preuves au moment où il croyait la victoire assurée. L'aveu de son erreur fut la dernière parole qu'il prononça au barreau ; car, après avoir vaincu la vive résistance de son père qui se trouvait cruellement déçu, il embrassa, en 1725, l'état ecclésiastique, et bientôt après il devint missionnaire dans la congrégation de la Propagande, de Naples.
» Avant tout, Alphonse s'occupa des pauvres et des classes abandonnées, et peu de cœurs résistaient à son éloquence et encore moins à sa douceur. Il s'acquitta pendant plusieurs années de ces bonnes œuvres, jusqu'au moment où de plus hautes inspirations lui tirent prendre la résolution de fonder une société religieuse.
» Ce fut en 1732 qu'après avoir vaincu les plus grands obstacles il fonda, à Scala, avec douze piètres disposés comme lui, la société du trèssaint Rédempteur,dontlebutpriniipal devait être le service des âmes les plus pauvres et les plus délaissées. Trois ans après il fonda une seconde maison à Cionani, dans le diocèse de Salerne.
» La règle de la nouvelle congrégation, qu'Alphonse avait élaborée avec le concours des hommes les plus éclairés, fut approuvée, en 1759, par le Pape Benoit XIV. Alphonse fut confirmé en sa qualité de supérieur général à vie; mais dès 1762, et malgré sa résistance et ses prières, Clément XIII l'éleva au siège épiscopal de Sainte-Agathe des Goths. Un chapitre général de sa congrégation déclara à 1 unanimité qu'il n'élirait pas de nouveau supérieur général ; qu'Alphonse, quoique évèque, pouvait rester uni à des frères qui lui étaient tendrement attachés etrespectueusement dévouésqu'il serait prié de nommer un vicaire général qui dirigerait la congrégation en son nom. Ces résolutions furent
approuvées par le SaintSiége et adoucirent pour Alphonse la douleur de la séparation.
» Le nouvel évèque sut allier, dès son entrée en fonctions, le zèle de S. Charles Borromée à la douceurdeS François de Sales, et continua, malgré les durs travaux de son actif épiscopat la vie pauvre, pénitenle et sévère' qu'il avait menée étant simple religieux. Comme le grand Apôtre, il n'avait qu'une pensée, se faire tout à tous. Il devint le missionnaire de tout son diocèse, qu'il parcourait tous les deux ans pour en reconnaître par luimême les besoins et y porter remède.
» Sa principale attention se dirigea sur l'éducation du clergé; il avait recours à toutes les ressources de la tendresse paternelle pour ramener ceux qui s'égaraient, relever ceux qui tombaient, en même temps qu'il se montrait d'une inflexible sévérité quand on négligeait ses prières et ses avis. Bientôt une vie d'abnégation, de sacrifices et d'austérités perpétuelles affaiblit tellement sa santé, d'ailleurs peu robuste, que, durant les dix-sept dernières années de sa vie, sa tête se courba complètement sur sa poitrine par une déviation des vertèbres du cou, et, malgré cette position pénible et les douleurs qu'elle lui causait, il ne cessa pas un instant de remplir scrupuleusement tous les devoirs de son ministère. Aussi lorsque l'infirme vieillard montait en chaire, sa présence faisait plus d'effet que sa parole, toujours ardente et ferme comme par le passé. Toutefois la crainte croissante qu'il éprouva de n'être plus au niveau de ses devoirs lui lit demanderavec instance au Pape, et longtemps inutilement, de le décharger de ses fonctions. Enfin, en 1775, le Pape consentit à recevoir sa démission.
«Alphonse avait été évèque pendant treize ans. Il quitta son diocèse aussi pauvre qu'il y était arrivé, et alla passer ses derniers jours dans le sein de sa congrégation, â Nocéra de Pagani Tant qu'il put marcher, il profita de toutes les occasions pour travailler au salutdes âmes, et, lorsqu'il ne put plus quitter son lit de douleur, il chercha à contribuer à la gloire de Dieu par
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les travaux de son esprit et de sa plume.
» On a peine à comprendre comment, au milieu de ses occupations démissionnaire etd'évêque, au milieu de ses atroces douleurs, il trouva le temps et la force de composer tous ses ouvrages. On sait qu'il n'y a pas de saint, dans les temps modernes, dont les écrits soient aussi généralement répandus que ceux de S. Alphonse ; leur simplicité, leur profondeur, leur solidité les rendent également utiles aux savants et aux ignorants. Quiconque s'éveille à la vie religieuse, quiconque veut sérieusement puiser à la source des grâces de l'Église rencontre dans les livres de S.
Alphonse le guide qu'il cherche.
Prêtres etlaïquesy trouvent lalumière dont ils ont besoin. Le secret de cette grâce spéciale des écrits de S. Alphonse réside dans les sujets mêmes qu'il traite avec une prédilection marquée et une profondeur spéciale :
ce sont le mystère du très-saint Sacrement de l'autel et le culte de la très-sainte et immaculée Vierge Marie. L'enthousiasme qui animait son cœur se répandait dans les paroles tendres, ardentes etpersuasives de ses discours, et jusque dans les pages les plus simples de ses écrits. »
S. Alphonse de Ligori fut canonisé en 1839 par Grégoire XVI, et mis au nombre des docteurs de l'Eglise universelle, en 1870, par Pie IX.
Le catalogue de ses œuvres est très-long ; nous ne citerons que les principales et les plus répandues, ce
SOnt : LA THÉOLOGIE MORALE, qu'il COm-
posa sur la medulla aurea de Busembaûm, en suivant le plan et la méthode de ce théologien prohahiliste allemand, conservant beaucoup de cet auteur et y ajoutant, pour le compléter et parfois le corriger, bien davantage encore. Il cite, en général, les diverses opinions des théologiens, en les qualifiant, selon leur probabilité, et indique souvent celle qui est la sienne. Celle théologie morale qui est la plus populaire dans les séminaires et dans le clergé vient d'être éditée par L. Vives, avec des perfectionnements considérables dont nous avons nous-mêmes été chargé. Nous avons
fait sur le travail de l'auteur, en le laissant tel qu'il l'avait publié, à peu prés ce qu'il fit sur celui de Busenbaùm , mais à l'aide des théologiens modernes, dont nous citons, sous forme d'intercalations, une multitude de passages soit à titre de développements utiles, soit à titre de solutions de questions nouvelles qni n'étaient point encore agitées en théologie dans le siècle dernier. Nous avons aussi corrigé beaucoup de textes de la tradition qui étaient inexacts, ajouté les collations des codes civils de notre temps, et à l'aide d'appendices donné les réponses récentes, les plus utiles pour la pratique, des souverains pontifes et des congrégations romaines.
Cette édition nouvelle de l'œuvre principale de S. Ligori, à laquelle sont d'ailleurs adjointes d'autres œuvres telles que la Praxis confessant également enrichie, complétée et portée, pour le moins, au double de ce qu'elle était, sans aucune modification au texte de l'auteur, forme, sans contredit, la théologie morale la plus complète et la plus intéressante qui ait été publiée jusqu'à ce jour. On y trouve aussi la série complète, telle que nous ne l'avons trouvée nulle part ailleurs, des propositions condamnées, depuis celles d'Abélard jusqu'à celles du syllabus de la bulle quanta cura de Pie IX, et, chose des plus curieuses pour un théologien, les discussions qui ont eu lieu dans le procès qui a précédé l'élévation de S. Alphonse au doctorat intercalées, dans la théologie même, à la suite des passages sur lesquels portaient ces discussions.
H est deux points pour lesquels S. Alphonse se fait remarquer dans la théologie morale ; ce sont deux exceptions en faveur du dogme, et ces deux exceptions consistent dans deux thèses dogmatiques, l'une pour établir l'infaillibilité du pontife romain lorsqu'il parle ex cathedra, l'autre pour établir, à titre de dogme catholique, l'immaculée conception ; il y a, daus les citations de la tradition sur lesquelles il étaie ces deux points, plusieurs inexactitudes et plusieurs autorilés apocryphes, mais nous avons vu dans notre siècle l'Eglise lui donner raison sur le fond sur ces deux points,
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auxquels il a marqué qu'il tenaitbeaucoup, puisque dans un travail où on pourrait lui reprocher de se tenir trop aux questions morales et de négliger même tout ce que le dogme présente de presque indispensable comme bases des solutions — lacunes que nous avons comblées dans notre édition, à l'aide des théologiens modernes — il a fait les deux exceptions que nous venons de signaler.
Ses autres ouvrages les plus remarquables sont : Yhomo aposfoft'cws.abrêgé de sa théologie ; ses instructions pratiques pour la confession, précédées de deux dissertations sur le probabilisme, le tout en italien; ses œuvres dogmatiques contre les réformés ; la Voie du salut, en italien ; la véritable épouse de Jésus-Christ, en italien ; des Serinons pour tous les dimanches de l'année, en italien ; Conduite admirable de la divineprovidence, enitalien ; etc., etc. La collection de ces œuvres est considérable, elle forme une quarantaine de volumes, dont Parent des Barres avait fait une édition.
M. L. Vives publie, au moment où nous écrivons, une traduction française de S. Alphonse, par MM. Delalle, Bousquet et Vidal, revue par l'abbé Ant. Ricard, en 16 forts volumes in 8°.
Le Nom.
ALVAREZ (Diego), (theol. hist. biog.
et bibliog.) — Dominicain, professeur de théologie à Rome, enfin archevêque de Trani pendant trente ans, Alvarez fut un des premiers adversaires du molinisme et des plus grands défenseurs de la doctrine thomiste de la prémotion physique et de la grâce prédéterminante contre les jésuites.
Ce fut d'Alvarez que se servit Bannez, également dominicain, pour obtenir de la congrégation de auxiliis, la condamnation de l'écrit du fameux jésuite Molina sur l'accord de la grâce et de la liberté. Il était, de plus, grand orateur. Dans les conférences de auxiliis, il remporta, dit le carme bavarois Alexandre S. Jean de la Croix, de fréquentes victoires sur les molinistes, mais Maxime Mongold réduit l'importance de ces victoires. Il mourut en 163S. Il a laissé des écrits sur les controverses de son
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temps, et quelques-uns aussi sur d'autres sujets. Ce fut un grand théologien, mais se rapprochant beaucoup, par son thomisme excessif peut-être, du prédestinatianisme. Il eut pour successeur, dans les conférences, Thomas de Lemos, autre théologien souvent cité. Le Noir.
ALVAREZ PELAYO, (théol. hist.
biog. et bibliog.) — Cet autre Alvarez fut un des plus forts défenseurs de l'autorité papale contre les docteurs de Sorbonnc Jean de Jaudun (ou de Paris) et Marsile de Padoue. Il était minime et pénitencier de Jean XXII à Avignon ; il mourut en 1349 évêque de Sylves, dans les Algares. Les ouvrages qu'il composa contre ce qu'on peut appeler, avec M. Welte, la Césareopapie et contre les fraticelli et les spirituels de l'ordre des minimes, sont assez nombreux. Le D r . Welte cite et qualifie comme il suit plusieurs de ces ouvrages :
« Il composa, dit-il, à cette occasion et dans d'autres circonstances :
Spéculum Re^um ; Collyrium adversus Esereses; Commentarium in IV libros Sententiarum; Sermo coram Johanne XXII ; Apoloyia pro Johanne XXII, adversus Marsilium Patavinum et Guill.
Occamum; Summa dePlanctuEcclesiBe.
— Ce dernier livre, de Planctu Ecclesix, est le plus important ; il y déplore les abus et la décadence de l'Eglise et des différents États de son temps, et en cherche le remède dans le rétablissement de l'autorité pontificale, qu'il exagère jusqu'àladonnercomme source de l'autorité temporelle des princes. L'ermite Augustin Triontl d'Ancône, mort à Naples en 1328, est l'écrivain du moyen âge qui, dans son livre de Potestate ecclesiastica, a poussé le plus loin cette opinion sur l'autorité papale. » Le Noir.
AMALÉCITES. Voyez Agag.
AMAURI, théologien de Paris, parut au commencement du treizième siècle. Il enseigna que Dieu était la matière première ; que la loi de Jésus- Christ devait finir l'an 1200, et faire place à la loi du Saint-Esprit, qui sanctifierait les hommes sans sacre-
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ments et sans aucun acte extérieur; que les péchés commis par charité
; étaient innocents. Il niait la résurrection des morts et l'enfer, rejetait le
, culte des saints, déclamait contre le pape, etc. 11 eut des sectateurs opiniâtres. On pardonna aux femmes ; mais dix de leurs séducteurs subirent le dernier supplice l'an 1210. Le concile de Latran, tenu en 121 a, conlirma la condamnation de leur doctrine.
Amauri eut pour successeur David de Dinant, qui prêcha la même doctrine.
Uist.de VEyl. gallic, liv. 30, an. 1210-
1212. DERGIER.
Onnomme aussi ce théologien panthéiste du xiii" siècle, Amaury de Chartres, et Amaury de Mène, parce qu'il élait né à Bène près de Chartres.
« L'université de Paris, dit M. Staudenmayer, le frappa d'une censure sévère pour quelques propositions contraires;! la dogmatique del'lïglise.
lien appela au pape Innocent 111, qui continua la senlcnce. Amaury, dit-on, en mourut de chagrin peu de temps aprèsf 1 20 i)à Saint-Martin des Champs.
Ses disciples, parmi lesquels le plus important fut, sans contredit, David de Dinan, propagèrent sa doctrine hérétique ; ils eurent le même sort que leur maître; quelques-uns même furent condamnés au bûcher par un concile de Paris, en 1209. »
Cet appel au pape, eteette mort de chagrinde se voircondamné, prouvent assez bien qu'Amaury était convaincu de ce qu'il professait. Sa doctrine était cependant bien opposée à celle du catholicisme ; voici l'explication et le résumé sommaire qu'en donne l'auteur que nous venons de citer et de nommer.
« Amaury, enseignant la philosophie, s'était beaucoup familiarisé avec le système d'Aristote et le paganisme. Le paganisme grec avait enseigné l'existence d'une matière éternelle, base et substratum de toutes choses. Aristote décrit cette matière, qu'il nomme la première, comme une matière originairement informe , amorphe, substance primordiale des choses, n'ayant besoin que de mouvement pour donner naissance à tous les êtres. Matière et mouvement consti-
tuent l'être, selon Aristote. Strabon embrassa la doctrine d'Aristote et la développa. Plus tard elle fut complètement adoptée par les Arabes. C'est ainsi qu'elle parvint jusqu'à Amaury.
Lorsqu'il passa de la philosophie, et plus immédiatement de la logique, ;'t l'explication des saintes Écritures, il enseigna que le chaos, dont parle le livre de la Genèse, n'est que cette matière primordiale qui, au moyen du mouvement, devint la cause d'où naquirent toutes choses. Attribuant à la matière une puissance créatrice, il la proclamait, parla même, matière absolue, et Amaury et les siens ne se firent pas scrupule de l'identifier complètement avec le Dieu créateur du monde, conception que nous retrouverons tout entière de nos jours dans l'ouvrage de Weisse : « Idée de la divinité, » et dans d'autres prétendus philosophes modernes, selon lesquels Dieu est la matière, qui tire tout d'elle-même comme elle réabsorbe tout en elle. Les propositions fondamentales d'Amaury de Chartres et de David de Dinan sont : « Tout est Dieu, et Dieu est tout. Tout ce qui est est un, et cet un est Dieu. Dieu est l'être et l'essence de toutes les créatures. Créateur et créatures sont essentiellement même chose. Dieu est l'idée universelle, et, vice versa, l'idée elle-même est Dieu (1). » Le procédé par lequel Dieu se meut, et par lequel le monde se développe, parcourt, chez Amaury comme chez Sabellius, trois périodes, périodicité dans laquelle se manifeste la Trinité. Mais cette Trinité est purementsymbolique.
Il y a une période du Père, dans laquelle domine la loi mosaïque ; une période du Fils, dans laquelle les sacrements, le Baptême et la Cène remplacent le culte judaïque; et une période du Saint-Esprit, qui commence à Amaury lui-même. Avec cette dernière période cessent les sacrements et toutes les cérémonies du culte. Le Saint-Esprit est l'âme de chaque homme, il s'incarne en chacun, et voilà pourquoi chacun est Dieu, comme le Christ était Dieu. Tout homme
(1) VoirSlandenmûyer, Philosophie du Christianisme, t. I, (i. 6JJ 03b.
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est à la fois Christ et Esprit-Saint. Le Père s'est également incarné dans l'Ancien Testament, il est devenu homme en Abraham. Ce grossier panthéisme entraînait les plus déplorables conséquences morales. »
Ces conséquences sont faciles à déduire. Le Nom.
AMAURI ou AMALHARD, (Mol.
hist. biogr. et bibliogr.) — Célèbre liturgiste, auteur d'un grand ouvrage qu'il termina en 820, sous ce titre :
De tcclesiastico officio libelli quatuor, dédié à Louis le Débonnaire. Il y traite du cycle de Pâques, des dimanches de la sepluagésime, sexagésime, etc., de la semaine sainte, des quatretenips, de la tonsure, des ordres mineurs, de la hiérarchie ecclésiastique, desornements, de la messe, des heures canoniales, des fêtes, de la sépulture etc., etc. « Cet ouvrage, dit M. Fritz, renferme de fréquentes interprétations mystiques et allégoriques, qui ne sont pas toujours satisfaisantes et qui ne seraient plus guère goûtées aujourd'hui. Tout, selon Amaury, a une signilication profonde, les sandales, les mouchoirs, les suaires, le moindre détail. Du reste, il faut reconnaître qu'Amaury fait preuve d'une grande érudition et donne souvent de fort belles explications.il écrit dans le style et le goùl de son époque et doit être jugé d'après son temps. » Le Nom.
AMBITION, désir excessif des honneurs. Plusieurs philosophes de notre siècle ont fait l'apologie de l'ambition, parce que l'Evangile la réprouve et commande l'humilité Ils disent qu'un homme est louable lorsqu'il recherche les dignités et les places importantes, dans le dessein de se rendre utile à ses semblables. Cela serait fort bien, si c'était là le motif des ambitieux ; mais on sait trop par expérience que leur intention est de jouir des privilèges attachés aux grandes places, sans se mettre beaucoup en peine d'en remplir les devoirs, et que les sujets les plus ineptes sont ordinairement les plus avides et les plus empressés de parvenir. « N'i- » mitez point, dit Jésus-Christ, ceux » qui recherchent les premières
» places, les respects, et les hom- » mages des hommes. « Il reproche ce vice aux pharisiens, et tâche d'en préserver ses disciples. Matth., c. 23, f 6. Cette morale sera toujours plus sage que celle des philosophes. Avec des palliatifs il n'est point de passion que l'on ne vienne à bout de justiiier.
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AMBROISE (S.), docteur de l'Eglise et archevêque de Milan, mort l'an 397. La meilleure édilion de ses ouvrages est celle des Bénédictins , en deux volumes in-folio. Le fait le plus honorable à saint Ambroise est d'avoir eu saint Augustin pour disciple. On peut voir ses autres actions dans le Dictionnaire historique; nous nous bornons à examiner les accusations formées contre sa doctrine. On lui reproche d'avoir poussé trop loin l'étendue de la patience chrélienne, le mérite de la virginité et du célibat; d'avoir dit qu'avant Moïse il n'y avait point de loi qui défendit l'adultère; d'avoir voulu justiiier, dans les saints personnages dont parle l'Ecriture , des actions qui ne doivent être ni louées, ni excusées.
Ces reproches empruntés de Daillé et de Bsrbeyrac, deux postestants, ne valaient pas la peine d'être répétés par les incrédules. Les premiers chrétiens ont poussé la patience jusqu'à l'héroïsme; il le fallait, afin de convaincre les persécuteurs de l'inutilité des supplices pour exterminer le christianisme, et de montrer aux païens la supériorité des maximes de l'Evangile sur la morale de leurs philosophes. Aujourd'hui des censeurs téméraires osent soutenir que cette patience n'a pas été poussée assez loin.
Dans les articles Célibat et Virginité, nous ferons voir que les Pères n'ont rien dit de plus que saint Paul ; que cette doctrine est sage et irrépréhensible; qu'il n'est pas vrai qu'elle déroge à la sainteté du mariage, ni qu'elle soit nuisible au bien de la société.
Saint Ambroise a eu raison d'avancer qu'avant Moïse il n'y avait point de loi positive qui défendit l'adultère:
mais il n'a pas prétendu qu'il fût permis par la loi naturelle.
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Le commerce d'Abraham avec Agar n.était ni un adultère ni un concubinage, mais une polygamie ; et alors elle n'était point réprouvée par le droit naturel. Voyez Polygamie.
C'est donc très-improprement que taint Ambroise nomme adultère ce second mariage d'Abraham ; mais il n'a pas tort de prétendre qu'en cela ce patriarche n'a point péché. Il est évident, par ce qu'il dit de Pharaon, à' Abraham, liv. 2, c. 2, qu'il n'a jamais pensé que l'adultère proprement dit pût être permis ; et quoi qu'en dise Barbeyrac, ce n'est point là une ontradiction. Traité de la Morale des Pères, c. 13, § 12.
Quant aux autres actions des patriarches que les Pères de l'Eglise ont excusées, uoy. Patriarche, Abraham, etc.
D'autres critiques ont accusé saint Ambroise d'avoir enseigné que l'âme humaine est matérielle, parce qu'il dit qu'il n'y a rien d'exempt de composition matérielle que la substance de la Trinité, qui est d'une nature simple et sans mélange. De Abraham, liv. 2, c. 8, n. 58. Mais dans cet endroit même, il dit que l'âme humaine est indivisible et unie à la Sainte Trinité, qui est simple. D'ailleurs il professe formellement l'immatérialité et l'immortalité de l'âme dans plusieurs autres ouvrages. In Psalm. 118, serm. 10, n. 15, 16, 18, Hexam., liv. 6, c. 7, n. 10, etc.
Le Clerc, dans ses notes sur les Confessions de saint Augustin, prétend que l'invention des reliques de saint Gervais et de saint Protais fut une fraude pieuse de saint Ambroise, qui se servit de cet expédient pour augmenter son autorité, pour réprimer les ariens, pour en imposer h l'impératrice Justine qui les favorisait. Il prouve ce soupçon : 1° parce que saint Augustin rapporte que saint Ambroise fut instruit par une vision ou une révélation du lieu où étaient ces reliques au lieu que saint Ambroise ne parle point de cette vision en racontant cet événement. Epist. 22, lib.
^ . 2° Saint Ambroise dit : Nous trouvâmes deux corps d'une grandeur étonnante, tels qu'ils étaient dans les anciens temps. Veut-il parler des temps héroïques, ou veut-il faire entendre
que les martyrs devenaient plus grands que les autres hommes? 3° H rapporte que les possédés, ou plutôt les démons tourmentés par ces reliques, confondirent les ariens. 4° En effet, cet événement servit à humilier et à contenir ces hérétiques. Ce fut donc un stratagème imaginé à propos. Le Clerc pense qu'il en est de même de toutes les autres inventions de même espèce.
Sont-ce donc là des preuves assez fortes pour accuser de fourberie un personnage aussi respectable que saint Ambroise? S'il avait parlé de la révélation qu'il avait eue, Le Clerc lui aurait reproché de l'avoir forgée par orgueil. Ce n'est pas un prodige que deux martyrs aient été de haute stature, tels que les poètes nous peignent les hommes des temps héroïques ; il n'y a rien de ridicule dans cette remarque de saint Ambroise. Il se lit d'autres miracles à cette occasiou, que des guérisons de possédés.
Saint Augustin raconte qu'un aveugle recouvra la vue, et il parait l'attester comme témoin oculaire. Pour commettre une fraude, il aurait fallu avoir un trop grand nombre de complices, les fossoyeurs et les témoins, les miraculés, tout le clergé de Milan, et même tous les catholiques environnés des ariens ; croirons-nous qu'aucun de ces derniers ne fût témoin des faits?
Saint Ambroise se serait exposé à la dérision des hérétiques, au discrédit do la foi catholique, au ressentiment de l'impératrice Justine ; il n'était pas assez imprudent pour courir un aussi grand danger. Etait-il indigne de Dieu de continuer par des miracles la foi à la divinité du Verbe, et le culte des reliques contre lequel Vigilance s'éleva pendant ce temps-là?
Mais Le Clerc, qui ne croyait m l'un ni l'autre de ces dogmes, aime mieux accuser toute l'Eglise catholique de fourberie, que de démordre de ses opinions. Par un effet du même entêtement, il a reproché à saint Augustin d'avoir feint les prétendus miracles opérésparlesreliques de saint Etienne, et d'avoir aposté les miraculés.
BERGIER
S. Ambroise fut un grand orateur
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sacré; il charmait par l'élégance, écrasait par la force, entraînait par l'onction ; ce ne fut pas pour lui une médiocre gloire que celle d'impressionner virement le jeune Augustin et de contribuer fortement à sa conversion. Il prêchait avec tant d'insistance et de zèle en faveur de la virginité, que jusqu'en Afrique ses paroles eurent un puissant écho, poussèrent des centaines de vierges à se consacrer au Seigneur, et que les mères en conçurent de la répugnance à envoyer leurs filles entendre ses sermons.
Il fut aussi un écrivain fécond.
« Nous avons de lui, dit M. Héfélé, vingt-neuf grands ouvrages authentiques, quatre-vingt-douze lettres et quelques discours. On sent, il est vrai, le défaut d'une solide instruction théologique dans tous ces écrits; il n'est pas original : il emprunte beaucoup aux Grecs, notamment à Origène, dont il a adopté le genre allégorique. Toutefois on lui a universellement assigné une place d'honneur parmi les écrivains ecclésiastiques, puisqu'on l'a mis à côté des grands docteurs de l'Église, S. Augustin, S. Jérôme et S. Grégoire. Ses écrits homélitiques et ascétiques sont les meilleurs. A cette catégorie appartiennent : Libri IV in Hexaemeron, sur l'histoire de la création ; Paradiso, plein d'explications allégoriques et mystiques; Libri II de Caîn et Abel. ; Liber de Arca et Noê; Lib. II de Abrahamo ; Liber de Isaac et Anima, et plusieurs autres. Aux œuvres exégétiques appartiennent : Enarrationes in 21 Psâlmos ; Expositio Psalmi 118, en vingt-deux sermons, et Expositio in Evang. Lucselib. X. — Ouvrages de morale ascétique : les 3 célèbres Livres de Officiis; Lib. III de Virginibus, ad Marcellam sororem; Liber de Yirginitate ; Liber de Institutione virginis, et d'autres livres dogmatiques : Libri V de Fide , Libri III de Spiritu-S. , Liber de Mysteriis. — Ses écrits non authentiques sont : de Saoramentis, de Dignitate sacerdotali, les Explications sur quelques livres de l'Ancien Testament et sur les Epltres de S. Paul. Érasme a publié une édition de ses œuvres en 1527, à Bâle,
en cinq tomes ou deux vol. in-folio.
Il a fait divers changements tout à fait arbitraires, faute de manuscrits.
Une édition bien supérieure a paru en 1568, à Paris, chez Jean Gillot; mais elle a été complètement effacée par celle qui a été publiée, en 1580, à Rome, par les soins du cardinal Montalte (le Pape Sixte V). Enfin la plus récente et la meilleure est celle de S.-Maur, publiée en 1686, à Paris, en deux gros vol. in-folio. La patrologie de l'abbé Migne a reproduit fidèlement cette édition. »
« Il faut, reprend M. Héfélé, que nous mentionnions aussi les services rendus par S. Ambroise à la liturgie etles hymnes qu'il a composés. Il est avéré qu'il prit des mesures importantes pour organiser le chant ecclésiastique et la liturgie dans son diocèse. De là vient que jusqu'à nos jours on a conservé, à Milan, l'usage d'une liturgie particulière et différente de celle du reste du monde catholique, savoir : YOfficium Ambroisianum (1). Des nombreux hymnes qu'on lui attribue, il y en a au moins douze authentiques, parmi lesquels : JEterne rerum Conditor, Deus Creator omnium, Veni Redemptor gentium , Splendor paternx glojiœ, lux beata Trinitas !
Il est douteux que le TeDeum, appelé l'hymne de S. Ambroise, soit de lui. »
La mort de ce grand homme arriva, selon les probabilités, le 4 avril 397 ; et sa biographie la plus ancienne fut écrite par Paulin qui, à ce qu'il paraît, était un des clercs de l'Eglise de Milan. Le Noib.
AMBROISE LE CAMALDULE , ( Théol. hist. biog. et bibliog. ) — C'est ainsi qu'on nomme le célèbre général des Camaldules, Ambroise Traversari, ardent champion d'Eugène IV au concile de Bâle, et zélé protecteur des lettres. Il était né à Portico près de Florence vers 1386, et avait eu pour maître de grec Emmanuel Chrysoloris ; il était devenu si fort dans cette langue, qu'Eugène IV, dont il soutint encore la cause au concile de Florence et de Ferrare, le.
(1 ) V t Ambrosibh (rit)
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chargea do traiter avec les Grecs et que l'Empereur Jean Paléologue le déclara le premier des Latins pour comprendre le grec et le parler. Ce fut lui qui rédigea la formule d'union. Il mourut en 133(1, aux grands regrets d'Eugène IV. Ambroise le camaldule lit beaucoup de traductions latines de Pères grecs et d'auteurs profanes, par exemple, dit M. Haas, « le livre du Pseudo-Denys l'Aréopagite, De Cœlcsti Hierarchia ; la Vie de saint Jean Crysostome, de Palladius ; les Œuvres de S. Jean Climaque ; Différents Discours de S. Ephrem ; Diogéne Laérce ; de plus il composa :
une Chronique du mont Cassin, une Histoire de son temps, quelques Biographies de Saints, plusieurs Discoursi un traité De Sacramento admirabli, Corporis Christi, outre tout un volume de Lettres que Côme de Médicis fit réunir. Cf. Bayle et l'art. Camaldules. » Le Noir.
AMBROSIASTER. ( Thêol. hist.
biog. et bibliog.) C'est le nom que porte le pseudo-Ambroise, auteur inconnu d'un commentaire des épitres de saint Paul, qu'on attribua longtemps à saint Ambroise ; c'est un ouvrage plein de bon sens et de précision. Saint Augustin le cite une fois, en ajoutant«c'estceque dit Hilnire;»
mais on ne sait pas de quel Hilaire saint Augustin veut parler; cène peut être, dans tous les cas, que d'un Hilaire très-ancien et antérieur au pélagianisme, qui aurait écrit sous le Pape Damase (366-384), ainsi que le demontre un passage du livre ( ad Timotb. III). Le Noir.
AMBROSIEN (rit ou office). Manière particulière de faire l'oflice dans l'Eglise de Milan, qu'on appelle aussi quelquefois l'Eglise Ambrosienne. Ce nom vient de saint Ambroise, docteur de l'Eglise etévêque de Milan, dans le quatrième siècle. Walafrid Strabon a prétendu que saint Ambroise était véritablement l'auteur de l'office qu'on nomme encore aujourd'hui umbrosien, et qu'il le disposa d'une manière particulière, tant pour son église cathédrale que pour toutes les autres de son diocèse. Cependant quelques-
uns pensent quel'Eglisede Milan avait un office différent de celui de Rome, quelque temps avant ce saint prélat.
En etfet, jusqu'au temps de Charlemagne, les églises avaient chacune leur oflice propre; dans Rome même il y avait une grande diversité d'office; et si l'on en croit Ab dlard, la seule église de Latran conservait en son entier l'ancien office romain; et lorsque, dans la suite, les papes voulurent faire adopter celui-ci à toutes les Eglises d'Occident, afin d'y établir une uniformité de rit, l'Eglise de Milan se servit du nom du grand Ambroise et de l'opinion où l'on était qu'il avait composé ou travaillé cet oflice, pour être ^ dispensée de l'abandonner; ce qui l'a fait nommer rit ambrosien, par opposition au rit romain. La liturgie ambrosienne a été publiée par Pamélius, en 1560:1e Père Le Brun l'a tirée de divers missels anciens, imprimés ou manuscrits ; il note exactement en quoi elle était différente de celle de Rome, ce que saint Ambroise y avait ajouté, et ce qui existait avant lui. Il rapporte les tentatives qui ont été faites, soit par le pape Adrien I sous Charlemagne, soit par les successeurs de ce pontife dans les siècles suivants, pour introduire dans l'Eglise de Milan la liturgie romaine et le rit grégorien, et la résistance constante du clergé de Milan. Saint Charles Ini-mème fut très-zélé pour la conservation du rit ambrosien ; et ce rit subsiste encore dans la cathédrale et dans la plupart des églises du diocèse de Milan. Explication des Cérémonies de la messe, tom. 3, pag.
Ambrosien (chant). Il est parlé dans les rubricaires du chant ambrosien, aussi usité dans l'Eglise de Milan et dans quelques autres, et qu'on distinguait du chant romain, en ce qu'il était plus fort et plus élevé; au lieu que le romain était plus harmonieux.
Voy. Chant et Grégrien. Saint Augustin attribue à saint Ambroise d'avoir introduit en Occident le chant des psaumes, à l'imitation des Eglises orientales ; et il est très-probable qu'il en composa ou revit la psalmodie.August., Confess. 9,cap.7.
Bergier.
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AME
AMBROSTENSouPNEUMATIQUES, nom que quelques-uns ont donné à des anabaptistes disciples d'un certain Ambroise qui vantait ses prétendues révélations divines, en comparaison desquelles il méprisait les livres sacrés de l'Ecriture. Gautier. De hxr., au xvi c siècle.
AMBURBIALES. (Théol. hist. cèr.)