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Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4

physiol. et anat.) — ■ « Le sang, dit Milne Edwards, en servant à la nutrition de tous les organes, s'use en quelque sorte et a besoin de réparer les pertes qu'il a éprouvées ; or, il se renouvelle ainsi en recevant, des productions de la terre, de nouveaux matériaux.

« Lesplantes absorbentdirectement les substances nutritives qui doivent servir à l'entretien et à l'accroissement de leur corps ; mais cbez les animaux il en est autrement; les matières alimentaires avant que de pénétrer dans la profondeur des organes ont besoin de subir une certaine préparation au moyen de laquelle leurs propriétés sont ebangées et leur composition modiliée, ou, en d'autres mots, ont besoin d'être digérées.

« L&digestion a pour objet la transformation des aliments en un liquide nutritif particulier nommé chyle.

« Plusieurs organes servent à produire ce résultat, c'est, par leur aide, que les substances étrangères à l'animal s'introduisent dans les voies digestives, changent de qualité et fournissent un composé nouveau propre à leur nourriture et à leur accroissement.

« L'appareil digestif se compose cbez l'homme et chez la plupart des animaux :

« 1° D'une cavité destinée à recevoir les aliments étales loger pendant toute la durée du travail digestif; cette cavité a la forme d'un long canal qui s'ouvre à l'extérieur par ses deux extrémités et qui s'élargit dans certains points, tandis que dans d'autres il se rétrécit ; sa partie antérieure constitue la bouche qui en arrière se continue avec le pharynx ou arrièrebouche; celui-ci à son tour se continue avec un long tube appelé œsophage , qui s'ouvre dans l'estomac ; enfin la portion du canal digestif qui succède à l'estomac se nomme intestin ;

« 2° De dents destinées à diviser les aliments;

« 3° De diverses glandes servant à sécréter les humeurs qui doivent agir sur les aliments pour en déterminer la digestion ; cesglandessont \esglandes salioaires, le foie, etc. ;

« 4° De vaisseaux particuliers destinés à absorber les sucs nutritifs produits par la digestion, et à les porter dans les veines.

«On a désigné les phénomènes digestifs par des dénominations spécia-

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les, et l'on a divisé l'histoire du la digestion en

Préhension des aliments,

Mastication,

Insalivation,

Déglutition,

Action de l'estomac ou chymitication,

Action des intestins ouchyliiication,

Absorption du chyle. »

Nous étudions, autant que, le comporte le but de ce que nous appelons, dans ce dictionnaire , la théologie mixte, ces diverses actions de l'organisme aux mots main, bouche, estomac, chylification, CHYLE et plusieurs autres. Ce sont pour nous des occasions de nous instruire des œuvres de Dieu, de les admirer et de nous apitoyer sur la sottise de l'athée qui se torture l'esprit pour trouver le moyen d'expliquer l'œuvre sage sans la sagesse, la lumière avec les ténèbres. Le Noir.

DIGNITÉS ECCLESIASTIQUES {Thèol.M&t. dignit. ccc.) - Les dignités, dans l'Eglise, sont des charges auxquelles est attachée une juridiction, c'est-à-dire, selon le langage de la chancellerie romaine, une administration permanente avec des privilèges honorifiques. Parmi les dignitaires ecclésiastiques, il faut compter d'abord le Pape et les évêques,. dont l'institution remonte au Christ, puis les cardinaux, les légats, les abbés des couvents, les prévôts et les doyens des chapitres, les curés, etc., etc.

Voyez les articles particuliers.

Le Noir.

DILATATION PAR LE CALORIQUE ( Théol. mixt. sdm. phy.indust.) — La

chaleur dilate tous les corps, les solides, les liquides et les gaz. Quand elle est poussée au delà d'un certain degré, elle désaggrége même leurs molécules de manière à les taire passer dans un autre état, de l'état solide, par exemple, dans l'état liquide, ou de l'état liquide dans l'état gazeux ; puis, dans l'état nouveau qu'affectera le corps, une nouvelle augmentation de chaleur dilatera de nouveau ses molécules et augmentera, par conséquent, son volume. L'expérience ne

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peut constater aucune limite absolue à ces passages des corps d'uu état dans un autre par l'influence de la chaleur, et la science reconnaît, eu principe, qu'il n'y en a pas. Mais il est pourtant un cas, et c'est le seul à notre connaissance, dans lequel il n'y a pas progression croissante de dilatation en proportion de l'augmentation de chaleur ; c'est le cas de l'eau qui a un maximum de densité et qui n'a point ce maximum dans son rt.it solide de glace, mais dans son état liquide, et non point au momenl de son passage d'un état dans l'autre, lequel est marqué sur les thermomètres, mais a 4 degrés environ audessus ; par conséquent, en vertu d'une exception étrange, incroyable même, mais dont nous allons dire la cause finale dans la nature, si vous élevé.:

la température del'eaude zéro jusqu'à i- degrés, vous la voyez faire le contraire de ce que font tous les autres corps et l'eau elle-même dans ses autres états; au lieu de se dilater, elle se relire, se ramasse, et diminue son volume, en sorte qu'elle a son maximum && densité à 4 degrés environ au-dessus de zéro.

Pourquoi donc cette exception unique aux lois générales des corps?...

On n'imaginerait jamais une telle sagesse ; et cependant comment ne pas ! ,i reconnaître en face des faits déni nous sommes sans cesse les témoins.

L'eau est un des milieux où se développe la vie avec le plus de puissance ; c'est l'élément d'une foule d'êtres vivants, dont les poissons el les zoophtes forment la plus grande partie; or, si l'eau se comportai!

comme les autres liquides, voici ce qui arriverait : elle se condenserait davantage en devenant glace, deviendrait, par conséquent, plus lourde et tomberait au fond ; puis une nouvelle couche de glace se formerait, qui tomberait à son tour, et ainsi de suite, en sorte que toute la masse se solidilicraitpendant les froids et aurait à peine le temps de se fondre ensuite pendant les chaleurs ; les animaux aquatiques se trouveraient encadrés dans ces masses de glaces et seraient détruits, tandis que les animaux terrestres,auxquels l'eau estsi nécessaire

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n'auraient eux-mêmes que le temps de dépérir pendant le réchauffement et la liquéfaction des étés. Tout serait bouleversé ; et si l'on imagine facilement nn autre ordre de choses dans lequel se développeraient d'autres harmonies, on ne saurait du moins imaginer le nôtre tel que nous l'avons.

Cet ordre tient tout entier à cette loi, presque imperceptible en elle-même, et faite pour l'eau seule, qu'au lieu de continuer de se dilater à mesure qu'elle s'échauife lorsqu'elle est à zéro, elle se contracte, au contraire, jusqu'à 4 degrés, et qu'au lieu de continuer de se contracter en tombant au-dessous de zéro et devenant glace, elle fait l'inverse, se dilate et devient plus légère sous le même volume. Il suit, en effet, de cette exception singulière que la glace qui se forme à la surface des mers, des lacs, des fleuves, devient plus légère que l'eau qui est au-dessous , nage au-dessus par conséquent, sert même de couverture à l'eau du dessous et laisse les poissons et autres animaux aquatiques vivre en liberté dans leur élément.

Par la même raison, la fonte des glaces se fera rapidement, et rendra l'eau aux animaux terrestres assez promptenient pour que la vie ne soit pas compromise.

Voilà donc tout un ordre immense par rapport à nous qui est basé sur cette exception faite aux lois génôrales eu Eaveurde l'eau. Quel homme de bonne fui ne s'écriera : ô sagesse infinie !

Mais l'homme, qui imite Dieu de son mieux dans son travail incessant de perfectionnement scientifique et industriel - puisse-t» il un jour l'imiter de même dans l'œuvre de sou perfectionnement moral! — a tiré ingénieusement parti de cette étrange propriété de l'eau par rapport à sa loi de dilatation ; comment aurait-il fait dériver, selon une loi fixe à jamais, du mètre, qui est la dix-millioihèrae partie du quart du méridien terrestre, tout sou système moderne de poids, si l'eau n'avait pas eu un maximum de densité? H n'aurait su en quel état la prendre pour en former le gramme qui est un centimètre cube d'eau pure ramenée à ce maxi-

mum par l'abaissement ou l'élévation de sa température à 4 degrés au-dessus de zéro. Mais il a découvert l'exception que Dieu avait faite en faveur du grand liquide terrestre, et en a vitement, c'est-à-dire au bout de plus de six mille ans de recherches, proiité pour établir son gramme, petite trouvaille sans doute, niais assez grande encore pour que l'application en soit appelée à faire le tour du monde et à se fixer parmi les conquêtes de la civilisation moderne.

La dilatation et la retraction des solides, des métaux surtout, qui n'ont point comme l'eau un maximum de densité et qui peuvent être soumis à des variantes considérables de température, a été également mise à protit par le génie de l'homme dans l'industrie, et il n'est, pas hors du bon sens de croire que cette propriété, comme tant d'autres, leur a été donnée par celui qui pense à tout en vue des utilités que l'homme en retirerait, puisqu'il a dit à l'homme : « Domine tout sur ton globe. » Quand un charron, par exemple, frette une roue de voiture, il soude un cercle de fer qui, à l'état froid, est un peu trop petit pour laisser entrer la roue dans sou diamètre; puis il le chauffe au rouge naissant; l'élévation de température suffit pour agrandir le cercle suffisamment; en cet état il laisse entrer la roue; puis le charron jette dessus de l'eau froide, le refroidit, par conséquent, très-vite, et bientôt le cercle métallique, en se retirant par le froid, encadre la roue en la pressant de toutes parts, resserre ses assemblages et lui donne la solidité.

Si la dilatation du fer présente des avantages de ce genre dont profite le génie de l'homme, elle présente, aussi parfois des inconvénients auxquels il n'obvie qu'en mettant en jeu toute son ingéniosité. En voici un exemple: à l'origine des gares de chemins de fer, on scella, d'une manière invariable, les barreaux métalliques qui portaient la charpente, aux tètes des murailles de chaque côté; mais voici qu'au bout de quelques années on s'aperçut que les murs avaient perdu leur solidité et s'ébranlaient; on se demanda d'où cela pouvait provenir ;

l'idée vint que la cause en était peutêtre dans une oscillation lente des murailles qui résulterait de dilatntions, et de contractions des barres de fer, lesquelles doivent s'allonger pendant l'été et repousser les murailles, et se contracter durant l'hiver de iuanière à les attirer. On scella, dés lors, les bouts des barres non plus dans la pierre, mais dans un gros boulon en plomb tixé dans la pierre des murs. Ce plomb, disait-on, cédera suflisamentpnr suite de sa mollesse et ce sera lui, non le mur, qui ressentira l'effet de la dilatation du 1er. C'est ce qui est arrivé.

On a calculé qu'une ligne de chemin de fer de 40 kilomètres, dont les rails sont posés à la température zéro, s'allonge, pour passer à la température de 30 centigrades, température qui est fréquente en été, de 14 mètres 65. C'en est assez pour causer des flexions ou des plissements mécaniques, qu'aucune force ne réussirait à empêcher de se faire, et qui pourraient entraîner les accidents les plus graves. Mais on a remédié au danger en emboîtant les bouts des travées l'un dans l'autre et garnissant de plomb l'endroit où se fait leur réunion. Même raison que cidessus.

Il nous reste à dire un mot de la dilatation des gaz. Les corps sous l'état gazeux ont une puissance i dilatation par la chaleur beaucoup plus grande, en loi générale, que SOUS leurs autres états, et c'est à celle propriété qu'est duel'applteationqa'a faite l'industrie humaine, dans notre siècle, de la vapeur d'eau comme force motrice. Cette propriété était donc une ressource, qui était restée cachée jusqu'à ces derniers temps, mais que Dieu avait mise dans la nature terrestre en vue des utilité^ si considérables que l'homme en tirerait un jour.Combien reste-t-il encore de ces sortes de secrets à découvrir.' nul ne le sait que Dieu lui-même.

Mais, à en juger par ceux que nous avons découverts depuis cinquante ans, et dont les plus importants sont la vapeur, l'électricité, et la photographie, il est permis de croire qu'à l'humanité fut réservée, par le Créa-

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teur, une domination du globe terrestre et des forces qu'il renferme qui constituera le genre humain de l'avenir dans des conditions toutes différentesde celles qui ont existé jusqu'à présent, et dont on ne saurait se faire une idée.

Quelle ditférence entre l'homme et l'animal! l'un a le progrès; l'autre ne l'a pas, ou n'en a que par la culture de l'homme ; or par le progrès toute grandeur estprophétisée ; c'est la dilatation sans limite assignable et c'est un des gages de l'immortalité individuelle; car il y a trop de solidarité entre tous les membres de la famille humaine pour que chacun n'ait pas, dans sa destinée, de voir un jour les résultats du travail de ses descendants. Le Nom.

T>l],\J\ UM.(Thcol.mixt. srien.géol.

rt palêont.) — Aux articles âges GÉO- LOGIQUES ET AGES l'ALÉONTOI.OGIQUES DK

l'espèce HUMAINE, nous avons traité la question du déluge et du diluvhim au point de vue de la géologie; dans l'article déhig«, elle a été traitée au point de vue des traditions; nous allons donner, dans celui-ci, quelques notions spéciales sur les déluges géologiques et sur ce qu'on est convenu d'appeler le diluvium en particulier. Il s'agit d'un point capital qui mérite un petit article à part.

On avait longtemps regardé comme îles traces do déluge biblique toutes les accumulations de coquilles et de fossiles d'animaux aquatiques qui se font remarquer dans le sol jusque sur les montagnes; mais la science géologique, dès son début, s'aperçut qne ces accumulations révélaient une antiquité bien plus considérable el ne pouvaient être que îles résultats du séjour des mers dans ces lieux ou d'élévations volcaniques de ces lieux eux-mêmes, pendant desépoques bien antérieures; et ce fut même de cette première donnée qu'elle partit pour se constituer. Elle est forcée aujourd'hui, par l'évidence même, de reloniKiiliv que beaucoup des points de la surface terrestre ont été tour 'i tour plusieurs fois submergés à de très-longs intervalles, soit par des envahissements subits des eaux, soil

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par des envahissements suivis de dessèchements progressifs très-lents. Elle explique, par M. Elie de Beaumont du moins, les envahissements diluviens brusques, au moyen de soulèvements volcaniques qui ont formé les chaînes de montagnes, et établit même une histoire ininterrompue de ces soulèvements basée sur les caractères plus ou moins anciens qu'ils présentent à ses observatious. Un des plus anciens l'ut, d'après cette théorie, celui des Pyrénées ; il eut lieu à la lin de la période pendant laquelle s'étaient déposées sous les eaux les couches des terrains crétacés, presque aussi anciens que la houille, et ce soulèvement, en repoussant les eaux tout à l'entour, les forcèrent d'envahir des terrains qui se trouvaient à sec; ce fut uu déluge, mais bien antérieur à l'apparition de l'homme. Un autre soulèvement fut celui des Alpes occidentales, qui se produisit beaucoup plus tard; celui-là n'eut lieu qu'à la lin de l'époque tertiaire miocène ou moyenne, et produisit un nouveau déluge. Un autie encore eut lieu à la fin de l'époque tertiaire pliocène, ou la plus récente, ce fut celui des Alpes principales ; et à cette époque, d'après M. EhedeBeaumoutdu moins, l'homme n'avaitpoint encore apparu ; nous avons vu que quelques nouvelles découvertes ont donné des soupçons du contraire dans ces dernières années.

Toujours est-il qu'il y avait eu des déluges géologiques en plus ou moins grand nombre et méritant plus ou moins cette qualification, avant celui qui détruisit le genre humain, et dont cette destruction fut le principal caractère.

Ce déluge anthropologique, dont toutes les traditions humaines ont gardé le souvenir, et qui fut le dernier avec son caractère d'universalité, dans un sens plus ou moins rigoureux, est attribué par M. Elie de Beaumont à un dernier soulèvement de montagnes, dont voici les traits principaux :

Les montagnes soulevées qui l'auraient produit, sont en première ligne la chaîne de la Cordillièi e des Andes, qui aurait formé avec l'extension de ses versants, surtout du côté du grand

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