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ENTHOUSIASME, inspiration divine. Les poètes, dans l'aceès de leur verve, se croyaient divinement inspirés ; il en était de même des devins ou prophètes du paganisme. Ce. terme se prend en mauvaise part pour toute persuasion religieuse aveugle et mal fondée, ou pour le zèle de religion trop vif, qui vient de passion et d 1gnorance. Les incrédules accusent d'enthousiasme tous ceux qui aiment la religion, comme s'ils n'avaient aucun motif raisonnable de l'aimer; mais quand on voit la passion et la prévention qui dominent dans les écrits des incrédules, on se trouve très-bien fondé à leur attribuer la maladie qu'ils reprochent aux croyants.
Voyez Fanatisme. Bergier.
ENTHOUSIASTES, sectaires qui furent aussi appelés massaîienseteuehites
On leur avait donné ce nom, ditThéodoret, parce qu'étant agités du démon, ils se croyaient inspirés. On nomme encore aujourd'hui enthousiastes les anabaptistes, les quakers ou trembleurs, qui se croient remplis de l'inspiration divine, et soutiennent que l'Ecriture sainte doit être expliquée par les lumières de cette inspiration.
Bergikr.
ENTICHITES. On nomma ainsi, dans les premiers siècles, certains sectateurs de Simon le Magicien, qui célébraientdes sacrifices abominables, et que la pudeur défend de décrire.
Bergier.
ENTOMOLOGIE. (Théol. mixt. scien.
zool.) — L'entomologie csilabrancheàs la zoologie qui s'occupe des insectes; comme toutes les sciences, elle élève l'esprit humain à l'admiration des grandeurs de Dieu, de ses manifestations dans ses œuvres ; elle est donc, comme elles toutes, une noble manière de lui rendre un cul te digne de lui. Mais quand elle porte le savant à oublier d'autant plus la cause des merveilles, qu'il pénètre plus profondément dans la connaissance des elfets, quand elle lu porte a cet égarement de la raison qui va quelquefois jusqu'à la négation même de la cause, qu'elle anomalie ! c'est le désordre dans le monde des idées correspondant à celui qu'amène la religion quand elle pousse aux superstitions insensées qui déshonorent un si grand nombre de cultes.
Ce ne sont, dans les deux cas, m la science ni l'idée religieuse qui sont coupables; l'une et l'autre, lie sont que désarmes dont l'intelligence humaine s'est servie contre elle-même. Disonsle pourtant ; peu d'entomologistes sont athées, ils ont trop près d'eux le répertoire des plus étranges merveilles qui soient dans la nature, et des causes finales les plus évidentes. Nous avons donné au mot cantharide un exemple, entre mille, de ces admirables métamorphoses qui constituent les phases diverses de la vie des insectes. Obligé par notre cadre de renoncer à entreprendre, aux mots scientifiques du genre de celui-ci, les sommaires dont nous avions d abord
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conçu le plan, nous nous contentons de renvoyer le lecteur à de petits articles qui arrêtent l'attention sur un détail pris pour exemple : qu'il lise, à propos de {'entomologie, l'article que nous venons d'indiquer : ce petit tableau lui donnera l'idée générale de milliers d'autres qu'on pourrait faire et dont les objets décrits seraient toujours nouveaux. Le Noir.
ENTONNOIR ET BOUTEILLE MA- GIQUES. (Theul. mixt. svien. occul.) — Nous faisons cet article pour engager les hommes lettrés, qui nous liront, à travailler de toutes leurs forces aux guérisons morales de nos populations qui voient dans tout ce qui leur parait extraordinaire l'intervention de puissances occultes. Ces superstitions sont des maladies de l'esprit qui empêchent son développement, lui font perdre son temps, le portent à confondre avec ces puérilités les choses sérieuses qui concernent Dieu, la grande cause intelligente, volontaire, libre, qui n'est que science et amour, et à déraciner la foi raisonnable chez les uns tandis qu'elles la transforment en un sot fanatisme chez les autres. Soyons des hommes de sens comme le voulait saint Paul, croyons ce qui doit être cru, pratiquons l'obéissance raisonnable, rationabile obsequium. et ne soyons pas, comme les Athéniens, religieux à l'excès en sacrifiant à des dieux que nous ne connaissons pas, ignoto Deo. Fermes sur ce principe, rejetons toutes ces sciences occultes qui ne se raisonnent pas et qui font encore la préoccupation d'une partie de l'humanité. Les faits merveilleux du magnétisme, du spiritisme, de la magie et le reste, ne reposent que sur la coupable tromperie des uns et la sotte crédulité des autres, aussi bien que les vieilles chiromancie, nécromancie, cartomancie et tout ce qui leur ressemble. Il n'y a pas de science occulte ; par là même qu'une science est une science, elle est la lumière, et non pas la nuit. Ce qui est occulte, c'est-à-dire à etfcts dont la cause est ignorée, peut servir d'amusement, de récréation, d'énigme proposée qui fait tmvfliller l'esprit en
l'aiguillonnant par l'envie de trouver l'explication; à ce point de vue toute science présente des parties qui restent dans le mystère, et rien de plus beau que de voir l'humanité s'évertuer pour lui ôter son voile. Mais quand elle s'arrête sur l'étrangeté seule de la chose pour en conclure aussitôt à l'intervention de causes magiques, et y croire, elle tombe dans ces ténèbres ennemies du progrès, dont nous voudrions la préserver.
Il en est de toutes les sciences occultes comme des tours de physique amusante; nous avons vu beaucoup de personnes qui, après avoir été témoins de la bouteille magique du célèbre prestidigitateur de notre temps, Robcrt-Iloudin , paraissaient croire réellement qu'il était un sorcier.
Voici l'explication de ce tour assez célèbre.
Commençons par ouvrir l'esprit à cette explication en expliquant ['entonnoir magique.
Vous avez un entonnoir à double paroi, formant tout à l'entour un vase dissimulé, dont le déversoir aboutit dans l'intérieur du tuyau. Sur l'anse est un petit trou que vous bouchez ou débouchez à volonté avec le pouce,.
Vous avez mis, par exemple, du vin dans le vase formé par les parois, et vous mettez de l'eau dans Yentonnoir central, dont le tuyau très-étroit ne laisse couler que très-peu de liquide; puis vous annoncez que vous allez changer l'eau en vin, à la volonté du spectateur. S'il veut de l'eau, vous laissez couler en tenant le petit trou de l'anse bouché; s'il veut du vin, vous débouchez ce petit trou, en retirant ou levant un peu le pouce, le vin, auquel vous donnez du vent, s'écoule aussitôt par le tuyau, se mêle à l'eau, la colore d'autant mieux qu'il était plus foncé, et le mélange passe pour du vin.
La fameuse bouteille de Robert- Houdin est construite de même, à parois opaques de tôle ou de guttapercha ; elle renferme cinq fioles qui communiquent avec l'extérieur par cinq petites ouvertures pouvant être fermées par les cinq doigts de la main tenant la bouteille à poignée
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par le milieu. Chacune de ces fioles est, d'ailleurs, munie d'un petit goulot qui se rend dans le goulot général de la grande bouteille. Le magicien remplit les cinq fioles de cinq liqueurs différentes. Quant à la partie de la grande bouteille qui se trouve entre elles, il la remplit d'un sirop simple. De plus, il a préparé beaucoup de petits verres parmi lesquels il y en a qui sont frottés d'essences fortes qui suffiront pour donner au sirop la saveur de la liqueur demandée, si on demande une liqueur qui n'est pas de celles que contiennent les fioles.
Toutes ces préparations étant faites, le sorcier à bouteille inépuisable, la tient à poignée, de manière que les cinq doigts puissent boucher ou ne pas boucher les ouvertures, demande a chacun la liqueur qu'il désire, et sur sa réponse la lui verse ; si c'est une des liqueurs des cinq fioles, il lui suffit, pour la donner, de déboucher d'un de ses doigts le flacon correspondant; si c'en est une autre, il lui suffit de verser le sirop dans le verre frotté de l'essence convenable, qui donne au sirop le parfum demandé.
lit c'est ainsi que le tour est joué.
Nous avons vu Hobert-Houdin donner, avec une aisance et une rapidité merveilleuses, à tous les membres d'une nombreuse société les liqueurs qu'ils demandaient et le nombre îles petits verres était si grand qu'il paraissait impossible que tout cela put sortir de la même bouteille. Nous lui demandâmes, en vrai Normand, de l'eau-de-vie de cidre, et il nous en donna; mais celte liqueur-là n'était pas des cinq privilégiées; elle n'était que du sirop parfumé au jus de la pomme, ce qui suffit pour nous faire illusion et pour tirer ce cri spontané pareil à celui de tous les spectateurs :
c'en est.
Tout le merveilleux du spiritisme et du magnétisme se réduit à quelque ruse du même genre qui sera bien ou mal exécutée, plus souvent mal que bien. Nous en avons nousmèine fait bien des fois l'épreuve, il y a une trentaine d'années ainsi que plus tard au moment de la fureur des tables tournantes; nous nous som-
mes, même, fait magnétiser par un magnétiseur exercé et connu pour tel; et toujours la supercherie est devenue, pour nous, manifeste ; nous avouerons même qu'il nous est arrivé une fois de jouer le rôle de vrai magnétisé et de le jouer si bien, paraîtil, quoique nous fussions dans un état d'éveil et de sang-froid parfait, que toute une société nous crut somnanbule et que plusieurs se refusèrent ensuite à nous croire quand nous leur avouâmes et même prouvâmes avec évidence la vérité.
Les congrégations romaines hésitèrent d'abord à condamner ces jeux de somnambulisme et de spiritisme, c'est ce qui ressort clairement d'une de leurs premières réponses ; mais bientôt elles les condamnèrent sans réserve. Elles eurent certes bien raison puisqu'il y a des esprits qui les prennent au sérieux. Tout ce qui sert à tromper les âmes faibles est condamnable ; et il y a sur la terre bien trop de superstitions sans y laisser officiellement s'accréditer celles-là.
Quant à Robert-Houdin et à ses semblables, qu'ils continuent d'amuser les enfants et les mères, avec la bouteille merveilleuse. Ici la superstition ne présente pas de dangers.
Le Nom.
ENVIE, jalousie aveugle et malicieuse. Il n'est point de vice plus opposé à l'esprit du Christianisme, qui ne prêche que la charité. Où régnent Y envie et la dissension, dit saint Jacques, là se trouvent la vie malheureuse et toutes sortes de crimes, c. 3, ^ 16. Saint Jean Chrysostome veut qu'un envieux soit banni de l'Eglise, avec autant d'horreur qu'un fornicateur public. Hom. 14, \in Marc. Saint Cyprien a fait un traité particulier contre ce vice, et le peint comme la source des plus grands maux de l'Eglise. C'est de là, selon lui, que viennent l'ambition, les brigues, la perfidie, la calomnie, les schismes, l'hérésie, De zelo et livore. De tout temps, la jalousie contre le clergé a suscité des ennemis à la religion. Voyez Jalousie. Bergier.
ENVIE ou NOEVUS. (Théol. mixt.