‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 4 (volume 4)Chapitre 86 sur 96 · ERMITES DE SAINT JEROME · texte numérisé non relu

ERMITES DE SAINT JEROME

Voyez JÉRÔ.NIIIIIES.

ERMITES DE SAINT JEAN-BAP- TISTE DE LA PENITENCE, ordre religieux établi dans la Navarre, dont le principal couvent ou ermitage était à sepl lieues de Pampelune.

Jusqu'à Grégoire XIII, ils avaient vécu sons l'obéissance de l'évêque de (elle ville; mais le pape approuva leurs constitutions, confirma leur ordre et leur permit de faire des vœux solennels. Leur vie était très-austère ; ils marchaient pieds nus sans sandale, ne portaient point de linge, couebaient sur des planches, n'avaient qu'une pierre pour chevet, portaient jour et nuit une grande croix de bois sur la poitrine. Us habitaient une espèce de laure qui ressemblait plus à une étable qu'à un couvent, et demeuraient seuls dans des cellules séparées au milieu d'une forêt.

Ces austérités nous causent une

espèce de frayeur ; il y a cependant des ordres entiers de religieux qui ont ainsi persévéré pendant longtemps ; quand leur ferveur n'aurait été que passagère, c'a toujours été un grand spectacle pour ceux qui en ontétéjtémoins, capable de confondre l'épituréisme des pbilosopbes et la mollesse des gens du monde : il est bon que ce pbénomène se renouvelle de temps en temps. Bergier.

ERMITES DE SAINT PAUL, ordre religieux qui se forma dans le treizième siècle, par la réunion de deux congrégations d'ermites, savoir, de ceux de saint Jacques de Patache, et de ceux de Pisilie près de Zante.

Après cette réunion, ils choisirent pour patron saint Paul, premier ermite, et en prirent le nom. Cet ordre s'étendit en Hongrie, en Allemagne, en Pologne et ailleurs; il y en avait soixante et dix monastères dans le seul royaume de Hongrie; mais les révolutions dont ce pays fut affligé firent tomber la plupart de ces couvents.

Il y a encore en Portugal une congrégation à' ermites de saint Paul; il v en avait autrefois une en France.

Ces religieux s'étaient principalement dévoués à secourir les malades et les mourants, et à donner la sépulture aux morts. On les appelait vulgairement l<s frères de la mort; ils portaient sur leur scapulaire la figure d'une tète de mort. Voyez l'hist. des ordres reUg., tome 3, pag. 3il. Ils ont été remplacés dans plusieurs villes par les pénitents séculiers, ou confrères de la croix. Mercier.

ERNESTI (Jean-Auguste). (Théol.

Iiist. bioij. et bibliog.) — Cetbéologien pbilologue protestant naquit à Tenustad en Tburinge, en 1707, et mourut en 1781. «Son influence à Leipzig où il professait la théologie, dit M.

Kerker, fut considérable; ses leçons et son livre intitulé Institutio inter- ■pretis Novi Testament! (1) firent prévaloir l'interprétation grammaticobistorique de l'Ecriture sur l'interprétation dogmatique et allégorique jus-

(1) Lips., 1761, in 8».

ERR

ERR

qu'alors dominante dans l'Allemagne luthérienne.

« Avant tout, dit-il, et c'est sa peasée fondamentale, la sainte Écriture doit être interprétée philologiquement, comme tout autre livre profane. Emesti ne pensait et ne voulait point aboutir par là à des résultats contraires à la foi. Quant à lui, il tenait encore assez fermement à la doctrine orthodose luthérienne (notamment à celle de la Cène et de la satisfaction, qu'il défendit formellement dans des écrits spéciaux) (1); mais en réalité ce nouveau genre d'interprétation fut le premier pas fait pour émanciper l'exégèse, qui depuis lors secoua complètement le joug du dogme et de l'Église. Emesti voulait créer une interprétation libre de toute prévention ; il aplanit, sans le prévoir, la voie aux théologiens rationalistes de la génération suivante, qui établirent à leur façon une exégèse libre de tout préjugé, entièrement profane, et bientôt diamétralement opposée à toute foi révélée. »

Outre un grand nombre d'écrits et d'éditions des classiques grecs et latins et le livre cité plus haut, Emesti avait publié : Initia Doctrinœ solidioris, manuel philosophique d'après les principes de la philosophie de Wolf ; la Nouvelle Bibliothèque théologique, 10 vol., Leipzig, 1760-1769; enfin la Plus nouvelle Èiblioth, théol., 4 vol., 1773-1779, qui sont l'une et l'autre une revue critique des écrits théologiques. Le Nom.

ERREURS. Nous n'avons à parler que des erreurs en fait de religion.

Comme le système de la religion révélée est très -bien lié et forme une chaîne indissoluble, il est impossible qu'une première erreur, contre un de ses dogmes, n'en entraîne bientôt plusieurs autres ; c'est un point démontré par l'histoire de toutes les hérésies. Ceux qui ont commencé à dogmatiser ne voyaient pas d'abord où les conduirait leur témérité ; mais de conséquence en conséquence, ils sont tous allés plus loin qu'ils n'auraient voulu. Si Luther avait prévu

i) Voyez Opuscula theolog.

les effets qui devaient résulter de ses sermons contre les indulgences, probablement il aurait reculé à la vue de l'abîme dans lequel il allait se plonger.

Pour détruire l'usage des indulgences, il fallut attaquer l'autorité de l'Eglise, par conséquent la tradition sur laquelle elle se fonde, ne plss admettre d'autre règle de foi que l'Ecriture sainte, entendue selon le degré de capacité et de droiture de chaque particulier; on sait où cette méthode conduisit bientôt les raisonneurs.

Si l'on ne doit faire aucun cas du témoignage des hommes en matière de dogmes, pourquoi serait-on plus obligé d'y déférer en matière de faits ?

Un témoin est sans doute aussi croyable quand il dépose de ce qu'il a entendu, de ce qu'on lui a toujours enseigné, que quand il atteste ce qu'il a vu. Si les Pères de l'Eglise sont récusables sur le premier chef, ils ne sont pas moins suspects sur le second. Parmi ces témoins, plusieurs ont été disciples immédiats des apôtres : dès que par ignorance, ou autrement, ils ont été capables de changer la doctrine qui leur avait été confiée, et à laquelle les apôtres leur avaient défendu de rien ajouter et de rien retrancher, on ne voit plus pourquoi le même soupçon ne peut pas avoir lieu à l'égard des apôtres.

Nous ne sommes pas surpris de ce que les incrédules ont formé, contre ces derniers, les mêmes accusations que les protestants avaient intentées contre les Pères de l'Eglise.

Cependant c'est à ces mêmes témoins que nous sommes obligés de nous fier pour savoir quels sont les livres authentiques de l'Ecriture sainte, pour être certains que le texte n'a été ni changé ni interpolé. Quelle certitude peuvent nous donner des témoins dont on a commencé par suspecter l'intelligence, la critique, la bonne foi?

Ce sont encore eux qui attestent les miracles par lesquels le Christianisme s'est établi dans les premiers siècles.

Dès que l'on a trouvé bon de rejeter tous les miracles opérés dans l'Eglise romaine, d'y soupçonner de la pré-

ERR

ERR

tention et de la fourberie, de récuser tous les témoins, sur quoi fondés croirons-nous plutôt les anciens que les modernes ? Si les Pères ont pu nous en imposer sur les faits arrivés de leur temps, les déistes ont-ils tort de former le même soupçon, ou plutôt la même calomnie, contre tes témoins des miracles de Jésus-Christ?

Dès que l'on ne fait aucun cas de la tradition en matière de dogmes, on la rend caduque en matière de faits. De savoir si un dogme est révélé ou s'il ne l'est pas, c'est tin fait; si ce fait ne peut pas être certainement prouvé par des témoignages, aucun fait quelconque ne peut l'être.

Dans le fond, l'Ecriture sainte estelle autre chose qu'un témoignage couché par écrit? Voy. Doctrine

Page 1