III. Commentateurs juifs de l'A. T
R. Aben Esra, Maimonides (Moïse bèn Maimon); Dav. Kimchi, Salomon Jarchi (Raschi), Jsaac Aburbanel, Schclomo ben Melech: Lévi ben Gerson Moseb ben Naehmonn, Vechai, Mardochai benElieser.
Dom Calmet, Dictionarium historiiocritic. S. Scripturic, Luc. , in-fol. . p. 1725, 26-67, olfre une liste étendue et complète des Commentaires de l'Ancien et du Nou- veau Testament et des dissertations et traités sur cette matière.
« On peut comparer à l'œuvre de D. Calmet celui de Cb.-W. Flus^e :
-Essai d'une histoire des Sciences théologiques, Halle, 1796-98, 3 vol. ; C.-F -K Rosenmûller, Manuel de la littérature de la Critique et de l'Exégèse bibliques, Gott., 1797-1800, 4vol. ; G.-W. Meyer Hist. de l'Exégèse de la Bible, Gott ' 1802-9, 5 vol.] J.-B. Winer, Manuel de la Littérature théologique, surtout protestante, 3e éd., Leipzig, 1837 ; Thésaurus librorum rei cathol'icx, Wurzb.
zb., 1847; Lippert et Schmidt, Catalogue bibliographique, n" 8, Halle, 1847, p. 34 fqui devrait indiquer plus exactement les commentaires dus à des auteurs catholiques). » Le Noir.
COMMERCE. On accuse plusieurs Pères de l'Eglise d'avoir condamné le commerce comme criminel en luimême, et comme opposé à l'esprit du Christianisme. Barbeyrac fait ce reproche à Tertullien et à Lactance ■ d'autres l'ont fait à saint Jean Chrysostome ; il suffit de rapporter leurs paroles pour les disculper.
« Aucun art, dit Tertullien, aucune » profession, aucun commerce, qui sert » en quelque chose à dresser ou à for- » mer des idoles, ne peut être exempt » du crime d'idolâtrie;.... c'est une » mauvaise excuse de dire, je n'ai pas «autrement de quoi vivre, etc. n De Idololat., c. M et 12. Nous soutenons que cette décision de Tertullien est exactement vraie. Il ne sert à rien
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d'objecter qu'un chrétien ne peut rien vendre qui, quoique bon et utile en soi, ne puisse être un instrument do débauche ou de crime; cette conséquence est fausse parce qu'elle est trop générale. Saint Paul a dit : « Si » ma nourriture scandalisait mon » frère, je ne mangerais de viande de ma vie. » I Cor., c. 8, f 13; Rom., c. -14, f 21 . Soutiendra-t-on que manger de la viande n'est pas une chose bonne et utile en soi? "
« Pourquoi, dit Lactance, un homme » juste irait-il sur mer, ou qu'irait-il » chercher dans un pays étranger, lui » qui est content du sien? Pourquoi » prendrait-il part aux fureurs de la » guerre, lui qui vit en paix avec tous » les hommes ? prendra-t-il plaisir à » posséder des marchandises étrangè- » res, ou à verser le sang humain, lui » qui se contente du nécessaire, et » qui regarderait comme un crime » d'assister seulement à un homicide » commis par autrui? » Divin. Inst., 1. S, c. 18. Sénèquej Natural. quxst., 1. 5, c. 18, a blâmé, avec encore plus de force que Lactance, la fureur de braver les dangers de la nier, soit pour faire la guerre, soit pour commercer. On ne dit rien du premier, parce que c'est un philosophe; on censure le second, parce que c'est un Père de l'Eglise. L'un et l'autre ont jugé que le commerce maritime vient ordinairement d'une ambition déréglée de s'enrichir; que, tout considéré, il a fait aux nations plus de mal que de bien : quand on l'envisage avec des yeux chrétiens ou philosophes, il est difficile d'en penser autrement.
On sait d'ailleurs de quelle manière se faisait le commerce dans ces temps anciens ; il n'y avait ni lois pour le régler, ni police pour en prévenir les abus; et la concurrence des négociants n'était pas assez grande pour réprimer leur avidité. Si l'on en jugeait par les prières qu'Ovide leur met à la Louche dans ses Fastes, il faudrait en conclure que tous étaient de trèsmalhonnètes gens, et que leur profession était infâme. Quand les Pères de l'Eglise en auraient eu la même opinion que ce poète, faudrait-il s'en étonner? Dans les siècles grossiers, dit un écrivain moderne, le commer-
çant est trompeur, mercenaire, borné dans ses vues ; mais, à mesure que son art fait des progrès, il devient exact, honnête, intègre, entreprenant. Eergusson, Essai sur l'Hist. de la société civile, t. 2, c. i.
Il en était de même du métier des armes pendant les troubles, les séditions, les guerres des divers prétendants à l'empire. Outre l'idolâtrie dont ies soldats étaient obligés de faire profession, leur brigandage les rendait odieux; les Pères n'avaient donc pas tort d'inspirer aux chrétiens de l'éloignonient pour cet étal. Mais nos censeurs modernes trouvent qu'il est plus aisé de blâmer les Pères que d'examiner les raisons qui les ont fait parler. Pour pouvoir accuser saint Jean Chrysostome, on a cité l'ouvrage imparfait sur saint Matthieu, qui n'est pas de lui. Behgier.
COMMUNAUTÉ ECCLÉSIASTIQUE, corps composé de personnes ecclésiastiques qui vivent en commun et ont les mêmes intérêts. Ces communautés sont ou séculières ou régulières. Celles-ci sont les chapitres de chanoines réguliers, les monastères de religieux, les couvents de religieuses. Ceux qui les composent vivent ensemble, observent une même règle, ne possèdent rien en propre.
Les communautés séculières sont les congrégations de prêtres, les collèges, les séminaires et autres maisons composées d'ecclésiastiques qui ne font point de vœux et ne sont point astreints à une règle particulière. On attribue leur origine à saint Augustin ; il forma une communauté de clercs de sa ville épiscopale, où ils logeaient et mangeaient avec leur ôvèque, étaient tous nourris et vêtus aux dépens de la communauté, usaient de meubles et d'habits communs, sans se faire remarquer par aucune singularité. Ils renonçaient à tout ce qu'ils avaient en propre; mais ils ne faisaient vœu de continence que quand ils recevaient les ordres auxquels ce vœu est attaché.
Ces communautés ecclésiastiques, qui se multiplièrent dans l'Occident, ont servi de modèles aux chanoines réguliers, qui se font tous honneur de
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porter le nom de saint Augustin. En Espagne, il y avait plusieurs de ces communautés, dans lesquelles on formait de jeunes clercs aux lettres et à la piété, comme il paraît par le second concile de Tolède ; elles ont été remplacées par les séminaires.
L'Histoire, ecclésiastique fait aussi mention de communautés qui étaient ecclésiastiques et monastiques tout ensemble : tels étaient les monastères de saint Fulgenee, évêque de Ruspe en Afrique, et celui de saint Grégoire le. Grand.
On appelle aujourd'hui communautés ecclésiastiques toutes celles qui ne tiennent à aucun ordre ou congrégation établie par lettres patentes. Il y en a de filles ou de veuves qui ne font point de vœux, du moins de vœux solennels, et qui mènent une vie trèsrégulière.
L'utilité de ces différentes espèces de communautés est de faire subsister un grand nombre de personnes à peu de frais, de les soutenir dans la piété parle secours de l'exemple, de bannir le luxe qui absorbe tout dans la société civile ; ce sont ordinairement des modèles du bon ordre et d'une sage économie. Quand ou dit que l'esprit de corps qui y règne est contraire à l'intérêt public et au caractère de bon citoyen, c'est comme si l'on soutenait qu'un père ne peut être attaché au bien particulier de sa famille, sans se détacher du bien public ; que le patriotisme ou l'esprit national est contraire à l'humanité ou à l'affection générale que nous devons avoir pour tous les hommes.
En détruisant l'esprit de corps, on lui substitue l'égoïsme, caractère le plus pernicieux et le plus opposé à l'intérêt général, aussi bien qu'à l'esprit du Christianisme, qui est un esprit de charité et de fraternité.
L'humanité prétendue de nos philosophes cosmopolites n'est qu'un masque d'hypocrisie sous lequel ils cachent leur égoisme. Quiconque ne sait pas témoigner de l'amitié aux personnes avec lesquelles il vit tous les jours, par sa complaisance, sa douceur, ses services, n'aime dans le fond que lui-même. Avec de belles maximes d'affection générale pour le genre
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humain, il ne voudrait se gêner en rien pour consoler un affligé, pour secourir un malade, pour soulager un pauvre, pour supporter un caractère fâcheux. Celui au contraire qui, dans une société particulière, telle qu'une communauté ecclésiastique ou religieuse, s'est accoutumé de bonne huere aménager, à supporter, à servir ses frères, en est d'autant mieux disposé à traiter de même tous les hommes; ainsi ce que l'on nomme esprit de corps, n'est dans le fond que l'amour du bien général fortifié par l'habitude d'y contribuer.
Un protestant, plus judicieux que nos censeurs politiques, a reconnu l'utilité des communautés en général ; nous ne pouvons nous défendre de copier ses réflexions. « Les travaux, » dit-il, qui demandent du temps et » de la peine, sont toujours mieux » exécutés par des hommes qui agis- » sent en commun, que lorsqu'ils tra- » vaillent séparément. 11 y a plus de » dessein, plus de constance à suivre » un même plan, plus de force pour » vaincre les obstacles, et plus d'éco- » nomie. Il est des entreprises qui ne » peuvent être exécutées que par un » corps, ou par une société vivant » sous la même règle... Ainsi, j'ai » peine à croire qu'aucune colonie » puisse atteindre au même degré d« » prospérité qu'un couvent.
» L'expérience prouve que les so- » ciétés purement civiles se négli- » gent, et les négligences aperçues » ne produisent que des inquiétudes, « des agitations, des changements » perpétuels de plans... Mais il y a » une autre espèce de sociétés où « tout est réduit à un intérêt com- » m un, et où les règles sont mieux » observées; ce sont les sociétés reli- » gieuses : de là il est résulté qu'elles » ont mieux prospéré que les autres » dans les étalilissements qu'elles ont
» entrepris Sans l'exactitude à
» suivre une règle, les plus grandes » ressources sont inefficaces, leurs » effets s'éparpillent, pour ainsi dire, » et ne tendent plus au bien commun.
» La nature même de ces sociétés » empêche qu'elles ne puissent être » très-nombreuses, leur excès leur » nuit et les réduit. Mais on peut
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» en tirer de grandes leçons pour le » succès et le bien de la société ge- « nérale, et je ne puis m'einpècher de » les regarder elles-mêmes comme » un bien. Si nous remontions à l'o- » rigine de la plupart des monastères » rustiques, nous trouverions proba- ,. blement que leurs premiers liabi- » tants ont été défricheurs, que c'est » à eus et à la bonne conduite de » leurs successeurs que les couvents >, sont redevables des bieDS dont ils » jouissent. Pou rquoi n'en jouiraient- » ils pas? Imitons-les sans en être » jaloux. Si leurs possessions ap- » partenaient à un seigneur , cela )> n'exciterait aucun murmure et ne » donnerait lieu à aucune satire.
» Pourquoi n'en est-il pas de même » à l'égard d'un couvent? Quant à » moi, je vois ces établissements avec » d'autant plus de plaisir, que ce » n'est pas la jouissance d'un seul » nomme, mais de plusieurs, et, sous » ce point de vue, je ne saurais leur » souhaiter trop de bonheur. Des » religieux sont des hommes, et l'on « doit souhaiter que tout homme soit » heureux dans son état dès qu'il ne » détruit pas lebonheur des autres....
» Or, je ne vois pas en quoi les re- » ligieux empiètent sur le bonheur » des autres hommes; mais je vois » que dans leur état ils ont beaucoup » de ce bonheur tranquille qui est » prisé par un grand nombre d'hom- » mes. La subsistance simple, mais » abondante, y est assurée pour les » pères, les frères, les domestiques » et les laboureurs. La règle s'étend » sur tout, pourvoit à tout, prévient » les écarts et les désordres. Ils peu- » vent se maintenir dans un état » d'honnête abondance, parce qu'ils » font plus rendre à la terre, et que » rien ne se dissipe. Le pouvoir des » chefs y maintient la règle, et il se- » rait à souhaiter pour le bonheur » des hommes qu'il en fût de même » partout.
» Sans le lien salutaire de la reli- » gion, l'on tenterait vainement de '» former de pareilles sociétés; celles » qui ne. seraient formées que par » des conventions ne tiendraient pas » longtemps. L'homme est trop in- » constant pour s'asservir à la règle,
» lorsqu'il peut l'enfreindre impuné- » ment : or, il faut que dans l'en- » ceinte où doit s'observer la règle, » tout y soit soumis. La religion seu- » le, soit par sa force naturelle, soit » par le poids de l'opinion publique, » peut produire cet heureux effet.
» Dans le cloître, qui pourrait violer » la règle est contenu par la société » entière, qui a besoin de la consi- » dération publique pour relever la » médiocrité de son élut.
» Je suis donc charmé que les pro- » testants aient conservé les cloîtres » en Allemagne, et je voudrais voir » ces établissements partout, parce » que je vois partout une classe de » gens qui a besoin d'un petit sort » assuré que l'opinion publique re- » lève, mais qui, par son inactivité » ou son manque de ressources,^ est » extrêmement à charge à elle-même » et. h la société. Il faut, en un mot, » d'honnêtes hôpitaux, et les cou- » vents ne sont pas autre chose.
» Il serait aisé de corriger les dé- » fauts et de réformer les abus de » ceux qui méritent des reproches ; » on les attaque non-seulement par » les abus, mais en eux-mêmes, et » par des principes qui ne peuvent » faire que du mal, et on égare les » hommes en croyant parler le lan- » gage de l'humanité. » Lettres sur » 'l'histoire de la terre et de l'homme, » par M. Deluc, t. 4, p. 72 et suiv.
Les réflexions de ce sage observateur, sur l'utilité temporelle et politique des communautés, ne sont pas moins vraies à l'égard de leur utilité morale ; la règle est encore plus nécessaire pour diriger la conduite de l'homme dans l'ouvrage du salut, que dans les travaux de la société.
En général, les mœurs ont toujours été plus pures, et la piété mieux soutenue dans les monastères que partout ailleurs. Lorsqu'il y arrive des désordres, c'est une preuve que les mœurs publiques sont alors au plus haut degré de la corruption, et cpie la vertu n'est plus honorée dans le le monde. Si elle est plus rare aujourd'hui dans les cloîtres qu'autrefois, c'est un des funestes elfetsqu'a produit la philosophie de notre siècle ; elle pénètre partout, infecte tous les
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états, et fait sentir son influence dans les lieux mêmes qui étaient faits pour en préserver.
Ajoutons qu'il y a des travaux littéraires qui n'ont pu être bien exécutés que par des communautés; il fallait une riche bibliothèque, des correspondances avec d'autres savants, et plusieurs coopérateurs qui travaillassent de concert. Telles sont les collections d'anciens monuments, les belles éditions des Pères , les grands corps d'histoire,' etc., mis au jour par les bénédictins. Dans le cloître, un écrivain, libre de tous les soins domestiques et de toutes les distractions de la société, accoutumé à une vie uniforme et dont tous les moments sont comptés, a beaucoup plus de temps à donner à l'élude que ceux qui vivent dans le monde ; et c'est encore ici que les motifs de religion sont très-nécessaires pour encourager au travail.
Enfin, il y a des services essentiels qui ne peuvent être constamment rendus au public que par des communautés : tels sont le soin des hôpitaux et des établissements de cha.ité, l'éducation de la jeunesse, les missions, etc. On a besoin de sujets formés d'avance, et qui soient toujours prêts à remplacer ceux qui viennent à manquer. Voy. Moines, Monastères. Behgier.
COMMUNAUTÉ DE BIENS. Il est
dit dans les Actes des Apôtres, c. 2, f 44, que les premiers chrétiens de Jérusalem mettaient leurs biens en commun, et que les pauvres y vivaient aux dépens des riches; mais cette discipline ne dura pas longtemps ; et rien ne prouve qu'elle ait été imitée dans les autres Eglises.
Les incrédules ont donc soutenu trèsmal à propos que cette communauté de biens avait contribué beaucoup à la propagation du Christianisme.
Quand c'aurait été un appât, pour les pauvres, c'aurait été aussi un obstacle pour lesriches ; et s'il n'y avait pas eu à Jérusalem un grand nombre de riches qui avaient embrassé la foi, ils n'auraient pas été en état de nourrir les pauvres.
D'ailleurs Mosheim, dans ses Dis-
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sertations sur l'Histoire ecclésiastique, t. 2, p. 14, en a fait une dans laquelle il nous parait avoir prouvé assez solidement que. cette communauté de biens entre les premiers -fidèles de Jérusalem, ne doit pas être entendue à la rigueur, mais dans le même sens que l'on dit d'un homme libéral, qu'if n'a rien à lui, et qu'entre les ami,tous biens sont communs. Ainsi ces paroles de saint Luc, Act., c. 2 f 44, et c. 4, $ 32 : « La multitude des » fidèles n'avait qu'un cœur et qu'une » âme, aucun d'eux ne regardait » ce qu'il possédait comme étant à » lui, mais tout était commun entre » eux, » signifie seulement que chaque fidèle était toujours prêt à se dépouiller de ce qu'il'possédait, pour assister les pauvres; plusieurs, en effet, vendaient une partie de leurs biens pour faire l'aumône.
Il est certain d'abord que les apôtres n'obligeaient personne à faire ce sacrifice. Lorsqu'Ananie et Saphire eurent vendu un champ, et apportèrent une partie du prix aux pieds des apôtres pour la distribuer en aumônes, saint Pierre leur dit : « N'étiez- » vous pas les maitres de garder » votre champ, ou d'en retenir le » prix après l'avoir vendu? » C. 5, t 4. Cette manière d'exercer la charité était donc Erbsolument libre.
Vers la lin du premier siècle, saint Barnabe ; au second, saint Justin et Lucien ; au troisième, saint Clément d'Alexandrie , Terlullien , Origène, saint Cyprien ; au quatrième, Ariiobe et Lactance disent encore qu'entre les chrétiens tous les biens sont communs; il n'était certainement plus question pour lors d'une communauté de biens prise en rigueur.
Par là se trouvent réfutées les vaines conjectures de quelques déistes, qui ont dit que les fidèles de Jérusalem n'avaient fait autre chose qu'imiter les pythagoriciens et les esséniens, qui mettaient leurs biens en commun; que Jésus-Christ lui-même avait puisé chez les esséniens sa doctrine, sa morale, et avait établi parmi ses disciples la même discipline qu'il avait vue en usage parmi cette secte juive, etc.
Il n'est pas douteux que la charité
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héroïque, si commune parmi les premiers chrétiens, n'ait contribué beaucoup à. la propagation du Christianisme : leurs ennemis mêmes en rendent témoignage, aussi bien que les Pères de l'Eglise. Mais les incrédules veulent faire illusion, lorsqu'ils représentent cette vertu comme une cause toute naturelle de l'établissement de notre religion ; est-il naturel que le détachement et le mépris des biens de ce monde, si rares parmi les païens et parmi les Juifs, soient devenus tout à coup une qualité commune et populaire parmi les chrétiens? Voyez Charité. Bergier.
COMMUNICANTS, secte d'anabaptistes. Ils furent ainsi nommés â cause de la communauté de femmes et d'enfants qu'ils avaient établie entre eux, à l'exemple des nicolaïtes. Sanderus, Ilxr. î 98. Gauthier, dans sa Chronologie du seizième siècle. Voyez Anabaptistes. Bergier.