‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 42 sur 110 · V. COMMUMION SOUS LES DEUX ESRÈCEs · texte numérisé non relu

V. COMMUMION SOUS LES DEUX ESRÈCEs

Bergier.

COURBET (Gustave), {Théo!, mixt.

et hist. biog. et œuvr. d'art.) — Ce peintre français, né a Ornans (Doubs) en 1819, eut pour maître l'abbé Gousset devenu cardinal et auteur de l'édition de Bergier, dont nous citons un assez grand nombre de notes. Il se livra, d'abord, à des études de Goethe et des Allemands; un de ses premiers tableaux est une Nuit classique du Walpurgis, allégorie dans laquelle il se montre comme un Faust épuisé par la poursuite de l'idc'al; puis il se retourna vers le réel et fut un des premiers initiateurs du genre qui s'est appelé le réalisme. Son talent de coloriste est très-grand ; il a trouvé un effet de lumière nouveau qu'il paraît obtenir en étencant sa peinture sur la toile, non point avec le pinceau, mais avec le couteau flexible. Il n'est véritablement grand que dans le paysage ; l'âme humaine est quelque chose qu'il ne peut atteindre ; mais la nature l'émeut, et il la rend si bien avec ses forêts et leurs hôtes, ses rochers et ses lacs, ses ombres et ses lumières, que les anciens peintres flamands et hollandais ne firent pas mieux que lui. Courbet est d'une fécondité merveilleuse ; ses Grands cerfs, sa Chasse au chevreuil, sa Remise de chevreuils, sa Biche forgée à la neige, ses Casseurs de pierres, sa Roche de dix heures, sa Roche d'Etretat, et beaucoup d'autres toiles sont des œuvres originales, fruits d'un talent de première force.

Il est malheureux qu'un tel pinceau ne soit point tenu par une main philosophique et n'exprime jamais une idée profonde. Tout en élevant le métier de l'artiste aux plus hauts sommets, Courbet est de ceux qui ont présidé le plus magistralement et le plus systématiquement à la chute de Part, uniquement par manque de philosophie et de sentiment religieux.

Le Nom.

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COURONNE. On a blâmé , avec beaucoup d'amertume, les Pères de l'Eglise, qui ont soutenu qu'il ne convenait pas à un chrétien de se couronner de fleurs, comme faisaient les païens dans leurs festins et dans quelques-unes de leurs cérémonies ; cette censure tombe sur Minutius-Félix , sur saint Clément d'Alexandrie , et principalement sur Tertullien. Ce Père a fait un livre de Corona, dans lequel il s'attache à prouver qu'un chrétien doit absolument s'abstenir de porter des couronnes.

Bai'beyrac, Traité de la Morale des Pères, c. 6, § 14, s'est élevé contre cette décision ; il dit que, suivant le sentiment de Tertullien, se couronner de fleurs est une chose mauvaise en elle-même et contraire à loi naturelle, mais qu'il le prouve par de pauvres raisons; les principales sont que l'Ecriture sainte ne permet nulle part cet usage, et que la nature a fait les fleurs pour réjouir l'odorat, et non pour orner la tête. La première, dit Barbeyrac, est un faux principe ; la seconde est l'écart d'une imagination déréglée. Cette critique est fausse à tous égards.

1°. L'écart prétendu de Tertullien prouve déjà que les couronnes sont une superiluitô ; que l'on en use, non par besoin, mais pour quelque autre raison, qu'il faut donc examiner par quels motifs on les porte : c'est ce que fait Tertullien dans toute la suite de ce traité. Après avoir recherché, dans les auteurs profanes, l'origine et les motifs de toutes les espèces de couronnes, il fait voir qu'aucun de ces motifs n'est louable. Celles que portaient les ministres d'un sacrifice, et les assistants, étaient une profession d'idolâtrie; celles des convives d'un festin annonçaient l'intempérance et la débauche ; celles des triomphateurs victorieux sentaient, pour ainsi dire, le carnage et le sang répandu; celles des époux étaient les livrées des dieux de l'hymônée, etc. Il observe qu'il n'y avait aucune fleur, aucun feuillage, aucune plante qui ne fût consacrée à quelque divinité et qui ne fût le symbole de son culte, de Corona, c. 8. Toutes choses, dit-il, sont pures, comme créatures de Dieu, et

sont destinées à notre usage ; mais c'est la nature de l'usage qui décide s'il est bon ou mauvais, c. 10. 11 n'est donc pas vrai que Tertullien condamne les couronnes absolument et en ellesmêmes comme contraires à la loi naturelle, mais comme des marques d'idolâtrie. Voilà pourquoi les chrétiens s'en abstenaient ; c'est le reproche que leur fait un païen dans Minutius- Félix, Octav., c. 12.

« Nous avons détaillé, continue » Tertullien, c. 13, toutes les causes » pour lesquelles on porte, des couron- » nés, toutes sont étrangères à un chrétien, profanes, criminelles, contraires aux serments du baptême ; ce sont les pompes du démon et de ses anges : toutes sont infectées d'idolâtrie, omnibus istis idololatria. Un chrétien ne voudra pas même or- » ner de laurier la porte de sa mai- » son, lorsqu'il saura combien de di- » vinités le démon du paganisme a » préposées à la garde des portes, Ja- » nus, Limentinus, Forculus, Carda, » etc. » Nous présumons que Tertullien connaissait mieux qu'un critique du dix-huitième siècle, les idées, les mœurs, les folles allusions, les absurdités du paganisme, les conséquences que les païens tiraient de leurs usages. Quand il aurait poussé trop loin le scrupule et les soupçons d'idolâtrie, il ne s'ensuivrait pas encore qu'il raisonne mal; dans le fond, il suit la règle tracée par saint Paul, Rom., c. 14, y 20. « Toutes choses » sontpures ; mais unhomme fait mal » d'en user, lorqu'il scandalise les au- » très » I. Cor., c. 8, j^ 13. a Si ma » nourriture scandalisait mon frère je » ne mangerais pas de viande de ma vie. »

2° Barbeyrac n'a pas vu qu'en condamnant l'argument négatif que Tertullien tirait du silence de l'Ecriture sainte, il fait le procès au protestantisme. Ce Père disait : L'usage des couromies n'est pas formellement approuvé ni permis par l'Ecriture ; donc il est défendu. Les protestants nous répètent continuellement : Tel dogme n'est pas formellement enseigné par l'Ecriture, donc il n'est pas révélé ; telle pratique n'y est pas expressément autorisée, donc elle est abusive.

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Quelle différence y a-t-il entre cet argument et celui de Tertullien? Nous nel'approuvonspas absolument: mais ce n'est pas à eux de le blâmer. Tertullien y en ajoutait un autre, c'est que l'usage des couronnes n'était point non plus autorisé par la tradition ; au contraire, il était proscrit par l'usage des bons chrétiens, d'où il concluait que l'on devait s'en abstenir, etil avait raison; mais cette autorité, que Tertullien attribue à la tradition, donne de l'humeur aux protestants; ils ne la lui pardonneront jamais.

Bergier.

COURCEL SENEUIL (Jean-Gustave) [Thiol. hist. Mog. et bibliog.) — Cet économiste français, né à Seneuil (Dordogne) en 1813, fit partie de cette école de Bûchez qui soutint, pendant un temps, l'alliance de la science politique et économique avec le Christianisme, mais qui, perdue aujourd'hui dans le déluge des philosophies positivistes, ne conserve plus que quelques adeptes qui osent à peine se rappeler à eux-mêmes la couleur de leur ancien drapeau. Parmi les ouvrages de M. Courcel-Snicuil, on peut citer les suivants : Lettres à Edouard sur les révolutions ,in-8°, 1 833 ; Le crédit, la banque, etc., in-8°, 1840; Traité théorique et pratique des entrefrises industrielles, commerciales et agricoles, 1834; Traité théorique et •pratique d'économie politique, 2 vol.

1858; etc. Le Nom.

COURS, cursus. L'on nommait ainsi, dans les bas siècles, l'office divin, ou l'ordre des heures canoniale*; cet office, rangé selon le rit gallican, était appelé cursus gallicanus, et cursarius était le livre qui le renfermait. Ducange, au mot Cursus. Voyez Office divin.

Bekgier.

COURS DE THÉOLOGIE. Voyez Théologie.

COUSIN (le). (Théol. mixt. scien.

zoolog.) — Pourquoi n'offririons-nous pas, après Pline, les anciens, et les théistes modernes, cette petite merveille vivante de la puissance divine

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à l'admiration de nos lecteurs? II semble que Dieu se soit complu à rassembler dans cette petite tète et dans la vie de ce petit corps toutes les riebesses de l'organisme.

Ce léger diptère, Vempis des Grecs, le culex des Romains, si bien connu de nous aujourd'hui, grâce aux travaux des Swarninerdam, des Réaumur, des Degéer, des Kleemann, et des autres entomologistes, alaforme d'un cylindre étroit; il se supporte avec élégance sur six pattes grêles excessivement longues et se soutient dans l'air sur des ailes membraneuses transparentes qui sont attachées à sou thorax et qu'il croise l'une sur l'autre; sa tête est ornée d'antennes velues; il est avide du sang humain, et s'en assouvit au moyen d'un suçoir qui jette dans la plaie, à la place du liquide qu'il aspire, un venin dont l'action rapide provoque aussitôt une inflammation et des démangeaisons ; c'est la femelle seule qui se livre à ces exercices si importuns pour nous; le mâle ne vit que des sucs qu'il pompe dans les Heurs, et, à défaut de^ sang, la femelle peut vivre du même aliment.

Rien n'est curieux comme la bouche du cousin. Elle porte une armure composée d'une étui cylindrique, qui est la trompe et qui se termine par un renflement formé de deux lèvres mobiles charnues. Cinq filets rigides, à pointe 'aplatie comme le bec d'une lancette, sont placés dans une rainure de cette trompe, et un ou deux de ces filets sont dentelés d'avant en arrière afin de déchirer la chair en se retirant. De chaque côté de la bouche est un long palpe articulé composé de quatre à cinq pièces garnies de poils.

C'est avec cet instrument multiple que le cousin opère son travail dans la chair vivante ; et voici la description qu'a donnée Réaumur du jeu de ce mécanisme :

« Après que le cousin s'est posé sur le lieu où il doit piquer, on voit qu'il fait sortir du bout libre de sa trompe une pointe très-fine (1) ; qu'il tâte successivement la peau à quatre ou cinq endroits avec le bout de cette

{[) Ce sûot lus cinq filets réunis.

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pointe, probablement afin de choisir le lieu où se trouve un vaisseau dans lequel le sang puisse être puisé à souhait. Quand il a fait son choix, on en est averti par la petite douleur que la piqûre cause sur-le-champ. La pointe de l'aiguillon composé s'introduit dans la peau ; elle y pénètre.

L'étui (1), quoique solide, a une sorte de flexibilité ; il se courbe à mesure que l'aiguillon pénètre dans les chairs ; il devient d'abord un arc dont l'aiguillon (2) forme la corde. L'extrémité libre et renflée reste toujours sur le bord du trou pour maintenir et empêcher de vaciller un instrument délicat et faible ; c'est par un expédient semblable que les ouvriers qui ont à percer de très-petits trous dans les corps durs savent maintenir la pointe déliée du foret. » Réaurnur ajoute, après avoir donné cette description, qu'il a reconnu que l'extrémité libre dont il vient de parler, qui sert d'appui au suçoir, dégorge, en même temps, une gouttelette de liqueur transparente, qui coule le long du suçoir jusqu'au fond de la plaie et qui lui sert comme d'huile à l'ouvrier pour faciliter la perforation; on sait, d'ailleurs, l'effet de cette infiltration du venin dans le tissu. Le cousin peut fort bien réussir, dans sa manœuvre , à travers les étoffes légères.

L'armure de la bouche n'est pas la seule merveille dont le Créateur s'est plu à munir ce petit être. Il passe les premiers âges de sa vie dans l'eau stagnante ; car c'est là que la femelle va déposer ses œufs; elle les pond un à un, mais à mesure qu'elle les pond de la sorte, elle a soin de les coller l'un à l'autre dans la position verticale de manière à faire prendre aux deux ou trois cents qu'elle dépose la forme d'une nacelle qui serait composée de deux outrois cents petites boules ovales rangées et adhérentes; cette nacelle nage sur l'eau au gré du zéphir pendant deux jours , et au troisième jour a lieu l'ôclosion. Autant d'œufs alors, autant de jeunes larves qui n'ont aucune ressemblance avec l'insecte. Ces larves sont vives

(1 ) C'est la trompe.

(2) Ce sont les cinq filets remis.

et agiles; elles nagent en se courbant •sur elles-mêmes en tous les sens, dès qu'on agite l'eau, mais reviennent toujours à une position normale dés que l'agitation s'apaise ; cette position consiste en ce que chacune d'elles se pend à la surface, la tête en bas, et faisant le plongeon, mais laissant dépasser dans l'air libre un tube inséré sur l'avant-dernier anneau de son abdomen; c'est par ce tube qu'elle respire. Elles présentent, dans cette pose, les conditions de l'appareil à plongeur muni de son tube à respirer ; et c'est ainsi qu'elles passent les quinze jours de leur existence en cet état.

Au bout de ces quinze jours, elles se transforment en nymphes, et présentent, dès lors, l'apparition évidente de l'insecte emmaillotté. Pour passer le temps qui s'écoulera jusqu'au développement de la bestiole ailée, temps qui sera de six à sept jours, les nymphes prennent à la surface de l'eau la position inverse de celle qu'avaient prises les larves ; c'est leur tète qui se met à l'air, et pourquoi?

parce que leur tube respiratoire, qui est devenu double, ne s'ouvre plus du côié de la queue, mais sur l'arrière de la tête comme une paire de cornes, au dos du corselet.

Voici le joru' du grand réveil ; l'insecte va sortir de son maillot, qui est la peau même de la nymphe ; espèce d'accouchement périlleux et délicat.

La peau se fend au dos du corselet, et c'est le petit cousin qui, par ses contractions, tire peu à peu, de son fourreau mis ainsi à l'ouvert, d'abord sa tête, puis son corselet, puis ses ailes, puis son abdomen, et enfin ses longues pattes. Mais à mesure qu'il sort, la peau de la nymphe, allégée, remonte à la surface et prend la forme d'un petit radeau, sur lequel le cousin, après bien des manœuvres habiles, réussit à s'élever libre et joyeux; cependant, il a soin, tout d'abord, de se tenir immobile su*r son esquif, aiin que ses ailes, ses pattes, les filets de sa trompe et tous ses organes extérieurs se consolident à l'air. C'est au moment où il se sentira mailre de ses mouvements que, posant, pour dernière constatation, ses pieds hors

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de la nacelle, et faisant d'abord quelques pas sur l'eau, il prendra son vol. Durant le cours de ces aventures, beaucoup de cousins font naufrage, mais leur fécondité est si grande ! On croit qu'ils produisent sis à sept générations par an; et comme la ponte de chaque femelle est d'environ 350 œufs, le calcul conduit à ce résultat que chaque couple peut, à la fin d'un été, se trouver représenté par cinq millions de milliards de descendants.

La troisième génération seule compte déjà presque cinq millions et demi d'individus.

Voilà un échantillon des jeux de Dieu dans la nature.

Pourquoi, direz-vous, ce méchant insecte? Pourquoi ce moustique des pays chauds? Quelle utilité peut-il avoir? est-ce que Dieu se serait malicieusement amusé à l'armer de sa trompe venimeuse et à lui donner sa prodigieuse fécondité, pour taquiner le roi de la création ?

Je puis répondre que la science pénètre chaque jour davantage les raisons d'être des choses, et qu'en ce qui concerne cet insecte en particulier, elle m'a déjà dit que c'est lui qui fait la principale pâture de l'hirondelle et de beaucoup de poissons ; que ce qui, dans sa trompe, est un venin pour notre sang, est pour l'estomac de tous ces êtres un élixir de vie; et j'ajoute que la science nous révélera peut-être un jour des maladies inconnues dont la multitude de cousins des contrées chaudes, absorbe les germes et préserve l'humanité.

En tout cas, pour que l'homme fût bien le vainqueur de la nature, ne lui fallait-il pas des ennemis à vaincre?

dans un triomphe sans peine, où seraient son mérite et sa gloire ?

Le Noir.

COUSIN (Victor). ( Théol. hist.

biog. et bibliog. ) — Ce philosophe français d'un temps si près de nous, n'était pas d'une ■grandeur incommensurable près du passé qu'il avait derrière lui; bien loin delà; mais, il l'est devenu en face de ce qui devait venir, et de ce qui est venu depuis qu'il a disparu de la scène. Nous n'avons plus qu'un poète qui esta son

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couchant, et de philosophes nous . n'en avons plus un seul. Triste lendemam d'un jour qui eut sa beauté!

Victor Cousin était né en 1792, et il est mort il y a quelques années'; il s'est rendu célèbre par ses leçons sur les allemands Kant, Fiehte, Schellin" et Hegel ( 1819 à 1821 ), par ses éditions de Prroclus ( 1820 à 1827 6 vol.), de Descartes (1826, 11 vol. ), et de Platon (1825 à 1840, 13 vol.).

Mais ce qui donna surtout à son nom un retentissement sans exemple, ce furent ses leçons à la Sorbonne, en concurrence de celles de Guizot et de celles de Villemain, à partir de 1827.

Use jetait, disait-on, dans le panthéisme allemand. « Ce système est le vrai » avait-il écrit à propos de la métaphysique de Schelling, mais depuis, il a supprimé ces mots. M. Cousin a fini par se reposer sur la morale, en l'appuyant sur la religion.

Son éclectisme n'était pas un système philosophique, comme on l'a prétendu, ce n'était qu'une méthode pratique que son disciple Jouffroy définissait comme il suit: « publier des systèmes, et des systèmes tirer la philosophie, tel est, en deux mots, le plan de M. Cousin. » On pourrait ajouter qu'il manqua même, à l'exécution de ce plan,laconclusion, c'està-dire le système qui aurait pu être déduit, par le philosophe, de l'étude de tous ses devanciers ; car il nous paraîtimpossibleàquiquecesoitde dire ce que pensa M. Victor Cousin, après qu'il eut, si éloquemment et avec tant de charmes, exposé ce que pensaient les autres. Il a trouvé le repos de son âme, paraît-il, dans la morale, fille de la religion à ses yeux éclairés par le flambeau de la mon ; contentonsnous d'enregistrer ce témoignage du dernier de nos philosophes a la gloire de l'une et de l'autre.

M. Cousin a laissé beaucoup de livres. Après ceux que nous avons cités, citons encore les suivants : Du vrai, du bien et du beau, in-8, 1836, et 1853, excellente étude aux grandes et belles idées, surtout sous la dernière forme que lui a donnée AI. Cousin lui-même; Cours de V histoire delà philosophie, 3 vol. 1840 ; Cours d'histoire de la philosophie moderne pen-

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dantles années 181 6 et 1817, in-8, 1841 • Cours d'histoire de laphilosophîemoraîe au xviii0 siècle, o vol. in-8°, 1840-41 • Ouvrages inédits d'Abélard, in-4, 1836 ; De la Métaphysique d'Aristote, 2°' édit 1838; fragments philosophiques, & édition, 1838, 2 vol. suivis d'une demi-douzaine de volumes de même nature ; Leçons de philosophie sur Kant, in-S°, 1842 ; des Pensées de Pascal, 2e édition 1844 ; toute une suite d'Etudes sur les femmes célèbres et la société du xvii6 siècle, Mme de Longueville, Mm° de la Sablière etc. On lui a aussi attribué un Livre d'instruction morale et religieuse, sorte de catéchisme gallican qui ne porte pas son nom. Le Nom.

COUSTANT (Pierre). (Théol. hist.

biog. et bibliog). Savant bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né à Compiègne en 1 654. Ce fut lui qu'on chargea, à Saint-Germain-des-Près, de l'édition des sermons et des traités de saint Augustin, puis de la table du 4e volume contenant les commentaires sur les psaumes. Il est aussi l'auteur de VAppendix tomi quinti operum S. Augusiini, complectens sermones supposilitios in quatuor classes nunc primum ordine digestos, quibus inserti sunt sermones Cxsarii episcopi Arelatensis et de VAppendix tomi sexti operum S. Augustini, continens subdititia opuscida.

Dom Mabillon ayant obtenu de la congrégation qu'elle entreprendrait une édition complète des œuvres de saint Hilaire de Poitiers, ce travail important fut encore confié à Coustant.

Cette édition, commencée en 1687, fut terminée en 1693 et parut sous ce titre : S. Hilarii, Pictavorum episcopi, opéra, ad manuscriptos codices Gallicanos, Romanos, Bclgicos, nec non ad veteres edit. castigata, aliquot aucta opusculis, prseviis in locos difficiles chsputationibus, prxfatt. , admonitioni- Ous, nohs, novasancti Confessons vita, et copiosissimis Scripturarum, rerum, glossarum indieibus lomplekda etillustrata, stud. et labore Monachor. ord.

b. Bened. e congregat. S. Mauri, Pa- :-isus, Francise. Muguet, 1093,in-fol.

Plus tard on lui confia la mission de taire , en collaboration avec dom

Claude Guesnié, la grande table générale de toutes les œuvres de saint Augustin. Il lut de nouveau pour cela les ouvrages complets, et rédigea un index général qui renfermait encore bien des détails omis dans les tables particulières.

Le dernière grande œuvre de Coustant fut la publication des Lettres des Papes : Epistolse Romanorum Pontificum, et qax ad eos scriptse sunt, a sancto Clémente I usgue ad Innocentium III, quotquot reperiri potucrunt, seu novse, sive diversis in locis sparsim editœ, adjunctis fragmenlis, spuriis segregatis, in unum secundum ordinem temporum collectas ; ad veterum codd.

fidem recognit. et emend. ; prseviis admonitionibus , ubi opus fuerit, notis criticis ac dissertât., qux historiam, dogmata, disciplinam explicant, illustrâtes, studio et labore dom. Pétri Coustant, Presb. ac Monach. ord. S.

Bened. e Congr. S. Mauri, tomus I, ab anno Christi 67 ad ann. 440. Parisiis, Ludov. Dion, de la Tour, Coustelier, Simon, 1721. Mais il ne survécut qu'à la publication du premier volume. Quant aux deux suivants il les laissa achevés, mais non imprimés, et presque tels qu'ils parurent après lui.

D. Coustant mourut le 18 octobre 1721. « Il avait, dit M. Kerker, un grand amour des pauvres. Il vendit, avec la permission de ses supérieurs, les exemplaires qui lui appartenaient pour en donner le prix aux malheu-

Le Nom.

COUTUME RELIGIEUSE ou EC- CLESIASTIQUE. Yoyez Observance.

COUTURE (Thomas). Théol. mixt.

et hist. biog. et œuv. d'art.) — M.

Couture, né à Senlis en 1815, est un grand peintre qui ne composo pas sans une idée philosophique et sans un grand sentiment de ce qu'il fait, mais qui ne fait plus grand'chose depuis l'invasion du positivisme dans la peinture. Son Enfant prodigue, sa Veuve, son A-mou»' de l'or, ses Romains de la décadence surtout et son Épée de Damoclés, sont de magnifiques productions et dénotent un puissant coloriste. Il nous prêche énergique-

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ment avec sa palette, surtout par le tableau du vice. C'est la mission même de l'art. Le Noir.

COUVENT. Voyez Monastère.

COZRL quelques Juifs prononcent Cuzari, livre des Juifs, composé il y a plus de cinq cents ans, par le rabbin Juda le Lévite. C'est une dispute en forme de dialogue sur la religion, où l'auteur défend lejudaïsme contre les philosophes païens, et s'appuie principalement sur l'autorité de la tradition ; selon lui, il n'est pas possible d'établir aucune religion sur les seuls principes delà raison. Il attaque en même temps la secte des Juifs caraïtes, qui ne se soumettent qu'à l'Ecriture sainte. On trouve dans ce même ouvrage un abrégé assez exact de la croyance des Juifs. Il a été d'abord traduit en arabe, ensuite en hébreu de rabbin, par R. Juda ben Thibbon. Il y en a deux éditions de Venise, l'une qui ne contient que le texte, l'autre qui y joint le Commentaire de R. Juda Muscato. Buxtorf l'a fait imprimer à Bâle en 1660, avec une version latine et des notes. On en a aussi une traduction espagnole, faite par le Juif Aben-Dana, avec des remarques dans la même langue.

CRABES (les). (Théol . mixt. stien.

zool.) — V. Causes finales.

CRAINTE. Le psalmiste dit, Ps. 18, }M 0, que la crainte de Dieu est sainte; Ps. 110, f 10; que c'est le commencement ou le principe de la sagesse.

Dans le ps. 118, f 120, il dit au Seigneur : Pénétrez-moi de la crainte de vos jugements. Le Sage répète la même chose, Prov., c. 1, f 7 ; c. 9, f 10, etc. Il est bon d'observer, que dans l'Ancien Testament, la crainte de Dieu signifie une soumission respectueuse envers Dieu ; les Hébreux n'avaient point de terme propre pour exprimer le sentiment que nous appelons le respect. Saint Paul exhorte les fidèles à se sanctiiier dans la crainte du Seigneur. II Cor., c. 7, f 1.

Mais le même apôtre nous enseigne que l'esprit du Christianisme n'est

point comme sous l'ancienne loi, la crainte qui est le caractère des esclaves, mais l'amour qui est le propre des enfants de Dieu. Rom., c. 8, ^ lo. Saint Jean dit que la charité parfaite exclut la crainte, que celle-ci est un senliment pénible I. Joan.,c. 4, ^ 18.

Il y a donc une crainte utile et louable, et il y en aune qui est vicieuse et répréhensible.

Conséquemment les théologiens distinguent la crainte servilement servile, par laquelle l'homme évite extérieurement le péché, à cause du châtiment qui y est attaché, mais conserve dans son cœur l'inclination à le commettre, s'il pouvait éviter la punition ; la crainte simplement set-vile, qui bannit le péché et toute affection au péché, afin d'éviter la peine ; la crainte filiale, qui fait renoncer au péché par amour pour Dieu. Celle qu'ils nomment crainte révérentielle n'est autre chose que le respect pour la majesté divine.

De l'aveu de tout le monde, la première de ces craintes est vicieuse, puisqu'elle laisse dans le cœur l'affection au péché. C'est de celle-là que parle saint Paul, lorsqu'il dit que c'est le caractère des esclaves ; elle dominait chez les Juifs, dont la plupart ne s'abstenaient du crime qu'à cause des châtiments temporels attachés aux infractions de la loi. La seconde est utile et louable ; le concile de Trente décide que la crainte, qui exclut la volonté de pécher et renferme l'espérance du pardon, non-seulement ne rend pas le pécheur hypocrite et plus criminel, comme le soutenait Luther, mais que c'est un don de Dieu, un mouvement du Saint-Esprit, qui dispose le pécheur à la justification.

Sess. 14, c. 4, et eau. 5. Voyez Atirition. La troisième est inséparable de l'amour de Dieu. Ceux qui ont confondu ces différentes espèces de crainte, ont raisonné fort mal.

On a donc condamné avec raison les théologiens qui ont enseigné, sans restriction et sans distinction, que la crainte n'arrête que la main, laisse dans le cœur l'attachement au péché, n'est bonne qu'à produire le désespoir, etc. Cette doctrine est évidemment contraire à celle du concile

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de Trente. Il est assez singulier que ceux qui ont le plus déclamé contre la crainte, en général, aient travaillé de toutes leurs forces à nous l'inspirer, en représentant toujours Dieu comme un maître beaucoup plus terrible qu'aimable.

La crainte est utile, sans doute, pour toucher des pécheurs ingrats et endurcis, puisque Dieu emploie souvent les menaces pour les effrayer; mais, en général, les motifs de reconnaissance et de confiance sont plus propres à faire impression sur le très-grand nombre des hommes, qui pèchent plutôt par faiblesse que par malice. Pour un passage de l'Ecriture sainte, capable do nous donner de la crainte, il en est dix qui sont destinés à nous inspirer la confiance en la bonté de Dieu, l'espérance en sa miséricorde, l'amour envers un père qui nous menace, parce qu'il ne désire pas de nous punir.

Une infinité d'âmes vertueuses , mais timides, ont été jetées dans le troulile, dans le découragement, dans le désespoir, par la lecture des livres dont les auteurs mélancoliques ne montraient dans la religion que des sujets de crainte; souvent l'on est obligé de défendre ces sortes de lectures aux personnes d'une imagination vive. Mais pourrait-on citer des âmes qui aient renoncé à la vertu par un excès de confiance en la miséricorde et en la bonté de Dieu ? Voyez Confiance en Dieu.

Les athées et les matérialistes prétendent que la notion de Dieu et la religion, en général, sont nées de la crainte; nous prouverons le contraire au mot Religion.

Behgier.

CRASSET (Jean). (Thêol. Mst. biog.

et bibliog.) — savant Jésuite né à Dieppe en 1618 et mort à Paris en 1692. C'est un écrivain surtout ascétique. Ses principaux ouvrages sont:

Considérations chrétiennes ou Méditations pour tous les jours de l'année, Paris, 1678, livre plein d'onction, qui tut longtemps en grand crédit, souvent réimprimé, et qui a été remis en évidence dans ces derniers temps ; Histoire de l'Église du Japon, en deux

volumes in-4°, Paris, 1689, traduite en plusieurs langues; mais on la dit diffuse et trop crédule ; Dissertation sur lesOracles des sibylles, Paris, 1678, livre autrefois Lrès-lu, qui fut attaqué par le protestant J. de Marck et défendu par la Réponse à la critique de J. de Marck, du. P. Crassct lui-même ; de la Véritable Dévotion envers la sainte Vierge, Paris, 1679, in-4°.

Le Nom.

GRANIOLOGIE. (Théol. mixl. philos, psychol. et physiol.) — La craniologie est la partie de la phrénologie qui consiste a étudier le crâne, ou l'enveloppe du cerveau, pour en déduire les facultés et les aptitudes diverses intellectuelles et morales des individus. Cette science, qui est à peu près tombée aujourd'hui, par suite des multitudes d'erreurs dont la pratique et l'observation l'ont convaincue, eut pour auteurs le fameux docteur allemand Gall qui l'exposa, il y a un demi siècle, dans l'ancien ampliitéâtre de l'hôpital de la clinique, et son disciple et collaborateur Spurzheim. Citons d'abord l'exposa qu'en a donné M. Ad. Focillon, dans son Dictionnaire général des sciences théoriques et pratiques; nous ferons ensuite quelques réflexions.

« Gall et Spurzheim avaient reconnu chez l'homme 27 facultés représentées par autant d'organes spéciaux, en y comprenant le cervelet; 19 de ces facultés lui sont communes avec les animaux et 8 lui sont exclusives ; d'autre parties phrénologistes s'accordent à placer dans la partie postérieure du cerveau et dans le cervelet les facultés animales ; dans la partie intermédiaire , au-dessus de l'oreille, les facultés morales; dans la partie antérieure les facultés intellectuelles. Voici ces organes en commençant par la partie postérieure :

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