‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 41 sur 110 · COT · texte numérisé non relu

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c'est à Jean Guttemberg que revient l'honneur d'avoir donné à l'Europe le premier grand travail d'impression au moyen des caractères mobiles de plomb et d'antimoine dans cotte fameuse Bible latine, dont la bibliothèque nationale de France possède un exemplaire.

Mais cette production merveilleuse n'enrichit pas Guttemberg. Par suite des capitaux que Fust lui avait fournis et surtout par l'effet d'un contrat dont il n'avait pas apprécié toutes les conséquences, il se trouva réduit à la merci de ce Fust, qui profita d'un moment d'embarras de son débiteur pour se faire adjuger la propriété de l'établissement. En même temps, Fust réussit à gagner le plus habile des ouvriers de Guttemberg, Schœffer, et, grâce à cet ouvrier, il devint le vrai propagateur de l'imprimerie. Il fonda, à Paris, un établissement typographique qui fit merveille. Guttemberg, à à Mayence, fut soutenu, de son côté, par ses connaissances ; il échappa à à la misère et mourut imprimeur.

L'historique de l'imprimerie, qui est une des plus belles inventions de l'esprit humain dans les arts mécaniques, n'offre rien de beau de la part des hommes qui la conduisent à terme, si l'on excepte Laurent Coster qui paraît n'avoir été qu'une victime.

On ne trouve guère, dans cet historique, que des passions basses qui cherchent sans cesse à s'entre-dévorer.

Mais que nous importent les mobiles, si le progrès se réalise? Il en sera de môme de l'usage que pourront faire les sociétés de l'arme précieuse qui vient d'être mise entre leurs mains; elles pourront désormais, avec elle, se procurer des siècles de prospérité, de liberté, de grandeur, ou des siècles de décadence. Le Noir.

COTELIER (Jean- Baptiste). (Théol.

hist. biog.eibibliog.) — Fils d'un pasteur reformé qui rentra dans l'Eglise, ' Cotelier naquit à Nimes en 1627 et devint membre de la Sorbonne en 1 849, sans être entré dans les ordres, en sorte qu'il ne fut jamais, comme on l'a dit, membre du clergé. Il publia d'abord une traduction latine de quatre homélies de S. Jean Chrysostome

et d'une traduction en grec de Daniel faite par ce Père, avec le texte grec en regard. Parut ensuite sa grande et célèbre collection des œuvres authentiques et apocryphes des pères apostoliques : S. Clément de Rome, S. Barnabe, S. Ignace, S. Polycarpe et Eermas, avec de nombreuses et savantes notes, et les actes des martyres de S. Clément, de S. Ignace et de S. Polycarpe, les Pseudo-Clémentines, les Constitutions et les Canons apostoliques grecs et latins, en deux volumes in-fol., portant ce titre : Patres œvi apostolici, sive SS. PP., qui temporibus apostolicis floruerunt opéra édita et non édita, Paris, 1672.

« En 1667, dit M. Héfélé, Colbert chargea Cotelier de revoir et de cataloguer les manuscrits grecs déposés à la Bibliothèque royale. Cotelier y travailla pendant cinq ans, à côté du célèbre Du Cange, et obtint encore de Colbert, en 1676, la chaire de grec au Collège de France. Ses travaux à la Bibliothèque royale et dans celle de Colbert lui firent découvrirbeaucoup de documents inconnus, concernant l'Eglise, qu'il publia, à partir de 1677, en grec et en latin, sous le titre de Monumenta Ecclesise Grœeœ,en trois volumes in-4°.

Le troisième volume parut deux jours avant sa mort, qui eut lieu le 12 août 1686. Comme il avait réuni les matériaux d'un quatrième volume, les Bénédictins de Saint-Maur se chargèrent de le publier sous le double titre :

tome IV et analecta grseca, seu varia opuscula grseca hactenus non édita, 1692. »

Cotelier fut un homme aussi bon que savant, à qui l'on lit une réputation de misanthrope à cause de son exactitude au travail et de sa vie re tirée. Le Nom.

COTEREAUX, hérétiques, ou plutôt assassins et malfaiteurs, qui vendaient leurs bras et leur vie pour servir les passions sanguinaires des pétrobrusienset des albigeois; on les nommait encore cathares, courriers et routiers. Ils exercèrent leurs violences en Languedoc et en Gascogne, sous le règne de Louis VII, vers la fin du douzième siècle. Alexandre III les excommunia, accorda des indulgences à

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ceux qui les attaqueraient, défendit, sons peine de censure, de les favoriser ou de les épargner. On dit qu'il y en eut plus de sept mille qui furent exterminés dans le Berri.

Quelques censeurs ont blâmé cette conduite du Pape comme contraire à l'esprit du Christianisme; saint Augustin, disent-ils, consulté par les juges civils sur ce qu'il fallaitfaire des circoncellions, qui avaient égorgé plusieurs catholiques, répondit : « Nous » avons interrogé là-dessus les saints » martyrs, nous avons entendu une » voix s'élever de leur tombeau, qui » nous avertissait de prier pour la

I» conversion de nos ennemis, et d'a- » bandonner à Dieu le soin de la ven- « geance. » D'autres critiques ont accusé saint Augustin d'avoir pensé à l'égard des donalistes et de leurs circoncellions, à peu près de môme qu'Alexandre III à l'égard des cotereaux.

Tous ces reproches sont également injustes. Notre religion nous ordonne de pardonner à nos ennemis particuliers et personnels, mais non d'épargner des ennemis publics armés contre la sûreté et le repos de la société ; elle ne défend ni de leur faire la guerre, ni de les exterminer, lorsqu'on ne peut pas autrement les mettre hors d'état de nuire. C'était le cas des cotereaux. Par la même raison, saint Augustin fut d'avis d'implorer le secours du bras séculier, pour arrêter le cours du brigandage des circonscellions;maislorsque plusieurs d'entre eux furent tombés entre les mains des juges, il ne voulut demander ni leur sang, ni aucune vengeance, parce qu'ils étaient hors d'état de nuire. La conduite des martyrs, à l'égard des persécuteurs, n'est point applicable au cas présent. Les persécuteurs étaient des souverains, ou des magistrats revêtus de la puissance publique, de laquelle ils abusaient ; les circoncellions et les cotereaux étaient des particuliers armés contre les lois.

Bergier.

COUCHES SÉDIMENTEUSES.

(Thêol. mixt. scien. géol.) — V. âges géologiques.

COUCOU (le). (Théol. mixt scien.

nat. omithol). — Au mot canthamde, nous nous sommes relâché, un moment, de notre sérieux théologique ou philosophique ordinaire , pour citer un de nos articles d'un petit journal La science pour tous que nous rédigeâmes autrefois. Bien que cet article ait pour but de décrire une des merveilles de Dieu chez les insectes, il est écrit sur un ton léger qui sort des habitudes de cette publication et que le sévère Bergier, sévère au point de friser parfois le jansénisme, n'aurait à coup sûr pas admis.mais nous ne croyons pas que la bonne théologie soit aussi rigide : elle accepte volontiers, selon nous, quand l'occasion s'en présente, le rire et le badinage, et, lorsque ces formes de langage ont pour but de mieux peindre une vérité divine que ne pourrait le faire un style grave, qui ne serait point en rapport avec le caractère de cette vérité, elle applaudit aux ressources de l'art qui s'est fait tout à tous, pour la gloire de Dieu, ad majorent D«î gloriam, comme disent les jésuites, dont nous avons toujours aimé, en dépit despréjugés dumonde, la morale intelligente et douce, à cessortes de point de vue. Dieu n'est-il pas le Dieu du nid de l'oiseau, comme le Dieu delà caverne des lions, le Dieu de la cigale et de la fourmi comme le Dieu des génies et des empires, le Dieu de la comédie comme le Dieu, du drame? Si le rire est dans la créature, il est dans le Créateur ; il y a en. Dieu le rire éternel, éternelle expression de l'éternelle joie ; il y a en lui le gracieux de la fleur et la délicatesse de la femme aussi bien que la grandeur du cèdre et la force de l'homme. En travaillant pour sa gloire avec tous nos styles, nous ne ferons que l'imiter. C'est pourquoi nous donnerons encore, à titre de récréation, à nos lecteurs un article de même ton que publiait, de nous, il y a quelques années un journal dans le genre de la Science pour tous, mais dont nous avons oublié le nom et perdu la trace ; si la première citation leur a fait connaître un des jeux lesplus étranges du Créateur dans les métamorphoses des insectes, celle-ci

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lui fera connaître un autre de ces jeux, des plus fantasques et des plus fantastiques, dans les mœurs de l'oiseau.

« Histoire d'un nid

« Cette histoire n'est pas longue ; elle mevientd'un ornithologiste, alors mon voisin, qui me disait en me la racontant ce qu'il avait vu lui-même ; deux mots suffiront pour la répéter.

Mais elle va s'allonger très-naturellement de quelques détails intéressants, sur le plus étrange de tous les oiseaux par ses habitudes.

« Non qu'il soit l'are, c'est un des plus communs ; on rencontre de ses espèces, qui sont au nombre d'une vingtaine, dans tous les pays du monde et sous tous les costumes : en Europe, plumage cendré, roux pour la femelle; à Madagascar, bleu ; en Australie, bleuâtre ou vert et blanc avec tête bleue, ou encore noir et jaune avec queue en éventail ; à Otaïti, brun rayé ; au Cap et jusque dans l'intérieur de l'Afrique, vert doré, blanc, ou d'un cuivré superbe ; au Bengale, noir à reliefs verts ; aux Philippines, tacheté ; dans la Caroline, à ailes rousses; à Cayenne, noir; à Malabar, rayé blanc ; en Chine, bleu comme à Madagascar ; à Coromandel, huppé avec collier blanc et ventre noir ; en Guinée, vert huppé ; au Grésil, huppé, à ventre rouge ; en Sibérie, noir de ténèbres; àSiam, huppé vert; en un mot, partout et dans toutes les toilettes.

« Partout aussi il porte le même nom ; le motestde toutes les langues ; et même ce mot est une preuve, sous sa forme latine, que la lettre u se prononçait o u chez les Romains comme chez les Italiens de nos jours. En effet, c'est lui-même qui se nomme par son chant, à nul autre pareil ; et l'homme, malgré sa passion de tout accommoder à sa fantaisie, n'a point cherché, cette fois, à faire mieux que la nature. Si l'humanité, un jour, parvenait à se faire une langue universelle, elle procéderait sur les autres mots comme elle a procédé sur celui-là, en renonçant au système del'arbiti aire et de la convention pure.

« On a débité sur cet oiseau, dont les mœurs sont encore aujourd'hui très-mystérieuses, des fables sans nombre :

« Comme il disparaît durant l'hiver, on a dit qu'il s'arrachait les plumes, se blotissait nu dans le fond d'un trou et y vivait au milieu d'un tas de grains qu'il s'était amassé.

«On a dit et l'on dit encore qu'il se métamorphose en émouché ou faucon au retour îles frimas, et qu'il vit, jusqu'au printemps, de cadavres d'oiseaux.

« On a dit qu'il revient, avec les beaux jours, porté par le milan et se cachant sous ses ailes pour épargner les siennes.

« On a dit qu'il jette sur les plantes une salive, que de cette salive naissent des larves, et que ces larves, plus tard, s'accrochent à ses plumes, le piquent sous l'aile et lui donnent la mort. La bave qu'on prenait ainsi pour la sienne est celle d'une chenille. « On a dit que la femelle pond, à sa volonté, des œufs de toutes couleurs, pour lever des difficultés que le lecteur a déjà devinées sans doute.

« On a dit qu'il se charge Je couver les œufs d'autres oiseaux, à la condition que ceux-ci couveront les siens.

« On a dit qu'il va dans les nids dévorer les familles et imposer de force aux pères et aux mères l'éducation de ses petits.

« On a dit qu'à peine élevé par les soins les plus tendres d'une étrangère, il mange sa nourrice après qu'elle même avait mangé ses propres enfants pour le mettre à leur place et faire de lui son iils adoptif.

« On a dit d'une de ses espèces qui poursuit les abeilles et en fait carnage, qu'à peine une ruche découverte, elle court par les chemins, cherche un voyageur, bat des ailes, chante, l'invite à le suivre par toutes sortes de façons, et le conduit à la ruche.

« Enfin, depuis Aristote jusqu'au père Lobo, les naturalistes et voyageurs anciens et modernes ont tout dit sur cet oiseau bizarre, etle peuple a tout cru.

« Les faits qui précèdent sont donc

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fabuleux. Mais voici les vérités bien établies et incontestables.

« Cet oiseau est voyageur ; il fuit les approches de l'hiver et se procure, en changeant de climat, un éternel printemps. Il a d'excellentes ailes et n'a nullement besoin de recourir à celles des autres. Il ne mange pas de grains ; il n'est point carnassier ; il vit d'insectes sous leurs états divers:

œufs, chenilles, nymphes et insectes parfaits. 11 varie de grosseur selon l'espèce, depuis la taille de la grosse alouette jusqu'à celle de la pie et même au delà. Il a de l'analogie, pour les formes, avec l'oiseau do proie, aime la solitude, est hargneux de caractère, et vit dans son individualité sans constituer mariage ni famille, excepté cependant les variétés d'Amérique, qui font, en cela, comme, les autres oiseaux.

« Celles d'Europe, d'Asie, d'Afrique et de l'Océanie ne forment point de couples. Les mâles, toujours plus nombreux que les femelles, n'en ont qu'une à se disputer entre cinq ou six. Mais ce ne sont pas eux qui courent après elle, c'est elle qui va livrer ses grâces à l'heureux de son choix. Eux, sont cantonnés; et elle, voyage de canton en canton : mœurs contraires à celles de Stamboul ; c'est une véritable polyandrie.

o La femelle mène la vie joyeuse avec son chevalier, sans s'attacher à aucun pour plus de deux ou trois jours.

Le mâle n'a que son cri pour l'allécher ; il chante, chante toujours en attendant qu'elle vienne. Or, il arrive souvent à la méchante d'en attirer plusieurs au point central de leurs cantons, et de se donner le cruel spectacle d'un violent combat. On use bec et ongles sous son regard magique, tandis que, perchée sur sa branche, elle attend, fort impatiente, sans le paraître, d'avoir à donner ses faveurs pour prix de la victoire.

« Il n'y a pas, dit Florent Prévost, de lune de miel qui soit mieux employée ; leurs caresses d'oiseau sont incessantes, leurs célébrations d'hyménée infatigables. Mais bientôt la dame se refroidit, fait des absences, et trois jours ne se passent point sans qu'elle ait volé à d'autres affections,

après s'être hâtée de confier un œuf ou deux aux soins d'une autre mère ;et l'époux trompé recommence ses appels monotones aux silences des forêts.

« Cet oiseau nefait donc'pas de nid, ilne couve pas, il n'élève pas ses petits ; tout au plus si la mère, après avoir confié sa progéniture à une nourrice, retournera deux ou trois fois la voir pour s'assurer que les soins ne lui manquent pas. Il lui arrrive parfois aussi de revenir beaucoup plus tard, après de longs oublis, comme poussée par un remords, apporter à son petit une becquée, hommage de la maternité qui, quoi qu'on en puisse dire, sera d'autant plus touchant qu'il sera plus rare.

« On a cherché la raison de ce phénomène étrange dans la conformatioa de l'oiseau, et en particulier de sa poitrine, qui ne parait pas disposée pour couver facilement; mais l'ornithologiste dont j'ai parlé, et dont je n'ai pas encore raconté l'aventure, m'en a donné une explication qui me semble préférable, et que je n'ai point trouvée dans mes auteurs, pas plus dans Virey que dans les autres. Cet oiseau, dit-il, est d'une belle taille pour un insectivore, et, de plus, d'un très-grand appétit; il est obligé d'employer tout son temps à chercher une pâture, dont chaque morceau lui parait fort léger. Comment couverait-il? il y mourrait de faim ; d'autant mieux que la mère n'a point un époux fidèle qui partage avec elle les produits de sa chasse. Et que deviendraient les mâles pendant la couvaison? d'ailleurs, n'ai-je pas dit les passions de cette mère ? elle n'y résiste pas.

« Que fait-elle donc pour perpétuer l'espèce ? Elle est douée d'une sublilité sans égale pour trouver les nids des petis oiseaux insectivores comme elle, des rouges-gorges, des alouettes, des verdiers, des pouillots, des roitelets et des autres. Quand elle voit un de ces nids, elle y dépose un œuf.

Quelque temps après elle l'ait de même ailleurs pour le fruit d'un nouvel amour, et ainsi jusqu'à l'achèvement de sa ponte, qui est de six ou sept environ par année.

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a Onignoresi elle expulse les jeunes habitants naturels, si elle fait tomber ou transporte au loin les œufs déjà pondus, — qu'au reste elle ne mange pas, comme le dit la chronique, — ou si elle pond toujours dans un nid encore vierge, ou enfin si c'est le jeune nourrisson qui se débarrasse plus tard lui-même de ses frères de nid. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'œuf abandonné dans le berceau étranger est adopté par la mère charitatable, est couvé par elle, qu'il éclot sous ses plumes, et que le jeune oiseau reçoit de cette nourrice la pitance d'insectes avec tontes les prévenances qui étaient destinées à ses propres enfants, jusqu'à ce qu'il devienne assez fort pour prendre son vol et se suffire à lui-même.

« Comment se fait-il qu'un oiseau, tel que lepouillot, leroitelet, le rongegorge, la fauvette, la lavandière, le rossignol, l'alouette, le bouvreuil, la mésange, etc., accepte l'œuf nouveau, si différent des siens de couleur, de grosseur et de forme, sans le rejeter ou sans déserter son nid, lorsqu'il est impossible à l'homme d'y faire une substitution ou introduction semblable avec succès? Lotbinger fit, en 1772, quarante expériences dans le but de faire adopter par quelqu'un de ces oiseaux un œuf étranger et ne rénssitjamais, quelque semblable que fût à ceux de la mère le nouvel œuf, et quelque précaution qu'il eût prise.

Un seul exemple est rapporté, et cet exemple est bien connu clans les campagnes; c'est celui de l'œuf de pouïe couvé par la pie, dans son nid, avec ses propres œufs; mais la pie diffère considérablement des petits insectivores ailés dont il est question; l'oiseau indiscret qui nous occupe a donc seul le privilège ou le talent de s'en faire adopter. On dit cependant, et cela paraît certain, que les propriétaires disputent quelquefois avec acharnement leur logis à l'envahisseuse ; mais tout finit encore, si celleci triomphe, par une acceptation du nouveau venu, par un traité de paix qui, après la guerre, est plus étrange encore.

« Voici un autre mystère : dans les nids plus ou moins évasés, on com-

prend que cet oiseau puisse pondre bien que ees nids soient toujours beaucoup trop petits pour lui. Mais dans les nids fermés, construits en forme de voûte, avec une entrée si petite ménagée sur le bord, comme ceux du roitelet et du pouillot, la chose est impossible.

« Des naturalistes ontdit que la femellepondd'abord à terre, saisit l'œuf avec une de ses serres et va le déposer dans le nid qu'elle lui destine. Mais ses jambes sont si courtes que l'on ne comprendrait guère comment elle pourrait s'accrocher d'une patte et avancer l'autre jusqu'à l'entrée du nid.

« Quelques-uns ont supposé qu'après avoir ponduà terre elle avale son œuf et va le dégorger par la petite ouverture ; supposition non réfutée, et même basée sur des faits assez dignes de créance ; elle a, d'ailleurs, l'œsophage et le jabot suffisamment amples pour cette opération.

« Mais ce qui est établi par des observations récentes, c'est qu'il lui arrive, au moins, de pondre sur l'herbe, d'aspirer dans sa bouche, si vous préférez le mot, dans son arrière -bec, l'œuf du nid étranger, de le déposer là même où elle avait pondu, et de transporter le sien, de la même manière, dans le nid qu'elle avide. C'est le porter à peu près comme les chats portent leurs petits. La bécasse, mère des plus touchantes, emporte de même, au moment du danger, son bécasseau.

« M. Florent Prévost, étudiant, il y a déjà un certain nombre d'années, les mœurs de notre oiseau, dans un bois des environs de Paris, eut la chance heureuse de voir une femelle sortir d'un nid de bergeronnette et porter sur la mousse, parceproci'' l'œuf qu'elle y avait pris. Il lui tendit un piège et eut la chance, encore plus heureuse, delà prendre dans un filet. Ayant peint ses ailes couleur écarlate pour la reconnaître, il la lâcha. Le lendemain sa curiosité de savant fut satisfaite ; il la vit revenir au nid dès le point du jour, y enfoncer sa tète, puis s'en aller. L'observateur y court aussitôt, et voit l'œuf même qu'elle vient d'y déposer.

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« Ellerevintplusde quarante fois en quatre heures. Mais trois jours après elle parut avoir oublié son dépôt et mis toute sa confiance dans la nourrice bergeronnette ; car elle était allée dans un autre canton, où M. Florent Prévost la vit encore faire nouvelle connaissance et chercher d'autres nids.

« On peut donc regarder comme avéré aujourd'hui le transport de l'œuf dans la bouche ; mais il n'en est pas moins probable que la ponte même dans le nid de l'étrangère est un second moyen plus court, également employé quand les circonstances le favorisent.

« Or, je n'ai point oublié mon histoire, et c'est ici qu'elle trouve son à-propos.

« Dans un bois où je me promenais souvent, passait un jour l'amateur d'hi toire naturelle, mon voisin, que je pourrais nommer. Un bûcheron l'arrête: Je viens, dit-il, de voir une chose que je n'avais jamais vue; et il le mène à un nid de troglodyte, petit oiseau chanteur, le plus petit de tous nos oiseaux après le roitelet, appeléenAnjouetenTouraineleôemchûn, en basse Normandie Vherbette, et souvent confondu avec le roitelet, dont il diffère cependant de mœurs, de forme et de talent ; le vrai roitelet porte une couronne, habite les arbres et n'est pas musicien ; le troglodyte n'a point de couronne, a le corps moins élégant, habite près de terre les crevasses, les souches, les appentis, les maisons, les petites cavernes et chaule agréablement ; mais il fait son nid comme le roitelet, à petite lucarne.

« Voyez, dit le bûcheron Qu'aperçoit mon amateur à cette petite lucarne, si bien arrondie, que tout le monde a vue ? Un monstre d'oiseau qui remplissait tout le nid, et passait la tête, ouvrant un bec énorme. Ce nid n'avait subi aucune déformation, et les deux troglodytes, père et mère, travaillaient avec une ardeur édifiante à assouvir le jeune monstre.

« A quelque temps de là le nid se trouva vide et entr'ouvert ; le nourrisson, en grossissant, en avait écarté peu à peu les murailles de mousse, * envolé. Les parents

et enfin s'était

nourriciers s'étaient rétablis, comme vous le pensez bien, à quelque distance, travaillant cette fois, croyonsle du moins, dans un nouveau nid pour leur propre compte.

« Il est donc une fois de plus établi par ce fait avéré, venant s'adjoindre à plusieurs autres du même genre, que la mère emprunteuse du logis étranger doit nécessairement introduire son œuf par la petite lucarne, après l'avoir pondu ailleurs, puisqu'il était impossible qu'elle pénétrât ellemême dans ce nid de troglodyte; le même fait prouve qu'elle accomplit ce manège plutôt avec son bec et sa bouche qu'avec sa griffe, conformément au fait observé par M. Florent Prévost, car le nid, dont j'ai raconté l'histoire, était accolé contre 1» paroi verticale d'au vieux tronc.

« Jem'aperçois que j'ai ditàpeu près tout, excepté le nom de l'oiseau merveilleux. Mais il y a longtemps, lecteur, que vous l'avez nommé. C'est le coucou, en latin cuculus, d'où est venue la dénomination générique de la famille des citadines, dont fait partie notre coucou commun, qui vous annonce chaque année par son chant, leretour de lasaisondes nids. »

le Nom.

COULE. Voyez Habit Religieux.

COULEUR. Daus les Eglises grecque et latine, l'usage est de distinguer les offices des divers mystères et clés différentes fêtes, par des ornements de différentes couleurs. Dans l'Eglise latine, on n'use ordinairement que de cinq couleurs, qui sont le blanc, le rouge, le vert, le violet et le noir; l'Eglise de Paris y ajoute le jaune et la couleur de cendres. Dans quelques diocèses, on se sert de bleu aux fêtes de la sainte Vierge. L'on peut voie, dans les rubriques du missel et daus les directoires ou ordo, à quels oflices chacune de ces couleurs est affectée.

Les Grecs modernes ne font plus guère d'attention à cette distinction de couleurs; le rouge servait, parmi eux, à Noël et aux enterrements. Les angl ican s ont seulement retenule noir pour les obsèques des morts.

BEEGIEn.

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COULPE. mot tiré du latin culpa, faute, péché. Les théologiens distinguent, dans le péché, la coulpe d'avec la peine. La croyance catholique est que le sacrement de pénitence remet au pécheur la coulpe et la peine éternelle, mais non la peine temporelle; que la charité parfaite et ardente remet l'une et l'autre. Comme le péché mortel nous rend dignes, de la damnation, Dieu peut, sans doute, nous remettre cette peine éternelle, sans nous dispenser de subir une peine temporelle et passagère; nous en voyons l'exemple dans David et dans la plupart de ceux auxquels Dieu afaitporter en ce monde la peine de leur péché. Bergier.

COULPE, se dit encore dans les monastères, pour signifier l'aveu que l'on fait de ses fautes dans le chapitre assemblé. Bergier.

COUPE, vase à boire dont onseservait dans les festins et dans les sacrifices . Dans le style de l'Ecriture sainte; la coupe de bénédiction est celle que l'on bénissait dans les repas de cérémonie, et dans laquelle on buvait à la ronde. Ainsi, dans la dernière cène, Jésus-Christ bénit la coupe de son sang, et enfit boire à tous ses apôtres. Boire dans la même coupe était un signe de fraternité.

La coupe de salut est une coupe d'actions de grâces, que l'on buvait en bénissant le Seigneur de ses bienfaits. Il est dit dans le troisième Livre des Machabèes, que les Juifs d'Egypte, après leur délivrance, iirent des festins et offrirent des coupes de salut.

Coupe, signilie aussi la portion ou le partage. Voyez Calice.

Lorsqu'on eut trouvé dans le sac de Benjamin la coupe de Joseph, un de ses officiers dit : « La coupe que vous » avez volée est celle dans laquelle » mon maître boit et dont il se sert » pour prédire l'avenir. » Gen., c. 44, f 5. Joseph se servait-il réellement d'une coupe pour prédire l'avenir?

Non, sûrement : la connaissance qu'il avait de l'avenir n'était point un effet de l'art, mais un talent surnaturel que Dieu lui avait donné. Le texte hébreu peut signifier : « N'est-ce pas » la coupe dans laquelle mon maître

» boit, et par laquelle il vous a mis » à l'épreuve ? »

Dans les disputes des catholiques avec les protestants, la coupe signifie la communion sous l'espèce du vin.

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