‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 67 sur 110 · DAY · texte numérisé non relu

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« On y voit, dit M. Polz, que David s'appuyait bien plus résolument sur les philosophes païens qu'Amaury, car il en appelle non-seulement à Aristote, mais encore à un certain Alexandre (1) Parménides (etnonAnaximènes, ainsi que le dit par erreur Albertle Grand), à Démocrite, à Lucien, à Sénèque, et aux vers orphiques. Il ne néglige pas non plus Platon, comme on le voit dansS. Thomas (2), et comme on peut le présumer des rapports des partisans d'A.maury avec Érigène. Du reste, la différence entre la doctrine de David de Binant et celle d'Amaury n'était que formelle; David nommait Dieu la matière première, qui est tout ».

Le Noir.

DAVIDIQUES, DAVIDISTES, ou DAVID GÉORGIENS,' sorte d'hérétiques, sectateurs de David George, vitrier, ou, selon d'autres, peintre de Gand, qui, en 1525, commença de prêcher une nouvelle doctrine. Après avoir été d'abord anabaptiste, il publia qu'il était le Messie, envoyé pour remplir le ciel, qui demeurait vide faute de gens qui méritassent d'y entrer.

Il rejetait le mariage comme les adamites ; il niait la résurrection comme les saducôens ; il soutenait, avec Manès, que l'âme n'est point Eouillée par le péché ; il se moquait de l'abnégation de soi-même que Jésus-Christ nous recommande dans l'Evangile; il regardait comme inutiles tous les exercices de piété, et réduisait la religion à une pure contemplation : telles sont les principales erreurs qu'on lui attribue.

Il se sauva de Gand, se retira d'abord en Frise, ensuite à Bâle, où il changea de nom, et se fit appeler Jean Bruch ; il mourut en 1556. Il laissa quelques disciples, auxquels il avait promis de ressusciter trois ans après sa mort ; mais au bout de trois ans les magistrats de Bâle, informés de ce qu'il avait enseigné, le firent déterrer et brûler avec ses écrits par la main du bourreau. On prétend qu'il y a encore des restes de cette

(I) Dans Plutarque (Sympos., Il, 3\ (î) L. c. '

secte ridicule dans le Holstein, surtout à Fridérickstadt, et qu'ils y sont mêlés avec les arminiens.

Il ne faut pas confondre ce David George avec David de Dinant, sectateur d'Amauri, et qui a vécu au commencement dutreizième siècle ni avec François " Davidi, socinien célèbre , mort en 1579.

Mosheim nous apprend que le fanatique dont nous parlons a laissé un assez grand nombre d'écrits, dont le style est grossier, mais où il y a du bon sens ; il a de la peine à se persuader que cet ignorant ait enseigné toutes les erreurs qu'on lui attribue. Ce doute ne nous parait pas trop bien fondé. On voit , par l'exemple de plusieurs autres sectes de ces tempslà, de quoi l'ignorance, jointe au fanatisme, est capable. Bergier.

DAVIDIS (François;. (Thêol.

biog. et bibliog.) — V. Socin.

hist.

DE BÉRANGER ( Jean - Pierre ) .

[Théol. rnixt. et hist. biog. et art.) — Béranger fut le poète classique et populaire de cette période romantique que nous rappelons souvent avec tant de regrets. L'ombre qui a succédé, sous nos yeux, durant le second empire, à cette lumière en a trop fait ressortir pour nous la couleur théiste et chrétienne ! Nous n'aurions donc garde d'oublier celui qui en fut un des astres, tout chansonnier qu'il fût.

Béranger dit lui-même dans ses poésies qu'il naquit à Paris,

Eu l'an du Christ mil sept cent quatre-vingt.

qu'il fut élevé dans la même ville.

Chez un tailleur, son pauvre et viaui grand-pèra.

qu'il fut, dans sa jeunesse,

Garçon d'auberge, imprimeur et commis;

et qu'il eut pour maître dans l'art de faire des vers l'imprimeur Laisnez auquel il rend justice en lui disant :

Dans Part des vers, c'est toi qui fus mon maître, Je t'effaçai sans te rendre jaloux.

Nous ne chercherons pas à faire ressortir l'inimitable talent de ce chansonnier qu'on a comparé à La Fontaine, ni ne citerons les titres de

ses principales chansons, dont beaucoup sont des odes, quoiqu'il ne fut peut-être pas hors de propos de le faire dans un temps ou 1 art est tellement tombé, même en chansons, qu il parait avoir mis en oubli cet incomparable naitre, dont il n'y a plus guère quedessouvenirsbourgeois.Nousdonderons seulement à lire à nos jeunes matérialistes et athées contemporains une des dernières pièces de poésie que cet ami des Chateaubriand et des Lamennais, mort après eux, en 18S7, fit au moment même où le positivisme prenait chez nous son grand essor:

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