‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir. Volume 3 (volume 5)Chapitre 66 sur 110 · I)AY · texte numérisé non relu

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enfants ; il lui avait seulement promis de ne point détruire sa race, de ne point effacer son nom. I Reg., c.

24, v il. Il fut fidèle à sa parole, il ne voulut point livrer aux Gabaonites Miphiboseth, fils de Jonathas et petit-fils de Saùl : il garda donc exaetementcequ'ilavaitjuré à l'un et à l'autre. Sans l'ordre exprès de Dieu, David ne pouvait avoir aucun intérêt à détruire les autres descendants de Saûl, puisqu'aucun d'eux n'avait ni droit ni prétention à la royauté.

6° Il condamne les Ammonites vaincus aux travaux des esclaves, à couper et à scier du bois, à traîner les ebariots et les berses de fer, à façonner et à cuire les briques. II Reg., c. 12, f 31 ; l Paralip., c. 20, f 3. C'est ainsi que l'on traitait les prisonniers de guerre. Ici nos versions ne rendent pas exactement le sens du texte; mais il ne s'ensuit rien ; le texte de l'bistoire est très-susceptible du sens que nous lui donnons , et l'on ne peut y opposer aucune raison solide.

7° David fut adultère et bomicide, l'Ecriture ne le dissimule point ; un propbète lui reprocha ces deux crimes de la part de Dieu : David les confessa et en fit pénitence toute sa vie ; il les expia par une suite de malheurs que Dieu lit tomber sur lui et sur sa famille. Ferons-nous à Dieu un reproche d'avoir pardonné au repentir ?

8° Ce ne fut point par volupté que dans savieillesseDamdmit une jeune personne au nombre de ses femmes :

l'Ecriture sainte nous fait remarquer

r'il ne la toucha pas. III Reg., c. 1, ï. Dans ce temps la polygamie n'était pas défendue. Voyez Polygamie.

9° David, à l'heure de sa mort, n'ordonna ni vengeance ni supplice ; il avertit seulement Salomon son fils des dangers qu'il pouvait courir de la part de Joab et de Séméi, deux hommes d'une fidélité très-suspecte.

Salomon ne s'en défit dans la suite que parce que l'un et l'autre se rendirent coupables.

David a commis deux grands crimes ; l'Ecriture les lui reproche avec toute la sévérité qu'ils méritaient ; elle nous montre la vengeance écla-

tante que Dieu en a tirée ; mais ce roi ne les avait pas encore commis lorsqu'il est appelé homme selon le cœur de Dieu ; cela signifie que pour lors il était irrépréhensible, et non qu'il l'a toujours été.

En parlant des personnages de l'Ancien Testament, l'Ecriture en dit le bien et le mal, sans exagérer l'un et sans atténuer l'autre. La manière dont elle parle nous montre deux grandes vérités , la perversité de l'homme et la miséricorde infinie de Dieu. De tous les exemples qu'elle nous propose, il n'en est aucun de parfait, et nous sommes obligés de conclure avec Datn'd : Seigneur, si vous examinez à la rigueur nos iniquités, qui pourra tenir devant vous ? Ps.

129)1' 3. . Bergier.

DAVID. (Jacques-Louis) {Théol.hist.

biog. et œw:. d'art.) — Ce grand peintre, le restaurateur de l'école française, après la décadence de la régence et de Louis XV, naquit à Paris en 1748, et mourut en 1825. Par une réaction quelque peu exagérée peutêtre contre les Boucher et les Mignard, il força le genre antique quand il fit le Serment des Horaces et des Sabines ; mais quels chefs-d'œuvre que sa Mort de Socrate; son Marat frappé dans sa baignoire ; son Serment du jeu de paume, en dessin ; son Brutus ; son Portrait de Pie VU, etc ! l'art peut-il s'élever bien au delà ? Ce sont encore la philosophie et l'idée religieuse qui lui servent d'inspiratrices et qui lui donnent cette puissance.

Le Nom.

DAVID D'ANGERS (Pierre- Jean) (Théol. hist. biog. et œuv. d'art. — Ce grand scuplteur français, né à Angers, en 1789, ne visa jamais, dans tout ce qu'il fit, qu'à mettre l'idée dans la forme; « je ne veuxfaire, disait-il, que « de la sculpture morale ; » il entendait de la sculpture pensante, de la forme qui ne fût que la forme de l'idée. Si cette théorie établit la grandeur de sa conception de l'art, ses œuvres prouvent qu'il réalisait cette conception. Sa gloire d'artiste est dans 46 grandes statues, 25 petites, plus de 50 bas-reliefs et près de 510

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Médaillons, répandus dans toute la France. Tout ce qu'il a fait respire la vie, le patriotisme ardent, la force d'âme, la philosophie; et la religion mâle ne manque pas, non plus, dans son répertoire. Parmi ses œuvres principales on peut citer : la Jeune fille au tornbeaude Botz.aris,m Grèce,1827; le Monument de Bonchamps , pour l'église de Saint-Florent, en Vendée ; la Vierge au pied de la croix et Sai7it Jean; le GénéralFoy; GouvionSaint-Cyr; le Général Gobert; Philopœmen, aux Tuileries ; Corneille à Rouen; Fcnélon; Racine; Armand Carrel, à Saint-Mandé ; Lafayette, à Washington ; Bérenger ; M"e Mars; Rossini; Cluiteaubriant ; etc., etc. David d'Angers fut aussi un écrivain. Le Noir.

DAVID D'AUGSBOURG. (T/iéo?. hist.

biog et biblioy) — Ce mystique du xine siècle, naquit à Ratisbonne ou à Augsbourg, et mourut dans cette dernière ville maître des novices et professeur de théologie chez les franciscains. La première édition de ses œuvres parut en 1 596 ; ces œuvres étaient, dans cette édition : 1° Epistola fratris David de Augusta ad novitios Ratisbonx de eorum informations ; 2° Formula novitiorum de exterioris hominis reformations; 3° Formula interioris hominis; 4° De septem Processibus religiosi, cum vita S. Guatf'ardi.

Mais David avait aussi composé d'excellents ouvrages en allemand, que l'éditeur Pfeiffer a découverts. Ce sont : 1° les sept Préceptes préparatoires de la vertu ; 2° le Miroir de la vertu ; 3° Vie de Jésus-Christ notre modèle ; 4° les Quatre Ailes de la Méditation; 5° de la Contemplation divine; 6° de la Connaissance de la Vérité; 7° Méditations et Prières.

« Ces ouvrages dit M. Schrodl, sont les fruits d'un esprit pur et élevé, la langue en est sonore et pittoresque, ils respirent un profond sentiment de douceur, d'humilité et de piété chrétienne; la littérature allemande a peu d'ouvrages qui égalent la beauté et le charme de ces sermons, de ces pieux traités. Gervinus (1) les compare aux sermons de Berthold , et Jacques

(1) Hist. de la Littér., ae éd., II, 118.

Grimm, qui parle si avantageusement de Berthold (1), désigne, comme le chef-d'œuvre de cet auteur, le passage d'un de ses sermons qui appartient précisément à David. On a comparé la parole de Berthold à un flambeau qui éclaira toute l'Allemagne, et celle de David à une douce flamme qui pénétra sa patrie de sa silencieuse et profonde chaleur. »

Le Noir.

DAVID DE DINANT '{Mol. hist.

biog. et bibliog.) — Ce disciple le plus célèbre d'Amaury de Bène est nommé le Magister dans les histoires de son temps. On n'a rien de certain sur sa vie ; on ignore même s'il vivait encore en 1210, lorsque Raoul de Nemours découvrit les disciples d'Amaury, dont le chef, soi-disant prophète, était un orfèvre nommé Guillaume d'Arria, et qui furent la même année condamnés par un concile de Paris (2), les uns au bûcher, les autres à la prison perpétuelle (3). Le décret de ce concile, qui se trouve recueilli pour la première fois dans Martène, ordonne seulement de livrer et de brûler avant Noël les écrits (quaternuli) de David de Diiiant, et déclare hérétique quiconque les conservera encore après le délai précité. Un de ces écrits portait le titre : de Tomis, h. e. de Divisionibus (4), analogue au titre latin du livre d'Ërigène : de Divisione naturse, comme celui du livre principal d'Amaury, Pision, ressemble au titre grec du même écrit d'Érigène; riept çùaewv [j.epitj[jioû (S). Il était originairement écrit en latin, et non en français, comme on l'a prétendu. On trouve des indications sur David de Binant dans Albert le Grand (6), et dans S. Thomas d'Aquin (7).

(1) Annuaire littér. d? Vienne, 1S2S, 32e t.

(2) Mansi, XXII, 809-812.

(3) Rigordus, de Gestis Philippi Augusli, Francise régis, ad annum 1209. Csssarii Heisterbac. Chronicon , V, 29. Marte ne et Durand Thes.nov. Anecd., IV, 166.

(4) Albert. Magn., Summa theolog., t. Ij iract. IV, quœst. 20, membr. 2.

(5) Conf. Engelhardt, Dissertation d'Bist. eecl,, ErlaDpen, 1832, p, 261.

(6) T. I, tract. VI, quœst. 29, art. 2 membr. 1 ; tract. XVIII, quœst. 70, membr. 1, circafiaem; enfin t. II, tract. 1, quœst. 4. mombr. 3.

(7) Commentai*, in Sent. II, dist. XVir,qn»«t. t, art. i. ,

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