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Voilà doue le danger inévitable auquel se trouve exposé un innocent.
Sil'onveutse donnerla peine d'examiner dans le Dictionnaire de Jurisprudence, toutes les conditions qui sont nécessaires pour qu'eu pareil cas un meurtrier soitinnocent, et soit déclare tel on verra si l'opinion que Barbeyrac blâme avec tant de bauteur est aussi mal fondée qu'il le prétend.
Heureusement le cas dont nous parlons est très-rare, et quand les Pères se seraient trompés en le décidant, il n'y aurait encore là aucun danger poulies mœurs. Le premier mouvement d'un homme attaqué sera toujours de se défendre, et l'on sait bien qu'il ne lui est pas possible d'avoir pour lors assez de sang-froid pour mesurer ses coups.
De là même nous concluons, contre les déistes et contre tous les censeurs de la morale chrétienne, qu'il n'est pas vrai que la loi naturelle et le droit naturel soient fort aisés à connaître dans tous les cas, et qu'il en est plusieurs dans lesquels les deux partis sont exposés à peu près aux mêmes inconvénients. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dans tous les cas, la chante héroïque d'un chrétien sera toujours un excellent exemple, et ne produira jamais aucun mal. Bergier.
DÉFENSEURS, hommes chargés par état de soutenir les intérêts des autres ; c'a été autrefois un nom d'office et de dignité.
La distinction à faire entre les défenseurs des Eglises, les défenseurs des villes et des cités, les défenseurs du peuple, les défenseurs des pauvres, regarde principalement les historiens et les canonistes; mais il nous est permis d'observer que ces titres et ces commissions ont été souvent confiés aux évèques, aux pasteurs,- nonseulement sous les empereurs, mais sous la domination de nos rois, et qu'en cette qualité les évoques étaient obligés, autant par justice que par charité, à représenter au souverain les besoins et les griefs des sujets de leur diocèse. Et comme il y avait une portion d'autorité civile attachée à la charge de défenseur, les évêques s'en sont trouvés revêtus par cette marque
de confiance. C'a été là une des sources de l'autorité du clergé en matière civile, source de laquelle il n'a point à rougir, et qui lui sera toujours trèshonorable. Bergier.