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ments et dure six heures ; la seconde, qu'on appelle majeure ordinaire, dure dis heures ; son objet est la religion, l'Ecriture sainte, l'Eglise, les conciles, et divers points de critique de l'histoire ecclésiastique. La troisième , 511' on nomme sorbonique, parce qu'elle se soutient toujours en Sorbonne , traite des péchés, des vertus, des lois, de l'incarnation et de la grâce: elle dure depuis sis heures du matin jusqu'à six heures du soir. Ceux qui ont soutenu ces trois actes, et disputé aux thèsespendant ces deux années, pourvu qu'ils aient d'ailleurs les suffrages des docteurs préposés à l'examen de leurs mœurs et de leur capacité, sont Kcenciés, c'est-à-dire, renvoyés du cours d'études, et reçoivent la bénédiction apostolique du chancelier de l'Eglise de Paris.
Pour le degré de docteur, le licencié soutient un acte appelé vespéries, depuis trois heures après midi jusqu'à six; ce sont des docteurs qui disputent contre lui. Le lendemain, après avoir reçu le bonnet de docteur de la main du chancelier de l'université, il préside, dans la salle de l'archevêché de Paris, à une thèse nommée aulique, ab aula, du lieu où on la soutient.
Six ans après, il est obligé de faire un acte qu'on nomme résumpte, c'est-àdire récapitulation de toute la théologie, s'il veut jouir des droits et des émoluments attachés au doctorat.
Voyez Bachelier, etc. Bergier.
DEGUERRY(l'abbé Gaspard). (Théol.
hist. biog. et bibliog.) — L'abbé Deguerry ou Duguerry, né a Lyon en 1797, est un de ceux qui furent fusillés comme otages, en 1871, avec l'archevêque de Paris et le sénateur Bonjean, sur les ordres de la majorité de la commune que fit exécuter Raoul- Rigault, le préfet de police do sinistre mémoire. M. Deguerry, après avoir été curé de Saint-Eustache, était devenu depuis longtemps curé de la Madeleine et voulait y mourir, car il avait refusé plusieurs évêchés. S'il eût été curé de Saint-Eustache encore, il est certain que les femmes de la halle l'auraient sauvé, puisqu'elles ont sauvé l'abbé Simon qui lui avait succédé et y avait acquis une popularité
égale à celle qu'y avait eue son prédécesseur, et que celui-ci n'avait pas manqué d'acquérir ensuite à la Madeleine, aussi bien parmi les riches que parmi les pauvres. L'abbé Deguerry était un excellent prédicateur et un prêtre très-libéral ; il avait siégé, dans les congrès de la paix, au bureau de la présidence, à côté du ministre protestant Coquerel et de Victor Hugo.
Nous l'avons connu particulièrement, et peu d'hommes nous ont paru réunir à ce point les qualités du propagateur de l'Evangile. La peine qu'il reçut de se voir fusiller par des gens qui se disaient démocrates lui donna une désolation, qu'il réprima presque aussitôt et qui ne dura qu'un instant.
Toutes ces victimes innocentes ont montré le plus grand courage devant la mort : l'archevêque, le président Bonjean, le curé Deguerry, Chaudey l'avocat de Proudhon, et les autres, aussi bien que les treize dominicains assassinés dans un autre quartier sans forme de jugement. R nous a été donné d'obtenir par l'entreprise de l'honnête vieillard Beslay, notre ami, qui fut le sauveur de la banque, la mise en liberté, avec un sauf conduit de RaouLRigault, d'un jeune secrétaire de l'archevêché . Que n'avonsnous pu faire de même pour tous !
On a de M. Deguerry deux éloges de Jeanne d'Arc (ou Darc), prêches à Orléans, l'un en 1828, l'autre en 1836; la Trappe mieux connue, 1844 ; Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, 1846; Vies des saints, 1845; etc.
Le Nom.
DÉICIDE. On ne se sert de ce mot qu'en parlant de la mort à laquelle Pilate et les Juifs ont condamné le Sauveur du monde. Il est formé de Deus, Dieu, et de cœdo, je tue. Déicide signifie mort d'un Dieu, comme homicide le meurtre d'un homme, parricide, celui d'un père, et autres semblables composés. A la vérité, c'est en tant qu'homme, et non en tant que Dieu, quoJésus-Cbristestmort ;inais, en vertu de l'incarnation , l'on doit attribuer à la personne divine toutes les qualités et les actions de la nature divine et de la nature humaine ; conséquemment il est vrai dans toute la
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rigueur des termes, en parlant de Jésus-Christ, qu'un Dieu est né, mort,
•'- ressuscité, etc. Voyez Incarnation.
' 5. Les rabbins, qui ont voulu faire l'a-
1 ' pologie de leur nation, se sont effor- 1 ces de prouver qu'elle ne s'est point ? rendue coupable d'un déicide, et que
; ll'on ne peut l'en accuser sans injustice; ils en concluent que l'état d'op-
■ tprobre et de souffrance où elle est "réduite, depuis dix-sept siècles, ne peut pas être une punition de ce crime prétendu. Les incrédules , toujours prêts à faire cause commune avec les ennemis du Christianisme, ont répété les raisons des rabbins ; ils les ont principalement puisées dans l'ouvrage du juif Orobio, et dans le recueil de Wagenseil, Philippi a Limborch arnica collatio cum erudito Judseo. Tela ignea Satanse, etc.
1° Ce ne sont pas les Juifs, disentils, mais les Romains qui ont crucifié Jésus; quand ce seraient les Juifs, leurs descendants n'en sont pas responsables ; il y aurait de l'injustice à lés punir du crime de leurs pères.
Les Juifs, dispersés par tout le monde, n'eurent point de part à ce qui se passait à Jérusalem, et cependant l'on suppose que leurs descendants sont punis aussi bien que les autres. Pour que l'on pût accuser d'un déicide les meurtriers de Jésus, il faudrait qu'ils l'eussent connu pour Fils de Dieu : or, ils ne l'ont jamais regardé comme tel ; Jésus lui-même, en demandant pardon pour eux, a dit: Ils ne savent ce qu'ils font, et saint Paul dit que s'ils avaient connu le Seigneur de gloire, ils ne l'auraient pas crucifié. 1 Cor., c. 2, ? 8.
Réponse. Les apologistes des Juifs oublient que Jésus fut condamné à mort par le grand-prêtre et par le conseil souverain de la nation, que ce furent ses juges mêmes qui demandèrent à Pilate l'exécution de leur sentence, qui engagèrent le peuple à crier : Crucifige ; que son sang retombe sur nous et sur nos enfants. Leurs descendants applaudissent encore à cette conduite, ils maudissent Jésus-Christ et blasphèment contre lui aussi bien que leurs pères, ils sont encore aussi obstinés que ceux de Jérusalem, après dix-sept cents ans de punition. Ceux
qui étaient dispersés hors de la Judée, et qui eurent connaissance de la condamnation et de la mort de Jésus, l'approuvèrent ; ils rejetèrent la grâce de l'Evangile lorsqu'elle leur fut annoncée; ils persécutèrent les apôtres; ils se rendirent donc complices, autant qu'ils le purent, du crime commis à Jérusalem, et leurs descendants font de même : c'est donc ici un crime national, s'il en fut jamais; ces derniers ne sont pas punis du péché de leurs pères, mais de leur propre crime.
Pour qu'il soit justement nommé déicide, soit dans les pères, soit dans les enfants, il n'est pas nécessaire qu'ils aient connu Jésus-Christ pour ce qu'il était, il suffit qu'ils aient pu le connaître s'ils avaient voulu : or, Jésus-Christ avait prouvé si clairement sa divinité par ses miracles, par ses vertus, par la sainteté de sa doctrine, par les anciennes prophéties , par celles qu'il fit lui-même, que l'incrédulité des Juifs est inexcusable. Par un excès de charité, Jésus-Christ a cherché à l'excuser ; saint Paul a fait de même, mais il ne s'ensuit pas que ces meurtriers aient été innocents. Il aurait fallu une malice diabolique, pour crucifier un Dieu connu comme tel.
2° Les Juifs, continuent leurs apologistes, ne nous paraissent pas fort coupables pour n'avoir pas reconnu dans Jésus la qualité de Messie et de Fils de Dieu. Les anciennes prophéties semblaient annoncer plutôt aux Juifs un libérateur temporel, un conquérant, qu'un prophète, un docteur, ou un rédempteur spirituel ; ils n'étaient pas obligés de deviner que tous ces anciens oracles devaient être entendus dans un sens figuré et métaphorique. Quelque nombreux que fussent les miracles de Jésus, on pouvait y soupçonner du naturalisme ou de la fraude ; d'ailleurs les Juifs étaient persuadés qu'un faux prophète pouvait en faire. S'il montrait des vertus, sa conduite n'était cependant pas à couvert de tout reproche : il violait le sabbat ; il ne faisait aucun cas des cérémonies légales; il traitait durement les docteurs de la loi ; sa doctrine paraissait, en plusieurs points, contraire à celle de Moïse.
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Réponse. Tout cela prouve très-bien que quand les hommes veulent s'aveugler, ils ne manquent jamais de prétextes ; c'est ce que font encore les incrédules, parfaits imitateurs des Juifs. Ceux-ci ne prenaient les prophéties dans un sens grossier, que parce qu'ils étaient plus attachés aux biens de ce monde qu'à ceux de l'autre vie, et qu'ils faisaient plus de cas d'une délivrance temporelle que d'une rédemption spirituelle. Il est prouvé d'ailleurs que la plupart des prédictions des prophètes ne pouvaient absolument s'accomplir dans le sens que les Juifs y donnaient. {Voyez Prophéties. Leurs soupçons contre les miracles de Jésus-Christ, renouvelés par les incrédules, sont évidemment absurdes. Quand on aurait pu avoir quelque défiance de ceux qu'il fit pendant sa vie, que pouvait-on alléguer contre les prodiges qui arrivèrent à sa mort, surtout contre la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, etc.? Le prétendu pouvoir des faux prophètes de faire des miracles n'est prouvé par aucun passage de l'Ecriture sainte, ni par aucun exemple. Voyez, Miracle.
Jésus-Christ ne détourna jamais personne d'accomplir les cérémonies légales, au contraire, enles comparant aux devoirs de la loi naturelle, il disait qu'il faut accomplir les uns et ne pas omettre les autres. Math., c. 23, f 23. Mais il blâmait, avec raison, l'entêtement des Juifs, qui attachaient plus de mérite aux cérémonies qu'aux vertus, et qui poussaient la démence jusqu'à prétendre que Jésus-Christ violait la loi du sabbat, en guérissant des malades. Josèphe, quuique juif, est convenu que dans ce temps-là, les chefs, les prêtres et les docteurs de sa nation, étaient des hommes très-corrompus; Jésus-Christ, qui avait authentiqucmentprouvé samission, était donc en droit de leur reprocher leurs désordres. Jamais l'on ne prouvera que sa doctrine ait été opposée à celle de Moïse.
3° Moïse, dit Orobio, n'a jamais averti les Juifs que leur incrédulité au Messie leur ferait encourir la malédiction de Dieu, et que, pour l'avoir rejeté, ils seraientdispersés, haïs, persécutés par toutes les nations. Si leur
captivité présente était une punition de ce crime, ils ne pourraient rendre leur sort meilleur qu'en adorant Jésus ; mais soit qu'un Juif se fasse mahométan, païen ou chrétien, il se soustrait également à l'opprobre jeté sur sa nation.
Réponse. Dieu avait suffisamment averti les Juifs de leur sort futur, lorsqu'il leur dit par la bouche de Moïse, De»*., c. 18, t. 19 : « Si quel- » qu'un n'écoute pas le prophète que » j'enverrai, j'en serai le vengeur. »
Cette menace n'était-elle pas assez terrible pour les intimider et les rendre dociles? Dans l'article Daniel, nous avons vu que ce prophète a distinctement prédit qu'après la mort du Messie sa nation serait réduite à l'excès de la désolation, et que ce serait pour toujours ; les Juifs ont donc tort de chercher ailleurs la causede leur malheur présent. De ce qu'un juif s'y soustrait, en embrassant une autre religion, vraie ou fausse, il s'ensuit que leur état est plutôt une punition nationale qu'un châtiment personnel et particulier, ou plutôt qu'il est l'un et l'autre, et nous en convenons. Au mot Captivité, nous avons fait voir qu'il n'est pas vrai que cet état soit une continuation et une extension de la captivité de Babylone.
Bergier.
DÉISME. Si l'on veut apprendre des déistes mêmes en quoi consiste leur système, on doit s'attendre à être trompé par un tissu d'équivoques. Ils disent qu'un déiste est un homme qui reconnaît un Dieu et professe la religion naturelle.
1° Il faut ajouter : Et qui rejette toute révélation, quiconque en admet une n'est plus déiste. Voilà déjà une rélicence qui n'est pas fort honnête.
2° Il reconnaît un Dieu ; mais quel Dieu? Est-ce la nature universelle de Spinosa, ou l'âme du monde des stoïciens? un Dieu oisif comme ceux d'Epicure, ou vicieux comme ceux des païens? un Dieu sansprovidence, ou un Dieu créateur, législateur et juge des hommes? On ne trouvera peut-être pas deux déistes qui s'accordent sur cet unique article de leur symbole.
3° Qu'entendent-ils par religion na-
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turelle ? C'est, disent-ils, le culte que la raison humaine, laissée à elle-même, nous apprend qu'il faut rendre à Dieu,
Mais la raison humaine n'est jamais laissée à elle-même, si ce n'est dans un Sauvage, abandonné dès sa naissance, et élevé seul parmi les animaux; nous voudrions savoir quelle serait lareligion d'une créature humaine, ainsi réduite à la stupidité des brutes. Tout homme reçoit une éducation bonne ou mauvaise; lareligion qu'il a sucée avec le lait lui paraîttoujours la plus naturelle et la plus raisonnable de toutes. S'il y en a une qui soit plus naturelle que les autres, pourquoi Platon, Socrate, Epicure, Cicéron, ne l'ont-ils pas aussi bien connue que les déistes d'aujourd'hui ? Nous ne voyons pas en quel sens on peut appeler religion naturelle, une religion qui n'a existé dans aucun lieu du monde, et qui n'a pu être forgée que par des philosophes éclairés dès l'enfance par la révélation chrétienne.
4° Lorsqu'on demande en quoi consiste cette prétendue religion naturelle, ils disent : A adorer Dieu et à être honnête homme. Nouvel embarras; adorer Dieu, de quelle manière ? Par un culte purement intérieur, ou par des signes sensibles? par les sacrifices des Juifs, on par ceux des païens ? selon le caprice des particuliers, ou suivant une forme prescrite ? tout cela est-il indifférent aux yeux des déistes? Dans ce cas, toutes les absurdités et tous les crimes pratiqués par motif de religion, chez les infidèles anciens et modernes, sont la religion naturelle.
Etre honnête homme, en quel sens?
Tout particulier est censé honnête homme lorsqu'il observe les lois de lsonpays, quelque hijustes et quelque (absurdes qu'elles soient. Un Chinois «st honnête homme en vendant, en exposant, en tuant ses enfants ; un Indien, en faisant brûler les femmes sur le corps de leurs maris; un Arabe, en pillant les caravanes; un corsaire barbaresque, en infestant les mers, etc. Si tout cela est honnête, suivant les déistes, leur morale n'est pas
plus gênante que leur symbole.
Disons donc que le déisme est la
doctrine de ceux qui admettent un Dieu sans le définir, un culte sans le déterminer, une loi naturelle sans la connaître, et qui rejettent les révélations sans les examiner. Ce n'est qu'un système d'irréligion mal raisonné, ou le privilège de croire et de faire tout ce qu'on veut.
Si l'on se figure que les déistes ont de forts arguments pour l'établir, ou se trompe encore ; ils n'ont que des objections contre la révélation : presque toutes se réduisent à un sophisme aussi frauduleux que le reste de leur doctrine.
Une religion, disent-ils, dont les preuves ne sont point à la portée de tousles hommes raisonnables, ne peut être établie de Dieu pour tous. Or, de toutes les religions qui se prétendent révélées, il n'en est aucune dont les preuves soient à portée de tous les tommes raisonnables ; donc aucune n'est établie de Dieu pour tous. Les déistes concluent qu'une révélation qui serait accordée à un peuple et non à un autre, serait un trait de partialité, d'injustice, de méchanceté de la part de Dieu. On a fait des livres entiers pour étayer cet argument.
Nous commençons par le rétorquer contre les déistes; nous soutenons qu'un homme raisonnable, mais sans instruction, est incapable de se former une idée juste de Dieu, du culte qui lui est dû, des devoirs de la loi naturelle ; cela est prouvé par une expérience aussi ancienne que le monde.
Donc la prétendue religion naturelle des déistes n'est point établie de Dieu pour tous les hommes. Selon leur principe, il est absurde de dire que Dieu prescrit une religion à tous les hommes, et que tous ne sont pas en état de la connaître.
Un particulier simple et ignorant est encore plus incapable de démontrer que Dieu n'a donné et n'a pu donner aucune révélation ; que quand il y en aurait une, nous serions en droit de ne pas nous en informer.
Donc le déisme n'est pas fait pour tous les hommes.
Il y a plus : les deux premières propositions de l'argument des déistes sont captieuses et fausses. Pour qu'une religion soit censée établie de Dieu
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pour tous les hommes, il n'est pas nécessaire que tous soient capables d'en deviner, par eux-mêmes, la croyance et les preuves, sans que personne les leur propose ; il suffit que tous puissent en sentir la vérité lorsqu'on la leur proposera. Dès ce moment ils seront obligés, sous peine de damnation, de l'embrasser, parce que c'est un crime de résister à la vérité connue. Ceux qui sont dans une ignoranceinvincible n'en seront pas punis; mais ceux qui peuvent connaître ce que Dieu a révélé et ne le veulent pas, sont certainement punissables.
Or, nous soutenons que les preuves du Christianisme sont tellement évidentes, que tout homme raisonnable, auquel on les propose, est en état d'en sentir la vérité. Il est donc établi de Dieu pour tous ceux qui peuvent en avoir connaissance ; l'ignorance invincible peut seule excuser les autres. Ainsi l'a décidé Jésus-Christ luimême. Matth., c. 25, f 41 et suiv. ; Joan., c. 9, ? 41 ; c. 15, ? 22 et 24 ; Luc, c. 12, y 48.
Un déiste est forcé d'avouer, de son côté, qu'un homme qui serait assez stupide pour être dans l'ignorance invincible de la religion naturelle, ne serait pas punissable ; s' ensuit- il de là que la religion naturelle n'est pas faite pour tous les hommes? L'argument des déistes n'est donc qu'un sophisme ; nous le réfuterons encore plus directement ci-après.
Ils ne sont pas mieux fondés à prétendre qu'il y aurait de la partialité, de l'injustice, de la malice, si Dieu mettait la religion révélée plus à portée de certains hommes que d'autres.
Leur prétendue religion naturelle est précisément dans le même cas ; il y a certainement des hommes qui sont plus en état que d'autres de la saisir, de la comprendre, d'en concevoir et d'en goûter les preuves.
De même que Dieu peut, sans partialité, mettre de l'inégalité dans la distribution qu'il fait des dons naturels de l'âme, il peut en mettre aussi légitimi ment dansle partage des dons surnaturels ; dans l'un et l'autre cas, il ne fait point d'injustice, parce qu'il ne demande compte à un homme que de ce qu'il lui a donné.
Aristide et Socrate étaient nés avec un meilleur esprit et un cœur plus droit que les cyniques ; les Antonins étaient naturellement plus hommes de bien que Néron, Tibère et Caligula ; faut-il blasphémer contre la Providence, à cause de cette inégalité?
Si Dieu a daigné accorder encore plus de grâces surnaturelles aux uns qu' aux autres, il n'y a pas plus d'injustice dans le second cas que dans le premier.
Selon les déistes, pour qu'un homme puisse être assuré de la vérité d'une religion révélée, telle que le Christianisme, il faut qu'il en ait comparé les preuves et les difficultés avec celles de toutes les fausses religions. Autre absurdité. Unhomme, convaincu de l'existence de Dieu par des preuves évidentes, est-il obligé de les comparer aux objections des athées, des matérialistes, des pyrrhoniens ? Non, disent les déistes ; un ignorant ne comprend rien à ces objections, il est dispensé de s'en occuper. Mais un simple fidèle, convaincu de la vérité du Christianisme par des preuves de fait, ne comprend pas mieux les objections des mécréants ; il est donc aussi dispensé de s'en occuper.
Il est faux d'ailleurs qu'un ignorant ne comprenne rien aux objections des athées; leur plus forte objection contre l'existence de Dieu et contre sa providence est tirée de l'origine du mal : or, cette difficulté vient d'ellemême dans l'esprit des hommes les plus grossiers. Un nègre, à qui l'on voulait prouver que Dieu est bon, répondait : Mais si Dieu est bon, pourquoi ne fait-il pas venir des patates, sans que je sois obligé de travailler ? Nous prions les déistes de donner à ce nègre une réponse plus aisée à comprendre que son objection.
Mais ils ne répondent à rien, ils ne savent faire autre chose que rassembler des doutes, accumuler des difficultés; il nous est donc permis de leur en opposer à notre tour.
1û Dès que l'on admet sincèrement un Dieu, il est absurde de lui prescrire un plan de providence, de vouloir décider de ce qu'il peut accorder ou refuser aux hommes ; nos faibles idées sont-elles la mesure de sa puis-
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