Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le Noir
L. (Thêol. mixt. scien. philol.) — Cette consonne, qui est la huitième ou la neuvième de notre alphabet, se retrouve au même rang dans toutes les langues néolatines et germaniques: elle est uniforme dans le samaritain, le syrien, le gaure, l'arabe, l'arménien, le grec antique, l'étrusque, le latin et ses dérivées. Les Latins qualifiaient cette lettre de semi-voyelle.
Elle représente, selon les uns, l'articulation liquide douce, etselon d'autres, la linguale molle ou liquide.
En grec, elle s'appelle lambda et est de celles qui sont immutables ou amétaboles, c'est-à-dire qui ne peuvent se changer en une autre. En français, il y a eu des transmutations de l en u et en au, par exemple le mot auberge s'écrivit et se prononça d'abord alberge, et le mot oiseau fit originairement oisel.
Les peuples dont l'alphabet manque de la consonne R en remplacent l'articulation par L.
Dans- les grammaires indiennes, V L se retrouve dans le devanâgari, cest le LA, et il est la troisième des semi-voyelles ou liquides.
En slave, V L s'appelle le lioudi, et est la douzième des lettres de l'alphabet. *
En celtique, il s'appelle le luis et est la neuvième lettre.
En hébreu, L s'appelle le lamed, s'écrit S, est la douzième lettre de l'alphabet, et est le du nombre trente.
Le Nom
signe numérique
LABADISTES, hérétiques, disciples de Jean Labadie, fanatique du dixseptième siècle. Cet homme, après avoir été jésuite, ensuite carme, enfin ministre protestant à Montauban et en Hollande, futchefde secte, et mourut dans le Holstein en 1674.
Voici les principales erreurs que soutenaient Labadie et ses partisans.
1° lis croyaient que îlieu peut et veut tromper les hommes, et les trompe effectivement quelquefois; ils alléguaient en faveur de cette opinion monstrueuse divers exemples tirés de l'Ecriture sainte qu'ils entendaient mal : comme celui d'Achab, de qui il est dit que Dieu lui envoya un esprit de mensonge pour le séduire. 2° Selon eux, le Saint-Esprit agit immédiatement sur les âmes, et leur donne divers degrés de révélation tels qu'il les faut pour qu'elles puissent se décider et se conduire elles-mêmes dans la voie du salut. 3° Ils convenaient
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que le baptême est unsceau de l'alliance de Dieu avec les hommes, et ils trouvaient bon qu'on le donnât aux enfants naissants; mais ils conseillaient de le différer j usqu'à un âge avancé, parce que, disaient-ils, c'est une marque qu'on est mort au monde et ressuscité en Dieu. 4° Ils prétendaient que la nouvelle alliance n'admet que des hommes spirituels, et qu'elle les met dans une liberté si parfaite, qu'ils n'ont plusbesoiade loi ni de cérémonies, que c'est un joug duquel Jésus-Christ a délivré les vrais fidèles. b° Ils soutenaient que Dieu n'a pas préféré un jour à l'autre ; que l'observation du jour du repos est une pratique indifférente ; queJésus-Christ n'a pas défendu de travailler ce jour-là comme pendant le reste de lasemaine; qu'il estpermis de le faire, pourvu que l'on travaille dévotement. 6° Ils distinguaient deux Eglises, l'une dans laquelle le christianisme a dégénéré et s'est corrompu, l'autre qui n'est composée que de fidèles régénérés et détachés du monde. Ils admettaient aussi le règne de mille ans, pendant lequel Jésus-Christ doit venir dominer sur la terre, convertir les juifs, les païens et les mauvais chrétiens.
7° Ils ne croyaient point la présence réelle de Jésus- Christ dans l'eucharistie ; selon eux, ce sacrement n'est que la commémoration de la mort de Jésus-Christ ; on l'y reçoit seulement spirituellement, quand l'on communie avec les dispositions nécessaires.
8° La vie contemplative, selon leur idée, est un état de grâce et d'union divine, le parfait bonheur de cette vie, et le comble de la perfection. Ils avaient sur ce point un jargon de spiritualité que la tradition n'a point enseigné, et que les meilleurs maîtres de la vie spirituelle ont ignoré.
Il y a eu longtemps des labadistes dans le pays de Cléves ; mais il est incertain s'il s'en trouve encore aujourd'hui. Celte secte n'avait fait que joindre quelques principes des anabaptistes à ceux des calvinistes, et la prétendue spiritualité dont elle faisait profession, était la même que celles des piétisleset des hernhutes. Le langage dé la piété, si énergique et si touchant dans les principes de l'Eglise
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catholique, n'a plus de sens et parait absurde, lorsqu'il est transplanté chez les sectes hérétiques ; il ressemble aux arbustes, qui ne peuvent prospérer dans une terre étrangère. Bergier.
LABARUM, étendard militaire que fit faire Constantin lorsqu'il eut vu dans le ciel la figure de la croix.
Voyez Constantin. On ignorait l'étymologie du mot labarum ; M. de Gébelin dit, avec beaucoup de vraisemblance, qu'il vient de lab, main, d'où est venu XâSu prendre, tenir ; et de 3po> élever; c'est à la lettre, ce que Von tient élevé.
Bergier.
LABAT (Jean-Baptiste). (Tkéol. hist.
biog. et bibliog.) . — Ce missionnaire dominicain qui partit pour l'Amérique en 1695, revint en 1705 et mourut à Paris en 1738, a laissé: Nouveau voyage aux îles del'Amèrique ; Voyage en Espagne et en Italie ; Nouvelle relation de l'Afrique occidentale ; Voyage du chevalier des Marchais en Guinée ; Relation historique de l'Ethiopie occidentale.
Le Nom.
LABBE (Philippe). {Thèol.hist. biog.
et bibliog. ) — Ce célèbre collectionneur des conciles, naquit à Bourges en 1607, et mourut en 1C67, après avoir enseigné successivement les sciences, la philosophie et la théologie. Ses ouvrages les plus remarquables sont: De Byzantùe histor ix scriptoribus, Paris, 1648, iu-fol. ;Nova Bibliotheca mse., eu2 v. in-fol., 16.Î3; De scriptoribus eccles. Bellarmini- philolog. et histor. dissertât. ;Galcni Vita; Bibliotheca antijanseniana ; Notiiia Bïijnitatum lmperii Romani cum comment. Guidonis Pacirolli ; Bibliotheca bibliothecarum. Paris, 166i, in-fol., plusieurs fois édile ; Le Chronaioffisie français, 1665; Concordia chrono'ogica, technica et histor., Paris, 1670, 5 vol. in-fol. ; Collection aes Conciles, qui est son principal ouvrage, en 17 parties, dont 1 1 furent imprimées deson vivant et les autres par les soins de D. Cossart ,du mènae ordre: Sacrosancta Concilia, stvl. l'h.
Labbci et Cossarti, Paris, 1672, 18 vol.
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in-fol.;Venet., 1728-1732,23 vol. infol. Le Noir.
LABBES (les), ou Stercoraires, les