‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le NoirChapitre 2 sur 114 · FRÉGATES ET AUTRES OISEAUX VOLEURS · texte numérisé non relu

FRÉGATES ET AUTRES OISEAUX VOLEURS

(Théol. mixt. scicn. zool.) — Dieu a mis de tout dans la nature et a dit à l'être intelligent et libre, en le plaçant au centre de ce spectacle :« Imite qui tu voudras dans cette grande arène ; imite, si tu veux, le loup assassin plutôt que le doux agneau, le vautour altéré de sang plutôt que l'inoffensive colombe , le bouc lascif et le coq libertin, plutôt que la chaste et laborieuse abeille; mais tu sauras, par le témoignage de ta conscience, que ce qui, chez tous ces êtres, n'était que la satisfaction de leur instinct, aura fait de toi une monstruosité morale. Je te donne la liberté d'user et; d'abuser, mais n'oublie pas que c'est à tes risques et périls. »

^ Nous avons décrit, au mot Coucou, l'oiseau voleur de la maison d'autrui ; disons quelques mots des oiseaux dé mer, voleurs de la proie de leurs confrères des côtes qu'ils forcent à la dégorger pour s'en saisir. Les frégates sont de ce nombre ; elles vivent ainsi de piraterie aux dépens de quelques autres oiseaux parmi lesquels figurent en première ligne ceux qu'on appelle les fous ; mais ces oiseaux voleurs sont surtout les labbes. On les avaii appelés stercoraires , du mot latin stercus, fiente, parce qu'on avait cru que ces oiseaux, qu'on voit souvent culbuter les mouettes, les goélands, les fous, les sternes, les cormorans mêmes, puis passer, d'un coup d'aile, sous leurs corps en saisissant quelque •chose qui tombe, vivaient de leurs .fientes. Mais il est bien constaté aujourd'hui que ce qu'ils saisissent de la sorte, c'est le poisson lui-même qu'ils viennent de forcer , à gros coups de bec, leur malheureuse victime à dégorger; c'est la bourse ou la vie que ce brigand du grand air demande au passant, et le passant livre son bol alimentaire pour conserver sa vie. Aussi les a-t-on nommés, depuis qu'on leur connaît cet instinct, lestris, (en grec, voleur.) Ce sont des palmipèdes, appartenant à la famille des grands voiliers ou longipcnnes, qui

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ressemblent beaucoup aux goélands, et qu'on voit, à la suite des tempêtas sur nos côtes de l'Océan et de la Manche en automne et en hiver; quelquefois ils viennent jusque dans nos champs de blé; leur vol est tellement fort et rapide, qu'il résiste à la violence des ouragans. Ils attendent en guct-à-pens les voyageurs au passage, perchés sur une roche dominante, observent dans l'étendue tout ce qui se passe à la surface des eaux, et s'ils voient un des oiseaux pêcheurs qui leur sont connus, plonger sur la plaine liquide et saisir un poisson, ils fondent sur lui, le poursuivant jusqu'à ce qu'ils l'atteignent et le frappent sans merpi jusqu'à ce qu'il se résigne à dégorger sa proie; c'est alors que le labbe, passant dessous, attrape la proie qui va tomber, et retourne l'avaler sur sa roche, oubliant la victime à laquelle il ne voulait pas d'autre mal.

On connaît cinq espèces de labbes qui 'habitent tontes les régions boréales de notre pôle et qui "viennent, comme nous l'avons dit, jusque dans nos climats; mais parmi ces espèces, la plus commune chez nous, durant les hivers, est le labbe cataracte, appelé vulgairement le goéland brun; il porte- une tache blanche sous l'aile, vit solitaire, cherche toujours rapine, chasse de son repaire les autres oiseaux et est assez hardi pourattaquer à coups de bec l'homme qui s'v aventure. Le Noir.

LABOULAYE (Édouard-René Lefèvre). — (Théol. hast. biog. bibliog.) — Cet écrivain et jurisconsulte français, membre de l'Institut, né en 181 1 à Paris, s'est rendu célèbre par un grand nombre d'ouvrages agréablement écrits et au niveau dumouvement moderne en même temps que dans un bon esprit au point de vue philosophique et religieux. On peut citer: Recherches sur la condition civile et politique des femmes depuis les Romains jusqu'ànos jours, in-8°, 1843*, Essaim" les lois criminelles des Romains concernantlaresponsabilitè desmagistrats, in- 8°, 1 84o ; Histoire politique des États- Unis, depuis les premiers essais de civilisationjusqu'àradoptiondelaconsiitution fédérale, in-8° , 18o5 ; Etudes sur la

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propriété littéraire en France et en Angleterre, 1838; traduction des Œuvres sociales de Channing, 1834, de son livre De l'esclavage, 1855, et de ses Traités religieux, mi ; Etudes contemporaines sur l'Allemagne et les pays slaves, 1855 ; De la liberté religieuse 1856; Souvenirsd'unvoyageur, recueil de contes gracieux, 18o7; Abdallah, roman arabe, 18o9; etc.

M. Laboulaye vient de se montrer, avec le ministre M. Wallon, véritablement libéral, libéral sans partialité, dans la discussion parlementaire française sur la liberté du haut enseignement soutenue par Mgr. Dupanîoup. Le Nom.

LA BRUYÈRE (Jean de). {Théol. hist.

biog. bibliog.) — Ce philosophe moraliste, littérateur français, né à Dourdanen 1644, et mort en 1696, a laissé dans ses Caractères, un livre plein d'esprit, imité de Théophraste pour la manière, et travaillé avec un goût parfait, qui le rendra éternellement célèbre. Le Noir.

LACHAMBEAUDIE (Pierre). (Théol.

hist. biog. et bibliog.) — Ce fabuliste français contemporain, né à Sarlat (Dordogne), en 1806, qui fit partie du groupe Saint-Simonien de Mesnil- Montant, et qui se trouva plus tard lancé malgré lui dans la politique, mais qui fut relâché une première l'ois, après les journées de juin, grâce à l'intervention de Béranger, et.^ une seconde, exilé seulement, après le coup d'Etat, grâce au souvenir de M. de Persigny, a publié des romances et surtout des fables dont le style est plus correct et plus élégant qu'il n'est fort. On cite commeles meilleures: La goutte d'eau; Le cheval et la locomotive; Le Rossignol; L'Étoile et la fleur; La Source ; etc. Le Noir.

LACORDAIRE (l'abbé Jean- Baptiste-Henri), en religion le père Dominique {Théol. hist. biog. et bibliog.) — Cet illustre conférencier de Notre-Dame de Paris, probablement le plus grand des orateurs parlants de la chaire française qui ait existé, naquit à Recey-sur-Ource (Cùte-d'Or), le 12 mai 1802. Fils d'un médecin qui mourut jeune, il fut élevé, avec

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