‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le NoirChapitre 105 sur 114 · HN · texte numérisé non relu

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faisser et former un lac. 9° Qu'avant l'embrasement, l'eau du Jourdain était divisée en une infinité de canaux qui arrosaient les terres; que c'est ce qui leur donnait une fécondité incroyable. 10° Que l'embrasement fut produit par le feu du ciel.

11 suffit de lire cet ouvrage pour sentir la différence qu'il y a eutre les réflexions d'un homme sensé et instruit, et les rêves d'un ignorant incrédule (1).

MER MORTE ou LAC ASPHAL- TITE. (Théol. mixt. scien. gêog.) — Au mot Palestine nous donnons une description générale du pays.

Ici nous citerons deux articles sur cette mer curieuse , l'un que nous emprunterons à M. Schegg dans le Bict encycl. de la théol. cath., l'autre que nous tirerons daVoyage religieux en Orient, de M. l'abbé J. H. Miclion.

Voici l'article de M. Schegg :

« La mer Morte, Mare mo»"£wum(2), eâWaa -f, vExpoi (3), s'appelle dans la

Bible mer de sel, nbfln a', mer de la .

plaine, nïiyn D\ mer de l'Orient, 'JIHTOn Ofl ; dans Josèphe, mer Asphaltite ; chez les Arabes, mer de Loth (Bahr el Loud). Sa largeur est en général assez uniforme; elle a deux milles à deux milles et demi allemands, sauf aux deux extrémités, où elle est resserrée par les montagnes.

On varie sur la longueur, parce que celle-ci diffère suivant les saisons ; en moyenne elle a dix milles. Le litde cette mer est un prolongement du Ghor, lequel se trouve à l'extrémité septentrionale de la mer ; c'est un marais salé, dont le plan est presque horizontal ; hommes et bêtes y enfoncent jusqu'aux chevilles dans la vase. Le pays qui longe les bords conserve ce caractère jusqu'au dernier gué du Jourdain.

(1) Le dernier point n'est pas exact; Febservation du terrain, faite avec soin depuis trente à quarante ans, donne à conclure que la catastrophe eut pour cause une éruption volcanique, mais aussi la confirme comme fait historique. On constate très-bien les ruines de villes antiques. V. l'article suivant ; et depuis cet article, les mêmes observations ont été confirmées par des explications nouvelles, telles que celles de MM, de Saulcy et Michon. Lu Noir.

\T, Justin.

(3) Pausan.

» La partie méridionale est resserrée à l'est par une presqu'île qui s'avance à près de huit kilomètres, et qui, vue de l'ouest, a l'air d'un banc de sable ; à l'ouest de la pointe méridionale, qui est partout très-gucable, 1 et d'où partent beaucoup de petits bancs de sable, s'élève une longue et étroite arête , nommée Chadschir Usdum (pierre de Sodome). Cette montagne, tout à fait isolée, paraît comme incrustée de chaux. Lynch l'escalada et la trouva formée d'un sel solide, couverte de pierres calcaires, cylindrique de face, pyramidale par derrière, se terminant par une portion arrondie haute de treize mètres, et reposant sur un piédestal également arrondi de treize à dix-sept mètres au-dessus du niveau de la mer.

Sa masse, qui diminue peu en s'élevant, est toute formée d'un sel cristallisé, d'une couleur mate et terne.

C'est là qu'étaient probablement la vallée de sel (1), et la ville de sel dont parle Josué (2), rnCillï (3). Le Ghor se prolonge encoi'e au sud de la mer Morte pendant près de douze kilomètres sous le même nom. Immédiatement à partir du fond il s'abaisse, et forme vers l'ouest, aux deux tiers de sa route, des terrains bas et nus ; la partie orientale, arrosée de ruisseaux et cultivée par des Bédouins, présente un aspect plus agréable. Peu à peu le sol s'élève et forme une ligne de séparation entre le Ghor et le Wadi Araba. Ces deux séries de montagnes, qui entourent le lac, présentent de toutes parts des rocs élevés et abrupts.

Là où des sources ou des fleuves débouchent dans le lac, on rencontre uu sol fertile et la végétation la plus riche des tropiques. De tout temps ces parties furent habitées, et l'ony trouve encore des races bédouines. Ce que les anciens racontaient de l'aspect horrible de cette contrée est plein de fables et d'exagérations ; toutefois c'est un désert et un lieu abhorré par les enfants des hommes. L'eau du lac est verte et n'est pas tout à fait limpide.

Son goût est salin et d'une amertume dégoûtante. Sa pesanteur, causée par

(1) Ps. 60, 3 : et In petra exaltasti me. h

(2) 1B,62: « Rebsan, c'est-à-dire la viUe du sel. s

(3) Robinson, III, 25.

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sa nature saline, fait que les objets qu'on y jette surnagent assez facilement et que les poissons ne peuvent y vivre. Cependant les dernières recherches microscopiques faites sur ces eaux ont découvert des traces de vie. La lourde masse de ses eaux ressemble à un immense miroir de métal sur lequel bouillonne une chaleur africaine. En hiver l'eau s'élève de quelques décimètres au-dessus du niveau des mois les plus chauds ; il en résulte qu'en se retirant elle laisse un dépôt de sel que les Arabes ramassent pour leur usage et pour celui de leurs troupeaux.

» Le bassin de la mer Mort? se compose de deux parties fort distinctes :

dur. bassin plus grand et très-profond au nord ; d'un bassin plus petit, peu profond, au sud, séparés l'un de 1 autre par la presqu'île décrite plus haut et par un gué qui se dirige vers 1 ouest. La profondeur des eaux du bassin du sud n'est nulle part de plus de cinq mètres, trente-trois; celle du nord a au moins trois cent trente-trois mètres au centre; au bord elle a toujours entre cent soixante-six et deux cent soixante - six mètres ; elle a même, pendant une certaine distance quatre cent neuf mètres. Une si grande différence semble indiquer que ces deux parties appartiennent a une origine et à des époques de formation différentes. La mer Morte a encore cette propriété extraordinaire et toute spéciale que son niveau est à quatre cent douze mètres audessous du niveau de la mer Méditerranée, et qu'ainsi, à sa plus grande profondeur (qui est de six cent cinquante-sept mètres), elle a atteint mille soixante-huit mètres au-dessous du niveau de l'Océan.

» Cette immense dépression jette de la lumière sur le récit de la Bible relatif à la ruine des cinq villes qui peuplaient autrefois la terrible vallée de Settim (1). Ritter suppose que le Jourdain forma dans l'origine une immense trouée qui s'étendait du Liban jusqu'à la merRouge.il distingue ce premier lit, formé avant les temps uistonques, d'une modification se-

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(1) Gfhise,U.

condaire dont parle la Bible et qui fut provoquée par le soulèvement du sol, lequel se posa comme une barre à

travers la vallée. En effet on a trouvé des soulèvements de porphyre portant des assises de grès au centre de toute la partie orientale du Wadi Araba. Des recherches géologiques faites sur les périodes successives de ces soulèvements pourraient donner des solutions décisives, parce que le porphyre comme la basalte dénotent la présence d'agents puissants, remuant le tond même de la croûte terrestre et produisant les phénomènes plutoniques et volcaniques qu'on reconnaît dans toutes les directions de ce sol crevassé. Un pareil soulèvement du sol auquel on sait que la nature travaille lentement pendant des siècles sans que les générations successives s en aperçoivent, pouvait, antérieurement à toute mémoire d'homme avoir arrêté le cours primitif du Jourdain et l'avoir transformé en un lac d eaux douces, avant la catastrophe qui en changea l'aspect par une explosion soudaine et terrible, dévasta la contrée et modifia la nature de ses eaux. Le géologue Dobeny a cherché avec beaucoup d'intelligence à expliquer cette catastrophe par une action volcanique, en remarquant que cela n empêche pas de reconnaître, dans tes puissances mêmes de la nature opérant ces transformations, les instruments de la volonté divine.

» Le profond abaissement du niveau de ce lac, dit Ritter, ne pouvait être I obstacle qui changea l'ancienne direction du Jourdain vers la mer Rouge ; car cet abaissement de niveau devait être la conséquence naturelle de l'évaporation croissante des eaux et du soulèvement du tiers méridional du lit du lac mis à sec, et il donne comme exemple analogue la mer Caspienne, qui est située à cent mètres au-dessous du niveau delà mer Noire. Russegger est d'accord avec Ritter quant au fond. S'il était bien établi, dit-il, que la mer Morte diminue de plus en plus, il serait possible que sa surface eût un jour recouvert toute la vallée du Jourdain et eut été de niveau avec la mer Rouçe. Alors il serait aussi possible que les deux

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lacs n'en eussent fait qu'un seul, que le golfe d'Akaba atteignît jusqu'à Dschebel el Scheich, que le lac intétérieur n'eût été formé que par le soulèvement de l'arête ou par la ligne de partage des eaux entre le Ghor et le Wadi el Araba, et que ce soulèvement eût séparé naturellement la mer Morte de la mer Rouge. Dans ce cas la vallée que parcourt aujourd'hui le Jourdain se serait peut-être prolongée d'une manière sous-marine, bien avant la séparation des deux mers par le soulèvement des eaux.

« Toujours est-il que, d'après tous les indices géologiques, nous avons affaire ici à une crevasse volcanique, à une formidable entaille faite dans la vallée.

» Si nous voulons concilier ce phénomène remarquable avec le récit de la Bible, la vraisemblance sera en faveur de la théorie suivant laquelle, cette entaille de la vallée étant formée,toute la vallée du Jourdain, avec le bassin de Tibériade et de la mer Morte, fut mise,partiellementdumoins, àsec.

Alors eut lieu une dépression volcanique de la vallée déjà habitée, et enfin cette dépression devint la cause fondamentale de la formation des deux lacs, les eaux devant nécessairement s'amonceler et se réunir dans celte profondeur. Même dans ce cas rien ne s'oppose à ce que la mer Morte ait été un jour plus grande, et sa nature saline s'explique aisément par le lavage des couches salines des environs (1).

« Cette mer était encore connue, ainsi que tous ses environs, par l'asphalte (àffcsa>>Toç, lait) qu'on y trouvait; on parle de sources d'asphalte, de bitume, de naphte, dans la vallée de Setiim, lorsque Sodome et Gomorrhe existaient encore. Strabon et Diodore de Sicile connaissaient parfaitement la production de l'asphalte dans la mer Morte et ses environs, et ce qu'ils racontent est presque entièrement confirmé par les minéralogistes et les récits des voyageurs. A des périodes irrégulières, disent-ils tous deux, l'asphalte fourmille au milieu du lac; les masses produites

ont souvent une étendue de deux à trois arpents, de sorte que de loin elles ressemblent à de petites îles. Ils parlent aussi de crevasses de la terre d'où l'on voit sourdre du bitume. On s'ensert surtout, disent-ils, en Egypte, les momies ne pouvant se conserver longtemps si les aromates ne sont pas mélangés d'asphalte ; on s'en sert aussi pour en enduire les vaisseaux, les vignes au-dessous des bourgeons afin de les garantir contre les vers, et pour beaucoup de médicaments. Parmi les voyageurs modernes, Russeger et Robinson ont remis en honneur ces anciens récits. L'apparition subite de grandes masses de bitume, surtout à l'époque des tremblements de terre, a été mise hors de doute par eux, ainsi que l'existence des sources d'asphalte, qui du reste n'ont jamais été visitées par des Européens. Les Arabes disent que ces sources se trouvent dans les rochers abrupts en face d'Ain Dschiddi. L'asphalte découlerait des fentes des rochers calcaires et s'amasserait à leurs pieds, où il se coagulerait en une masse visqueuse. Après le tremblement de terre de 1834, de nombreuses masses d'asphalte furent rejelées au bord sud-ouest du lac, de même qu'en 1837. Le sol et les murailles latérales renferment des couehes d'asphalte, si d'ailleurs tout le lit du lac n'en est pas recouvert, Robinson Démarque que les puits d'asphalte dont il est question dans la Bible, et qui en s'allumant furent peut-être la cause de l'incendie du sol, pouvaient avoir été situés dans la proximité de la péninsule, et qu'au sud du cette presqu'île était une plaine fertile.

» Dès la plus haute antiquité le bitume fut employé pour fabriquer les briques et en guise de mortier (1).

Aujourd'hui il sert aux Arabes de matière combustible comme le charbon de terre. Les habitants de Bethléem en font des objets d'art etdes jouets d'enfants, des chapelets, des croix, etc. »

Voici maintenant les pages de l'abbé Miehan :

« Enfin la mer Morte est devant nous, nous sommes en face d'une

(1) Hitler, Géogr., XV, 775,

(1) Genèse, H 3.

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pe.ue , • qu'on appelle Redjom- Louth, le monceau de Loth. Nous sommes à cheval. Nus Arabes se sont lances dans la mer jusqu'à une assez grande distance. Je suis leur exemple et je parcours avec eux cette partie peu profonde de la mer. Ses eaux sont d'une extrême limpidité. Elle est d'un calme plat. Toutefois, les arbres brisés et roulés sur son rivage à une grande dislance, les troncs des tamariscs qui sont nés sur ses bords et que le choc des corps qu elle soulève dans le moment des tempêtes a dépouillés de leurécorce prouvent que ces tempêtes sont furieuses, et qu'alors la mer est jetée avec impétuosité sur le rivage Maintenant que le Jourdain est en crue d eaux, Je niveau de la mer est considérablement élevé.

» Pendant les chaleurs extrêmes de 1 ete, ce niveau doit diminuer J en ai la preuve dans les tamariscs du rivage, dont le tronc était entoure d'eau à plus de deux mètres au-dessus de leurs racines lors de notre voyage. Pour que ces arbres

aient pu grandir, il afalluqu'ils soient pendant la plus grande partie de i année hors de l'eau.

» La mer Morte, du point où nous la considérions, nous paraissait un lac immense, largement encadré de montagnes à pic, qui ne nous présentait rien de ces merveilles dont nous avaient entretenu les récits fabuleux de quelques voyageurs. Les jambes de nos chevaux enfonçaient a merveille dans ces eaux qui, disaiton, soulevaient les corps et les faisaient flotter à leur surface. La journée était belle, l'air pur. Il ne s'échappait des ilôts aucune exhalaison méphitique. Les êlres vivants pouvaient a merveille passer par-dessus cette mer. Nous vîmes une compagnie d oiseaux sauvages prendre leur vol et se diriger du côlé de la chaîne arabique qui était à plus de deux Jieues devant nous.

» Nous suivîmes longtemps les contours du nord-ouest de la mer pour aller rejoindre le pied d'un promontoire élevé au delà duquel M de feaulcy avait coauneacê sa premiers

exploration de la mer Morte après avoir suivi la vallée de Sain'.-Saba.

» Nous nous arrêtons près d'une fontaine d un goût saumàtre, appelée Ayn-el-Fechkhah. Là se dressent nos tentes. Nous n'avons pas d'an'ieau pour notre repas. Mais on ne va pas camper tous les jours sur les bords de la mer Morte. Entre la r ontaine et la mer est un immense lourrê de roseaux qui n'ont pas moins de dix à douze pieds de hauteur. Ils naissent dans les eaux salées de la mer qui forment sur tout le rivage quand elles sont lancées à larges lames par la tempête, des croûtes salines diversement colorées, assez semblables aux stalagmites de nos montagne calcakes. J'emporte quelques fiagm-nts de ces couches de sel cristallisé. Pendant que je ramasse sur le rivage de petits coquillages que je prends à tort pour des coquillages marins, j'entends des voix d'hommes qui sortent des roseaux et se dirigent vers moi. Ce sont deux Arabes fort mal vêtus, dont l'aspect m'inspire quelque frayeur. Je suis encore éloigne de plus de cinq cents pas de nos tentes. La forêt de roseaux me dérobe complètement aux regards. Ces deux hommes pourraient me faire un mauvais parti. Je continue mon chemin. Je paie d'audace, et je les regarde comme si j'étais armé à ne redouter personne ; ils ne me disent rien, et j'ai hâte d sortir du fourré et de rejoindre mes amis. Je montre mes coquillages ramassés sur le bord de la mer. M. de Saulcy me fait voir que ce sont les mélanopsides de la fontaine ou de quelque autre cours d eau douce qui ont été entraînées dans la mer. Il est positif qu'aucun être vivant ne peuple cette mer saturée de sel. Les poissons, comme les coquillages qu'on y trouve, <'<■ sont Jamais à l'état de vie ; ils y „t été jetés par le Jourdain et les autres rivières, telles que l'Arnon. Pendant ma course aventureuse, M. de Saulcy avait découvert un précieux monument à peu de dislance du lieu où nos tentes '••(aient dressées. Les restes des murs antiques dont il estromposê se voient parfaitement au- de- .us du

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sol. Cesmurs, composés de gros blocs non taillés par le marteau et assez finement, juxta-posés, rappellent le faire cyclopéen, l'âge primitif des constructions. Nous avions traversé déjà des ruines assez étendues, appelées Kharhet-el Fechkkak, près d'un ouad ou vallon appelé Ouad-Goumran.

M. de Saulcy n'avait pas trouvé encore de localité qu'il pût identifier avec Gomorrhe. 11 n'hésite pas, à la vue de ces ruines qui couvrent plusieurs kilomètres, de reconnaître cette ville maudite dans la Goumram moderne. Nous levons avec soin le plan de la ruine la mieux conservée auprès de l'Ayn-el-Fechkhah, et que les Arabes nomment Kharbel-el-Yahoud (1).

C'est une espèce de carré, flanqué aux angles de pavillons carrés de quatre mètres de diamètre. Il est très-digne de remarque que de pareils pavillons se voient aux ruines du temple de Hazor, découvert par M. de Saulcy, et. dont nous parlerons plus tard.

» Il est évident qu'une ville antique, quia au moins une lieue et demie de développement, a existé dans l'emplacement appelé Kharbet-Goumran , ruines de Goumran. Or, ces raines d'une grande cité ne peuvent être, dans ce point précis, touchant au rivage de la mer, adossées à une montagne dont les débris soulevés par un volcan de fougasse ont pu les couvrir, que la Gomorrhe biblique.

M. de Saulcy a raison de mettre au défi qu'on lui dise quelle ville autre que Gomorrhe a pu exister au bord de la mer Morte, sans qu'il soit possible d'en retrouver les moindres traces dans les écrits sacrés et profanes. Le nom seul de Goumran, dans un pays où la langue actuelle a par- . fuitement conservé les mots antiques, est une preuve sérieuse, Ion même que le travail cyclopéen des ruines n'attesterait par une grande antiquité.

» Nous sommes dans le lieu le plus bas du globe qui soit habité par l'homme. Le niveau de la mer Morte est àdouzecenttreute-cinq pieds audessous du niveau de la Méditerra-

,(1) Voy. Atlas de M. de Saulcy, pi. XiV.

née. J'aurais voulu donner dans ce livre des détails intéressants que j'avais préparés sur le Jourdain et la mer Morte, ce fleuve et cette mer uniques parmi tous les fleuves et toutes les mers intérieures, en raison de la dépression énorme dubassinoù ils se trouvent. L'espace me manque.

Ce volume grossit déjà, et je sais que j'ai encore immensément de matériaux à lui confier. Je ne puis donc qu'abréger.

» Qu'on se représente une longue et profonde fente creusée dans l'écorce de notre planète, s'encaissant de plus en plus du pied de l'Anti- Liban où elle a déjà assez de profondeur jusqu'à la mer Morte, point inférieur, devenu naturellement le réservoir où viennentdégorger toutes les rivières qni sillonnent ce singulier bassin. Cette longue vallée est parallèle à la Méditerranée, dont elle est séparée par la chaîne syriaque, formée elle-même des contreforts de l'Antl-Liban et du Carmel, dont les montagnes de Judée proprement dites ■ne sont que le prolongement. C'est la seule partie du globe où se trouve une semblable dépression de terrain.

n Le Jourdain a plusieurs sources qui viennent des vallées de l'Anti- Liban. Mais il se forme de deux branches principales qui vont se réunir dans le lac Houle, à peu de distance de leur source. De ce lac, le fleuve déjà considérable forme une mer intérieure d'une admirable beauté que nous allons bientôt visiter; cette mer, c'est celle de Tibériade ou le lac de Gennezaretb. Là, onse trouve déjààsixcentdonze pieds au-dessous du niveau des eaux de la Méditerranée. Depuis la mer de Tibériade, qui est d'eau douce et trèspoissonneuse, le fleuve a de la profondeur et s'abaisse jusqu'à la mer Morte de six cent vingt-trois pieds.

Il est extrêmement tortueux. Il a dans son cours tant de sinuosités que souvent ilretourneen arrière. On compte au moins cent cinquante de ces courbures plus ou moins fortes; elles correspondent à autant de bancs et de récifs qui forment des catamrtes bruyantes et blanches d'écume plus

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ou moins élevées. Ses bords sont fréquemment formés de roches calcaires, surtout dans la partie sunéneure, et de terres d'alluvion danTL partie inférieure. Pour se jeté, dans WMorfe, il slacline décote de la chaîne arabique, quoiqu'il y ait encore un petit golfe entre fVmbouchure du fleuve et la muraille des montagnes à pic qui bordent la mer à 1 orient. Avant le voyageur Seetzen qm parcourut en 1806 toute la rivé orientale du Jourdain, le cours de ce fleuve était inconnu dans la géo 'ra- Plue Les pèlerins et les curieux fat saient une visite au Jourdain au-des-

uou S rfn/ ériC r| 10; ° U le travemient E» T-t 6r ? Daraas au-dessus du lac de Tibenade. C'est donc à Seetzen que nous devons la première connaît sauce de ce fleuve. Il fut assassiné en continuant son voyage au midi de Arabie . M. Charh/s Ritter, qui a lu J journal manuscrit de Seetzen, a publié ce que ce voyageur rapporte

d a i? P \ S H m f ,eiSa ^ aUSU J etd ^o«aara et de la mer Morte (i)

» Depuis cette époque, l'amirauté britannique fit eîécuter différents travaux sur le lac de Tibériade et la pente du Jourdain, par le lieutenant de vaisseau i Simonds. Dans une seconde expédition faite par les ordres

de 1 amu-auté, le lieutenant Molyneux Jescend t le Jourd . Jneiix

™? , A J passa huit jours sur la petite distance de vingt lieues II eut a soutenir des combats contre les Bédouins qui pillèrent son camp et sa Mrque. Il arriva de nuit et fujeSf à Jéricho II retrouva sa barquë°et refvln T Ie Je Septembre 1847 seuls ,t"î h T meS inex Pénmentés, seuls -estes de son expédition. En peu d heures la barque entra dans la mer Morte. Un ouragan entraîna son embarcation jusqu'au milieu Sa lac et la poussa contre l'extrémité mêri-

terWM 6 - A f ° rCe ° e rameS - a P'^ deux

dre l'ivf J0U ^ éeS ' a P arvint a atteindre 1 extrémité septentrionale d'où il était parti. Peu de jours après trouva la mort, victime de se éffor

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(i) Bibliothèque unie, de Genève aoftt lui

démesures. Il est vrai qu'il avait choisi une horrible saison, le m , d août où le bassin de la mer Zrïï *?V nab ° r dable en raison de 'exce ave chaleur. Le fleuve, d'un autre cote, avait peu d'eau : les bancs dl

daien'tï? r ° C - erS ' leS ca t^act"s rendaient sa navigation très-difficile

» Les deux premiers explorateurs du bassin du Jourdain et de la mer Morte ont péri l'un et l'autre.

™! i ^P^ème expédition, envoyée par les Etats-Unis, 'sous la direction

complet Deux barques, l'une de fer

I autre de cuivre furent débarquées a Samt-Jean-d'Acre et portées i dos de chameau à Tibériade. L'cxnédi-

eThW i e / à -- Une ^oisième banque en bois fut brisée dès les premiers

il faf.,it n d e l6S FéC i fs et Ies cata S •

II fallut dix jours des plus grands efforts pour atteindre la mer Mort même pendant la hausse des eaux' *a" e , c n a P lta me Lynch arriva 'j e 18 avril! 848 en face de Jéricho avec

ffi»»^ « ^ait comité vingt-sept grandes cataractes trèsdangereuses et un nombre triple de cataractes plus petites. On employa vingt jours à faire le tour du «e On 1p J T \* Ca, ' te Mrographique ?m l î-%°. ad \ dans ce >it cinquante nla-

ITjf^u^ Le bassin a d °ux régions : celle du nord va jusqu'à un abîme de mille à treize cents 1 pieds" Un endroit a d.x-neuf cent soixantedix pieds de profondeur. Celle du midi n est qu'une lagune dont la prolondeurne dépasse pas dix-huit pieds, et reste souvent entre six pieds et un pied et demi. Le sol plat du fond est plein dira limon salé. Une Ion ff ua presqiule, entre Masada et Karak s avance dans la mer et la rétréci?

considérablement. Les voyageurs racontent avoir vu les Arabes traverser a gue cette presqu'île.

. » Jérusalem se trouve à trois mille six cent quatre-vingt-quatre pieds au-dessus du niveau de la mer Morte.

Le voyage du capitaine Lynch, plein d'intérêt au point de vue hydroirrw pnmue, manque de science et de critique pour la partie historique, archéologique et géologique.

» L'expédition de M. de Saulcy a eu

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de plus beaux résultats. Elle a amené l'identification des villes bibliques de tout le littoral de la mer Morte ; elle a fourni de précieux échantillons géologiques de toutes les roches de cette contrée inexplorée, une collection cntomologique extrêmement curieuse, et un herbier des plantes qui croissent dans cette serre chaude creusée parla nature. Le livre de M. de Saulcy donne tous les détails de ces précieuses découvertes. Je ne pense pas céder à une faiblesse d'amitié ou de patriotisme en plaçant l'expédition ■ de M. de Saulcy bien au-dessus de l'expédition américaine, au point de vue des résultats de tout genre obtenus par une critique intelligente. Que penser du capitaine Lynch qui fait dessiner sérieusement dans sa relation un pilier de la montagne de sel auquel il donne le nom de statue de la femme de Loth? M. de Saulcy rencontra trente de ces statues, et il s'en forme autant chaque hiver, comme aussi on les voit fondre à chaque pluie. Ce n'est pas ainsi que se fait la science. Quand elle donne dans le ridicule, elle se tue. »

Le Noir.

MER ROUGE. Rien n'est plus célèbre dans les livres saints que le passage des Hébreux au travers des eaux de la mer Rouge, lorsqu'ils sortirent de l'Egypte; mais aucun miracle n'a été plus contesté. Il s'agit cependant de savoir comment et par quelle route les Hébreux, au nombre de deux millions d'hommes, avec leurs meubles et leurs troupeaux, ont pu sortir de l'Egypte, et gagner le désert dans lequel ils ont vécu pendant quarante ans. Pour faire ce trajet, ils avaient à droite une chaîne de montagnes, à gauche, du côté du nord, les Philistins et les Amalécites, derrière eux les Egyptiens qui les poursuivaient, devant eux la mer Rouge. Comment se sont-ils tirés delà?

L'histoire sainte dit que Dieu commanda à Moïse d'élever sa baguette sur les eaux et de les diviser; qu'il fit souffler un vent ehaud pendant la nuit pour dessécher le fond de la ruer; qu'il plaça entre le camp des

Hébreux et celui des Egyptiens une nuée obscure du côté de ceux-ci, et lumineuse du côté des Israélites. À cette lueur, ces derniers passèrent au milieu des eaux, qui s'élevaient comme un mur à leur droite et à leur gauche. Au point du jour, Pharaon qui les poursuivait s'engagea dans ce passage avec son armée; Moïse, étendant la main, fit retourner les flots dans leur lit ordinaire; les Egyptiens y furent submergés, sans qu'il en échappât un seul, hxod., cap. fi. Dans le cantique chanté par les Israélites en action de grâces, ils s'écrient : « Le souffle de votre co- » 1ère, Seigneur, a rassemblé et fait » monter les eaux ; les flots ont perdu » leur fluidité, les abîmes d'eau se » sont amoncelés au milieu de la » mer, » c. 15, f 8.

David, Ps. 76 et 77; haie, c. 63, y 12 ; Hubacuc, c. 3, f 8; l'auteur du Livre de la Sagesse, c. 19, y 7, s'expriment de môme sur ce grand événement.

Les incrédules n'ont rien négligé pour en faire disparaître le surnaturel. Ils commencent, par supposer que les Israélites passèrent à l'extrémité du bras de la mer Rouge qui aboutit à Suez ; et qui, selon l'estimation des voyageurs, pouvait avoir pour lors une demi-lieue de large.

Dans cet endroit, disent-ils, le flux et le reflux sont très-sensibles; dans le temps du reflux, les eaux laissent à sec au moins une demi-lieue de terrain à l'extrémité du golfe; Moïse, qui connaissait les lieux, sut profiter habilement du moment du reflux pour faire passer les Hébreux; Pharaon, s'étant imprudemment engagé dans le même passage quelques heures après, et au moment du flux, perdit la tête avec tout son monde et fut submergé. Ils citent l'historien Josèphe, qui compare ce passage des Israélites à celui des soldats d'Alexandre dans la mer de Pamphilie, et qui n'ose affirmer qu'il y eut du surnaturel. Ils ajoutent qu'un miracle, tel que les fivres de Moïse le rapportent, aurait dû devenir célèbre chez toutes les nations voisines ; qu'aucune cependant ne parait en avoir eu connaissance, puisque aucune n'en a

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parlé. Toland décide que ce fut un stratagème de Moïse.

Mais en supposant même que les Israélites ont passé la mer dans Le

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1° Il est absurde d'imaginer que les

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Ueves comme un mur. Quelques momen s auparavant, tout ce peuple s était révolté contre Moïse, en arriver l'armée des Egyptiens : ?™v «avatt-U donc pas dlAombeaux en «Egypte pour nous enterrer, dU •saient-ils au lieu de venir 'nous P^T P^'dana un désert?»

Exod c. 14, f H. Et l'on veut auê

bientôt après Moïse leur ait fait

croire tout ce qu'il lui a plu dW

2" Loisque le flux arrive, il ne vient

Ci l ï' SqUement ' il ^ancepen.

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des TJJ- teQlpS - £» L Q uand «eux des Egyptiens qui étaient à la droite de leur armée et du côté du midi auraient pu être surpris par les flots'

ou noid, devaient nécessairement échapper au naufrage. Les bord™ du go fe de ce côté-là ne sont point escarpes; les chevaux des Egyptiens etaient-ils assez lents à la coureeZ

ment que les eaux n'arrivaient? Il

as" a^S 6 ^ 613 tête SÏÏ3 assczjort aux Egyptiens, pour ne plus

Stre e r : lecùtéparie ^^a£t

3M1 n'est pas vrai que le reflux,

MER

même dans les pl us basses marées

cents pas. Mettons-en le double si 1 on veut; tout cet espace ne demeure découvert que pendant un Tnar™

men^etT' 3 leqUd le ^commence, et les eaux reviennent insensiblement pendant six heures "l e °t

deux :ESf' BM multitude 2 aeirx millions d'hommes, avec leurs

iST et leurs ba * a ^> aien ' P™

Niébuhr voyageur instruit, qui y a passe en 1762, atteste l'impossiS tô de e passage. « Aucune caravane!

au m'ont 7 !- 838 - 6 P ° Ur aller duCair « » au mont Sinai, ce qui abréo-enit

» cependant beaucoup 1 le chS • » 1 on tourne à cinq ou six milles plus » au nord, et du temps de A se le » «rcuit devait être encore pluTloU l ETT 6 l6 f 0lfe s ' a ™nçait davan^ nrfr de , ce « ôté - là . et devait être pISs

Sinf? A En 1 ? tourna °t du mont » i^mai à Suez, j'ai traversé ce golfe » sur mon chameau pendant lallus

basse marée, près des ruinesde

Colsum un peu a ,x nord de Suez!

» et les Arabes qui marchaient à mes » cotés avaient de l'eau jusqu'aux » genoux; le banc de sable surlquel l?Zl é £T ne P araissai t Pas for

large. Si donc une caravane voulait » pa sera Colsum, elle ne le pourra t » quavec bien de l'incommodité et » sûrement pas à pied 5fc 1

del Arabie, pag. 333, 3oS. F ■

tJ°A , qui disont 1 ue . P*»" 1 écar-

eoife Th^ ,CS - fl0ts du fond du n-i '/ * deco . UVT)r "" Pins large espace de terra.n, Dieu lit souflllr un ; dU ?, 0rd ' conlr edisent la narrait n M ,-} SC ' J 1 dit expressément

ï ln I t e V^ S0Uf,1 ° r un veQt d ' ™* Molent, Kaditn ou /ûfa, qui divisa

ç:<-aux, Exod., c. !4, > 21; veut Ucs-scc, puisqu'il venait du désert d Arabie. D'ailleurs ce vent du nord serai arrivé bien à propos pour les Israélites, et aurait cessé bien malheureusement pour les E^vptiens.

& Htaut admettre ici du surnaturel,

MER

MER

nous ne voyons pas quelle nécess/.e j 1 y a de le, mettre au rabais, comme ; : un miracle coûtait à Dieu plus qu'un autre. .

Quand donc il serait vrai que les Israélites ont passé le bras de la mer Rouge -près de Suez, nous serions encore forcés de le regarder comme miraculeux.

Mais le prodige est bien plus sensible, s'ilsl'ontpassévis-à-vis la vallée de Bédéa, environ douze lieues plus au midi, comme le soutient le père Sicard, qui a suivi très-exactement leur marche, telle qu'elle est marquée dans l'Ecriture, et qui 1 a vérifiée par l'inspection des lieux; d us cet endroit, la mer a, selon Niébubr, au moins trois lieues de large; le père Sicard lui en suppose cinq ou six. Alors les Israélites n'ont pu passer sans avoir les eaux élevées comme un mur à leur droite et à leur gauche, ainsi que le disent les livres saints, par conséquent sans un miracle incontestable (1).

Quoi qu'eu disent nos adversaires, Josèphe reconnaît formellement le miraculeux de cet événement, Antiq., 1. 2, c. 7. La liberté qu'il laisse aux païens d'en croire ce qu'ils voudront, ne prouve donc rien; il a vécu quinze cents ans après l'événement, et fl ne paraît pas avoir vu leslieux. Il n'y a

(Il On connaît remplacement de l'ancienne terre de Gessen ; or, cette terre nous a toujours paru être trop au nord de l'Egypte pour que les Israélites, conduits par Moïse, soientallés versle sud cuorctier la pointe de la mer Rouge, afin de la traverser ; il leur aurait fa lu, pour cela, faire un circuit dans l'intérieur du pays de ceux qui les poursuivaient. Aussi avons-nous toujours eu cette conviction que la mer R .lige étendait alors sa pointe beaucoup plus vers la Méditerranée, de manière odonmràl is hroe une largeur moindre de moitié. Cette conviction n'est-elle pas appuyée, jusqu'à un certain point, par la présence, dans ces lieux, de ce qu on a appelé les lacs amers, terrain qui a ton» les signes duo lit maritime antique, et dont M. de Lesseps a fait un lac intérieur servant de port d arrêt aux vaisseaux qui travorseot le canal aujourd'hui ; il n'a eu, pour cela, qu'a y laisser venir par le canal lui-même, les eaux do la mer Rouge. Si nous ne nous sommes pas trompé, la mer Ronge venait au moios jusque- là, et ce fut vers cet endroit que les Hébreux la traversèrent, hypothèse toute contraire à celle du P. Sicard. Plus l'on rapproche le point du passage vers la rive méditerranéenne, plus la fuite par cet endroit devient rationne. le. V. au reste l'article suivant, de rédaction plus moderne que celle de Bjegier et presque couleuipo-

iaiM ' L.N011.

au-. ie r»-semli',ance entre lépassspo des Israélites au travers de la mer Bouge, et celui des soldais d'Alexandre "surle bord de la mer de Pamphihe.

Ammien dit qu'ils profitèrent d'un moment auquel le vent d i nord écartait les flots du rivage, et Strabon ajoute que ces soldats avaient encore de l'eau jusqu'à la ceinture. D'ailleurs le premier de ces historiens observe qu'Alexandre nefit passer ainsi qu'une partie de son armée, et il ne dit pas quel fut le nombre des soldats qui tentèrent ce passage. De expedd.

Alex., lib. 1.

Ces mêmes critiques en imposer, encore, lorsqu'ils disent que le passage miraculeux des Israélites et la défaite des Egyptiens, n'ont pas été connus des nations voisines, et qn aucun auteur profane n'en a parlé. Nonseulement les Ammonites en et» ent très-instruits, Judith, c. S, ? i:, mais Diodore de Sicile, liv. 3, ch. 3, rapporte que, selon la tradition des Ichtyophages, qui habitaient le bord occidental de la mer Rouge, cette mer ■ s'était ouverte autrefois par un reflux violent, que tout son fond avait paru à sec; mais qu'ensuite il était survenu un flux impétueux qui avait réuni tes eaux. Justin, 1. 36, dit, d'après Tiogue-Pompée, que les Egyptiens qufpoursuivaient Moïse furent contraints par les tempêtes de retourner chez eux. Artapan, cité par Eusôbe, Vnepar. evang., lib. 9, c. 72, observe que les prêtres de Mempbis ne convenaient pas du passage miraculeux de. Moïse, mais que ceux d'IIéhopolis avouaient qu'il s'était miraculeusement ouvert un passage au travers des flots. Le savant auteur de l'Htstoire véritable des temps fabuleux, tom. 3, p. 202 et suiv., fait voir que plusieurs traits de l'histoire d'Egypte, tels qu'ils sont rapportés par les auteursprofanes, ne sont autre chose que las événements de l'histoire de Moïse et des Hébreux, déguisés et travestis, et qu'en particulier l'on y reconnaît très-évidemment le passage de la mer Rouge. Voyez la Dissert., sur ce

sujet Bible d'Avignon, t. 2, p. 46.

On peut faire à ce sujet une observation qui prouve l'exactitude et la justesse de la narration de Moïse. En.

MER

parlant de l'armée de Pharaon oui poursuivit les Israélites, il ne fai mention que de chars et de cavalede Exod., c. 14 et 15. En effet, "s his tonens et les voyageurs ont remar

jamais d autres troupes que de la ca- Valérie; aujourd'hui e ncore la seufe

£n de . rE OTte sont les mam!

Joucks, qui sont tous cavaliers. Vouaae

Bergier.

S LU T\ ~ Voici la d «cription Snn„ .f P ,catlons exégétiques q Ue donne M. Permaneder relativement à la mer Rouge et au golfe de Suez •

en hébreu mer des /ones, tnr>* est m golfe de l'océan Indien,' llng, é roit qui, a l'exception d'un isthme peu large, sépare l'Afrique de l'Asie* se divise au nord entre deux autres golfes entre lesquels est située îapé ninsule sinaïtique. La longueur de la

^Jto«0mtde3OOmiIlesVeZmd*

forrè'Vp 6 re ' luX font sentir *ou°e là loice de leur mouvement jusqu'aux bords les plus avancés des ext rémftés

sKïT'f = dU g0lfe ' Sa s °™ sauf le golfe de Suez, est couverte dé

varechs qui lui ont valu peut-être son nom de mer Rou„ e , dans tous les cas son nom hébreu de mer des ioncs «s, profondeur est, en somme, Médiocre jusqu'au golfe d'Akaba. meai0Cle » Son extrémité nord-ouest est dune grande importance dans 'histoire de a Bible, à cause du passai des Israélites à travers la mer Roua!

tout comme son extrémité nord es{

uottes qui en partaient pour Ophir » Le golfe de Suez (sinm Heroopoli- Sftr. aujourd'hui ffl fff"?fi es t ]a rge de 2 kilomètres et goéable. Lorsqu'un vent ■ de nordouest pousse les eaux vers 1p 3

on r P rtT momen \ deiaS ^-;

on peut traverser le golfe à cheval ou même à pied, en allant an noVd' Si le vent tourne au sud-est Tean monte, en peu de temps, à 2 mètri

an^surd&ïonSr, 11 ^' en marchant pendant^" reVeurT Ruwegger partit le 15 octobre "m»

enfin une heure vers le sud-sud-ëst' ou 1 on se retrouve près la ville dé Suez et en face d'elle Le fond do la mer était nn sel sablonneux et vi!

anellP î . • dernière marée, laquelle, à certains endroits, atteignait es genoux des chameaux' et rende t a traversée assez difficile. On ne peut taire celte route que par un vent du nord,avec Je vent du sud-est il va ote d srS! Um ° meatdela --ée a

. » La marée déborde souvent sur le

We ir™/ Pr ° UVe Je sab <" ' S nors Hp T\ derr ! ére el]e < et Jl est ùors de doute qu'autrefois le golfe

ar Ta b a ând aV H nta f 6 ^ ,e nord SR car la bande du désert, qui se nro-

s'élit? 8 ChaiDe de collines qui

l'e t P?\ enVlr ? a 16 ki 'omètres à 1 est et bornent celte plaine porte

ÏÏt'nï'.ïr? aUXqUe " eS ° n rec °» !

™ , un m so1 récemment abandonné par la mer. Les couches de cette chaîne sont tout à fait horizontales et appartiennent à la formation du Mokattam, situé en face. La surface est couverte de sable de mer et dl

elle est surchargée des terres d'alluvion provenant des montagnes voi-

trefnen TO de Py»^"* tres-pe. friables, fjans beaucoup

d endroits le sable forme des collinw

ivît 1 ies unes -«""™

comme des dunes; c'est là nue se

•n°n UVent -i e - S Puits d'Asin-Moula Si Un considère que le circuit autour

H.ui ' f U emps de la raarée ba sse, à h ^ U , a i re K eUres ' ^'^e Plongé à la marée haute, qu'au temps Se Pharaon la mer s'avançait plus qu'a* jourd'hui dans les terres; on com-

EL qi,e J ce roi se ,,a,a de s »ivre les isiaéhtcs dans les profondeurs de la

MER

MER

mer enlr'ouverle, qu'il put prendre pour la marée basse ; mais on voit aussi qu'une marée basse, dont les Israélites auraient profité, ne suffisait pas pour expliquer leur traversée extraordinaire. D'ailleurs les paroles de la Bible s'opposent à toute explication purement naturelle : « Les enfants d'Israël marchèrent à sec au milieu de lames, ayant l'eau à droite et à gauche, qui leur servait comme d'un mur (1). » On ne pourra jamais déterminer d'une manière positive et exacte le lieu où le passage s'effectua, et le fait est assez indifférent. Les modernes pensent qu'il se fit au nord de Suez, à peu près le long de la route traversée par Russegger (2) ; la tradition le met plus au sud Schubert dit : « Quandje pèse les motifs graves que dernièrement Raumer a résumés, dans son opuscule sur l'Expédition des enfants d'Israël, je ne puis m'empêcher d'adopter l'ancienne tradition, suivant laquelle le passage de l'armée d'Israël eut lieu en partant de la vallée opposée d'Asin-Mousa et qui débouche à la côte entre l'Attaka (Baal Zephon) et le Kuaiba (Migdol), situé au sud. Les Hébreux marchèrent durant une nuit pleine d'angoisses.

L'aurore les trouva arrachés au péril et à l'inquiétude, près du puits de Moïse (3). » C'est aussi vers cette opinion que penche Ritter, dont l'autorité est si grave (4).

» Ce golfe ne fut jamais d'une grande valeur pour la navigation et le commerce, soit à cause des obstacles qu'il présente naturellement, , soit à cause de la proximité du Nil ; mais le golfe oriental, le golfe Elanitique, était d'autant plus important.

Les commodores Moresby et Caries

(1) Exode, 14, II. — A notre avisées paroles s'opposent bien à toute interprétation qui exclurait du fait raconte l'action miraculeuse, c est-à-dire libre, de Jébovab ou de la Providence, mais ne l'opDoaenl pas à une explication conciliable avec les efletsque M. Permaneder explique lui-même d'une grande marée dans le golfe de Suez; le style poétique des Orientaux admet bien l'expression , comme un mur, pour signifier que les lames empêfbaient de fuir à droite et à gauche comme aurait fait un mûris Nom.

il) De la Borde.

(3) Vcyage d'Orient, H, 272.

(4) Géogr., XIV, Siô.

purent en trouver le fond, sauf tout près de la côte. Il est naturel qu'il résulte d'une telle masse d'eau un choc formidable, même par les vents les plus doux et les marées les plus calmes. La majeure partie de l'année ce sont les vents nord-nord-est qui prédominent; ils sont très-modérés pendant deux mois, après l'équinoxe de printemps; le reste du temps ils sont extrêmement variables et forts, les hautes montagnes des environs ne laissant qu'un étroit passage aux vents latéraux et augmentant ainsi leur violence et les dangers qui en résultent. La partie supérieure du golfe est moins orageuse que la partie inférieure. Les affluents qui débouchent dans le golfe sont très-nombreux au bord septentrional ; durant la saison des pluies ils deviennent de formidables torrents et forment, par leurs alluvions, lespays bas de la presqu'île sinaïtique, tandis que les ruisseaux de la côte orientale sont en général absorbés par le sol, qui est mou et visqueux, et ne peuvent pas charrier de terres d'alluvion. C'est pourquoi on ne trouve de stations pour les vaisseaux et d'emplacement pour des ports sur la côte occidentale qu'à Êlath et Asiongaber.

» C'est de cette route maritime, pénétrant profondément dans le continent, au centre des pays commerçants du monde ancien, que partirent les premières grandes expéditions maritimes; c'est là que, dès la plus haute antiquité, se trouvait la voie qui reliait l'Orient à l'Occident, et c'est ce qu'elle pourrait devenir encore si, par un obstacle quelconque, la voie de l'Inde par Suez et l'Egypte était coupée ; il pourrait encore partir de là des expéditions d'Ophir, allant chercher les richesses de l'Inde, comme au temps de Salomon. »

Le Nom.

MERCI. Les pères de la Merci ou de la rédemption des captifs, sont un ordre religieux qui prit naissance à Barcelone en 1223, à l'imitation de l'ordre destrinitaires, fondé en France par saint Jean de Matha. Ce n'était au commencement qu'une congrégation de gentilshommes, qui, excités

MER

par le zèle et la charité de saint Pierre ISolasque, gentiliiomme français, consacrèrent une partie de leurs

i^ n -. a .^, rédem l ,tion des chrétiens réduits a 1 esclavage chez les infidèles.

On sait avec quelle humanité ces malheureux étaient traités par les Maures raahométans, qui dominaient alors eu Espagne; leur sort était encore plus cruel sur les côtes de Barbarie.

Le nombre des chevaliers ou confrères dévoués à cette bonne œuvre augmenta bientôt; on les appela les confrères de la congrégation de Ifotre- Vame de miséricorde. Aux trois vœux ordinaires de religion, ils joignirent celui d employer leurs biens, leur liberté et leur vie au rachat des captifs Rien, sans doute, n'est plus héroïque m plus sublime que ce vœu; il fait également honneur à la religion et à I humanité. Les succès rapides de cet

ordre unissant engagèrent Grégoire IX à 1 approuver, et il le mit sous la règle de saint Augustin, l'an 12T6. Cément V ordonna, en 1308, que cet

E5ÏÏ? *« Cette «"^«ation, U iallait des voeux, une règle, un régime monastique ; l'expérience prouve que tout établissement d'une aXe espèce ne subsiste pas longtemps Voyez Rédemption, Trinita.uI . l Beugier.

ceSs REDI des cendres - *>*»

«- r i „„ <•« t - ■ — ' ,om i q«e cet ordre fut régi par un religieux prêtre.

te changement causa la séparation des clercs et des laïques; les chevaliers turent incorporés à d'autres ordres militaires et la congrégation de la Merci ne fut plus composée que d'ecclésiastiques ; c'est sous cette dernière forme qu'elle subsiste encore

Outre les provinces dans lesquelles cet ordre est divisé, tant en Espagne qu en Amérique, il y en a une dans les parties méridionales de la France Le père Jean-Baptiste Gonzalès dû bamt-bacrement, mort en 1618 v introduisit une réforme qui fut approuvée par Clément VIII; ceux nui la suivent vont pieds nus, pratiquent exactement la retraite, le recueillement, la pauvreté, l'abstinence. Ils ont deux provinces en Espagne, une en Sicile et une en France.

Les ennemis de l'état monastique dnont,sans doute, pourquoi no pas aisser la congrégation de la Merci telle qu elle était d'abord, sur le pied dune confrérie de laïques? Parce qu une simple confrérie n'aurait pas été de oofjiie durée. Pour lui donner de la stabilité, pour établir une correspondance entre les différentes

MERCURE (la planète). (Théol.

mm scien cosmol.) - Cette planète est, parmi les planètes connues de notre système solaire, la plus rapprochée du soleil. 11 résulte de ce rapprochement qu'elle ne s'écarte pas assez à droite et à gauche de 1 astre central pour être facile à voir a 1 œil nu; elle reste toujours dans le crépuscule quand elle n'est ni devant m derrière le soleil. Vue dans le télescope, elle présente des phases comme la lune. Elle tourne sur ellemême en 24 heures et 5 minutes ; c est ce qu on a déduit d'observations sur la corne méridionale de son croissant. On lui donne des montagnes et une atmosphère. Elle traverse quelquefois le disque du soleil et forme dessus pendant 3 heures une petite tache noire qui s'avance ; les derniers passages de Mercure sur le soleil

pn\««« v 6 - - en J848 > en 1861 et en 1868. Voici ses éléments :

La distance de Mercure au soleil est

de 0,387 de la distance moyenne de

la terre au soleil ; l'excentricité de

son orbite est de 0.2. Son diamètre

est de 0,37 du diamètre terrestre.

Sa masse est de 1, 14* de celle de la

terre. Sa densité est de 1,23, et rap-"

portée à celle de l'eau, de 6,8. Enlin

son année est de 88 jours.

Le Noih.

MERCUREou VIF-ARGENT. (Théo!, mixt. scien. chim.) — Ce métal, le seul qui soit liquide à la température ordinaire, était connu des anciens et fut très-célèbre au moyen âge parmi Ies„alchimistes chercheurs de la pierre philosophale. Des imposteurs escroquèrent souvent aussi des sommes considérables en trompant des clients à 1 aide du mercure, dans lequel ils avaient soin de faire dissoudre préa-

MER

MER

lablement de For qui se retrouvait en résidu lorsqu'ils faisaient ensuite volatiliser le mercure par la chaleur.

On lui attribuait des vertus extraordinaires ; les livres de magie blanche sont pleins d'expériences qui se font avec ce métal ; sa volatilité, son poids spécifique, et sa grande mobilité provenant de ce qu'il ne mouille pas en général les corps avec lesquels on le met en contact, l'avaient fait remarquer comme un corps étrange.

Aujourd'hui il joue un grand rôle dans l'industrie, surtout pour l'exploitation de l'or et de l'argent auxquels il s'allie si facilement qu'il en recueille les plus petites parcelles éparses dans les minerais. C'est lui qui, uni à l'étain dans la proportion d'un cinquième, forme le tain dans l'étamage des glaces; et qui, uni au bismuth dans la proportion de quatre cinquièmes, forme l'étamage des ballons qu'on prend pour de l'argent.

Tout le monde connaît l'utilité des préparations mercurielles en médecine contre les maladies vénériennes et comme résolutifsdesengorgernents lymphatiques . Enfin c'est le sulfure de mercure, ou cinabre, qui constitue la couleur minérale éclatante appelée le vermillon.

Le mercure divisé en particules très-ténues soit par la trituration avec un corps gras, comme clans l'onguent mercuriel, soit par la vaporisation, est promplement absorbé par les animaux, même à travers la peau et, quand il n'est pas un remède, produit chez eux ces accidents qui se manifestent par un tremblement nerveux très-pénible, une salivation abondante et douloureuse, le déchaussement des dents, et même par des atteintes du système osseux qui amènent la mort.

C'est avec le mercure et de l'argent, du cuivre ou du pelladium que les dentistes composent les amalgames dont ils plombent les dents creuses.

Ils en obtiennent une pâte qui est molle dans les doigts, au moment du plombement, mais qui devient ensuite très-dure. Il n'est pas très-sain d'avoir sans cosse dans la bouche cette partie de dent artificielle ; mais

pourtant on ne signale guère d'accidents.

Le mercure se congèle à 40 degrés au-dessous de zéro, et bout à 350 au-dessus.

Le Nom.

MÈRE DE DIEU, qualité que l'Eglise catholique donne à la sainte Vierge Marie. L'usage de la qualifier ainsi est venu des Grecs, qui rappelaient ©eotoxoç, nom que les Laiius ont rendu par Deipara et Dei qenitrix.

Le concile d'Ephèse, en 431, confirma cette dénomination; et le concile de Constaniinople, en B53, ordonna qu'à l'avenir on nommerait toujours ainsi la sainte Vierge. Ces deux décrets furent portés pour terminer une longue dispute, et pour étouffer une erreur. Lorsque Nestorius était patriarche de Constantinople, un de ses prêtres nommé Anastase s'avisa de soutenir, dans un sermon, que l'on ne devait point appeler la sainte Vierge mère de Dieu, maisœére du Christ; ces paroles ayant soulevé tous les esprits et causé du scandale, le patriarche prit très-mal à propos le parti du prédicateur, appuya sa doctrine, et se lit condamner lui-même.

En effet, pour refuser à Marie le titre de mère de Dieu, il faut ou soutenir, comme les gnostiques, que le Fils de Dieu n'a pas pris une chair réelle dans le sein de Marie, et qu'il est né seulement en apparence ; ou enseigner, comme les ariens, que Jésus- Christ n'est pas Dieu, ou prétendrequ'il yaenlui deux personnes:

savoir, la .personne divine et la personne humaine ; qu'ainsi la divinité et l'humanité ne sont pas unies en lui substantiellement, mais moralement; que c'est une union d'adoption, de volonté, d'action, de cohabitation, et non une incarnation : c/est ce que Nestorius fut obligé de dire pour se défendre, et ce qui fut légitimement condamné.

Ainsi, le nom de mère de Dieu est non-seulement une conséquence évidente du dogme de l'incarnation, mais il ne fait que rendre exactement les expressions de l'Ecriture sainte.

MER

Saint Jean dit que le Verbe s'est fait chair: or, il a pris cette chair dans le sein deMane ; donc, ou le Verbe n'est pas Dieu, ou Dieu n'est pas né de Marie selon la chair. Saint Paul nous

I apprend, lorsqu'il dit que le Fils de Dieu est né, selon la chair, du sang de David, Rom., c. 1, f 3 ; qu'il est ne d une femme, Galat., c. i,f 4.

Les Pères des trois premiers siècles saint Ignace, saint Irénée, Tertullien, etc., se sont servis de ces passages pour prouver aux anciens hérétiques Ja réalité de la chair de Jésus-Christ • ceux du quatrième les ont employés pour établir la divinité contre les ariens. Le concile de Nicée a décidé que le Fils unique de Dieu, vrai Dieu de vrai Dieu, consubstantiel à son Père, s'est incarné par l'opération du Saint-Esprit, est né de la vierge Marie, et s'est fait homme.

Uu il faut renoncer à cette profession de toi, ou il faut donner à Marie le titre de mère de Dieu. Saint Ignace, disciple immédiat des apôtres, dit en propres termes que Nôtre-Seigneur Jésus-Christ est Dieu existant dans 1 homme, né de Dieu et de Marie.

Lpist. ad Ephes., n. 7. Ce passage est cite et adopté par Théodoret, qui n était rien moins qu'ennemi de Nestorius. Voyez Petau, de Incarn., 1. o, c. 17. '

II ne s'ensuit point de là que Marie a engendré la Divinité, ni que Marie est mère de la nature divine, comme le concluaient les nestoriens : une nature éternelle ne peut être -engendrée d'une créature. Aussi les JPeres ne disent pas simplement que Marie est mère du Verbe, mais mère au Verbe incarné ; c'est à nous d'imiter exactement leur langage Si 1 on peut abuser du titre de mère de Dieu, Nestorius abusait bien plus malicieusement du nom de mère du Lhrist, puisqu'il s'en servait pour saper le mystère de l'incarnation.

Mais ce titre auguste a déplu aux protestants, parce qu'il autorise trop évidemment les autres qualités que 1 Eglise catholique attribue à la sainte

MER

h,i £n'/ le - Ulte si "S uIier qu'elle lui iend ; mais on sait aussi que par leur prévention, ils n'ont que tiop favorisé les ennemis de la divinité de Jésus Christ.

Vainement ils disent que les Pères grecs ont nommé Marie eeoxàxo? et non fi^ep xoù 6eoû ; il s'ensuit seulement qu ils ont mieux aimé employer

un seul mot que trois pour exprimer la même chose. Par la même raison, ns ont dit XptCoxôxoç, et non, a-fasp tou XpiCoO ; et il ne s'ensuit rien.

Il n est pas vrai que saint Léon soit le premier des Pères latins qui ait nommé Marie mère de Dieu.

Cassien et Vincent de. Lérins, Commonit c. 12 et 15, ont soutenu cette qualité contre Nestorius. Les plus anciens, tels que Tertullien, saint Lyprien, saint Hilaire, saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, etc.

disent que Dieu est né d'une vierge est né d'une femme ; qu'une vierge a conçu Dieu, l'a porté dans son sein, la enfanté, etc. Voy. Petau, lb.\ 1.5, c. 14, n. 9 et suivants. Chez les Pères grecs, le nom Qcotôwç se

ï°*V ve éja dans ,a conférence d'Archélaus, évêque de Charcar en Mésopotamie, avec l'hérésiarque Manès, lan 2/7, plus de cent cinquante ans avant la naissance du nestorianisme Alexandre, patriarche d'Alexandrie, s en est servi dans sa lettre synodique à celuideConstantinople, écriteavant lan 325. Théodoret, Ilist. ecclés., I- 1, c. 4. p. 20. C'était une courte profession de foi de la divinité de Jésus- Christ. Origène, saint Denis d Alexandrie, saint Athanase, saint Basile, saint Proclus, Eusèbe et d'au.

très que cite saint Cyrille, l'ont employé avant le concile d'Ephèse. Jean d Antioche, dans sa Lettre à Nestorius, lui représenta que ce terme avait été employé par plusieurs Pères et qu aucun ne l'avait jamais rejeté.

Julien reprochait aux chrétiens cette expression, dans sou ouvrage contre le christianisme. Petau, ibid., c. 15, n. 9 et suiv. Voyez Nestoiuanissie.

Bergisr,

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