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terrain, dont le type principal est dans l'Amérique du Nord, et qui tire son nom du fleuve Saint-Laurent, parce qu'il a été découvert, depuis 1859, par sir William Logan, dans le Canada sur -les rives gauches de ce fleuve et des grands lacs, est l'objet des préoccupations présentes despaléontéologistes. Il s'y rattache, en effet, un problème géologique du plus haut intérêt comme on va le comprendre ; c'est le problème de Yeozoon ou animal-aurore, auquel correspondrait Veophyton ou végétalaurore; problèmes derrière lesquels viennent s'abriter les questions de l'évolution transformiste continue de la vie organique, (darwinisme,) ou des créations périodiques et progressives à lacunes d'interruption, par générations, qu'on pourrait appeler improprement spontanées, des genres et des espèces. Nous exposons, l'état présent de la science d'observation sur ces questions dans plusieurs articles, par exemple au mot Transformisme, et l'on y peut voir que les nouvelles les plus récentes qui soient arrivées à cet égard, n'ajoutent rien d'important à ce que nous en avons déià dit dans nos articles de géologie, notamment dans la notice qui a pour titre Aurore (animaux). Pour le moment contentons-nous d'exposer ce qui concerne directement les terrains laurentiens et de résumer très-sommairement les questions relatives à Vèvolutionisme, ou transformisme.
On est convenu d'appeler, en géologie, terrains primitifs ceux dont la formation fut antérieure aux développements de toute vie organique, et qui, par conséquent, ne renferment aucuns débris de végétaux ni d'animaux, aucuns fossiles. Après ces terrains primitifs, viennent, en remontant vers la surface, les terrains de sédiment formés sous les eaux, qui sont les primaires, les secondaires, les, tertiaires et les quaternaires; parmi ces derniers figurent le diluvium et les alluvions modernes. Les terrains primaires sont, comme on le voit, les plus anciens des terrains sédimenteux et suivent immédiatement les terrains primitifs. Mais il y a toujours, en géologie, de grandes diflicultés à
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vaincre pour assigner la limite exacte entre deux séries qui se touchent, et ces difficultés se font remarquer, notamment, entre les plus élevés des terrains primitifs et les plus profonds des terrains primaires. Nous avons dit qu'on a cru trouver dans des terrains qui n'avaient jusqu'à présent été qualifiés que de primitifs, des traces d'organisme animal(F.AunonE), mais que ces traces de vie étaient encore très-problématiques; du moment où elles seraient constatées, il va sans dire que ces terrains primitifs seraient aussitôt classés, par là même, à la tète des terrains primaires, envevtu de la définition même des uns et des autres. Or, le terrain laurentien est précisément celui qui fait aujourd'huil'objet de cette recherche: est-il dépourvu de tout fossile, et par suite est-il un terrain primitif, ou bien renferme-t-il quelque fossile, et par suite est-il un terrain primaire? tel est le point douteux et à résoudre.
Jusqu'au problème, soulevé dans ces derniers temps, des animaux aurore, ou de Vêozoon, le terrain primaire le plus ancien était le cambrien, ainsi nommé par Sedgwick de la cambrie (cambria) ou pays de Galles, qui en a révélé les premiers types ; venaient ensuite le silurien, le dévonien et le carbonifère, puis la série moins ancienne, quoique énormément ancienne encore, des terrains secondaires. C'était donc le cambrien qui renfermait les plus anciens fossiles ; ces fossiles sont, en fait de végétaux, quelques cryptogames trèssimples et très-rares, (pas de phanérogames), et, enfait d'animaux, quelques éponges, quelques médusaires, quelques trous de vers, quelques mollusques et quelques trilobites non crustacés, mais appartenant aux articulés, en sorte que la vie végétale et la vie animale commencent de s'y développer sous des formes simples, mais pourtant, quant à cette dernière, sous ses trois types d'embranchements, rayonnes, mollusques et articulés (les vertébrés seuls manquent). II faut dire que dans ce terrain cambrien, il y a des couches beaucoup plus ancienn«s que d'autres; MM. Hicks et
Harkness en ont trouvé de très-antiques, et l'on vient d'en constater eu Suède de plus anciennes encore dans lesquelles on a signalé un fossile végétal très-simple qu'on rattache avec peine aux cryptogames vasculaires, tant il parait originaire, et qu'on a nommé ïéophyton ou plante-aurore, comme s'il représentait la première apparition de la vie organique dans le règne végétal.
Resterait à rapprocher ce cambrien inférieur possédant cet eophyton, du laurentien qui possède, comme nous allons le dire, Véozoon, et à voir si les deux terrains ne seraient pas le même terrain, car nous ne croyons guère que l'on arrive jamais à" constater, par l'observation, un véritable animalaurore qui serait antérieur au premier végétal-aurore; cela nous paraîtrait contraire aux harmonies de la nature.
Revenons au laurentien. Ce terrain primitif, mais qui tend à devenir primaire, ne partage pas avec les primaires bien constatés plusieurs caractères qui leur sont propres : l'inspection géologique du Canada sous la direction de William Logan lui a donné une épaisseur de 14 à 15 kilomètres au plus has, ce qui dépasse de beaucoup la profondeur ordinaire des terrains sédimenteux, laquelle n'est que 4 à 5 kilomètres au plus ; les roches qui composent cette couche sont d'ailleurs à la fois stratiliées et cristallisées, comme le gneiss, tandis que les roches sédimenteuses proprement dites ne sont point cristallisées ; or de ces roches émergent des calcaires à masses mamelonnées qui, examinées avec soin au microscope par M. Dawson de Montréal, présenteraient des restes d'un petit foraminifère dans le genre des milioles du moellon de Paris, ou des mummulites de la pierre de Laon et des pierres de la chaîne arabique dont sont faites les pyramides de l'Egypte et ses sphyui.
Cest cette apparence de foraminifère, à sarcode, selon l'expression de M. Dujardin, c'est-à-dire à substance sans structure utriculaire ou cellulaire, et par conséquent très-simple, qu'où nomme l'éozoon, et qui serait la relique de l'animal aurore, c'est-à-dire
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du premier principe de vie animale ou de la première faune qui aurait apparu. Lui correspondrait, dans la flore, l'éophyton du cambrien le plus inférieur, étudié en Suède.
Les Darwinistes ou évolutionistes de nos jours, qui .soutiennent le développement continu de la vie organique à partir d'un premier type commun, duquel seraient sortis, à force de temps, les genres et les espèces, se sont emparés de ce fait primitif en paléontologie pour appuyer leur système. Mais il convient de présenter à ce sujet plusieurs observations.
D'abord, le fait paléontologique de, l'eozoon est très-douteux jusqu'à présent; MM. Carpenter, Ileckel, d'Iéna, Hicks et Harkness, G. Dolfus etc., soutiennent l'origine organique de cet objet dont on a maintenant des échantillons dans tous les musées; mais beaucoup d'autres, plus nombreux encore, et dont les noms sont plus imposants, ne l'admettent pas.
On peut nommer parmi ces derniers, MM. Cartes, L. S. Burbank, J.-B. Perry, .(ces deux derniers américains), Hébert, etc. M. Alb. Gaudry, professeur de paléontologie à la Sorbonne et à notre Muséum, afaitle voyage dupays de Galles l'an dernier, pour étudier cette question, et tout en inclinant à penser que ces échantillons sont des débris de vie organique animale, — il a toujours penché, dans ses cours, vers le transformisme, disant qu'il lui paraissait également possible et naturel que le Créateur eût employé l'un ou l'autre moyen — n'a cependant rapporté de son voyage que des tendances plus fortes et se réserve encore pour une réponse formelle.
En second lieu, le principe de la nécessité d'un créateur est parfaitement indépendant de ce problème ; la métaphysique même de toute science en établit, a priori la nécessité ; et tous les efforts des darwinistes (1) pour l'embrouiller sont des efforts à côté,
Îmrfaitement inutiles. Quel que soit e mode de développement, il faut la cause.
(1) Nous disons darwinistes et non Darwin, car flaiwia n'est point athée. V. Tràissfomusme.
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En troisième lieu, on conçoit auss* bien le développement continu pai modificationsinsensibles d'un premier type, que les générations spontanées des genres et des espèces par le Créateur ou par des lois établies par lui ; cette indifférence en soi des deux modes, prouve même la nécessité d'une liberté et d'une intelligence à l'origine, pour le choix de l'un préférablement à l'autre, puisque, chacun des deux n'ayant pas plus de droits, en vertu de la nécessité, à être qu'à n'être pas, et à être plutôt que son concurrent, celui des deux qui est, serait sans raison d'être, s'il n'avait pas été préféré par un être intelligent.
En quatrième lieu, la question ne pouvant être résolue a priori et mathématiquement, elle ne peut l'être que par l'observation ou par une révélation surnaturelle, faite -par la cause elle-même. Ici la révélation mosaïque, dans son tableau à larges traits des créations par grandes masses, est plus favorable au mode que nous venons de qualifier de générations spontanées qu'à celui de l'évolution continue, quoi qu'elle pût encore s'interpréter (moins naturellement) dans ce dernier sens ; mais la science se met en dehors de ce moyen de connaître, elle n'admet que l'observation naturelle des faits ; telle est sa méthode, telle est son essence même ; attendons donc les résultats de l'observation scientifique. En attendant, nous soutenons que, jusqu'à présent, cette observation même en paléontologie, réfute, aussi bien que possible, la théorie darwiniste de l'évolution continue ; nous l'avons sullisamment prouvé dans nos articles de géologie où nous faisons observer que, dans le développement paléontologique, les transitions d'un type à un autre manquent partout, en réalité ; tout va par sauts d'apparitions à apparitions, et si quelques faits semblent favorables à cette théorie qui prétend voir dans laprogression organique générale une marche semblable à celle du développement du fœtus dans le particulier, ce ne sont que des faits isolés, nullementunensemblesurlequel on puisse établir une théorie générale.
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En ce qui est du terrain laurentien, on peut conclure de ce qui précède, qu'il est encore douteux s'il faut en faire un terrain primitif ou un terrain primaire, et dans ce dernier cas, s'il ne serait pas le mêmequclecambrien inférieur.
LAURIER. {Théol.mixt. scien.bot.)— C'est au milieu des lauriers-rose qui couvrent les bords du lac de Génézareth et toute la vallée du Jourdain que Jésus-Christ annonça aux consciences le royaume des cieux, prêcha l'amour du père céleste, la tolérance humaine et toutes les vertus (V.Palestine) ; voilàpourquoinous ne saurions oublier le laurier dans les notices de botanique que nous accordons à quelques végétaux qui présentent un intérêt spécial.
Le nom de laurier, laurus, lui vient du celtique blawr, qui se prononce lawr et qui signifie vert. Les principales plantes portant ce nom sont le laurier d'Apollon (Laurus Nobilis de Linné) qui est notre laurier commun, ou laurùr sauce, le lauriercerise ou amandier et le laurier rose.
Le laurier d'Apollon, tant chanté par les poètes, que la Mythologie faisait parvenir d'une métamorphose de la nymphe Daphné. poursuivie
Îiar ce dieu, qui servait à couronner es triomphateurs, et qui est encore aujourd'hui l'emblème de la victoire dans tous les genres de concours et de combat, croit spontanément dans tout l'Orient, y forme des forêts, et a été naturalisé dnns le Midi de l'Europe depuis un temps immémorial.
Il se conserve à Paris daus les jardins avec quelques précautions. 11 peut atteindre dix mètres de hauteur. Ses baies sont des espèces de petites cerises à saveur acre et aromatique.
Le laurier-cerise est un arbrisseau du genre Prunus de trois à quatre mètres, qui est originaire des environs de Trébizonde, a été introduit en Europe en 1576 et répandu en France par le botaniste de l'Ecluse. Il est vénéneux, ses cerises et ses feuilles sont assez abondantes en acide prus- -sique (cyauhydrique) ; on emploie pourtant ses feuilles dans l'art culi-
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nairepouraromaliser des crèmes,d'oî> leur est venu le nom de laurier aux crèmes ; elles donnent un goût d'amande amère ; les simples émanations du laurier-cerise peuvent donner des maux de tète et des nausées, quand on dort sous cet arbrisseau. Il n'en faut user en cuisine qu'avec précaution.
Enfin le laurier-rose ou laurose, de la famille des Apoeijnées. {Nerium de Linné, du grec Nérion dérivé de Néros humide, parce qu'il aime les lieux humides) , produit de magnifiques fleurs de toutes variétés et des fruits qui ressemblent aux olives.
Il croit spontanément sur les bords européens de la Méditerranée, comme sur les bords asiatiques, spécialement dans la Palestine, le long du Jourdain et de ses lacs. On ne dit pas que celui d'Asie soit vénéneux, mais cela est incontestable pour celui d'Europe. La poudre de ses feuilles fait éternuer d'une manière très-violente. Il convient de le mettre dans les jardins hors de la portée des enfants .
Le Noir.
LAVABO, ou LAVEMENT DES* DOIGTS, cérémonie qui se fait par le prêtre à la messe; il lave ses doigts du côté de l'épitre, en récitant plusieurs versets du psaume 25, qui commence par ces mots : Lavabo inier innocentes manus meas. Au quatrième siècle, saint Cyrille de Jérusalem, Catech. Mystag. 5, et l'auteur des Constitutions apostoliques, 1. 2, e. 8, n. 11, observent que cette action do se laver les mains est un symbole de la pureté d'âme que les prêtres doivent apporter à la célébration du saiut sacrifice.
On peut voir dans le père Le Brun, Exphcat. des cérémonies de la messe, tome 2, pag. 343, qu'il y a des variétés dans la manière de placer eelL»
action. Selon l'ordre romain, elle sp fait immédiatement avant l'oblation ■ dans les églises de Franre et d'Allemagne, elle se fait iniiiTédiatemi'iii après ; daus quelques-unes, l'usagr est de la faire avant et après. Voyez les Notes du père Menard sur le Sacrum de saint Grégoire, p. 370 et :<7 1 .
CiKGIER.
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LAVATER (Jean-Gaspard). {Thêol.
hist. biog. et bibliog.) — Cet illustre physiognomoniste, et en même temps apôtre dévoué de l'évangile et de la morale chrétienne, naquit à Zurich en 1741 et mourut curé de l'église Saint- Pierre en 1801, d'une blessure qu'il avait reçue d'un soldat français lors de l'entrée de Masséna à Zurich en
Lavater avait un très-grand talent
et pour la prose, et pour les vers, était mystique et enthousiaste. Outre .es Fragments physiognomwciques, qui l'ont rendu célèbre, on a de lui de nombreux écrits dans le genre religieux, tels sont : Méditations généales sur les Evangiles, Dessau, 1783 ; Moelle de la morale chrétienne, Baie 1790; Pilate; Manuel des Malades; Trières du matin et du soir ; Sermons et Œuvres posthumes, publiées par Gessner, Zurich, 11801 ; Chants helvétiques , et une inulitude de Cantiques spirituels et de Poèmes plus étendus.
Lavater, dit M. Stemmer, trahit dans tous ses ouvrages religieux et théologiques une direction contemplative, mystique et enthousiaste.
Celui qui veut posséder Dieu, dit-il, il faut qu'il le possède vivant, et celuilà seul le possède vivant qui en est aussi certain par son expérience intime que s'il avait été avec lui en une correspondance permanente et visible. Cette union avec Dieu et le Christ est le propre du vrai fidèle. Il attribuait une immense puissance à la prière, qui devait toujours réussir en tout; caries actions extérieures et positives sont les conséquences nécessaires de toute véritable prière.
On comprend dès lors que Lavater ■ accordât une confiance entière à l'exorciste Gassner ; il était de bonne foi (et sa bonne foi mérite notre respect) quand il cherchait à gagner à sa croyance ceux qui l'entouraient et ne ménageait aucun moyen de hâter la venue du règne de Dieu sur la terre. Mais ce qui a rendu Lavater plus célèbre que ses travaux théologiques, ce sont ses Fragments physiognomoniques pour servir à la connaissance des hommes et à la charité fraternelle. Lavater expose avec une rare sagacité la valeur des traits du visage
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et des caractères de la physionomie.
Malgré son intelligence, son expérience, la délicatesse et la richesse de ses observations, il tombe dan?
une exagération souvent ridicule, comme, par» exemple, quand il fait du nez le critérium principal de ses jugements. « Il y a, dit Gollie, dans les écrits de Lavater, le mélange le plus singulier de force et de faiblesse, de profondeur de pensée, d'aveugle illusion, de noblesse et de ridicule. »
« Lavater ne se contentait pas de remplir son ministère pastoral à Zurich; il voyageait beaucoup, prêchait partout, et sa parole spirituelle touchante et vigoureuse, les charmes de sa personne exerçaient une immense inlluence sur les grands et les petits qui accouraient pour l'entendre. «Sa brûlante imagination, dit Schrockh, qui entraînait souvent sa raison au delà des justes bornes, ne lui permettait pas d'être un prédicateur véritablement pratique et facile à comprendre. On trouve chez peu de prédicateurs protestants un tel mélange de lumière et d'ombre, d'énergie et de faiblesse, de zèle pour la religion, et de rêves, de croyance, au merveilleux, de bizarreries de toute espèce. Toutefois sa mémoire vivra ; on ne se lassera pas de chercher tout ce qu'il y a de bon, de sensé, d'édifiant dans ses écrits, malgré l'étrangetô des systèmes qui tes déiigurent. »
« Ce que Lavater voulait toujours, voulait uniquement, c'était le bien, c'était de connaître le Christ, de devenir de plus en plus chrétien. La noblesse et l'élévation de son caractère lui attirèrent la considération universelle ; il devint un des hommes les plus recherchés, les plus influents de son époque, et fut en rapport d'amitié avec tous les personnages remarquables parmi ses contemporains. Toutefois, tandis que les uns l'admiraient, tandis que les femmes surtout l'exaltaient et le divinisaient, pour ainsi dire, d'autres en faisaient l'objet de leur moquerie et de leur dérision. Les côtés excentriques et fantastiques de ses discours et de ses écrits, l'assurance seule avec laquelle il prétendait rcooiiBaiire infaillible-
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ment l'esprit à la forme de la figure, suffisaient pour donner un aliment à lacritique et justifier le sarcasme. »
» Le Nom.
LAVEMENT DES PIEDS, coutume que les anciens pratiquaient à l'égard de leurs hôtes, et qui est devenue dans le Christianisme une cérémonie pieuse.
Les Orientaux lavaient les pieds aux étrangers qui arrivaient d'un voyage, parce que, pour l'ordinaire, on marchait les jambes nues et les pieds garnis seulement de sandales.
Ainsi Abraham fit laver les pieds aux trois anges qu'il reçut chez lui.
Gen., c. 18, f. 4. On fit la même chose à Eliézer et à ceux qui l'accompagnaient, lorsqu'ils arrivèrent chez Laban, et aux frères de Joseph, en Egypte. Gènes., cap. 24, f. 32 ; c. 43, f. 24. Cet office s'exerçait ordinairement par des serviteurs et des esclaves. Abigaïl témoigne à David qu'elle s'estimerait heureuse de laver les pieds aux serviteurs du roi. I. Reg., c.2o, f. 41. Jésus, invité à manger chez Simon le pharisien, lui reproche d'avoir manqué à ce devoir de politesse. Luc. ,c. 7, jlr. 44.
Jésus lui-môme, après la dernière cène qu'il lit avec ses apôtres, voulut leur donner une leçon d'humilité en leur lavant les pieds; et cette action est devenue depuis un acte de piété.
Ce que le Sauveur dit à saint Pierre dans cette occasion : Si je ne vous lave, vous n'aurez point de part avec moi, a fait croire à plusieurs anciens que le lavement des pieds avait des effets spirituels, et pouvait effacer les péchés. Saint Ambroise, L. de Myst., c. 6, témoigne que, de son temps, on lavait les pieds aux nouveaux baptisés, au sortir du bain sacré, et il semble croire que comme le baptême efface les péchés actuels, le lavement des pieds, qui se fait ensuite, ôte le péché originel, ou, du moins, diminue la concupiscence. Ce sentiment lui est particulier.
Cet usage n'avait pas seulement lieu dans l'église de Milan, mais encore dans d'autres églises d'Italie, des Gaules, de l'Espagne ^l de l'Afrique. Le concile d'Elvire le sup-
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prima en Espagne, à cause de la confiance superstitieuse que le peuple y mettait; il parait que dans les autres églises il a été aboli, à mesure que la coutume de donner le baptême par immersion a cessé. Quelques anciens lui ont donné le nom de sacrement, et lui ont attribué le pouvoir d'effacer les péchés véniels, c'est le sentiment de saint Bernard, et saint Augustin a pensé de même. Il observe cependant, Epist. 119 ad Januar., que plusieurs s'abstenaient de cette pratique, de peur qu'elle ne semblât faire partie du baptême. Un ancien auteur, dont les sermons sont dans l'appendix du 5 e tome des ouvrages de ce Père, soutient que le lavement des pieds peut remettre les péchés mortels. Cette dernière opinion n'a nul fondement dans l'Ecriture sainte ni dans la tradition.
Quant au nom de sacrement, duquel quelques-uns se sont servis, il parait qu'ils ont seulement entendu par là lesigned'unechose sainte, c'est-à-dire de l'humilité chrétienne, mais auquel Jésus-Christ n'apoint attaché la grâce sanctifiante comme aux autres sacrements.
11 faut avouer cependant que la tradition et la croyance de l'Eglise est ici la seule règle qui puisse nous faire distinguer cette cérémonie d'avec un sacrement; nous ne voyons pas pourquoi les protestants, qui s'en tiennent à l'Ecriture seule, refusent de mettre le lavement des pieds au nombre des sacrements. Rien n'y manque des conditions qu'ils exigent; c'est un signe très-propre à représenter la grâce qui nous purifie de nos péchés; Jésus-Christ semble y avoir attaché cette giàcc, en disant à saint Pierre, si je ne vous lave, vous ri aurez point de part avec moi; il ordonne à ses disciples de faire cette cérémonie à son exemple.
Joan., cap. 13, ^. 14. Que faut-il de plus?
Cette cérémonie se fait le jeudi saint chez les Syriens et chez les Grecs, aussi bien que dans l'Eglise latine. A Rome, le Pape, à la tète du sacré collège, se rend dans une salle de son palais destinée à cette action; il prend une étole violette, une chape rouge, une mitre simple;
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les cardinaux sont en chape violette. Il met de l'encens dans l'encensoir, et donne la bénédiction au cardinal-diacre qui doit chanter l'évangile, Ante diem festwn Paschse, etc., Joan., c. 13; c'est l'histoire de cette action même faite par Jésus-Christ.
Après l'évangile, on lui présente le livre à baiser, et le cardinal-diacre lui donne l'encens. Alors un chœur de musiciens entonne l'antienne ou le répons Mandatum novum do vobis, etc.
Le Pape ôte sa chape, prend un tablier, lave les pieds à douze pauvres prêtres étrangers, qui sont assis sur une estrade, et vêtus d'un habit de camelot blanc, avec une espèce de capuchon fort ample. Il leur fait distribuer à chacun par son trésorier, une médaille d'or et une d'argent, du poids d'une once. Le majordome leur donne à chacun une serviette, avec laquelle le doyen des cardinaux, ou le plus ancien, leur essuie les pieds. Le Pape retourne à sa chaire, lave ses mains, reprend la chape et la mitre, dit l'oraison dominicale et d'autres prières. 11 ôte ensuite ses habits pontificaux, et rentre dans son appartement suivi du même Gortége. Les douze pauvres sont conduits dans une autre salle du Vatican, où on leur sert à dîner; le Pape vient leur présenter à chacun le premier plat, et leur verse le premier verre de vin, leur parle avec bonté, leur accorde des indulgences, et se retire. Pendant le reste du repas, le prédicateur ordinaire du Pape fait un sermon. La cérémonie finit par le diner que le saint Père donne aux cardinaux.
Les empereurs de Constantinople faisaient la même cérémonie dans leur palais avant la messe. Voy. les Notes du père Ménard sur le Sacram. ie saint Grégoire, p. 97. Au mot Cène, ious avons rapporté la manière dont .e roi la fait en France.
Beiigier.
LAVOISIER (Antoine -Laurent).
[Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce ;)ère de la chimie moderne né à Paj .ïs en 1743, élu à l'Académie des iciences en 1768 après avoir reçu une nédaille pour un Mémoire sur la madère d'éclairer pendant la nuit les rues