LAY
d'une grande ville, enfin fermier général sans cesser de cultiver les sciences et surtoutla chimie, mourut sur l'échafaud le8mai 1794, avec vingt-sept autres fermiers généraux, après avoir demandé, en vain, dit-on, un sursis de quelques jours pour terminer une expérience qu'il avaiteommencée. En tout pays, en tout siècle, en tout état de cause, celui qui laisse tuer, pouvant l'empêcher, un brave homme comme Lavoisier, ne peut être qu'un scélérat, à quelque parti qu'il appartienne, et s'il répond par un refus à une pareille demande, il n'3 r a pas dans la langue d'injure assez forte pour lui; mais le fait est contesté. Lavoisier était l'homme doux et obligeant, s'il en fut; il avait toutes les qualités qui rendent aimable, et il avait rendu à l'humanité les plus grands services par ses découvertes :
c'est lui qui avait facilité l'établissement des nouvelles mesures décimales ; c'es.t lui qui avait le plus notablement amélioré la fabrication des poudres; c'est lui qui avait fait les expériences les plus curieuses sur la transpiration des animaux ; c'est lui qui avait imaginé la nomenclature chimique qui a été généralement adoptée; c'est lui qui avait trouvé la composition et la recomposition de l'eau ; c'est lui qui avait trouvé les deux gaz constitutifs de l'air, l'oxygène et l'azote ; c'est lui, en un mot, qui avait fondé véritablement la science de la chimie. On a de lui une multitude de mémoires importants, tels que les suivants : Sur la transpiration des animaux ; sur la matière de l'eau ; expérience avec le diamant, il prouve que le diamant n'est, selon l'hypothèse de Newton, que du charbon pur; sur l'acide carbonique; etc., etc.
Le Noie.
LAYARD (Austen-Henry ). (Théol.
hist. biog. et bibliog.) — Cet assyriologue anglais, né à Paris en 1817, d'une famille protestante que la révocation de l'édit de Nantes avait fait passer en Angleterre, fit connaissance, en 1842, dans un de ses voyages en Orient, de M. Bottu, consul' de France qui venait de découvrir les ruines de Ninive, obtint du gouver-
LAZ
LAZ
nement anglais les moyens nécessaires pour aller foire des fouilles sur les bords du Tigre, descendit le cours de ce fleuve, à partir de Mossoul sur un petit radeau, prit à sa solde uu groupe d'Arabes errants, commença ses fouilles à l'est de Nemrond, et dès le premier jour fit d'importantes trouvailles. 11 publia, en 1849, un in-8, intitulé iSinive et ses ruines, Nineveh and its remains, dans lequel ses découvertes sont décrites; cette collection ne diffère point sensiblement de celle que notre musée du Louvre doit à M. Botta. Le Noir.
LAYMANN (Paul.) (Théol.hist.biog.
et bibliog.) — Ce grand théologien, moraliste de la compagnie de Jésus, d'une rare modestie et d'une grande franchise, naquit à Iunsbruck en 1576 et mourut de la peste à Constance en 1033, dans une solitude absolue où il s'était retiré pour ne transmettre à personne le mal dont il se sentait atteint. On a de lui une théologie morale également utile aux canonistes et aux théologiens, Munich, in-4, 1625, améliorée, en 1626, augmentée en 1630 et souvent rééditée ; Quxstioncs canonicas de prœlat. eccles.
electione, institutione et potestate, ex lib. I Decretalium, Uilling., 1626; Processum luridic. contra sagas, Colon. -, Justàm defemionem sanctissimi Romani Pontifiais, etc., in causa monasteriorum et bonorum ecclesiast. vacantium, Dilling., 1631; Censura astrolog. ccclcsiastkse et astriinextincti, c'est une réponse à VAstrum inextinctum du bénédictin romain Hay; Pacis compositiùncm inter principes et ordinés Impcrii Romani catholkos atque Augustanx conf'cssioni adhérentes, ouvrage auquel il ne mit pas son nom ; etc : Jus canonicum, Dill., 1 643, et Rcpcrtorium, ibid., 1644. ouvrages posthumes. Le Nom.
LAZARE. Un des miracles les plus éclatants que Jésus-Christ ait opérés est la résurrection de Lazare; les incrédules ont fait tous leurs efforts pour le rcndie douteux, mais la narration de l'évangéliste qui le rapporte, nous présente des caractères de vérité si frappants, qu'il n'est pas
possible de les obscurcir : quiconque les examinera sans prévention, sera convaincu que la fraude, l'imposture, l'erreur, le hasard, n'ont pu y avoir aucune part. Joan., c. 11 et 12.
1° Lazare était un homme riche et considéré chez les Juifs; cela est prouvé par la manière dont l'Evangile en parle, par la quantité de parfums que sa sœur répandit pour faire honneur à Jésus, par la manière dont il fut embaumé après sa mort ; par l'attention des principaux juifs de Jérusalem, qui vinrent consoler Marthe et Marie de la mort de leur frère, etc.
Un homme de cette condition auraitil voulu se déshonorer et se rendre odieux à sa nation par une fraude concertée avec Jésus? Que pouvait-il en espérer, et que n'avait-il pas à craindre? Il aurait fallu que les deux sœurs et les domestiques de Lazare fussent du complot. Comment feindre la maladie, la mort, les funérailles, l'embaumement d'un homme de considération à une demi-lieue de Jérusalem, sans danger d'être découvert?
2° La crainte du ressentiment des Juifs devait en détourner les complices : il y avait une excommunication prononcée par le conseil des Juifs, contre tous ceux qui reconnaîtraient Jésus pour le Messie; ses ennemis avaient déjà tenté plus d'une fois de l'arrêter : essayer une fourberie dans ces circonstances, c'était accélérer la perte de Jésus, et s'y envelopper avec lui. Jésus lui-même aurait-il osé la proposer à une famille qui lui témoignait de. l'atlection et de l'estime, et dont l'amitié pouvait lui être utile? Il ne faut pas s'obstiner, comme font les incrédules, à peindre Jésus, tantôt comme un fanatique imbécile et imprudent, tantôt comme un fourbe assez adroit pour en imposer à tonte la Judée : ces deux caractères ne s'accordent pas, et ni l'un ni l'autre ne peuvent être attribués à Lazare.
3» Jésus n'était pas à Réthanie lorsque Lazare tomba malade, mourut et fut enterré; il était à Bétharaba au delà du Jourdain, à plus de douze lieues de distance de Béthanie : on lui envoya un messager pour l'avertir; il se passa au moins cinq jours depuis le départ de cet envoyé jusqu'à l'ar-
LAZ
rivée de Jésus, qui affecta de ne pas se presser. S'il y avait eu de la fraude, il faudrait supposer que Lazare et ses complices avaient pris sur eux tout l'odieux du complot, et avaient ménagé à Jésus un prétexte très-apparent pour se disculper, en disant qu'il était absent, et qu'il avait été trompé lui-même.
4° La douleur des deux sœurs, après la mort de Lazare, avait toutes les marques possibles de sincérité; les Juifs venus de Jérusalem croient que Marie, qui sort pour aller au-devant de Jésus, va pleurer au tombeau de son frère. Le discours qu'elles adressent successivement à Jésus, les larmes que répand Marie, celles que Jésus verse lui-même, la réponse qu'il fait aux deux sœurs, l'étonnement des assistants, qui disent : Cet homme, qui a guéri un aveugle-né, ne pouvait-il donc pas empêcher son ami de mourir ?
tout annonce la sincérité et la bonne foi.
5° C'est en présence des deux sœurs, des Juifs de Jérusalem, de ses disciples, que Jésus se fait conduire à la caverne dans laquelle est inhumé Lazare : on ne prend pas tant de lémoins pour jouer une imposture. Il ordonne d'ôter la pierre qui fermait le tombeau : Seigneur, lui dit Marthe, il sent déjà mauvais, il y a quatre jours qu'il est enseveli : cette circonstance est répétée deux fois. Jésus lève les yeux au ciel, invoque son Père, appelle Lazare, et lui commande de sortir dehors; le mort se lève, on lui ôte les bandes sépulcrales; il est plein de vie. Plusieurs juifs, témoins dece prodige, crurent enJésus-Christ.
Une narration si naturelle et si bien circonstanciée ne peut pas être un ouvrage d'imagination.
6° L'usage des Juifs d'enterrer les morts dans des cavernes est certain; il venait des patriarches : on voit encore dans la Judée plusieurs de ces tombeaux anciens, et l'on sait que les Juifs avaient changé peu de chose à la manière d'embaumer des Egyptiens. Ils enduisaient d'aromates les corps. Nicodème apporta environ cent livres de myrrhe et d'aloès pour embaumer le corps de Jésus, selon la coutume des Juifs. Lorsque Marie répan-