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dit des parfums sur Jésus : Elle me rend déjà, dit-il, les honneurs de la sépulture. Après avoir saupoudré de ces drogues desséchantes les membres du mort, ils les liaient de bandelettes qui en étaient imbibées ;ils environnaient de même la tèLe et le couvraient d'un suaire. C'est ainsi que Lazare avait élé enseveli; l'évangéliste le fait remarquer en parlant des bandelettes dont ses mains et ses pieds étaient liés, et du suaire qui élait sur sa tète.
Si Lazare n'avait pas été mort, il lui aurait été impossible de demeure!
pendant plusieurs heures ainsi emmaillotté, le visage couvert de drogues, dans un tombeau couvert par une pierre, sans être suffoqué; et s'il n'avait pas élé ainsi enseveli comme l'étaient les morts de sa condition, les Juifs présents à la résurrection n'auraient pas été dupes d'une sépulture simulée : ils auraient accusé Jésus, Lazare et ses sœurs d'imposture.
7a Tout au contraire, il est dit que plusieurs crurent en Jésus-Christ, que les autres allèrent avertir les Juifs de ce qui s'était passé. Là-dessus ils délibèrent: « Que ferons-nous, disent-ils? Cet homme fait beaucoup de- miracles ; si nous le laissons continuer, tout le monde croira en lui ; les Romains viendront détruire notre ville et notre nation. >) Ils prennent la résolution de faire mourir Jésus.
Plusieurs vinrent exprès à Bôlhanie pour voir Lazare ressuscité. Le bruit que ce miracle lit à Jérusalem valut à Jésus l'entrée triomphante qu'il y lit quelques jours avant la pàque.
Les Juifs, furieux de cet éclat, résolurent de se défaire aussi de Lazare, parce que sa résurrection augmentait le nombre des partisans de Jésus.
Ainsi les circonstances dont ce miracle fut précédé, la manière dont il fut opéré, les effets qu'il produisit, concourent à en démontrer la réalité :
les incrédules auraient dû y faire quelque attention avant d'argumenter pour le faire paraître douteux.
Dira-t-on, comme quelques-uns, que toute cette histoire est fausse, que saint Jean l'a forgée dans un temps où il n'y avait plus de témoins oculaires ni contemporains qui pussent le contredire ? Nous n'insiste-
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rons point sur le caractère personnel de saint Jean, sur son âge vénérable, sur le ton de candeur qui règne dans tous ses écrits, sur l'inutilité de cette fable pour établir l'Evangile ; mais comment un vieillard centenaire, un écrivain juif, auquel les incrédules n'ont jamais attribué des talents sublimes, a-t-il pu forger une narration si naturelle et si bien circonstanciée, où rien ne se dément, où tout con- .
tribue à persuader, s'il n'a pas été lui-même témoin oculaire du fait et de la manière dont il s'est passé ?
Avec la critique la plus subtile et la plus maligne, les incrédules n'ont pu y découvrir aucune marque d'imposture.
Il est faux qu'alors il n'y eût plus de témoins oculaires. Quadratus, disciple des apôtres, atteste que plusieurs personnes guéries ou ressuscitées par Jésus-Christ, avaient vécu jusqu'au temps auquel il écrivait ; c'était sous Adrien, \ers l'an 120, par conséquent assez longtemps après la mort de saint Jean. Eusèbe, Hist., 1. 4, cap. 3. Cet évangéliste était donc environné, soit de témoins oculaires ou contemporains, soit de gens qui avaient pu apprendre la vérité de leur bouche.
La résurrection de Lazare n'était point un fait obscur que saint Jean put forger sans conséquence : il fait remarquer que ce prodige avait fait du bruit dans la Judée ; que d'un côté il augmenta le nombre des partisans de Jésus ; que de l'autre, il aigrit ses ennemis, et leur fit prendre la résolution de le mettre à mort. Il n'était donc pas possible de le publier à faux, sans s'exposer à être contredit, et cette imprudence aurait été d'autant plus grossière que les autres évangélistes n'en avaient pas parlé. 11 faudrait donc toujours supposer que saint Jean a été, d'un côté, tin fourbe très-adroit, capable de forger la narration la plus propre à en imposer ; de l'autre, un imposteur stupide, qui n'a pas vu le danger auquel il s'exposait de nuire à la cause eu voulant la servir.
Mais le silence des autres éyangélistes est justement ce qui inspire des soupçons à d'autres critiques. Il est
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évident disent-ils, qu'en fait de résurrections, ces historiens sont allés en augmentant, et ont voulu enchérir les uns sur les antres; saint Matthieu et saint Marc n'avaient parlé que de la résurrection de la fille de Jaïre, qui venait seulement d'expirer; saint Luc y ajoute le fils de la veuve de Naïm que l'on portait en terre; cela était plus admirable : saint Jean, pour amplifier, raconte la résurrection de Lazare, mort depuis quatre jours, enterré et déjà infect ; cette progression de merveilleux sent la fable et le dessein d'en imposer. Aucun écrivain juit n'a parlé de ce miracle, et il n'en est fait mention dans aucun monument public.
Nous soutenons qu'il n'est pas vrai que saint Jean cherche à augmenter le merveilleux des miracles de Jésus- Christ, puisqu'il a passé sous silence non-sculemenl les deux premières résurrections rapportées par les autres évangélistes, mais encore la transfiguration de Jésus-Christ, de laquelle il avait été témoin oculaire. Ce prodige était pour le moins aussi capable d'exciter l'admiration que la résurrection de Lazare. En lisant sou Evangile, on voit que son dessein était principalement de rapporter les discours et les actions de Jésus-Christ dont il n'était pas fait mention dans les autres évangélistes ; c'est pour cela qu'il est le seul qui raconte le miracle des noces de Cana. Mais il déclare à la fin de son Evangile que Jésus a lait beaucoup d'autres miracles qu'il ne rapporte point ; et le récit de Quadratus prouve qu'en effet Jésus avait encore ressuscité d'autres morts que ceux dont parlent les évangélistes.
Il est évident qu'aucun des quatre ne s'est proposé de faire une histoire complète des miracles, des discours, des actions de Jésus-Christ; les trois premiers n'ont presque rien dit de ce qu'il a fait depuis la fête des Tabernacles, au mois d'octobre, jusqu'à la pâque suivante, et c'est dans cet intervalle de temps qu'il ressuscita Lazare.
Dans les Sepher Tholdtk Jcsu, les Juifs ont avoué qu'il a ressuscité des morts; n'est-ce pas assez que cet
aveu général de leur part ? C'est une absurdité d'exiger qu'ils aient écrit ces miracles en détail, par là ils auraient rendu leur incrédulité plus inexcusable, et se seraient couverts d'ignominie. Mais les ennemis du christianisme ne craignent point de se rendre aussi ridicules que les Juifs ; parce que l'historien Josèphe leur semble avoir parlé trop clairement des miracles et de la résurrection de Jésus- Christ, ils rejettent son témoignage comme supposé ; cet aveu, disent-ils, est trop formel pour un juif: lorsqu'on leur en allègue d'autres qui ne sont pas aussi exprès, ils n'en font point de cas ; ils disent :
€ela n'est pas assez formel. Comment faudrait-il donc que les aveux des Juifs fussent conçus pour les convaincre?
Il aurait fallu, disent-ils, que les Juifs, prétendus témoins de la résurrection, eussent vu Lazare malade, mort, embaumé, qu'ils eussent senti l'odeur de sa corruption, enfin qu'ils eussent conversé avec lui depuis sa sortie du tombeau.
Qui leur a dit que cela n'est pas arrivé? L'Evangile nous donne lieu de présumer tout ce qu'ils exigent.
En effet les Juifs, venus de Jérusalem à Béthanie pour consoler Marthe et Marie, étaient les amis de Lazare; ils l'avaient donc vu malade, et ils avaientjassisté à ses funérailles, puisque Béthanie n'était qu'à une demilieue de Jérusalem. Lorsque Jésus fit ouvrir le tombeau en leur présence, ils virent Lazare mort et embaumé ; ils purent donc respirer l'odeur de sa corruption. Ils le virent sortir du tombeau à la voix de Jésus, et ils purent converser avec lui à ce moment même : quelques-uns d'entre eux allèrent raconter aux chefs de la nation ces faits dont ils avaient été témoins.
Quand nous aurions leur propre témoignage par écrit, de quoi nous servirait-il contre les incrédules ? Ou ces témoins ont cru en Jésus-Christ, ou ils n'y ont pas cru. S'ils y ont cru, leur témoignage devient suspect comme celui des apôtres, qui sont eux-mêmes des juifs convertis ; s'ils n'y ont pas cru, l'argument ordi-
naire des incrédules reviendra sur la scène ; il est impossible, diront nos adversaires, que des hommes raisonnables aient vu un pareil miracle, sans croire en Jésus-Christ.
Déjà ils nous opposent ce raisonnement. Si ce miracle, disent-ils, eût été incontestable, il n'est pas possible que les Juifs eussent poussé la rage jusqu'à vouloir mettre à mort Lazare aussi bien que Jésus, afin d'arrêter les suites de ce prodige ; il est plus naturel de croire qu'ils les reconnurent tous deux coupables d'imposture.
Tel est l'entêtement de nos adversaires ; ils aiment mieux penser que Jésus, ses disciples, Lazare, ses sœurs, ses domestiques, ses amis, ont été tous à la fois des fourbes et des insensés, qui trompaient sans motif et au péril de leur vie, que d'avouer que les Juifs étaient des forcenés.
Mais ils sont peints comme tels par Josèphe lui-même ; la conduite qu'ils ont tenue après la résurrection de Jésus-Christ le démontre, et depuis dix-sept cents ans leur postérité porte encore ce caractère. La conduite de Jésus et de ses disciples est-elle marquée au même coin ? L'opiniâtreté même des incrédules nous fait voir jusqu'où les Juifs ont pu la pousser, et ce que produit la passion sur les esprits qui s'y sont une fois livrés.
Bergier.
LAZARISTES. C'est le nom que l'on donne vulgairement aux prêtres de la congrégation de la mission, parce qu'ils occupent à Paris la maison de Saint-Lazare. Cette congrégation a été instituée par saint Vincent de Paul, en 1617, et confirmée parles papes Alexandre VIII et Clément X.
Leur destination est de travailler à l'instruction, des peuples de la campagne et à l'administration des paroisses, de former les jeunes ecclésiastiques aux fonctions de leur état, de faire des missions dans les pays infidèles, ds s'employer au secours et au rachat des esclaves sur les côtes de Barbarie. L'utilité de leurs travaux a fait promptement multiplier cet institut dans les divers Etals de l'Europe; ils sont actuellement char-