‹ Dictionnaire de théologie approprié au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XIXe siècle par l'abbé le NoirChapitre 48 sur 114 · LOR · texte numérisé non relu

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Armada. A son retour de cette expédition manquée, il reprit ses fonctions auprès du duc d'Albe, perdit sa femme et entra dans les ordres. Occupé, dès son enfance, d'études poétiques, il .avait acquis de la renommée, avant d'entrer dans l'état ecclésiastique, par des poésies de toute espèce :

d'abord par son Arcadie, œuvre mêlée de vers et de prose, puis par des romances, des églogues héroïques, dans lesquelles ses bergers parlaient la langue d'Amadis, se livraient à des dissertations savantes sur la théologie, la grammaire, la rhétorique, la poésie, la musique, l'arithmétique et la géométrie ; enfin, et surtout, par les poèmes et les pièces de théâtre qu'il avait composés en l'honneur de saint Isidore, au moment de sa canonisation, en 1598.

» Devenu prêtre, il continua à s'occuper de poésie, et le nombre de ses œuvres tint du prodige. Il s'exerça dans tous les genres et obtint du succès en tous. Mais ce qui transporta d'enthousiasme le peuple espagnol, ce fut la représentation des drames religieux et profanes de cet auteur. Sa popularité devint si grande que la foule se pressait dans les rues pour le voir dès qu'il passait ; les enfants le suivaient en l'acclamant ; les grands se disputaient l'honneur de le recevoir, et l'Église elle-même récompensa, par ses dignités, le zèle religieux et catholique qui respirait dans ses œuvres ; il fut nommé capellan mayor, familier de l'Inquisition ; le pape Urbain VIII, auquel il avait dédié un poëme sur Marie Stuart, le nomma docteur en théologie, fiscal de la chambre apostolique et chevalier de Malte.

» Lope continua sans interruption, jusqu'en 163S, à publier des poésies et des pièces de théâtre ; il s'arrêta quelques mois avant sa lin, ne s'occupa plus que de pensées et de pratiques religieuses , et mourut le 26 août de la même année. Quoique ses pièces de théâtre lui eussent rapporté beaucoup d'argent, il laissa peu de fortune, les pauvres ayant toujours trouvé sa caisse ouverte et à leur disposition. Ses funérailles fu-

rent princières; elles durèrent trois jours ; trois évoques y officièrent.

» On évalue à mille huit cents les pièces de théâtre de Lope, età quatre cents ses autos sacramentelles, fans compter une foule de poèmes sacrés et profanes. Sans doute cette prodigieuse fécondité nuisit à la perfection de ses œuvres; cependant la moindre de ses productions respire une incomparable verve poétique, et le véritable esprit espagnol, noble, brave et religieux.

» Son inépuisable imagination, sa prodigieuse facilité, la vie qui anime tous ses personnages , l'intérêt qui s'attache à toutes ses situations, élevèrent le théâtre espagnol à une hauteur que ses successeurs eurentpeine à- maintenir ensuivant ses traces.

Celui de tous qui se rapprocha le plus de Lope, et qui fit parvenir les drames sacrés à la perfection de la forme, par la délicate*se du plan, l'habileté du développement, la beautédu style, la noblesse, la richesse et la grandeur des pensées, fut Pierre CalderondelaBarca, né en 1600, mort en 1687, prêtre aussi depuis l'âge de cinquante-deux ans. » (V. Calderon,) Le Noir.

LORETTE (Notre-Dame de). (Théol.

hist. pèlerin.) — Ce pèlerinage est devenu à partir du <xiy° siècle, un des plus fameux de" la chrétienté, par suite de la célébrité d'une légende d'après laquelle la chambre même ou la Vierge Marie reçut la visite de l'Ange et conçut le Fils de Dieu, fut transportée finalement par miracle à Loretta.

Voici cette légende telle que la raconte M. Schrôdl dans le Dict. encycl. de la théol. cathol. :

« En 1291, la maison de la sainte Vierge, sanctuaire que les Apôtres avaient déjà en grande vénération, fut transportée pendant la nuit par des Anges enDalmatie et déposée sur une colline, entre les villes deTersato et de Fiume. (Cette apparition merveilleuse et inexplicable aux yeux de tous les habitants de la contrée fut révélée à l'évêque Alexandre, deTersato, dans une vision, par la Mère de Dieu elle-même, et, comme preuve

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