livre dixième
s'adresse aux classes mêlées, et prévoit les temps de détresse. r
«Le brahmane est le Seigneur de toutes les classes qui sont la sacerdotale, la militaire, la commerçante et la servile. Les classes mêlées se composent de ceux qui naissent du mélange. »
Manou attribue presque tout à la naissance. C'est l'inverse de Koun- Feu-Tseu qui exalte eeux qui sont fils de leurs oeuvres.
« Les classesmèléessontimpures..
ce sont des individus féroces et déshonorants. » On en fait une loneue enumération selon la combinaison du mélange.
Voici une punition curieuse réservée au brahmane qui n'accomplira pas ses devoirs.
« Il deviendra ver dans les excréments d'un chien. » — Si c'était une ligure elle serait énergique.
« Dans le cas de nécessité on ne devient pas lm pur en usant, pour vivre, des moyens prohibés dans les cas ordinaires. »
Voilà un éclair de bon sens.
Le livre onzième régie des pénitences et des expiations.
« Il est permis de voler ce qui appartient aux hommes méchants, pour faire les sacrifices quand on ne peut les faire autrement. »
Manou suppose qu'on est puni dans cette vie de fautes commises dans une autre.
Divers crimes et moyens de les expier : un de ces moyens est de boire du jus de bouse de vache.
« Celui qui a souillé l'épouse de son père, doit mourir en embrassant une image de femme en fer rougie au feu, et en proclamant lui-même son crime à haute voix ; ou bien s'étant coupé les instruments de son crime, il les prendra dans sa main et marchera vers le sud-ouest jusqu'à ce qu il meure. »
Même punition pour celui qui viole une fille avant la puberté elc
« Celui qui a tué une vache passera une nuit au milieu des compagnes de la victime, couvert de la peau de celle qu ,1 a tuée, et les saluant, mangera la boue de leurs sabots, etc. »
Pour avoir tué un soudra, c'est la même pénitence que pour avoir tué un animal.
« Qui aura répandu la semence partout ailleurs que dans le champ gui doit la recevoir, fera la pénitence du sautapana. »
La pénitence du sautapana consiste
à manger pendant un jour de la bouse
de vache mêlée d'urine, de lait, etc.
Il y a mille pénitences plus ou
moins rigoureuses et bizarres.
Voici un nouvel éclair de bon sens:
« Après avoir commis une faute, si 1 on s'en repent vivement, on en est purifié quand on dit : Je ne le ferai plus. » C'est la contrition et le bon propos.
« On parvient toujours au ciel par le pouvoir de la dévotion austère....
même les âmes des vers, des insectes, des végétaux. »
« Le monosyllabe aum, répété pendant un mois, peut purifier même du meurtre d'un brahmane. »
Le douzième et dernier livre a pour objet l'exposé du dogme de la transmigration des âmes et de la béatitude finale.
C'est Brigou, descendant de Manou qui apprend cette doctrine aux maharchis (aux sages).
Brigou distingue dix choses bonnes et dix choses mauvaises par l'esprit, par la parole, et par l'action.
Celui qui fait le mal reprend un corps, après la mort, pour être torturé en enfer. Puis ce corps finit par se dissoudre, et il revient sur la terre soit dans un homme, soit dans un animal, etc.
Ce sont les deux principes, l'âme suprême et l'intelligence, qui jugent si l'âme mérite être punie ou récompensée. Pour être récompensée elle prend un corps tiré des cinq éléments pour jouir des délices du paradis.
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Pour être punie elle en revêt un tiré des particules subtiles des cinq éléments et est livrée à Yama, juge des enfers.
On distingue trois états dans lesquels l'âme peut aller: la nature divine ou supérieure est son partage quand elle est douée de la bonté ; la condition bumaine ou intermédiaire lui est rendue quand elle est dominée par la passion, par exemple, par l'amour des richesses ; enfin, la condition de l'animal ou du végétal lui est imposée quand elle est dans l'obscurité. Brigou entend par ce mot l'abandon aux plaisirs des sens.
Les éléphants, les chevaux, les soudras (n'oubliez pas que ce sont les esclaves), les tigres, les sangliers, les barbares (ce sont les étrangers) forment les états moyens de la qualité d'obscurité.
Les danseurs, les oiseaux, les hommes trompeurs, les géants, et les vampires composent l'ordre le plus élevé de la qualité d'obscurité.
Les bâtonnistes, les lutteurs, les auteurs, les maîtres d'armes, les joueurs, les ivrognes, sont les états les plus bas de la qualité de passion.
Les rois, les guerriers, les conseillers des rois, les controversistes forment l'ordre intermédiaire.
Les musiciens célestes, les génies qui suivent les dieux, les nymphes, sont les plus élevés.
Les anachorètes, les dévots ascétiques, les brahmanes, les légions de demi-dieux aux corps aériens, les génies des astérismes lunaires . forment le premier degré des conditions que procurent la qualité de bonté.
Les sacrificateurs, les saints, les dieux, les génies des vêdas, les régents des étoiles, les divinités des années, forment le degré intermédiaire.
Brahma, les créateurs du monde, le génie de la vertu, les deux divinités du principe intellectuel sont le suprême degré de la qualité de bonté.
L'âme coupable passe de nombreuses séries d'années dans les terribles demeures infernales, puis elle
revient dans un corps pour achever l'expiation.
Le meurtrier d'un brahmane vient dans le corps d'un chien, d'un sanglier, d'un âne, etc. ; il y a une longue énumération des animaux les plus immondes et des végétaux, dans laquelle l'animal ou le végétal présente un rapport avec la passion dontrhomme est puni; par exemple, pour avoir volé du grain on devient rat.
Dans l'enfer il y a une forêt qui a pour feuilles des "lames d'épée. C'est l'appatravana, on y souffre fa peine du feu. « Ils éprouveront, est-il dit, l'insupportable douleur d'être mis au feu comme les vases d'un potier. »
« Connaissez maintenant les actes d'un brahmane qui peuvent le mener au bonheur éternel, au mhsrégasa ou mokcha, béatitude lînaie. état de l'âme réunie pour toujours à l'âme universelle. »
a Plusieurs de ces actes sont en rapport avec le monde et procurent le paradis. D'autres sont complètement détachés du monde et conduisent à la félicité suprême. Toute bonne action faite dans le but d'être heureux dans l'autre vie est du premier ordre; mais celui qui est désintéressé et dirigé par la connaissance unique de l'être divin est dit détaché du monde.»
Voilà encore un de ces élans pleins de vie, qui ont enfanté toutes les merveilles de l'ascétisme indien. C'est le rêve de l'amour pur.
« Celui qui agit avec quelque intérêt parvient à l'assemblée des dieux (des dévas), l'autre obtient une félicité plus grande; il est débarrassé du corps, voyant également l'âme suprême dans tous les êtres et tous les êtres dans l'âme suprême. »
C'est une inspiration qui rappelle Malebranche.
« En offrant son âme en sacrifice, il s'identifie avec l'être qui brille de son propre éclat. »
Cela est chrétien comme ce qui suit :
« Le brahmane doit toujours méditer sur l'âme suprême, vaincre ses sens. C'est la deuxième naissance. »
Mais voici l'intolérance :
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<> Les recueils de lois autres crue le véda, ainsi que les systèmes hétérodoxes quelconques, n'ont d'autre résultat que les ténèbres infernales .
l«°m ? es , ant 1 res livi ' es «ont sortis de la main des hommes et périront. »
vi,™/ tr T e point un tel «clusi- Tisme dans houng-Feu-Tseu
« Les trois sortes de preuves, l'évidence, le raisonnement et l'autorité des livres sacrés, doivent être bien comprises par celui qui cherche à acquérir une connaissance positive de ses devoirs. » - Cette sentence est remarquable; elle montre qu'au milieu de son surnaturalisme, Manou
n avait pas tout à fait oublié Tes droits de Ja raison.
Voici qui est plus curieux encore Il déclare son Eglise infaillible:
la "lni a ?i S f t0U , S k>S Cas non P^vuspar la loi, il faudra recourir à l'autorité
des brahmanes. Sans contestation S
MmïT° n \ ?f Ur P arole sera i* iaillible quand ils seront dix réunis »
« Le puissant Manou a révélé ces
S^ff ? e d ° ivent te un secr et que po r les hommes indignes de les connaître. »
« Le grand être no peut se concevoir q^ dans le sommeil de la méditation la plus abstraite. »
« On doit reconnaître dans sa
dans toutes les créatures. »
Voici Ja conclusion :
On'i u\ a ^ termija , ale sa S e et le dwidja. Qui ht ce code de Manou promulgué par Brigou sera toujours vertueux et obtiendra la félicité qu'il désirée Jout ce code de Manou est une nuit sombre sillonnée d'éclairs.
Le Noir.
MAN
MANSI (Jean-Dominique). (Théol hist. biog. et bibliog.) ce sav.rrf
C^fn?v,n ^«'"SieàNaples, que Clément XIII nomma archevêque de Lucques, sa viJ]e nata , ^
avant sa mort, était né en 169' et
^"V 111 -^ à l'âge de soixante dix-sept ans. Ses travaux, qui sont ^considérables, consistent en traductions, éditions nouvelles d'oeuvres anciennes et compositions origt
Il traduisit du français eu latiu le
grand Dictionnaire de la Bible da Dom Çalmet, son volumineux coin!
nientaire sur la Bible, et d'au°r« dissertations, Lurques, 1730 38 11 s occupa, entre 1738 et 1759 dn
voT^f/f , éditi0D ' en trente huit Ivl i° 1, desAnna lesde Baroniu avec la continuation par RavnaulH et la Critique de Pagi. na ^ nauId
Il Publiadiverseséditionsnouvelles.
augmentées de notes, etc. : 1» de
1 Ihstona eccles. de Natalis Alexandre'
en neuf vol. in fol. . 2 „ de yilist^L
d Z . Gr n aveson .; 3° de la Nova et vetul
Ecc/ Disciplina de Tbomassin; 4» de
la Théologie morale de Reiffenstuel
et de Laymann; 5» du Marlljrol
J ,f alnt i er i"ne; 6» des Mélanges II
ïï»,l V ' J e la Mtotteca medix et
S&^'"^ sde ^bricius,etc.
licze Pu II, et d autres.
Son œuvre capitale fut sa collection des conciles, le plus grand recueil de ce genre qui existe et le plus riche en documents. Sacrorum Contiliorum nom etamphsnma Colkctio, Florence l/o9 ; dont trente et un vol. in-fol Parurent. Malheureusement Mans} n était arrivé qu'au xv* siècle (sauf q elques documents), tandis que J a colection dellardouin, en douze vol. in-lol., va jusqu'au commencement du xviii" siècle.
Mansi publia en outre : Tractatus de casibus et excommunicationibus episcopis rescrvatis, Lucq. , n2iiu-*° ; De Epochis concilwrum Sardi' censium et Sirmiensium, 17i6 in-4° contre lequel Mamuchi s'éleva avec rorce ; Epitome doctrinx moralis ex operibus Benedkti XIV depromptx, vemse, 1770; De insigni codiee Caroli Magm xtate scripto et in bibliotheca majora ecclesix Lucensis servato.
Le JNoin.
MANSIONNAIRE, officier ecclésiastique connu dans les premiers siècles, sur les fonctions duquel les critiques sont partagés. *
Les Grecs le nommaient -r.zoiu.ov*pto;, et on le trouve sous ce nom,' distingué des économes et des défenseurs, dans le deuxième concile de Chalcédoine. Denis le Petit, dans sa version des canons de ce concile, rend
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ce mot par celui de mansionarius ; saint Grégoire en parle sous ce même nom dans ses Dialogues, 1. 1, c. 5 ; 1.3, c 14.
Quelques-uns pensent que l'office de mansionnaire était le même que celui de portier, parce que saint Grégoire appelle Abimdius le mansionnaire, le gardien de l'église, custodem ecclesix. Dans un autre endroit, le même pape remarque que la fonction du mansionnaire élait d'avoir soin du luminaire, et d'allumer les lampes et les cierges, ce qui reviendrait à peu près à l'office des acolytes.
M. Fleury, Mœurs des Chrétiens, n.37, pense que ces officiers étaient chargés d'orner l'église aux jours solennels, soit avec des tapisseries de soie ou d'autres étoiles précieuses, soit avec des feuillages et des fleurs, et d'avoir soin que le lieu saint fût toujours dans un état de propreté et de décence capable d'inspirer le respect et la piété.
Justel et Révéridge prétendent que ces mansioimaires étaient des laïques et des fermiers qui faisaient valoir les Mens de l'Eglise; c'est aussi le sentiment de Cujas, de Godefroi, de Suicer et de Vossius. Cette idée répond assez à l'élymologic du nom, mais elle s'accorde mal avec ce que dit saint Grégoire. 11 se pourrait faire aussi que les fonctions des mansionnnaires n'aient pas été les mêmes dans l'Eglise latine que dans l'Eglise grecque. Bingham, Orig. ecclés., t. 2, 1. 3, c, 13, § 1.
Quoi qu'il en soit, nous ne devons pas omettre la réflexion que fait à ce sujet M. Fleury, que toutes les fonctions qui s'exerçaient dans les églises paraissaient si respectables, que l'on ne permettait pas à des laïques de les faire ; l'on aima mieux établir exprès de nouveaux ordres de clercs, pour en déebarger les diacres. On regardait donc les églises d'un tout autre œil que les hérétiques ne regardent leurs temples ou leurs prêches : ceux-ci ne sont que la demeure des hommes; les églises ont toujours élé le temple de Dieu, où il daigne habiter en personne.
lJERGIER.
MANTELLATES, religieuses hospitalières de l'ordre des servîtes, instituées par saint Philippe Béniti, vers l'an 1286 ; sainte Julienne Falconiéri en fut la première religieuse, et ces iilles furenWnoiumées mantellalcs , à cause des manches courtes qu'elles portent pour servir plus aisément les malades, et exeixer d'autres œuvres de charité. Cet institut s'est étendu en Italie, où il est né, et dans l'Autriche. Voyez Servîtes.
Beugieh.
MANZONI (Alexandre - Comte ).
(Théol. hist. biog. et bibliog.) — Ce célèbre poète italien naquit à Milan, en 1784, et mourut très-vieux il y a quelques années, après avoir perdu tous ses enfants. Il était petit-fils, par sa mère, de Beccaria, l'auteur du fameux traité Des délits et des peines dirigé surtout contre la peine de mort. Il fut d'abord voltairien sous l'influence des idées de collège, mais devint plus tard (1810) un ardent catholique. Ce grand poète exerça une influence énorme sur la langue italienne en ramenant à l'unité d'une langue nationale tous les dialectes italiens. Avantd'ètre catholique, il se fit remarquer par une pièce de vers sur la mort subite d'un ami de sa famille, dans laquelle on lisait ce beau passage : « Me faire aucun pacte avec la bassesse ; ne trahir jamais la sainte vérité; ne proférer jamais uneparole qui encourage le vice ou qui ridiculise la vertu. »
Non far tregua coi vili; il santn vero, Mari ooo tladir ; ce proferio mai verbo.
Chèplaada al vizio, o la vertu dsJa.
Ces vers devinrent le programme de sa vie. Manzoni lit connaître son changement d'idées par les Inni Sacri, hymnes, sur les grandes (êtes ; il avait donnél'année précédente, 1800, le poëme mythologique d'Urania. Ses principaux ouvrages sont :
Le Comte de Carmagnole, qui fut sa première tragédie romantique (1820), à laquelle Goethe consacra, en réponse aux critiques, tout un article d'éloges, qu'aujourd'hui l'on trouve exagérés ; l'ode intitulée le Cinq Mai