MAO
MAOSIM ou MOASIM, terme hébreu ou chaldeen, qui se trouve dans le livre de Daniel, c. H, y 3 8e t 39. Le prophète, parlant d'un roi, dit« qu'il «honorera dans sa place le dieu » Maosim, dieu que ses pères n'ont » pas connu ; qu'il lui offrira de l'or » de 1 argent, des pierreries, des » choses précieuses ; il bâtira des » jeux forts pour Maosim, auprès du » heu étranger qu'il a reconnu »
Les interprètes conviennent que le roi dont parle Daniel est Antiochus Epiphanes, il est désigné dans cette prophétie par des traits si évidents, que 1 on ne peut le méconnaître. Daniel prédit les permutions que ce roi de Syrie exerça contre les Juifs, et les efforts qu'il fit pour abolir dans Ja Judée le culte du vrai Dieu; Diodore de Sicile et d'autres historiens profanes en ont fait mention.
Celte prophétie a paru si claire à nn'X yl ' e i tï ^/'autres incrédules, qu ils ont décidé qu'elle a été faite après coup, et qu'elle n'a été écrite qu après le règne d'Antiochus. Nous avons fait voir le contraire à l'article Daniel. D'autres, qu'elle est très-obscure, qu'elle ressemble parfaitement aux oracles des fausses religions ; ils ont tourné en ridicule les commentateurs qui ont entrepris de Impliquer. Ainsi s'accordent entre eux nos savants incrédules.
Mais quel est ce dieu Maosim qu'Antiocbus devait honorer ? Tous les in-
terprètes conviennent aue sel™ i« sens littéral du term^Tek °rf^ des forces. De là quelques-uns ô% pense que c'était Mars, dieu de h guerre ;daulres ont entendu par à Jupiter 01ymp le n ; mais ces dieux n avaient pas été inconnus aux aïeux d Antiochus. Plusieurs ont dit que
lut force de rendre hommage avant de mourir ; mais ce roi n'a pas fait des offrandes au vrai Dieu, il ne lui a pas fait bâtir des forteresses. D'autrès ont jugé avec plus de vraisem-
n nc !' T e le dieu des forces est la ville de Rome, ou la puissance romaine, érigée en divinité par les Romains, et dont le nom en grec signifie force. Cette divinité avait été inconnue aux ancêtres d'Antiochus, et lorsque ce roi fut obligé de plier sous lapuissance romaine, on nepeut pas douter qu'il n'ait honoré les aigles romaines, les enseignes que les Romains portaient à la tète de leurs armées, avee ces mots : S. P. Q. R.
benatus populusque romanus. Qu'Antiochus leur ait fait des offrandes et de riches présents, pour faire sa cour aux Romains ; qu'il ait fait bâtir des lorteresses où ces enseignes furent placées et honorées avec la divinité de Rome, il n'y a rien là d'étonnant, ni d incroyable, ni de fort obscur.
Quelques interprètes ont appliqué cette prophétie à l'antechrist ; mais il parait que ce n'est pas là le sens littéral. Plusieurs protestants ont trouvé bon d'en faire l'application au pape, qu'ils peignaient comme l'antechrist, et d'entendre, par le culte du dieu Maosim, le culte de l'euclianstieou celui des saints, qui ont, disent-ils, été établis par les papes. M. Bossuet a eu la patience de réfuter ces absurdités, que Jurieu soutenait sérieusement, et dont les protestants sensés rougissent aujourd'hui. Hist.
des Variât., 1. 13, § 15 et suiv. Ladémence de quelques fanatiques n'est pas un argument sufdsantpour prouver que les prophéties sont obscure?, et que l'on peut y trouver tout ce qu'on veut.
Les rabbins, malgré leur affectation de subtiliser sur tout, n'ont ja mais douté que la prophétie de Da-
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niel ne désignât Antiochus. Quant elle aurait été obscure en elle-même, elle a été assez expliquée par l'événement. En général, les prophéties n'étaient pas obscures pour ceux auxquels elles étaient adressées, qui parlaient la même langue que les prophètes, qui étaient imbus des mêmes idées. Quand après deux mille ans elles seraient devenues plus obscures pour nous, il ne s'ensuivrait rien contre l'inspiration des prophètes.
Bergier.
MARAN (Prudence). (Théol. hist.
biog. et bibliog.) — Ce savant bénédictin de Saint-Maur, qui fut l'éditeur des œuvres de saint Justin et de saint Cyprien, naquit dans la Brie à Sézanne en 1083, et mourut d'une hydropisie à Paris dans l'abbaye des Blancs-Manteaux, en 1762. Il avait été exilé en 1734 à l'abbaye d'Orbais par le cardinal de Bissy qui le suspectait d'empêcher ses confrères d'accepter la bulle Unigenitus. Les œuvres qu'a laissées Maran sont les suivantes: En 1720, sous sa surveillance et sa direction, édition des œuvres de saint Cyrille de Jérusalem, qui avait été préparée par dom Toutée, mort en 1718; Dissertations sur les semi-ariens, contre les rédacteurs des Mémoires de Trévoux, Paris, 1722. « Maran, dit M. Kerker, défend dom Toutée, à qui les Jésuites reprochaient d'avoir soutenu que les semi-ariens, au fond, n'avaientpas professé une autre opinion sur la divinité de Jésus-Christ que les évoques catholiques, et que leur refus d'admettre l'expression, 6;j.oouCTOi;étaitune faute excusable(l); »
Sancti Csecilii Cypriani, episcopi Carthaginensis et martyris, opéra ad mss.
todices recognita et illustr., studio et labore Stephani Baluzii Tutetensis.
Absolvit post Baluzium, ac prsefat. et titam S. Cypriani adornavit, unus ex monachis S. Mauri. Parisiis, ex iypographia regia, 17 02, in-folio. Dom Uuran est le continuateur de cette édition, que la mort de Baluze avait laissée inachevée. Édition des œuvres de saint Basile, commencée par Gar-
11) Voir des extraits de cet écrit dans Le Cerf.
nier et interrompue par sa mort:
Toû Èv ctyioiç Tcxioài 'f,[j.ôiv 'IoudTÎvou tptXo trôcpou *al [ji^pTupoç rà eûpc^xdjieva tocvtoe
Jusiini philos, et mort., opp. queg exstant omnia ; neenon Tatiani adverversus Grsecosorat. ; Athenagor se, philos, Athen,, legatio pro Christianis; S. Theophili Anliochœi très ad Autolycum libri; Hermix philos, irrisio gentilium phiiosophorum ; item in append. supposita Justino opp. cum actis illius martyrii et excerptis opp.
deperditor. ejusdem Justini, Tatiani et Theophili, cum mss. codd. collecta, ac noms interprétât., notis, admonit.
et prxfatione illustrata, ete., opéra et stad. unius ex monachis congreg.
S. Mauri. Parisiis, 1742, in-folio: Divinitas D. If J.-C. manifesta in Scripiuris et traditione, opéra etstud. unius ex monachis, etc., Paris, 1746, infolio, contre les Sociniens et les incrédules du dix-huitième siècle ; La Divinité de Notre Si'igneur Jésus- Christ prouvée contre les hérétiques et les déistes, Paris, 1751 , 3 vol. in-12; La Doctrine de l'Ecriture et des Pérès sur les guérisons miraculeuses, par un religieux de Paris, 1754, in-12, contre les Luthériens, les Calvinistes, etc., mais surtout contre une des propositions soutenues par l'abbé de Pradt dans sa thèse de Sorbonne, 17a 1 ; Les grandeurs de Jésus-Christ et la défense de sa divinité contre les Pères Ilardouin et Berruyer, Jésuites.
Paris, 1736, in-12 ; Mémoire rédigé,dans un procès assez célèbre, à la demande de l'avocat général Séguier, pour prouver qu'un Juif converti au catholicisme ne peut dans aucun cas se remarier du vivant de sa femme ; Edition des œuvres de saint Grégoire de Nazianze, dont il ne parut que peu de chose. Le Noir.
MARAN-ATTIA, paroles syriaques, qui signilient le Seigneur vient, ou le Seigneur est venu, ou le Seigneur viendra. Saint Paul, I. Cor., c. 17, f 22, dit : « Si quelqu'un n'aime point le » Seigneur Jésus, qu'il soit ana- » thème, » et il ajoute : Maran-atha, le Seigneur vient, ou, etc.
Plusieurs commentateurs prétendent que c'était une formule d'anathème ou d'excommunication chez
-PV. I
les Juifs, qu'elle est équivalente à Scham-atha, ou Schem-atha, le nom du Seigneur vient, et que saint Paul répète en syriaque ce qu'il venait de dire en grec. On a fait là-dessus de longues dissertations.
Bingham, Orig . ecclés., tome 7, 1. 16, c. U, § 10 et 17, doute que cette formule ait jamais été en usage'dans J'Eglise chrétienne, et que l'on ait jamais excommunié un coupable pour toujours, et sans lui laisser aucun espoir de réconciliation. Il ne croit pas même que jamais l'Eglise ait demandé à Dieu la mort ou la perte de sespluscruelspersécuteurs. Saint Jean Chrysostome, Romil. 70, in epist. ad.
Cor., soutient que les cas de sévir à i excès contre les hérétiques, contre les persécuteurs et les autres ennemis de l'Eglise, sont très-rares, parce que Dieu ne l'abandonnera jamais entièrement à leur séduction ni à leur* fureurs .
Il ne nous parait pas nécessaire d entrer dans cette discussion, parce que le texte de saint Paul peut trèsbien avoir un autre sens. Voici comme l'entendent plusieurs interprètes : a Si quelqu'un n'aime pas » le Seigneur Jésus, c'est-à-dire si » quelqu'un témoigne de l'aversion » contre lui, et prononce contre lui » des malédictions, comme font les » juifs incrédules, qu'il soit anathème «lui-même; le Seigneur vient, ou » le Seigneur viendra tirer vengeance » de cette impiété. » Ceci est donc une menace, et non une imprécation.