II. EGLISE LATINE. — /. PREMIERS RECUEILS. — Nous
avons dit, au début de cet article, avec quel soin l'Église, dès les premiers jours de son existence, recueillit les actes des martyrs et des saints. Ces actes entrèrent de bonne heure dans la liturgie ; ce n'étaient pas seulement des récits destinés à édifier ; très tôt. à côté du lectionnaire des Evangiles et des Épitres, il y eut le passionnaire ou livre renfermant le récit des gesta marhjrum. On a la preuve de l'existence, au vr siècle, d'un passionnaire romain, sans qu'on puisse exactement déterminer son contenu. L'Église d'Afrique devait posséder le sien, et saint Augustin nous parle d'une passion de marh r inscrite au livre canonique : hujuspassio in canonico libroest. Pour l'Église des Gaules, celle d'Espagne et d'Angleterre, les témoignages abondent. Voir Pitra, Études sur la collection des Actes des saints, p. 62-68. Du reste, dès les premiers siècles de l'Église, l'Occident possède des hagiographes de renom. Saint Jérôme, par les Vies de saint Paul ermite, de saint Ililarion, de saint Malchus le captif, des saintes dames romaines Fabiola, Paula et Marcella, a fourni la grande partie de ce qui a formé plus tard le premier livre des Vitse Patrum de Rosweyde. Les quatre livres des dialogues de saint Grégoire le Grand ouvrent, avec les trois ouvrages de Grégoire de Tours, De gloria martyrum,De gloria confessorum, Vitse Patrum, la série des collections générales de l'hagiographie latine. Fortunat de Poitiers, auquel on doit la rédaction de plusieurs vies de saints; le patrice Dyname, historien des abbés de Lérins et de l'Aquitaine ; Jonas. de Bobio qui illustra les vies des Pères de Luxeuil, comptent parmi les plus féconds des anciens hagiographes de la Gaule. En Espagne, Paul de Merida, en Angleterre, Bède le vénérable, et en Italie, Paul Warnefride, marchent sur leurs traces. Anastase le bibliothécaire, par sa recension du Liber ponti/icalis et par ses nombreuses traductions de légendes grecques, tient une place de choix parmi les hagiographes de son temps. Cf. A. Lapôtre, De Anaslasio bibliothecario, p. 339-35; Analecta bollandiana, 1896, t. xv, p. 257 sq. Dans les siècles suivants, il faut citer Flodoard, Hucbald de Saint-Amand, Goscelin, saint Odon de Cluny, Olbert de Gembloux, Eadmer, l'historien de saint Anselme.
//. DU Xlf au xvi- siècle. — « Au xir siècle, dit dom Pitra, toutes les grandes abbayes ont non seulement des passionnaires complets, mais un système suivi de compilations qui offrent plus d'une variété fort curieuse. » Op. cit., p. 97. Parmi ces légendaires, un des plus complets est celui qui porte le nom de Magnum legendarium Austriacum. Il fut composé vers la lin du XII" siècle et renferme 5i'i vies de saints. On l'a pendant longtemps attribué à Wolfhard de llerriedn (-|-916), mais l'œuvre de Wolfhard est plutôt un martyrologe. ('.est avec un autre légendaire, celui de Wiialberg dans le diocèse de Ratisbonne, que le légendaire autrichien présente le plus d'affinités. Voir sur toute cette question la dissertation très ('■tendue parue dans les Analecta bollandiana, t. xvn (1898), p. 5-216. Si Césaire d'IIeis-
ACTA MARTYRUM, ACTA SANCTORUM
terbach (1170-1240) a fait œuvre d'hagiographe dans la vie de saint Engelbert, on n'en saurait dire autant des douze livres des miracles, où Oudin a raison de ne voir qu'un fatras de fables puériles et ridicules. De script, eccl., t. m, p. 81. Vincent de Beauvais (1184-4264) est l'auteur du Spéculum historiale que, d'après Baillet, Préface sur les Vies des saints, p. 33, n. 31, « on aurait lieu de placer parmi les recueils d'actes de saints, » et de vrai, on trouve là un très grand nombre de légendes dont Vincent donne des extraits ou des résumés. Toutefois, Melchior Cano, De lacis llieologicis, 1. XI, c. iv, p. 540-541, n'a pas eu tort de se récrier contre la trop grande profusion d'histoires miraculeuses associées aux récits authentiques. Le Spéculum historiale a inspiré l'auteur d'un autre recueil non moins célèbre. Jacques de Voragine ou de Varazze (1230-1298) a, sous le titre d'Hisloria Longobardorum qui ne tarda pas à s'appeler Legenda aurea, réuni, en forme de résumé, un grand nombre de légendes hagiographiques. Au point de vue critique, cette compilation, qui a fait les délices du moyen âge, n'a aucune valeur. Guy de Châtres, abbé de Saint-Denis (f 1310), a écrit deux volumes intitulés Sanclilogium, mais les récits qu'ils renferment n'ont pas plus d'autorité que la Légende dorée dont ils dérivent du reste en droite ligne. Il faut accorder plus d'attention au Sanctorale de Bernard Gui (1261-1331), dominicain et inquisiteur de Toulouse. « Le Sanctoral, dit M. Léopold Delisle, qui a publié sur Bernard Gui une étude approfondie, Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, 1879, t. xxvn, p. 169-455, est un grand recueil hagiographique, divisé en quatre parties. La première est consacrée aux fêtes de Notre- Seigneur, aux fêtes de Notre-Dame, aux fêtes de la Croix, aux fêtes des Anges, à la Toussaint, à la Commémoration des morts et à la dédicace des églises. La deuxième partie se rapporte à saint Jean-Baptiste, aux apôtres, aux évangélistes et à quelques-uns des soixante-douze disciples. La troisième contient les actes des martyrs. Dans la quatrième sont les vies des confesseurs et des vierges. » Dans l'ensemble, ce sont les actes de 272 saints que renferme en résumé le Sanctoral de Bernard Gui. Toutefois Bernard ne se contente pas de copier ou d'abréger les anciennes légendes ; il y insère çà et là des événements relativement modernes et des indications topographiques fort intéressantes. Il cite ses autorités et renvoie souvent à des relations qui n'ont pas reçu une grande publicité et que parfois on ne trouve que chez lui. Et comme conclusion M. Delisle affirme que « le Sanctoral n'est pas un vulgaire recueil de légendes et que la critique et l'histoire ont à y glaner beaucoup de renseignements utiles ». Quétif et Echard, Scriptores, t. I, p. 579, signalent un manuscrit de Toulouse qu'ils considèrent comme une cinquième partie du Sanctoral de Bernard Gui. C'est une erreur : ce manuscrit, dont la copie a pu se faire sous la direction de l'auteur du Sanctoral, n'est que la seconde partie d'un grand lectionnaire. Mais il existe une autre collection de vies de saints {ms. de Toulouse, n. 72 et n. 4985 de la Bibliothèque nationale de Paris) qui est l'a'uvre de Bernard Gui. Voir L. Delisle, op. cit., p. 294-296. Vers la même époque, (vers 1316), florissait en Angleterre Jean deTinmouth, auteur d'un Sanclilogium sive de vitis et miraculis Sanctorum Angliee, Scotise et Hibernise. Ce recueil est un choix de cent cinquante-six vies. « Il n'y a, dit dom Pitra, qu'un sentiment sur le mérite de '.'auteur dans l'étendue de ses recherches, dans la bonne ordonnance de son plan, dans le choix judicieux et la critique des actes. » Op. cit., p. 102. Ce jugement ne sera guère ratifié. Pietro de Natali, en latin de Natalibus, qui vivait encore en 1376, est l'auteur d'un Catalogus Sanctorum et gestorum eorum ex dirersis voluminibus collectus. Ce travail est tout à fait dépourvu de critique, on y voit même figurer Boland et Olivier, mais il y a des légendes
de saints dont on ne trouve pas ailleurs la trace. Vers le même temps florissait à Milan Boninus Mombritius, qui peut être rangé parmi les meilleurs hagiographes. Il n'a rien de commun avec les compilateurs et les abréviateurs dont nous venons de parler. C'est un éditeur de textes dans le vrai sens du terme. Mombritius a recueilli, dans leur teneur primitive, d'après les manuscrits, un nombre considérable d'actes de saints, et son ouvrage en deux volumes, devenu fort rare, est encore aujourd'hui pour l'hagiographie une mine précieuse à exploiter. On doit à John Capgrave (1393-1464) une collection de vies intitulée Nova legenda Anglise, qui fut imprimée en 1516 par les soins de Winanil de Worde. Comme nous l'avons dit, ce travail n'est pas une œuvre originale, mais le plus souvent une simple transcription des textes rédigés par Jean de Tinmoulh. Parmi les hagiographes du xv" siècle, ce sont deux Flamands, chanoines réguliers de Bouge-Goitre, près de Bruxelles, qui tiennent la palme, Jean Gielemans et Antoine Gheens. Jean Gielemans (1 427-1 487) est l'auteur de quatre grands recueils respectivement intitulés : Sanclilogium en quatre volumes, Hagiologium Brabantinorum en deux tomes, Novale Sanctorum aussi en deux volumes et Historiologium Brabantinorum qui n'a qu'un seul tome. Longtemps égarés, ces volumes ont été naguère, en 1894, retrouvés à Vienne par les bollandistes. Voir De codicibus hagiog raphias Johannis Gielemans, in-8°, Bruxelles. 1895, p. 587. L'œuvre de Gielemans est considérable, les quatre volumes du Sanctilogium renferment seuls plus d'un millier de vies, où, même après tant de publications hagiographiques, on a pu glaner de l'inédit. La plupart des textes transcrits par Gielemans dans le Sanctilogium ne sont que des résumés; dans ses autres recueils, il y a un certain nombre d'actes complets. Antoine Gheens, plus connu sous le nom de Ghehtius (1479-1543), a composé quatre volumes de Vies de saints. Il n'en reste que trois aujourd'hui; le tome premier (ms. n. H986 de la bibliothèque royale de Bruxelles) contient des vies de saints des mois de janvier et de février; le second, qui est perdu, renfermait les documents hagiographiques relatifs aux mois de mars et avril. Le tome troisième (n. 982de% manuscrits de la bibliothèque royale de Bruxelles) va dans l'année liturgique du mois de mai au mois d'août, le tome quatrième (n. H981 de la bibliothèque susdite) comprend les quatre derniers mois. Voir Analecta bollaadiana, t. iv, p. 31-34. Le siècle suivant vit naître deux autres grands hagiographes : Aloisi Lipomani et Laurent Surius. Le premier, successivement évèque de Modon, de Vérone et de Bergame, fit paraître, de 1551 à 1560, sept volumes de vies de saints. On y trouve, entre autres (t. v, vi, vu), une traduction des actes grecs composés par Métaphraste. Le tome vm de la collection parut, après la mort de Lipomani, par les soins de son neveu Jérôme. De 1570 à 1575 parut l'ouvrage de Surius en six volumes. Les vies des saints y sont rangées selon l'ordre du calendrier romain. Surius a pris comme base les vies publiées par Lipomani, toutefois il y ajoute beaucoup de pièces inédites. Le chartreux de Cologne n'est pas un éditeur critique, l'œuvre de son prédécesseur n'est pas sortie meilleure de ses mains, et dom Pitra a pu dire, avec raison, que c'est c< une malencontreuse restauration des monuments primitifs ».
m. depuis le xvw siècle. — 1" Les bollandistes. — Nous voici arrivés au xvn" siècle qui devait voir surgir la plus gigantesque entreprise qui fut et qui sera, croyonsnous, jamais tentée relativement aux actes des saints. Depuis plus d'un siècle, l'ère de la documentation était close, le moment était venu de porter la lumière de la critique dans le fouillis de la littérature hagiographique et d'y opérer un indispensable triage. C'est au P. Héribert Bosweyde (1569-1629), né à Utrecht et mort à Anvers, que l'on doit le plan de l'œuvre bollandiennc.
ACTA MARTYRUM, ACTA SANCTORUM
Il l'exposa dans ses Fasti sanctorum quorum vit se in ùïlgicis bibtiotkecis manuscriplse, Anvers, 1607. Il s'agissait de « rechercher de toutes parts les vies connues et inconnues des saints, de les collationner avec les manuscrits et les plus anciens livres, de leur restituer leur style primitif et leurs parties intégrales; de les illustrer de notes, de disserter sur les auteurs, les rites sacrés, la chronologie, la chorographie, le glossaire ». Rosweyde espérait réaliser ce plan en dix-sept volumes in-folio, deux pour les fêtes du Christ et de la Vierge, un pour les fêtes solennelles des saints, un autre pour les fêtes non chômées d'autres saints, douze pour les Acta sincera des saints de tous les mois, un pour les martyrologes, et enfin deux pour huit catégories dénotes et treize tables. Comme bien on pense, Rosweyde ne put, lui seul, mener à bonne fin le programme qu'il avait ébauché. Il ne reste de lui, en fait d'hagiographie, que son édition des Vitx Palrum. A la mort de Rosweyde, en 1629, un de ses confrères, le P. Jean Rolland, né en 1596, au village de Rolland, reprit l'œuvre ébauchée; pendant cinq ans il y travailla seul, mais il s'associa alors les PP. Godefroid Ilenschen (1600-1681) et Daniel Papebroch (1628-1714). En 1643, parurent les deux premiers volumes de la fameuse collection des Acta sanctorum des bollandistes : ils renfermaient les vies des saints du mois de janvier. A la mort de Bolland en 1665, trois nouveaux volumes avaient vu le jour contenant les actes des saints honorés au mois de février. A peu d'intervalle se suivirent jusqu'en 1705, date de la retraite du P. Papebroch, devenu aveugle, trois volumes pour le mois de mars, trois autres pour celui d'avril, huit pour le mois de mai et sept pour juin. Après la mort des premiers bollandistes, parurent, jusqu'en 1773 époque de la suppression des jésuites, trente nouveaux volumes qui menèrent l'œuvre jusqu'au 7 octobre. L'abbaye des prémontrés de Tongerioo recueillit les bollandistes; ils y terminèrent le sixième volume d'octobre, qui était le lui6 de toute la collection. La Révolulion française mit fin en 1796, par la sécularisation de l'abbaye de Tongerioo, aux travaux des bollandistes. Ceux-ci ne les reprirent qu'en 1838 avec les PP. Vander Moere et Van Hecke, auxquels s'adjoignirent successivement les PP. Renjamin Bossue, Victor De Ruck, Antoine Tinnebroeck, Victor Carpentier, Charles De Smedt, Rémi De Ruck, Henri Matagne, Joseph De Backer, Guillaume van Hoof, Charles Houze, François Van Ortroy, Joseph Van den Gheyn, Hippolyte Delehaye et Albert Poncelet. Le premier volume publié par la nouvelle génération des bollandistes parut en 1845 et le dernier (tome n de novembre) formant le LXive de la collection, vit le jour en 1894. Les Acta sanctorum des bollandistes ont été réédités à Venise, 1734 sq. en 43 volumes, jusqu'au 18 septembre, et à Paris, 1866-1887, en 63 volumes, plus un volume supplémentaire, jusqu'au 31 octobre.
Depuis 1881, les bollandistes publient un recueil périodique, les Analecta bollandiana (un volume par an), destiné à combler les lacunes des précédents volumes des Acta sanctorum et à préparer le travail de l'avenir. Cette revue a, depuis quelques années, acquis^une nouvelle importance par le bulletin régulier qu'elle donne des publications hagiographiques. On y renseigne, au fur et à mesure de leur apparition, avec une sévère, mais impartiale critique, sur tous les travaux qui paraissent dans le domaine de l'hagiologie. Les nouveaux bollandistes ont aussi mis la main à une œuvre rendue absolument nécessaire par la centralisation des documents dans les bibliothèques publiques et par les exigences de la critique moderne. Jadis, il fallait se contenter du premier texte venu trouvé dans quelque abbaye ou fourni par d'obligeants correspondants. L'éparpillement des documents et la difficulté des voyages ne permetlaientpas d'aller à la recherche du meilleur texte. Il n'en est plus
de même aujourd'hui, et l'on demande de fournir des documents établis d'après les règles strictes de la critique. Pour aboutir à ce résultat, il fallait procéder au dépouillement méthodique des milliers de manuscrits hagiographiques réunis dans les principales bibliothèques de l'Europe. Les nouveaux rédacteurs ont résolument abordé cette tâche, et déjà ils ont publié les catalogues des manuscrits hagiographiques des principaux dépôts publics de Relgique et de Hollande, de Paris, de Milan, de Chartres, de Rome. De plus, en ce siècle surtout, les bollandistes ont trouvé des émules un peu partout et ils sont dans la nécessité de savoir quels textes sont ou non inédits. Voilà pourquoi ils ont dressé leur Bibliotheca hagiographica grœca ou liste de toutes les vies de saints publiées en langue grecque. Un travail analogue pour les vies de saints éditées en latin est en cours de publication sous le titre de Bibliotheca hagiographica latina médise et infimse setatis. On voit que, si la publication des volumes des .Acta sanctorum semble avoir éprouvé un petit temps d'arrêt, bien justifié par les exigences qu'ont imposées en ces derniers temps les progrès de l'érudition historique, les bollandistes ne négligent aucun moyen de tenir leur œuvre à la hauteur de ces progrès.
2° Dom Ruinart. — L'œuvre des bollandistes a fait, dès son apparition, surgir des travaux similaires sur quelques-unes des parties du vaste champ de l'hagiographie universelle défriché par eux. On peut diviser ces travaux en trois catégories : hagiographie monastique, hagiographie nationale et vulgarisation de l'hagiographie. Seul l'ouvrage de Ruinart, Acta primorum martyt'um sincera, 1689, échappe à cette classification. Le savant bénédictin, s'inspirant des principes des bollandistes, a cherché à séparer, dans la foule des légendes et des récits apocryphes et fictifs, le bon grain de l'ivraie. Il s'en faut pourtant de beaucoup que toutes les pièces publiées par lui méritent le titre qu'il leur donna d'Acta sincera, et même dans cette collection, il reste à faire un triage; en outre, bon nombre de documents parfaitement authentiques et dignes de foi ont été découverts depuis.
3" Hagiographie monastique. — Dans l'hagiographie monastique, le grand ouvrage de Mabillon, Acta sanctorum ordinis S. Benedicli, 9 vol., Paris, 1688, tient le premier rang, par l'érudition ferme et sûre que son auteur y déploie. Voici maintenant, rangés d'après l'ordre alphabétique des ordres religieux, les principales collections de vies des saints qui se sont illustrés dans le cloître. Cette liste et les suivantes ne visent en aucune façon à épuiser la bibliographie du sujet. Augustins : Staibano, Tcmplo cremitano de' santi, beati dell' ordine agostiniano, Naples, 1608; Maigretius, Martyrographia augusliniana, Anvers, 1625; L. Torelli, Rislretto délie vite degli uomini e délie donne illustri in santilà dell' agostiniano ordine, Rologne, 1649; A. Arpe, Panthéon augustinianum, Gênes, 1709; — Rénédictins, outre Mabillon dont nous avons parlé : J. Bosco, Floriaccnsis velus bibliotheca benedicli na, Lyon, 1605; Rucelinus, Menologium benediclinum, Feldkirch, 1655; — Carmel : Alegre, Paradisus carmelitici decoris, Lyon, 1639; Oliverius a S. Anastasia, Lusthof der Carmelilen, Anvers, 1659; Daniel a Virgine Maria, Spéculum carmclitanum, Anvers, 1860; — Chartreux : Havensius, Relatio martyrum cart husianorum , Ruremonde, 1608; Tromby, Sloria ...del S. Brunone et del suo ordine cartusiaiw, 10 vol., Naples, 1773; — Cisterciens : Ch. Henriquez, Fasciculus sanctorum ordinis cisterciensis, Cologne, 1631; Cl. Chalamot, Séries sanctorum ord. cïst., Paris, 1666; M. Carretto, Santorale del sacro online cisterciense, Turin, 1705; Ménologe cistercien, par un moine, Thymadeuc, Saint-lîrieuc, 1898; — Dominicains: L. Alberti, De viris illustribus ordinis prsedicatorum, Bologne, 1517; M. Mancano, Insigne marlyrio relig. de la orden de S. Domingo, Madrid, 1629; — FRANCIS-
ACTA MARTYRUM, ACTA SANCTORUM — ACTE
CAINS : Th. Bourchier, De martyribus fratrum ordinis minorum S. Francisci, Ingolstadt, 1582; Leydanus, Historia marlyrum ord. S. Francisci, Ingolstadt, 1588; F. Hueber, Heilige des Ordens des hl. Franciscus, Munich, 1693; Ben. Mazzara, Leggendario francescano, Venise, 1676; Aremberg, Vitse fratrum capucinorum , 1 69 i ; G. Modigliana, Leggenda capuc, Venise, 1767; P. Lechner, Leben der Heiligen aus dcn Orden der Kap., Munich, 1863; — Jésuites : Ph. Alegambe, Mortes illustres et gesta eorum de Soc. Jesu, Borne, 1657; Id., Heroes Soc. Jesu, Borne, 1658; M. Tanner, Socictas Jesu militons, Munich, 1675. Plusieurs revues périodiques et grands recueils, encore en cours de publication, contiennent pour l'hagiographie des ordres religieux de précieux documents. Nous citerons surtout Missellanea francescana, 16 .vol., Foligno; Bévue bénédictine, 16 vol., Maredsous; Annales fratrum Prœdicatorum, 3 vol., Borne; L'année dominicaine, 14 vol., Lyon; Sludien und Mittheilungen aus den Benedictiner and Cislercienser Orden, 19 vol., Baigern; Monumenta historica Societatis Iesu, 12 vol., Madrid; Monumenta ordinis servorum B. M. V., 1 vol., Bruxelles; S/ncilcgium benedictinum/I vol., Borne.
4° Hagiographie nationale. — Pour l'hagiographie nationale, nous relevons, par ordre alphabétique de pays, les principaux ouvrages suivants. Allemagne : M. Baderus, Bavaria sancta, 3 vol., Munich, 1615; Chr. Browerus, Sidéra sanctorum virorum qui Germaniam gestis rébus ornarunt, Mayence, 1646; Weslphalia sancta, Neuhaus, 1715; Andr. Schottius, Prussia chrù stiana, 1738; M. Strunk-Giefers, Westphalia sancta, 1854; J.B. Stamminger, Franconia sancta, Wurzbourg, 1878; — Angleterre : Britannia sancta or the livesof saints, Londres, 1745; Bées, Cambro-British Saints, Landovery, 1853; Liebermann, Die Heiligen Englands, Hanovre, 1889; — Belgique : A. Sanderus, Hagiologium Flandrise, Anvers, 1625; J. Ghesquière, Acla ranctorum Belgii, Bruxelles, 1783; F. X. de Bam, Vies des saints belges, hagiographie... dans les anciennes provinces belges, Louvain, 1864; Hillegeer, Belgie en zijne heiligen, Gand, 1868; — Bohème : Legenda ss. patronorum Bohemiœ, Cracovie, 1507. — Ecosse : Colgan, Acla sanctorum Scotise, Louvain, 1647;Pinkerton,édit.Metcalfe, Lires of the scottish Saints, Paisley, 1889; — Espagne : J. Marieta, Historia de todos los Sanlos de Espana, Cuença, 1596; J. Tamayo, Commentarius sanctorum Hispanorum, Lyon, 1651 ; Florez, Espana sagrada, Madrid, 1747-1866; J. Troncoso, Triunfos de la iglesia de Espana, Madrid, 1848; — France : V. Barralis, Chronicon SS. sanctse insulae Lerincnsis, Lyon, 1613; J. Binaldus, Flores Galliœ sanctse, Dijon, 1613; Yerny, Les Saints de France, 2 vol., Paris-Lille, 1893-1896; J. Branche, Vies des Saincts et Sainctes d'Auvergneetdu Fe/ai/,LePuy, 1652; Lobineau, Viesdes Saints de Bretagne, Bennes, 1725; Albert le Grand, édit. Morice, Vies des Saints de la Bretagne, Brest, 1S37; de Garaby, Vies des Bienheureux, et des Saints de Bretagne, Saint-Brieuc, 1839; Hunckler, Histoire des Saints d'Alsace, Strasbourg, 1837; Destombes, Vies des Saints des diocèses d'Arras et de Cambrai, Cambrai, 1851 ; Nadal, Histoire hagiologique du diocèse de Vaîence, Valence, 1855; Corblet, Hagiographie du diocèse d'Amiens, Amiens, 1869; Pigeon, Vie des saints du diocèse de Coutances et Avranches, 2 vol., Avranches, 1892-1898;— Hollande :J. Foppens,. Batavia sacra, Bruxelles, 1714; —Hongrie: Legenda sanct.Hungariœ, Strasbourg, i486; Acta SS. Hungariae ex J. Botlandi opère excerpta, Tarnopol, 1743; — Irlande, Th. Messingham, Vitse et acta SS. Hibernise, Paris, 1624; Tachet de Barneval, Légendaire d'Irlande, Paris, 1856; O'Hanlon, The Lires of the Irish Saints, 9 vol., Dublin, (en cours de publication); De Smodt et De Backer, Acla SS. Hibernise ex codice Salmanticcnsi, Bruxelles, 1888;
— Italie : Mazocchius, De sanctorum Neapolitanse Exlesiee cidtu, Naples, 1753; C. Flaminius, Hagiologium italicum, 2 vol., Bassano, 1773; Cajetanus, Vitse SS. Siculorum, Palerme, 1657; Pirrus, Sicilia sacra, 2» édit., Leyde, 1720; - Suède : J. Vastovius, Vitis Aquilonia, Upsal, 1708.
5° Vulgarisation de l'hagiographie. — C'est à la vulgarisation de l'hagiographie que se rapportent les publications suivantes : Fr. Agricola, Leben und Sterben der fùnrehmsten Heiligen, Cologne, 1618; Am. Bonnefons, Les fleurs des vies des saints, Paris, 1656; Heiligenlexikon, Cologne, 1719; A. Baillet, Les vies des saints, i vol., Paris, 1703; Martin von Cochem, Verbesserte Legenda, 1726; Baccolta délie vite de'santi, Venise, 1727; M. Vogel, Leben und Sterben der Heiligen Grottes, Bamberg, 1770; Alban Butler, The lires of the Fathers, Martyrs and other principal Saints, Londres, 1745. Cet ouvrage a eu un grand succès, il y a deux traductions françaises, l'une de Godescard, Paris, 1786- 1788, l'autre de Mor de Bam, Bruxelles, 1846, ainsi qu'une traduction allemande de Biiss et Weiss, Mayence, 1823. En ce siècle, il faut citer surtout les ouvrages de Fox, History of Christian Martyrdom, Londres, 1834; Petin, Dictionnaire hagiographique (collection Migne), Paris, 1850; J. Stadler, Heiligen lexikon, 1858; Alban Stolz, Christliche Sternhimmel,6s édit., Fribourg,1875; P. Guérin, Les petits bollandistes, 7e édit., Paris, 1876. Depuis 1897, la librairie Lecofl're, à Paris, publie, sous la direction de M. Henri Joly, une collection de vies de saints destinées à la vulgarisation, mais cependant traitées d'une façon critique. Cf. Dictionnaire d'archéologie chrétienne, t. I, col. 373-446.
J. Van den Gheyn.
ACTE. Nous consacrerons, aux diverses questions qui doivent être abordées ici, cinq articles d'importance et d'élendue inégales : 1» Acte et puissance; 2» Acte premier et acte second; 3° Acte pur; 4° Acte humain; 5° Acte élicite et acte impéré.
I. ACTE ET PUISSANCE. — I. Notion. IL Historique. III. Application.
I. Notion. — 1° La doctrine de puissance et acte est fondamentale dans la théologie scolastique. Elle est empruntée à Aristote dont elle caractérise la philosophie ontologique. Les idées platoniciennes, d'ordre purement formel, n'expliquaient pas le changement essentiel aux choses, Kaufmann, Étude de la cause finale, trad. Deiber, Paris, 1898, p. 24; elles étaient d'ailleurs obtenues par une méthode non scientifique, la dialectique. Aristote chercha à enserrer l'être mobile lui-même dans les concepts. Ses catégories tirées par abstraction et analyse des données expérimentales , sont aptes à être reversées sur les choses : premier progrès. Mais, si elles représentent une intellectualité immanente aux choses, elles la représentent encore d'une manière statique. D'où, pour se modeler sur le mouvement de l'univers autant qu'il est possible la nécessité de puissance (ojvajj.iç) et acte (ivlpyeta) et du passage de l'un à l'autre. La doctrine des causes (voir ce mot) s'enrichit par le fait même de trois causes nouvelles, la fin, la matière et la cause efficiente. Puissance et acte divisent toutes et chacune des catégories.
2° Acte signifie originairement le mouvement d'un être. « Parmi tous les actes le plus connu, le plus apparent est le mouvement, puisqu'il est perçu sensiblement, et c'est pourquoi on lui a donné tout premièrement (primo) le nom d'acte qui a été ensuite adapté à d'autres significations. » S. Thomas, IX Metaphys., lect. m, § 2 ibi : venit autem. « L'opération est un acte : c'est d'elle que vient le nom d'acte. » Ibid. Par analogie on l'a appliqué à signifier tout (Hat de l'être qui est opposé à l'état potentiel. Un tel état, évente» étant parfait par rapport à l'état op-