‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 135 sur 536 · II. ÉGLISE GRECQUE. —/. 1>U IV AU VIII' SIÈCLE. — C'est · texte numérisé non relu

II. ÉGLISE GRECQUE. —/. 1>U IV AU VIII' SIÈCLE. — C'est

Eusèhe de Césarée (2G5-3iO) qui apparaît le premier dans la longue liste des hagiographes grecs. Il y a de lui un ouvrage perdu, Collection des anciennes passions, Evvaywyï) tûv àp/ai'oiv [xapTupt'tov, et un autre, que nous avons encore, sur les martyrs de Palestine. A divers endroits de son Histoire ecclésiastique, IV, 15, 47; v, préface, 2; v, 4, 3; v, 21, 5; P. G., t. xx, col. 361, 408, 440, 489, il renvoie à son écrit sur les anciens martyrs, et on lit dans la Vie de saint Silvestre (Combefis, Illustrium Christi martyrum triumphi, Paris, 1660, p. 258) : « Eùuéêcoç ô IIap.?:Xo\j tyjv èxxXrjcrtao'Tix^v îcrroptav 7tapaXé).oi7rev exatlpou xaOra eÎTTEÏv, ântp èv àXXotç auvTay;xa?tv etppaaev. 'EvîOeixoc yàp Èv xa' Xdyotç Ta rcaOï'ijji.aTa ff/eôbv tô)v èv Trâuatç raïç È7Tap-/c'aiî àôXfj^âvTcov jjiaprjpiûv xa'i êmaxÔTicov xa\ ôaoXoyï)T<iiv- où [ir|v àXXà xai yuvaixtôv TiapOévwv 8<ra av8pet'a> cppov^ixaTi 8tà tov 8eT7tdTT)v 7]ya>viiavro XpiiT-ràv àveypâ'iaro. Dans son histoire ecclésiastique, Eusèbe de Pamphile a passé sous silence ce qu'il avait rapporté dans d'autres ouvrages. Il a raconté en effet en vingt et un livres les soull'rances de presque tous les martyrs, les évêques et les confesseurs de la foi qui ont combattu dans les diverses provinces; il a écrit en particulier tous les combats que, par la grâce du Christ leur maître, des vierges ont livrés avec un courage viril, malgré leur sexe. » Nous n'avons aucun renseignement positif sur la composition du livre d'Eusèbe contenant les anciennes passions. M. Preuschen a essayé de retrouver quelques indications, Geschichte der altchristliclien Literatur de Harnack, t. I, p. 809-811, mais on conçoit tout ce que ces données ont de conjectural. Le livre des martyrs de Palestine ne s'occupe que de ceux qui ont souffert sous Dioclétien. Il est aujourd'hui établi qu'Eusèbe fit de ce travail une double rédaction, toutes deux écrites en grec. De l'une, la plus développée, quelques fragments seulement, mais les plus importants, sont parvenus jusqu'à nous dans la langue originale; on en possède toutefois une version syriaque complète, publiée par Cureton, Hislory of tlie Martyrs of Paleslina, Londres, 1861. L'autre rédaction, plus courte, est, dans les manuscrits et les éditions, donnée comme supplément au livre VIII de VHistoire ecclésiastique. Cette dernière rédaction semble n'être qu'une collection de notes, un premier jet, que l'auteur ne destinait pas au public, mais qui a, malgré lui, passé dans les manuscrits contenant ses œuvres complètes. On peut voir sur toute cette question J. Viteau, De Eusebii Cœsariensis duplici opuscido IIsp'i twv èv IlaXaiTrè/r, [xapTupïjffâv- Tù)v, Paris, 1893; La foi perdue des Martyrs de Palestine (Compte rendu du troisième Congrès international des savants catholiques à Bruxelles, 1895); H. Violet, Die Palastinenschen Mârtyrer des Eusebius von Càsarea, Leipzig, 1895; Analecta bollandiana, 1897, t. xvi, p. 113-139.

Des martyrs nous passons, avec Palladios (367-420), aux moines d'Egypte dont il a décrit la vie et les vertus dans son Historia Lausiaca, ainsi appelée parce qu'elle est dédiée à un certain Lausos, officier de la cour impériale. M. Preuschen, Palladim und Rufinus, Giessen, 1897, p. 211-261, et dom Culhbert Butler, The Lausiac Jlistory of Palladius, Cambridge, 1898, ont naguère repris à fond l'étude de cette compilation hagiographique et de ses sources. Sozomène, flist. eccl., VI, 29, cite un certain Timothée, évèque d'Alexandrie (381-385), qui aurait

composé un recueil aujourd'hui perdu de vies de moines égyptiens. MM. Lucius, Die Quellen der âlleren Geschichte des œgypt. Mônchstums, Zeitschr. fur Kirchengeschichte, 1884, t. VU, p. 163, et Battifol, Anciennes littératures chrétiennes, la littérature grecque, Paris, 1897, p. 253-254, ne sont pas éloignés de penser que le recueil attribué à Timothée serait la source où a puisé Palladios. Dom Cuthbert Butler, op. cit., p. 277, réfute cette opinion. Théodoret (vers 393-458) a écrit, sous le titre de *ï> tXoôeoç îaropc'a r\ àTXïjxtXY) hoXitecoc, une histoire des moines, qui a beaucoup de ressemblance avec celle de Palladios, quoique ne s'occupant pas des mêmes personnages. Au même genre de littérature hagiographique appartient l'œuvre de Cyrille de Scythopolis (51 4- 557), religieux du monastère de Saint-Sabas, près de Jérusalem, qui rédigea un certain nombre de biographies assez étendues de quelques cénobites célèbres, Comme Euthymios (Montfaucon, Analecta grseca, Paris, 1688, 1. 1, p. 1-99), Sabas(Colelier, Eccl.gr. monum., Paris, 1686, t. m, p. 220-376), Jean le Silentiaire (A et. sanct.. mai t. I, p. 16-21), Kyriakos (Act. sanct., sept. t. Vin, p. 147-158). Theodosios (Usener, Der heilige Theodosios, Leipzig, 1890) et Theognios (Analecta bollandiana, t. x, 1891, p. 73-118; Papadopoulos-Kerameus, jPrasosLPafesf. Sbornik, t. xxxn, 1891). Ce dernier éditeur a publié aussi la Vie de saint Gerasimos, ^tayjoXoyia t?,ç cspoo-oXy- [xiTtxfjç fhêXioOï)xir)ç, t. iv, p. 175-399, qu'il attribue également à Cyrille de Scythopolis, mais cette attribution n'est pas encore démontrée avec certitude. Jean Moschus (578-602) a composé l'ouvrage célèbre bien connu sous le nom de Pré spirituel : il y rapporte les faits et gestes des moines de la Thébaïde, de la Palestine et de la Syrie. On possède aussi de la même époque un certain nombre d'ouvrages anonymes, Apophtcgmata Palrum, Gerontica, Paterica, etc., qui traitent un sujet analogue à celui du livre de Jean Moschus. Voilà pour les recueils généraux, mais dès le iv siècle Amphiloque d'Iconium (vers 350-400), Basile de Césarée (329-379), Grégoire de Nazianze (325-389) et Chrysostome (347-407) prennent rang parmi les hagiographes par leurs récits et leurs panégyriques sur la vie des saints. On doit à saint Sophrone, évêque de Jérusalem (f 638), à Léonce de Naplouse (590- 668) et à Épiphane de Constantinople (vnr siècle) la rédaction de plusieurs vies de saints.

//. du vni' au xi' siècle. — Avec le vin* siècle, on entre dans la période d'efllorescence de l'hagiographie grecque : les monastères sont dans leur plein épanouissement, et jusqu'au XP siècle, on y signale un nombre considérable d'écrivains qui consacrent leurs laborieux loisirs à rédiger des actes de saints. On peut en distinguer de deux sortes que leurs titres mêmes désignent nettement; tantôt, c'est un récit, (jsoç xa\ izoïmla, tantôt ce sont des panégyriques, syxw[Aiov, dont quelques-uns ont été réellement prononcés, mais dont un grand nombre parait n'avoir été' qu'un exercice purement littéraire. Il n'est pas possible de citer même les noms des hagiographes" grecs de cette période, on en trouvera rémunération, avec l'indication de leurs œuvres, dans le travail deM. Ehrhard, GcscltichtederbyzantinischeLitcratur de M. Krumbacher, 2«édit., 1897, p. 193-200, et surtout dans le travail des bollandistes, Bibliotheca /tagiographica grseca, 1895. Dès cetie époque, il existe de grands recueils de vies de saints distribués en douze volumes pour chacun des douze mois de l'année, car Théodore Studite nous dit, Epis t. ail S. Plalotiem , P. G., ■ t. xcix, col. 912 : « ÉyjveTÔ [xoc yàp 7roXXàiv evreuÇeii; |J.«p- Tupi'uv èv ôtijôcxa ôl> Totç àTcrjyeypa[;.|j.£v(i)v, j'ai trouvé plusieurs passions de martyrs transcrites en douze recueils. » Cette collection^ qui portait le nom de Ménologe, ne semble pas avoir été, dès l'origine, fixée d'une manière uniforme; il règne en effet, dans ces recueils, une grande diversité quant au choix, au nombre et à l'étendue dei pièces qui s'y trouvent rassemblées.

ACTA MARTYRUM, ACTA SANCTORUM

Dans la seconde moitié du x* siècle, Syméon, dit le

Métaphraste, entreprit une revision des documents hagiographiques grecs. Grâce surtout aux récentes recherches de M. Ehrhard, on est aujourd'hui assez bien fixé sur le caractère de cette entreprise, et l'on a déterminé, à peu de chose près, l'ensemble de l'œuvre de Métaphraste. Voir Ehrhard, Geschichte der byzant. Literatur de Krumbacher, 2* éd., p. 200-203; Die Legendensammlung des Symeon Metaphrastes, Fribourg-en-Brisgau, 1896, et Forschungen zur Hagiographie der griechischcn Kirchcn, Rome, 1897. Somme toute, l'œuvre de Métaphraste ne fut pas un progrès, et par la popularité qui s'attacha à sa compilation, cent fois reproduite dans les manuscrits, il fit tomber dans l'oubli et laissa se perdre une foule de pièces hagiographiques d'un caractère plus original que les abrégés qu'il en fit et qui supplantèrent les anciennes rédactions. Voir Analecta bollandiana, 1897, t. xvi, p. 310-329; t. xvn, p. 448-452. La collection de Métaphraste, mais très arbitrairement établie, a vu le jour, d'abord en traduction latine, par les soins d'Aloisi Lipomani, évêque de Vérone, en sept volumes in-4°, Venise, 1556-1558, puis en grec vulgaire par Agapios Landos, sous le titre de Nso; Ylapâ.'js.iuoi, Venise, 1641, et Nsov 'ExXôyiov, Venise, 1679, et enfin en grec, d'après les manuscrits de Métaphraste, dans la Patrologie grecque deMigne, t. cxiv, cxvetcxvi, parles soins de Msr Malou, évêque de Bruges.

m. du xi' au xiv siècle. — Du xi' au xiv siècle, l'hagiographie grecque décline, comme le reste de la littérature byzantine; on relève pourtant encore un certain nombre de vies de saints composées à cette époque. Voir Ehrhard, Gesc/tichte der byzant. Lileralur de Krumbacher, 2' édit, p. 203-205.

L'œuvre hagiographique des Grecs a été considérable : plus de neuf cents documents sont aujourd'hui livrés à la publicité, il en reste certainement cinq cents à publier encore. On imagine sans peine la somme de renseignements théologiques que renferme pareille collection. Cette veine n'a peut-être pas été assez exploitée jusqu'à ce jour, et cependant la dogmatique, la controverse, l'histoire des rites, en un mot toutes les branches de la théologie trouveront à s'enrichir clans l'étude des documents hagiographiques de l'Église grecque. On a la preuve de cette assertion dans les ouvrages de Léon Allatius qui, dans ses trois volumes, DeEcclesise occidentalis atque orientalis perpétua consensione, Cologne, 1648, en appelle fréquemment aux témoignages tirés de la Vie des saints grecs.

iv. documents slaves. — On peut rattacher à l'hagiographie grecque les documents, assez peu nombreux du reste, rédigés dans les idiomes slaves. Si plusieurs de ces pièces donnent les actes de personnages canonisés dans les liturgies dissidentes, il y en a d'autres qui visent des saints d'une époque antérieure au schisme, honorés aussi dans l'Eglise catholique romaine. C'est dans les articles consacrés à la liturgie et aux martyrologes slaves que nous aurons surtout à déterminer la part prise à l'hagiologie par les littératures de l'Europe orientale. Signalons ici seulement le célèbre Codex Suprasliensis, le principal des monuments hagiographiques ou paléoslaves. Publié par Miklosichen 1851, Monumenta linguse paleoslovenicœ, ce recueil écrit an xi° siècle renferme vingt-quatre vies de saints. C'est une sorte de ménologe pour le mois de mars. Récemment M. Abicht a repris l'étude des sources de ce document, Quellennachweise zum Codex Suprasliensis; et le résultat évident de ces études est que ce document de l'hagiographie slave ne renferme aucune pièce originale, mais que toutes sont des versions empruntées à des textes grecs.

III. Églises orientales. — « Cinq littératures principales, dit dom Pitra, Études sur la collection des Actes des saints, p. 16, avec des monuments nombreux appar-

tiennent à l'Eglise orientale et entrent dans sa liturgie : l'arménien, le syriaque, l'éthiopien, le copte et l'arabe. » Nous n'avons à nous occuper ici que des quatre premières de ces littératures, l'hagiographie arabe n'ayant que peu ou point de documents hagiographiques qui lui appartiennent en propre.

/. arménien. — Si l'hagiographie arménienne est principalement alimentée par des traductions, on y trouve pourtant un certain nombre d'œuvres originales, relatives surtout aux martyrs d'Arménie. Nous signalerons l'histoire de la persécution de Vartane par Elisée, qui écrivait au v° siècle. Au siècle suivant, Kakich compose, en collaboration avec le diacre Grégoire, Y Asmavurk, ou légendaire arménien. L'un des plus célèbres hagiographes de l'Arménie fut le patriarche Grégoire II, dit Veghajazer (-f- 1105), c'est-à-dire l'ami des martyrs, à cause du grand nombre d'actes qu'il traduisit du grec et du syriaque. Au XII" siècle, Nersès de Lamprone rédige une Vie des Pères. L'ensemble de la littérature hagiographique arménienne a été recueilli en 1810-1814, par le R. P. J.-B. Aucher, mékhitariste, dans son ouvrage : Vies de tous les saints du calendrier arménien, 12 volumes in-8°. Dans la collection des écrivains classiques de l'Arménie publiée à Venise en 1853 (20 vol. in-12), il y a, à partir du tome iv, un bon nombre de vies de saints. Voir, sur la littérature hagiographique arménienne, Sakias Somal, Quadro délia storia litterariadi Armenia, Venise, 1829; V. Langlois, Collection des historiens anciens et modernes de l'Arménie, 2 in-4°, Paris, 1867 et 1869; F. Nève, V Arménie chrétienne et sa littérature, Louvain, 1886.

//. syriaque. — Bien que tributaires, eux aussi dans une large part, de l'hagiographie grecque, les Syriens ont pourtant, en fait de vies de saints, une littérature originale plus abondante que celle des Arméniens. Dès le iv8 siècle, on trouve un certain Isaïe qui rédige les actes de saint Lazare et de ses compagnons, mais le grand hagiographe de cette époque est saint Maruthas qui recueillit les actes des nombreux martyrs couronnés sous Sapor. Ces intéressants récits furent publiés par S. E. Assémani, Acta sanctorum martyrum orientalium et occidentalium , in-fol., Rome, 1748, t. i. C'est du reste au nom des deux Assémani que doivent se rattacher les premières publications relativesà l'hagiographie syriaque. En 1835, le P. Pius Zingerle a popularisé plusieurs de ces récits clans une traduction allemande, Edite Akten der hh. Màrtyrer des Morgenlands ïiberselzt, Inspruck, 1835. Lorsque les fécondes récoltes de Curzon et de Tattam dans les monastères de Nitrie eurent après 1845 amené au British Muséum les trésors de la littérature syriaque, les travaux de MM. Cureton et W. Wright donnèrent un nouvel essor aux recherches relatives aux vies des saints de la Syrie. Parmi les premiers éditeurs citons Môsinger, Gildemeister, Nestlé, Amiaud et leurs publications des actes des martyrs de Karkar, de sainte Pélagie, de l'invention de la Croix, de saint Alexis. Dans \es Analecta bollandiana, de 1886 à 1891, le R. P.Corluy, M«' Abbeloos et M«r Lamy ont publié plusieurs textes hagiographiques araméens. MM. Guidi, Sachau, Feige, Raabe, l'abbé Chabot, leR. P. Gismondi et le R. P. Scheil, dont il serait trop long de citer les travaux en détail, continuent, par leurs publications de textes, à bien mériter de l'hagiographie syriaque. On trouvera dans les Études sur la collection des Actes des saints de dom Pitra, p. 30-33, une liste dressée par M. Cureton des actes syriaques des saints contenus dans les manuscrits du British Muséum ; il faut pourtant compléter cette liste par l'excellent catalogue de M. W. Wright, Catalogue of the Syriac manuscripts in the British Muséum, 3 vol., Cambridge, 1870. On doit à M. G. Hoffmann une substantielle étude et de nombreux extraits concernant les actes syriaques des martyrs de la Perse, Auszûge nus syrischen Akten persischer Màrtyrer, Leipzig', 1889.

ACTA MARTYRUM, ACTA SANCTORUM

Itins son introduction aux actes de Mai- Qardagh, Analecta bollandiana, t. ix, p. 5-8, Ma' Abbeloos a dressé le catalogue de cinquante-deux vies de saints en syriaque contenues dans un manuscrit de l'église Saint- Péthion. Mais après les publications d'Assémani et celles dj M. Bedjan dont nous allons parler, il reste peu de textes inédits dans cette précieuse collection. M. Bedjan a. depuis l'année 1891, publié sept volumes à'Acla martyrum et sanctorum en syriaque. Le t. vu renferme une version araméenne de YHistoria Lausiaca, mais dms les six autres volumes, M. Bedjan donne à peu près cent cinquante textes, dont la moitié est absolument inédite et souvent inconnue. Bien qu'entrepris dans un but d'édification, sans aucune visée d'érudition, ce travail constitue une contribution des plus importantes à la littérature hagiographique de l'Église syrienne. On peut voir dans les Analecta bollandiana, t. x, p. 478; t. xii, p. 78; t. xin, p. 298; t. xiv, p. 207; t. xvi, p. 183, le dépouillement complet de l'œuvre de M. Bedjan. M. Rubens Duval a consacré un chapitre de son ouvrage Anciennes littératures chrétiennes, La littérature syriaque, Paris, 1899, p. 121-165, aux actes des martyrs et des saints.

///. ÊTB10P1ES. — Les annales de l'Église d'Ethiopie ont été moins étudiées que celles de la Syrie : aussi n'a-t-on guère encore recueilli ou publié les documents hagiographiques, qui pourraient faire connaître la foule des saints inconnus dont le nom seul a été révélé par le 'calendrier publié dans l'ouvrage de Ludolphe, Ad historiam aethiopicam Conimentarius, Francfort, 1691, p. 389-437. Pourtant, il suffit de parcourir les listes de vies de saints en éthiopien relevées dans les catalogues des manuscrits abyssins du British Muséum et de la Bibliothèque nationale de Paris, pour constater que les matériaux ne manquent pas et qu'ils n'attendent que la main de l'ouvrier. On doit toutefois à MM. Budge, Conti Rossini, Guidi, Esteves Pereira, la publication de la vie des saints Georges, Takla Haymanôt, 'Aragâwi et Daniel de Serti'. E. Budge vient de publier sous le titre The Cuntendings of the Apostles, Londres, 1899, une quarantaine de textes éthiopiens relatifs aux Actes apocryphes des apôtres. L'hagiographie éthiopienne trouve aussi son compte dans les Apocryphes éthiopiens de M. René Bas set.

/ v. copte. — Pour les saints de l'Église copte, on possède de nombreux extraits dans le catalogue dressé par Zoega •les manuscrits coptes du musée Borgia. Georgi a édité les actes de saint Colulhus. En ces vingt dernières années, les travaux sur l'hagiologie copte ont pris un nouvel essor. M. Hyvernat a publié un volume sur les actes des martyrs de l'Egypte (Home, 1886). Mais c'est incontestablement à M. Amélineau que l'on doit la plus considérable contribution à l'hagiographie de l'Egypte. Sous le titre général de Monuments pour servir ù l'Histoire de l'Egypte chrétienne au iv et au v* siècle, il a publié trois volumes dont le premier, Mémoires publiés par les membres de la Mission archéologique française au Caire, t. iv, fasc. 1, p. 1-478 (1888) et fasc. 2, p. 479-811) (1895), contient des documents relatifs à sont Schnoudi et d'autres concernant saints Pakhôme, Théodore, llorsiisi et Jean de Lycopolis ; le deuxième volume, Annales du Musée Gruimet, t. xvn (I8,x<n. donne l'histoire de saint Pakhôme et de ses communautés; le troisième volume. Annales du Musée Gruimet, t. xxvi (1894), est intitulé Histoire des monastères de lu llussr- Egypte et fournit des documents relatifs à saint Paul l'ermite, à saint Antoine, à saint Macaire et d'autres. Outre ces publications de textes, il faut encore signaler du même

aul sur une étude sur la recension copie de YHistoria

I " isiaca, Paris, 1887, et un volume sur les Aotes <les martyrs de l'Église copte, Paris, 1890. Malheureusement, deux grands défauts entachent les travaux de M. Amélineau : l'idée fixe de retrouver dans les docu-

ments coptes des rédactions originales, et le dénigrement systématique du cénobitisme égyptien. Dans une thèse récemment présentée pour l'obtention du grade de docteur en théologie à l'université de Louvain, M. l'abbé Ladeuzea,en ce qui concerne saint Pakhôme et Schnoudi, très nettement fait ressortir ce qu'ont d'outré les thèses de M. Amélineau, Etude sur le cénobitisme pakhomien pendant le /v» siècle et la première moitié du v>, Louvain, 1898. Parmi ceux qui ont contribué à faire connaître la littérature hagiographique copte, il faut signaler M. Fr. Rossi, qui a publié la plupart des actes de martyrs contenus dans les papyrus coptes du musée égyptien de Turin, Memorie délia R. Accademia délie Scienze, série II, t. xxxv-xxxvm. Citons encore MM. Budge, 0. von Lemm et Crum, auquel on doit la publication d'un certain nombre d'actes coptes.

Page 1