VI. BENSEIGNEMENTS DOCTRINAUX. — /. DIVINITÉ DU
CBRiSTiANiSME. — Trois" classés générales de faits concourent à l'établir. Ce sont : 1° le témoignage des apôtres; 2° leurs miracles; 3° les caractères principaux de l'Église naissante. — 1° Le témoignage des apôtres. — Le but principal que se proposent les apôtres, dans leurs discours aux Juifs, est de prouver que Jésus de Nazareth est le Messie divin annoncé et attendu depuis des siècles : il, 36; iv, 27; x, 37, 38; ix, 22; xvn, 3; xviii, 28; d'où il suit que le christianisme est une religion divine. Or, pour faire cette démonstration et atteindre leur but, les apôtres se servent de deux moyens : 1. Ils affirment le grand fait de la résurrection de Jésus, et ils se donnent, avant tout, comme les témoins autorisés de ce miracle : I, 22; il, 32; m, 15; iv, 33; v, 32, etc. C'est la fonction première de leur apostolat et comme le résumé de leurs discours. Et cette.affirmation est l'expression sincère d'une connaissance certaine : leur attitude devant le sanhédrin, iv, v, prouve leur sincérité; cl leurs relations antérieures avec Jésus, i, 2. 3, 21, 22, ainsi que leur science des Écritures, II, 24-36, démontrent leur compétence. — 2. Us citent et interprètent l'Écriture, en appliquant à Jésus divers passages messianiques de l'An cien Testament, spécialement ceux qui concernent sa résurrection, n, 24-36; xm, 16-38, etc. — 2° Les miracles des apôtres. — Ces miracles prouvent la divinité de leui mission, et, par conséquent, de la religion qu'ils enseignent. Les Actes signalent, d'une façon générale, « les
nombreux prodiges et miracles que faisaient les apôtres, » ii,43; v, 12, etc.; et, en particulier, plusieurs miracles éclatants de saint Pierre, m; ix, 33-35; ix, 36-42; et plusieurs de saint Paul, xm, 11; xiv, 9; xvi, 18; xix, 12; xx, 10; xxviii, 5, 8, 9. — 3° Caractères principaux de l'Eglise naissante. — 1. L'intervention miraculeuse du Saint-Esprit dans la fondation définitive de l'Église, à la Pentecôte, n, 1-5. — 2. La vie fervente des premiers chrétiens, il, 44-47; iv, 32. — 3. La propagation rapide et le développement considérable du christianisme dans la Palestine, il, 41; iv, 4; v, 14; vm; ix, 31; dans la Phénicie, à Chypre, et jusqu'en Syrie, xi, 19-22, en une douzaine d'années; puis dans la Cilicie, la Macédoine, l'Achaïe et l'Asie, xv-xxi, et jusqu'à Borne, xxvm, 24,31, en une vingtaine d'années. — 4° Le courage des apôtres et des disciples, iv, 13, 19, 20; v, 40, 41, etc., courage poussé parfois jusqu'au martyre, vu, 59; xn, 2. — 5. La sollicitude miraculeuse de Dieu pour les apôtres, v, 19, et spécialement saint Pierre, xn, et saint Paul, xvi.
//. ECCLÈsiowGiE. — L'Église nous apparaît, dès l'origine : 1° comme une société autonome et distincte du judaïsme; 2° pourvue d'une hiérarchie qui se développe suivant les circonstances; 3° munie de ses pouvoirs et de ses caractères essentiels. — 1° Quoique recrutée exclusivement, à l'origine, au sein du judaïsme, l'Église en était néanmoins profondément distincte, par la doctrine spéciale qu'elle professait, u, 42; iv, 32-35; par ses rites sacramentels, le baptême et la fraction du pain, u, 41, 42; par ses réunions spéciales dans des maisons privées, à Jérusalem, pour la fraction du pain, u, 46. Cette distinction s'accentua bien davantage quelques années après, par la conversion et l'introduction des païens dans l'Église, xi, ainsi que par le6 décisions du concile de Jérusalem, xv, qui étaient l'abrogation implicite des observances mosaïques. — 2° L'Église naissante fut d'abord gouvernée par le seul collège apostolique, u, 42; IV, 32-35, etc. Mais bientôt les apôtres durent s'adjoindre des collaborateurs, appelés diacres, pour les aider dans les services d'ordre matériel, et sans doute aussi d'ordre liturgique, vi, 1-6. Peu après, les Actes signalent une autre catégorie de pasteurs, appelés tantôt du nom de upso-êuTÉpoc, que la Vulgate traduit indifféremment par seniores, presbyteri, majores natu, et tantôt du nom de iniTAÔnoi, episcopi. Cf. xx, 28; xx, 17. Cette terminologie un peu ilottante semblerait indiquer que le presbijtérat et Yépiscopal (voir ces mots) n'étaient pas encore, à ce moment précis, deux fonctions nettement séparées, et militerait en faveur de l'opinion qui veut que l'épiscopat unitaire ait seulement existé après la mort des apôtres. En revanche, d'autres passages des Actes montrent clairement que l'Église de Jérusalem, à tout le moins, était déjà gouvernée par un évoque proprement dit, saint Jacques. Ce qui le prouve, c'est la place exceptionnelle que tient ce personnage dans l'église en question, xn, 17; xv, 13; xxi, 18. Au sein du collège apostolique lui-même, la prééminence de saint Pierre est visible. Il fait acte d'autorité, en prenant l'initiative de l'élection d'un douzième apôtre, dont il proclame la nécessité et les conditions, i, 15-23; en châtiant sévèrement la faute d'Ananie et de Saphire, v, 1-11 ; en flétrissant le crime de Simon le magicien, vin, 20-24; en recevant, le premier, les Juifs et plus tard les gentils au sein de l'Église, u, 41; x, 9-i8; en étendant sa sollicitude non seulement sur le collège apostolique, qu'il venge de la calomnie, il, 15-21, mais sur toutes les églises particulières qu'il parcourt et visite, ix, 32; en tranchant, au concile de Jérusalem, par une déclaration doctrinale importante, la question de principe qui était agitée sur les observances mosaïques, xv, 7-12. Son incarcération par Hérode et sa délivrance par un ange sont environnées de tous les caractères qui supposent en lui un chef de parti, xn, 1-12. Enfin, considéré comme prédicateur et comme thaumaturge, ses discours et ses miracles ont,
ACTES DES APOTRES
dans la première partie des Actes, un relief et une importance bien supérieurs à ceux des autres apôtres, dont il est le porte-parole, i, 15-23; il, 14-41; III j IV, 8-13; v, 3-9, 15, etc. — 3° L'Église est déjà munie de ses caractères et de ses pouvoirs essentiels. Elle est une, quoique dispersée en divers pays, IX, 31 ; sainte, dans ses chefs qui souffrent avec joie pour le Christ, v, 41, et dans ses membres qui mènent la vie fervente, II, 44-47; IV, 32, 34, 35; enfin catholique, en ce sens que son divin fondateur a prédit son extension jusqu'aux extrémités de la terre, i, 8, et que les apôtres ont donné à cette prédiction, dans l'espace d'une trentaine d'années, une exécution magnifique, quoique partielle. Act., passim. — L'Église exerce son pouvoir doctrinal par une prédication ininterrompue, passim, et par des décisions dogmatiques, xv, 11, 19, 28; son pouvoir d'ordre, par la collation du baptême, n, 41, etc., l'imposition des mains, VI, 6; vin, 17; xin, 2, 3, etc., la fraction du pain, n, 42, 46, etc.; son pouvoir disciplinaire, par les décrets du concile de Jérusalem, xv, 29.
///. théologie (proprement dite). — Les Actes mentionnent : 1° l'existence d'un Dieu créateur, conservateur et providence dumonde, facile à connaître, xvn, 24-30; ses pri ncipaux attributs, tels que sa puissance, v, 30, 31 , etc., sa justice, v, 1-11; xn, 23, etc., sa miséricorde, IX, etc.; — 2° le dogme de la Trinité : le Père, i, 7; n, 22, 33, 36; m, 13, 18, 26, etc. ; le Fils, m, 13, 26 ; iv, 27, 30 ; ix, 20, etc. ; le Saint-Esprit, i,8, 16; n, 4; iv,25;v,3, 4,32;vn, 51, etc. Sans doute, parmi les passages où le Saint-Esprit est mentionné, il en est quelques-uns qui sont un peu vagues, et qui visent plutôt une grâce ou un simple don fini qu'une personne divine; mais la plupart démontrent ou supposent clairement la personnalité de l'Esprit-Saint. Les opérations qu'on lui attribue sont en effet des opérations personnelles, i, 16; n, 38; v, 3, 19; vu, 51; ix, 31; xi, 12; xm, 4, etc. Il y a même des textes qui l'appellent expressément Dieu.v, 3, 4; xxvm, 25-29. Parmi les œuvres qui lui sont attribuées spécialement, on remarque son action merveilleuse sur les apôtres, n, 1-5; iv, 8; v, 32; xm, 2,4; l'assistance qu'il leur fournit pour les décisions dogmatiques, xv, 28; l'effusion de la grâce en général, n, 38, surtout par le sacrement de confirmation, vin, 15-17; certaines faveurs extraordinaires, appelées depuis grâces gratis datai, x, 44-46; xix, 6.
iv. cbristologie. — Non seulement Jésus de Nazareth est le Messie ou le Christ, n, 36; ix, 22; xvn, 3; XVIII, 28; mais il est aussi Fils de Dieu, m, 13, 26; iv, 30; vin, 37; IX, 20; et Dieu Jui-même, xx, 28, puisque, d'après le texte, le sang au prix duquel l'Église a été achetée est le propre sang de Dieu. Ce dernier passage, xx, 28, prouve en même temps que Jésus-Christ est à la fois Dieu et homme, et qu'il possède ses deux natures dans l'unité d'une même personne, puisque c'est le même qui est Dieu et qui a acheté l'église au prix de son sang. C'est aussi une preuve de la légitimité de la communication des idiomes. — Quarante jours après sa mort, Jésus est monté au ciel, où il est à la droite du Père, I, 3, 9-11 ; vu, 55, 56. En dehors de lui, il n'y a pas de salut pour les hommes, iv, 12. 11 a été établi juge des vivants et des morts, x, 12; et, de même qu'il est monté au ciel le jour de l'Ascension, de même il reviendra plus tard, i, 11.