‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 22 sur 536 · ABEL — ABÉLARD (VIE ET ŒUVRES D · texte numérisé non relu

ABEL — ABÉLARD (VIE ET ŒUVRES D

le chef du troupeau; comme juste, il préfigure le Christ innocent qui, en sa qualité de prêtre, a ollert un sacrifice supérieur aux sacrifices de la loi. Israël jaloux a fait périr le Christ, et le sang de Jésus crie vengeance contre les Juifs déicides. Parmi les œuvres de saint Chrysostome on a imprimé un morceau apocryphe, De sacrificïts Caini,de donis AbeIis,etc.,P. G., t. lxii, col. 719-722. dont l'auteur remarque dans Abel plusieurs traits de ressemblance avec le Christ. De même que le Sauveur fut le chef de ceux qui ont été régénérés après la loi, et le premier juste; ainsi Abel a été le prince de la justice parmi les premiers hommes. Il fut aussi le premier qui ait combattu pour la justice et qui ait été couronné par Dieu. En cela encore, il a été l'image du Christ qui a souffert pour la justice. Le sang d'Abel a beaucoup d'affinité avec le sang du Christ. Ils enseignent au monde entier la piété. Ils crient tous deux, l'un en suppliant, l'autre en accordant le pardon. Abel, qui était innocent, meurt le premier, portant la peine du péché de son père coupable; le Christ meurt pour expier les fautes du genre humain tout entier. Un commentaire de l'Apocalypse, inséré parmi les œuvres de saint Ambroise, In Apoc. exposit., P. L., t. xvn, col. 813, contient un tableau analogue. Caïn est la représentation du peuple juif; Abel, celle du Christ. Le sacrifice de Caïn symbolise les sacrifices temporels du judaïsme; le sacrifice d'Abel, en tant qu'il est l'oll'rande des prémices du troupeau, symbolise les apôtres, qui sont les premiers-nés de l'Eglise ; en tant qu'il est l'oll'rande de la graisse des victimes, la foi des apôtres. Le Christ a offert à son Père les apôtres et leur foi. Caïn, meurtrier d'Abel, est la figure des Juifs qui font mourir Jésus-Christ et qui, en punition de ce crime, sont devenus un peuple maudit, vagabond sur la terre. L'abbé Rupert, De Trinitate et operibus ejus, In Gènes., 1. IV,c. ii.ivet v, P.i.,t.cxLVii,col. 326,328-330, a appelé Abel le premier témoin de Jésus-Christ. Son sacrifice, qui vaut par la foi, est la figure de la passion. Tout ce qu'a fait Abel est une parabole du Christ. Pasteur de brebis, il représente le bon pasteur, tué par Anne et Caïphe. Le sacrifice de Caïn est la pàque juive, qui est morte et inanimée ; le sacrifice d'Abel est la pàque chrétienne, qui contient le véritable Agneau de Dieu offert sous les apparences du pain et du vin. Le sacrifice eucharistique est gras; il est esprit et vérité. Abel, assassiné dans la campagne, annonce Jésus-Christ qui a souffert en dehors des portes de Jérusalem. Enfin, saint Brunon d'Asti, évoque de Segni, Exposit. in Gen., P.L.,t. clxiv, col. 172-173, a reconnu dans Abel, pasteur, le Christ dont nous sommes les brebis et que les Juifs, ses frères, ont fait cruellement mourir. Caïn est l'image du peuple juif; Abel, celle du Christ crucifié en dehors de la ville; son sang qui crie, celle du Christ qui demande pardon. Il crie encore, pour représenter l'Église qui garde le souvenir de la passion. Les théologiens et exégètes modernes n'ont pas oublié l'enseignement de l'antiquité sur Abel, figure du Christ.

Signalons seulement Bossuet, Élévations sur les mystères, 8' semaine, 4" élévation ; Œuvres complètes, Besançon, 1836, t. III, p. 58-59, et M"' Meignan, Les prophéties contenues dans les deux premiers livres des Rois, Paris, 1878, p. LV, et L'A ncien Testament dans ses rapports avec le Nouveau, De l'Éden à Moïse, Paris, 1895, p. 195-'2ul.

E. Mangenot.

2. ABEL, ABLE ou ABBLE Thomas, chapelain de Catherine d'Aragon, première femme de Henri VIII. Dans l'affaire du divorce, il prit le parti de la reine et publia en 1534, pour la défendre, un traité, De non dissolvendo Henrici et Catharinœ matrimonio. Devenu suspect à Henri VIII, il fut d'abord impliqué dans le procès d'Elisabeth liarton, dite la sainte fille de Kent, qui fut condamnée à mort pour avoir mal parlé du roi. Plus tard, il ne voulut pas souscrire à l'acte de suprématie et combattit sur ce point les prétentions du roi.

Mis en jugement, il fut condamné à mort et exécuté à Smithfield, le 30 juillet 1540.

Lingard, Histoire d'Angleterre, trad. de Boujoux, Paris, 1P3V, t. vi; Michaud, Biogra]>hie universelle, Paris, 1811; Feller, Biographie universelle, Paris, 1838, art. Abble.

Page 1