‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 251 sur 536 · ALBERT DE BULSANO — ALBERT LE GRAND · texte numérisé non relu

ALBERT DE BULSANO — ALBERT LE GRAND

publiait une seconde édition modifiée et améliorée, Turin, H. Marietti, in-8", p. 526. Depuis lors, ce manuel fut souvent réimprimé sans aucune modification chez le même éditeur, qui en 1892 donnait une nouvelle édition augmentée et corrigée : Institutiones... a Sac. Eugenio Morandi S. Th. Doct. rccognitse, auctse, emendatse, in-8°. Deux ans auparavant, le P. Norbert de Tux, capucin de la province du Tyrol, avait publié une édition refondue du même ouvrage : Compendium theologise fundamentalis ope scriptorum Rmi P. Alberti a Bulsano... aliorumque probatorum auctorum concinnavit... P. Norbertus a Tux... Brixen, Société typogr., 1890, 2 vol. in-8», p. vm-332 et 414-n.

Presque en même temps qu'il éditait ce premier volume, le P. Albert abordait la publication d'un ouvrage théologique plus considérable. Ce sont les Institutiones théologies theoreticse sett dogmatico-polemicœ,... divisées en cinq parties : I. De Deo in se spectato; II. De Deo in relatione ad universum considerato ; III. De Deo lapsi humani generis redemptore ; IV. De Deo hominum sanctificatore : 1° De gratia Chrisli, 2° De sacramentis ; V. De Deo omnium consummalore, Turin, H. Marietti, 1853-1859, 6 vol. in-8», p. 776, 718, C60, 644, 1204, 844. Comme le premier, cet ouvrage eut un grand succès à cause de la clarté d'exposition de l'auteur et de l'abondance des preuves. En 1862-1864, paraissait une deuxième édition revue et corrigée dont un second tirage fut fait en 1868. Une nouvelle édition de cet ouvrage plusieurs fois réimprimé à Turin sans modifications était fort à souhaiter. Les supérieurs de la province monastique à laquelle appartenait l'auteur voulurent contenter ce désir et par leur ordre furent publiées les Institutiones theologise dogmalicœ specialis Rmi P. Alberti a Bulsano, recognitse, ex parte correctse, et meliori disposilione adornatse, a P. Gotlfried a Graun, ord. cap. prov. Tyr. septentr. S. theol. lectore, Inspruck, librairie de la Société catholique, 1893-1896, 3 vol. in-8», p. xvi-869, x-798, xi- 1031. Tout en conservant le plan général de l'auteur, le nouvel éditeur a accommodé son ouvrage aux nécessités présentes de l'enseignement théologique et en a fait disparaître les longueurs amenées par la forme trop oratoire que l'on reprochait au P. Albert.

L'étendue de cet ouvrage en rendait l'usage difficile dans les séminaires et les scolasticats, aussi l'auteur en avait-il publié lui-même un résumé sous ce titre : Fr. Alberti Knoll a Bulsano, ordinis capuccinorum, institutiones theologise theoreticae, seu dogmaticse-polemicœ abauctorein compendium redaclse, Turin, Favale, 1863, 2 vol. in-8°, p. 592, 516. Ce compendium fut lui aussi souvent réimprimé par Marietti, qui en 1892 en publiait une nouvelle édition revue par Morandi. On peut aussi regarder comme un remaniement de cet ouvrage, ainsi que des Institutiones theologise fundamentalis, le Matinale theologise dogmaticse quod in usum studiosorwm elaboravit Fr. Gonialvus a Reeth, ord. min. S. Fr. capuc. prov. Belgicse def. ac S. th. lect., Tournai, Casterman, 1890, 2 vol. in-8», p. 540, 454. L'auteur en effet, comme il le déclare dans sa préface, s'appuie principalement sur le P. Albert de Bulsano.

Nous avons laissé le P. Knoll à Méran, lecteur de théologie. Il nous faut le suivre à Rome, où il se trouvait en qualité de définiteur général de son ordre, quand il commença la publication de ses œuvres théologiques. 11 demeura dans la capitale du monde chrétien du mois •de mai 1847 au mois de mai 1853. Son office terminé, le P. Albert retourna dans sa province du Tyrol et pendant les dix années qu'il vécut encore se livra à la prédication avec un grand succès. Il mourait pieusement au couvent de Botzen, le 30 mars 1863.

Outre ses œuvres théologiques, le P. Knoll publia encore une E.rposilio regulse FF. Minorum S. P. Francisco Ass. ex declaralionibus Rom. Ponlif., S. Bona-

ventura, aliisque probatis aucioribus congesta, Inspruck, Rauch, 1850, 1 vol. in-8°, p. xiv-518. Cet ouvrage, accepté dans l'ordre des frères mineurs capucins comme exposition officielle de la règle, fut réimprimé plusieurs fois : Naples, Palma, 1853, in-8», p. xi-438; Florence, Polverini, 1864, in-8», p. vn-520; Milan, Ghezzi, 1889, in-8», p. xvi-586.

Après la mort du P. Albert, on imprima sur ses manuscrits deux recueils de sermons. Le premier : Predigten fur die Sonntage des Kirclienja/ires, Brixen, 1867, in-8», fut réédité suivi d'un second volume, sous ce titre : Predigten auf die Sonn-und Fesllage des Kirchenjahres, Brixen, 1871. Le chanoine Jos. Gliemone en publia une traduction italienne : Prediche per le domeniche dell'anno, opéra postuma del P. Alberto Knoll du Bolzano... versione dal Tedesco, Turin, G. Speirani, 1870-71, 2 vol. in-12, p. vm-29i, 268; 2e édit., ibid., 1876, 2 vol. in-12, p. vin-334, 292. — Sermoni per le feste dell'anno ecclesiastico..., ibid., 1873, 2 vol. in-12, p. vi-320, 368.

Civiltà cattolica, anno quinto, II* série, t. v, p. 660; Analectajuris pontip.cii, 3e série, col. 813 sq.

P. Edouard d'Alençon.

5. ALBERT LE GRAND. De son vrai nom A. de Bollslaedl. Appelé par ses contemporains AlbertusLauingensis (de Lauingen), A. Theutonicus, A. de Colonia, Dominus Albertus (après sa consécration épiscopale), et de bonne heure par la postérité : A. Magnus. — I. Biographie. IL Écrits. III. Influence.

I. Biographie. — Albert naquit en 1206 (non en 1193, ainsi que le croient universellement ses modernes historiens), dans la petite ville souabe de Lauingen sur le Danube. Il était le fils aine du comte de Bollstaedt, une famille féodale puissante et riche dévouée à Frédéric IL Elevé dans la société de jeunes seigneurs, il fut conduit, adolescent, à Padoue, pour y faire ses études sous la surveillance d'un oncle, vraisemblablement ecclésiastique, tandis que son père guerroyait en Lombardie, au service de l'empereur. Le second maître général des frères prêcheurs, Jourdain de Saxe, étant venu prêcher aux étudiants de Padoue pendant les premiers mois de 1223, attira à l'ordre un grand nombre de jeunes gens, parmi lesquels Albert, alors âgé de seize ans et demi. Malgré les résistances de son oncle et de ses condisciples et une tentative d'enlèvement de la part de son père, Albert entra dans l'ordre et fut conduit, pour y continuer ses études, dans un ou plusieurs couvents qu'on ne peut désigner avec sécurité, mais vraisemblablement à Cologne. C'est là qu'il commença plus tard son enseignement en interprétant deux fois le Maître dis Sentences. Il fut successivement lecteur de théologie dans les couvents de Hildesheini, Fribourg-en-Brisgau, Batisbonne (pendant deux ans) et Strasbourg.

En 1215, Albert fut envoyé à Paris pour y conquérir le titre de maître en théologie et régenter une des deux écoles dominicaines du couvent de Saint-Jacques, incorporées à l'Université. C'est pendant ce séjour à Paris qu'Albert commença, concurremment à l'enseignement de la théologie, la publication de la vaste encyclopédie scientifique qui lui valut son incomparable célébrité, et qu'il compléta jusque vers la fin de sa vie, bien qu'elle fût déjà achevée en grande partie en 1256. Le maître quitta vraisemblablement Paris à la fin de l'année scolaire de 1248. Au chapitre général de cette année l'ordre des prêcheurs ayant établi quatre studia generalia, en plus de celui de Paris, pour étendre la formation intellectuelle supérieure de ses recrues, l'une de ces études générales fut établie à Cologne et Albert en devint le premier régent. Malgré les nombreuses absences du célèbre maître, cette ville devait être, jusqu'à la tin de ses jours, sa résidence ordinaire, ce qui lui valut d'être souvent nommé par ses contemporains Albert de Cologne. Cette nouvelle période de la vie d'Albert al

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marquée par l'intensité de son activité littéraire. 11 compta alors Thomas d'Aquin parmi ses disciples. Pendant son séjour à Cologne, Albert ne cessa aussi d'intervenir comme arbitre de 1252 à 1272, dans les graves différends qui éclatèrent entre la ville et ses évèques. En 1254, le chapitre de la province d'Allemagne, tenu à Worms, confia à Albert le gouvernement de la province dont il s'occupa très activement. Deux ans plus tard, étant encore provincial, il se rendit à la cour romaine pour prendre la défense des prêcheurs contre les attaques de Guillaume de Saint-Amour, dont le célèbre pamphlet De novissimorum temporum periculis, fut condamné à Anagni par Alexandre IV, le 5 octobre 1256. Pendant son séjour à la curie, Albert remplit l'office de lecteur du sacré palais et interpréta, à la demande du pape et de ses cardinaux, l'Évangile de saint Jean et toutes les Épîtres canoniques. Ce fut encore pendant ce séjour à la curie qu'Albert, sur la demande d'Alexandre IV, écrivit contre la théorie averroïste de l'unité de l'intelligence son traité De unilate inlellechts. Ce voyage jusque dans le midi de l'Italie fournit à Albert, comme tous ses autres déplacements, l'occasion de recherches scientifiques, et c'est alors qu'il découvrit le De motibus animalium d'Aristote dont il publia le commentaire. Albert rentra à Cologne en 1257. Il fut relevé de sa charge de provincial par le chapitre général de Florence de cette même année, et reprit le cours de son enseignement. Au printemps de 1259, Albert se rendit au chapitre général de Valenciennes, où il élabora avec Thomas d'Aquin et Pierre de Tarentaise, le futur Innocent V, un important règlement pour les études dans l'ordre. Il est très probable qu'Albert se rendit à Rome au cours de cette même année, appelé par le souverain pontife. Le pape le désigna pour l'évèché de Ratisbonne, le 5 janvier 1260, malgré les efforts du général de l'ordre, Humbert de Romans, pour éviter cette nomination. Albert s'adonna avec zèle aux devoirs de sa nouvelle charge. Mais la nécessité de se mêler à de graves affaires tempsrelles, en un temps où les églises d'Allemagne vivaient encore du régime féodal, poussa le nouvel évêque, plus amoureux d'étude que de guerre, à résigner sa charge au printemps de 1262. Le 13 février 1263, Urbain IV le préposa à la prédication de la croisade pour l'Allemagne, la Bohême et autres lieux de langue teutonique. Cette mission lui fit parcourir l'Allemagne pendant les années 1263 et 1264 dans toutes les directions, de Ratisbonne à Cologne et jusqu'aux frontières de la Pologne. De 1265 au commencement de 1267, Albert fit un long séjour à Wurzbourg où il joua, comme à Cologne, le rôle de pacificateur, tout en continuant d'étudier et d'écrire. Vers le milieu de 1267, l'évêque démissionnaire, le seigneur Albert, dominas Albert/m, ainsi qu'on l'appela dès lors jusqu'à la fin de sa vie, offrit au général de l'ordre, Jean de Verceil, de reprendre l'enseignement. Celui-ci accepta avec reconnaissance et songea même un instant à le renvoyer professera Paris. Ce fut l'étude de Cologne qui le reçut encore une fois. Bien que résidant ordinairement dans cette ville, Albert se déplaça fréquemment pendant une dizaine d'années (1268-1277). On le trouve spécialement pendant cette période en différents points de l'Allemagne, au nord comme au midi, consacrant des églises nouvelles et des autels, ou faisant môme des ordinations sacerdotales. En 1270, au fort de la lutte soutenue, à Paris, par Thomas d'Aquin contre Siger de Brabanl el les autres averroïstes de la faculté des arts, Albert intervint par l'envoi d'un mémoire qu'avait sollicité Gilles de Lessines el dans lequel il réfute les théories fondamentales du péripatétisme averroïste. L'année I27i vit Albert se rendre au second concile, général de Lyon et y siéger parmi les Pères de cette assemblée. Il quitta une fois encore Colonne, vraisemblablement pendant le second trimestre (le 1277, pour venir à Paris défendre les doctrines

de Thomas d'Aquin que l'évêque Etienne Tempier et les maîtres séculiers de la faculté de théologie avaient tenté d'envelopper dans une commune réprobation avec les erreurs averroïstes, le 7 mars précédent. Revenu à Cologne, Albert y rédigea, en janvier 1278, son testament. Ce fut, semble-t-il, le dernier acte important de sa vie luciuV. Le cerveau de l'homme qui avait absorbé la science de l'antiquité et de son siècle céda sous le poids du travail et des années. Albert perdit la mémoire et sa raison s'affaiblit. Il était pris de fréquentes crises de larmes, surtout au souvenir de son disciple bienaimé, Thomas d'Aquin, descendu dans la tombe avant lui. Il mourut le 15 novembre 1280, âgé de soixantequatorze ans. Cologne lui fit de magnifiques funérailles. Il a été béatifié par l'Église, le 27 novembre 1622, et sa fête se célèbre le 16 novembre.

Sources biographiques. — Il n'existe pas de biographie d'Albert le Grand écrite par un contemporain. On peut toutefois reconstituer les faits principaux de sa vie, avec les données synchroniques ti»ées soit de ses propres écrits, soit surtout d'auteurs du xin* siècle' et des actes officiels émanés d'Albert ou le concernant. La plupart de ces sources, mais non toutes, sont utilisées dans les biographies modernes. Comme elles sont très nombreuses, nous renonçons à les énumérer ici. Nous faisons exception pour la suivante à raison de son importance, et parce que les biographes d'Albert ne l'ont pas encore utilisée : H. Finke, Ungcdruckte Dominikanerbriefe des 13. Jahrhunderts, Paderborn, 1891, passim.

La première notice biographique d'Albert est celle tracée par Henri de Hervordia (-j-1370) dans son Liber de rébus memorabilibus sive Chronicon, édit. A. Pottbast, Gœttingue, 1859, p. 201. Une vie anonyme du xiv siècle a été éditée par les bollandistes : Catalogus codicum hagiographicorum bibliothecx regise Bruxellensis. Codices latini, t. II, Bruxelles, 1889, p. 95-104. Une autre vie est insérée dans la chronique anonyme publiée par Martène et Durand : Amplissima collectio , t. VI, p. 358-302. L'auteur [Alberto Castellani, O. P.] déclare (389) avoir emprunté le fond de sa chronique à Jacques de Soest, 0. P. (-{-1423). Louis de Valladolid, dans sa Tabula quorumdam doctorum ordinis Prxdicatorum, utilisée par Échard ; Petrus de Prussia, Vita B. Alberti doctoris magni..., Cologne, 1480, et Anvers, 1621, à la suite du De adltserendo Deo, p. 61-326; Petrus Noviomagensis, Legenda venerabilis Domini Alberti Magni..., Cologne, 1490. Le premier travail critique important sur Albert est l'œuvre d'Échard : Scriptores Ordinis Prsedicatorum, Paris, 1719, t. I, p. 162-184, reproduit au tome I de l'édition nouvelle des Opéra omnia B. Alberti Magni; G. de Ferrari, Vita del beato Alberto Magno, Rome, 1847; J. Sighart, Albertus Magnas. Sein Leben und seine Wissenschaft, Ratisbonne, 1857; traduction française par un religieux dominicain : Albert le Grand, Paris, 1862; H. lweins, Le bienheureux Albert le Grand, 2' édit . Bruxelles, 1874; F. Ehrle, Derselige A Ibert der Grosse,dans Stirnmen aus Maria-Laach, t. xix.1880. p. 241 -258. 395-414 : A. Gloria. Quot annoset in quibus Italix urbibus Albertus Magnus moratus sit? dans Atti dell' Istituto Veneto, 1879-80, p. 5, etc.; [N. Thcemes], Albertus Magnus in Geschichte und Sage, Cologne, 1880; G. von Hertling, Albertus Magnus. Beitràge zu sciner Wùrdigung, Cologne, 1880, p. 1-18; A. van Weddingen, Albert le Grand, le maître de saint Thomas d'Aquin d'après les plus récents travaux critiques, Paris-Bruxelles, 1881 ; H. Goblet, Der selige Albertus Magnus und die Geschichte seincr Beliquien, Cologne, 1880; C. W. Kaiser, Festbericht ûber die Albertus-Magnus-Feier in Lauingen am 13 september 1881. Donauworth, 1881. On trouve des notices sur Albert dans tous les grands ouvrages biographiques (voir spécialement l'article de Jourdain dans le Dictionnaire des sciences pli ilosophiques et llurter, Nomenclator literariusA. iv.col. 297-:-:02), dans les histoires de la philosophie (B. Hauréau, Histoire de la philosophie scolastique, IV part., t. I, Paris, 1880, p. 214-333; A. Stockl, Geschichte der Philosophie der Mittelalters, Mayence, 1805, t. il, p. 352-421; K. Werner, Der heilige Thomas von Aquino. Ilatisbonne, 1858, p. 82-95; P. Feret, La Faculté de théologie de Paris, t. Il, Paris, 1895, p. 421-441), et dans la plupart des ouvrages cités à la lin de cet article. Voir Analecta bullandiana, 1900-1902.

II. ÉCRITS ii'Alrf.rt le Grand. — L'activité littéraire d'Albert le Grand parait incontestablement la plus gigantesque du moyen âge. Elle s'étend à presque toutes les sciences profanes et sacrées. Deux éditions de ses écrits ont été publiées sous le titre d'Opéra omnia. La

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première, celle du dominicain Pierre Jammy, comprend 21 vol. in-fol., Lyon, 1631. La seconde qui la reproduit quant au nombre des écrits, celle de l'abbé Borgnet, est au terme de publication, commencée en 1890, et comprend <Ï8 volumes in-4° (Paris, Vives). Un grand nombre d'ouvrages d'Albert le Grand ont été édités séparément ou par groupes. Quelques-uns ont eu de nombreuses éditions, mais il serait bors de propos de chercher à les énumérer ici. Un travail fondamental de critique n'ayant pas été exécuté pour préparer une édition complète des œuvres d'Albert le Grand, le texte de ses écrits laisse à désirer et la détermination des œuvres authentiques est insuffisamment établie. De nombreux et même d'importants ouvrages sont indubitablement restés inédits. Nous donnons ici la liste de ceux qui font partie des deux éditions des œuvres dites complètes, en renvoyant aux volumes qui les contiennent.

A. SCIENCES PROFANES, OU PHILOSOPHIE. — Les éditeurs n'ont pas observé l'ordre naturel entre les traités d'Albert. Nous le rétablissons, tel qu'il résulte des indications fournies par les données internes de ces ouvrages, en indiquant, par la lettre L, les tomes de l'édition de Lyon et, par la lettre P, les tomes de l'édition de Paris.

/. logique (L., t. i; P., t. i, n) : Da preedicabilibus. De prœdicamentis. De sex principiis Gilberti Porrctani. Super duos libros Aristolelis Perihermenias. Super librum priorum Analyticorum primum. Super secundum. Super librum posteriorum Anahjlicorum primum. Super secundum. Super libros octo Topicorum. Super duos Elenchorum .

u. sciences naturelles. — De plnjsico auditii (L., t. Il; P., t. m). De cœlo et mundo (L.,t. n; P., t. iv). De natura locorum (L., t. v; P., t. ix). De proprifelatibus elementorum (L., t. v; P., t. ix). De generaliouc et corruptione (L., t. il; P., t. iv). Meteororum libri IV (L., t. n; P., t. iv). De passionibus aeris (L., t. v; P., t. iv). De mineralibus (L., t. n; P., t. v). De anima (L., t. m; P., t. v). De natura et origine animée (L., t. v; P., t. ix). De nulrimento(L., t. v; P., t. ix). De sensu et sensato (L., t. v; P., t. ix). De memoria et reminiseentia (L., t. v; P., t. ix). De inlelleclu et intelligibiti (L., t. v; P., t. ix). De somno et vigilia (L., t. v; P., t. ix). De spiritu et respiratione (L., t. v; P., t. ix). De motibus animaliuni (L., t. v; P., t. ix). De motibus progressais animalium (L., t. v; P., t. x). De setate, de juventute et senectute (L., t. v; P., t. ix). De morte et vita (L., t. v; P., t. ix). De vegetabilibus (L., t. v; P., t. x). De animalibus (L., t. vi; P., t. x-xi).

Dans l'exécution de ses traités de sciences naturelles Albert n'a pas suivi rigoureusement l'ordre qu'il avait annoncé tout d'abord Phys., 1. I, tr. I, c. iv. Il a en outre ajouté, au cours de la composition, le De setate, et il a écrit. plus tard trois traités destinés à être intercalés dans l'ensemble de l'œuvre, à savoir : De passionibus aeris, De natura et origine animée, De motibus progressifs.

m. métaphysique. — Metaphysicorum libri XIII (L., t. ni ; P., t. vi). De causis et processu universalitatis (L., t. v; P., t. x). Ce dernier traité a été composé plus tard comme complément au XIe livre de la Métaphysique.

iv. sciences morales. — Ethicnrum libri X (L., t. iv ; P., t. vu). Polilicorum libri VIII (L., t. iv; P., t. vin).

Le traité qui porte en titre Philosophia seu Isagoge (L., t. xxi ; P., t. v), est un abrégé des sciences naturelles. Le De unitate intellectus contra Averroem (L., t. v; P., t. ix) et les Quindecim problemata contra Averroistas (édités par nous dans Siger de Brabuit, p. 15-36) sont deux écrits polémiques, le premier de 1256, le second de 1270. Les traités De apprehensione et apprehensionis modis (L., t. xxi; P., t. v), Spéculum astronomicum (L., t. v; P., t. v), Libellus de alchimia (L., t. xxi; P.,

t. xxxvn), Scriptum super arborem Aristoteli$(L.,t.xxi; P., t. xxxvin) sont apocryphes.

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