‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 295 sur 536 · Sacrilegi sunt judicandi, Il faut regarder comme des · texte numérisé non relu

Sacrilegi sunt judicandi, Il faut regarder comme des

qui jus ad communionem per- sacrilèges ceux qui prétendent

cipiendam praetendunt, antequam condignam de delictis suis paenitentiam egerint.

23. Similiter arcendi sunt a sacra communione, quibus nondum inest amor Dei purissiraub etomnis mixtionis expers.

avoir droit à la communion, avant que d'avoir fait une pénitence proportionnée à leurs péchés.

Il faut aussi éloigner de la sainte table ceux qui n'ont pas encore un amour de Dieu très pur et sans aucun mélange.

ALEXANDRE VIII, PROPOSITIONS CONDAMNÉES PAR LUI

Ces deux propositions avaient été dénoncées comme étant d'Antoine Arnauld, De la fréquente communion, édit. citée, préface, p. 24, puis part. I, c. iv,et de Gilles de Gabriel, Specimina moralis christiantB, part. II, § 20, édit. citée, p. 139. Toutefois elles ne représentent pas, la première surtout, la lettre même d'Arnauld, mais elles résument les conclusions qui se dégagent de plusieurs passages, où il rapporte et interprète l'ancienne discipline, préface, p. 23-25 ; part. I, c. il, p. 10, et c. xxi; part. II, c. iv, vin, etc.

Cette doctrine janséniste méconnaissait pleinement la nature et la fin du sacrement de l'eucharistie. Il n'a pas été institué comme récompense de la vertu, mais pour entretenir et fortifier dans nos âmes la vie de la grâce et de la sainte charité ; il suppose l'état de grâce que le pécheur peut recouvrer avant que d'avoir fait une pénitence proportionnée à ses fautes. L'Église ne requiert rien de ce qui est exigé dans les propositions d'Arnauld et de Gilles de Gabriel, pour permettre et même enjoindre aux fidèles de s'approcher de la sainte table. Ainsi, au temps de Pâques, elle prescrit à tous la communion, bien que le plus grand nombre n'aient certainement pas encore un amour de Dieu très pur et sans aucun mélange. Ce qui est strictement requis, c'est que le fidèle dont la conscience est chargée d'un péché mortel, purifie d'abord son âme par la confession sacramentelle. Concile de Trente, sess. XIII, c. vu. On peut donc dire de ces deux propositions ce qui a été dit des seizième, dix-septième et dix-huitième; elles sont téméraires, scandaleuses, de nature à déprécier le sacrement d'eucharistie tel qu'on l'administre d'ordinaire dans l'Église, injurieuse envers l'Église elle-même.

24. Oblatio in templo, qnœ fiebat a beata Virgine Maria in die puriQcationis su;e per duos pullos columbarum, unum in holocaustum et alterum pro j eccatis, sufficienter testatur, quod indiguerit purificatione, et quod filius (qui offerebatur), etiam macula matris maculatus esset, secundum verba legis.

Proposition tirée d'un opuscule flamand : Imvendighe ceffenhnghen om in den glteest te sterve, etc., c'est-àdire Exercices intérieurs pour mourir en esprit, distribués en sept jours par un prêtre de l'Oratoire. L'opuscule avait été imprimé à Bruxelles, en 1657, avec l'approbation d'un licencié de Louvain, Josse van der Linden. Spécimen doctrinee, p. 40i. Voici les paroles du Lévitique, xn, 2-i, auxquelles la proposition se rapporte : Mulier,si suscepto semine peperit masculum , immunda erit septem dies, juxta dies separationis menstruœ, etc. Il s'agit donc d'une tache légale que Marie aurait encourue et à laquelle le fruit de ses entrailles aurait participé. Assertion non seulement téméraire et choquante pour la piété chrétienne, mais dont la fausseté se démontre par le texte même de la loi alléguée : Mulier, si SUSCEPTO SEMINE peperit. Dans la conception et l'enfantement du Fils de Dieu, tout a été virginal ; ce n'est donc pas le cas de la loi mosaïque. Si Marie et Jésus en accomplirent extérieurement les observances, ce fut volontairement et par un motif d'humilité. S. Thomas, Sum. tlicol., IIIa, q. xxxvn, a. 4.

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