‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 299 sur 536 · Futilis et toties convulsa C'est une proposition frivole · texte numérisé non relu

Futilis et toties convulsa C'est une proposition frivole

est assertio de pontificis Ro- et cent fois détruite, que celle

mani supra concilium œcume- de l'autorité du pape au-dessus

nicum auctoritate atque in fidei du concile œcuménique, et de

qusestionibus decernendis in- son infaillibilité dans la décision

fallibilitate. des questions de foi.

Steyaert ne nomme pas l'auteur de cette proposition, condamnable à cette époque à tout le moins pour ses expressions injurieuses et violentes ; il se contente de cette remarque qui, maintenant surtout que le concile du Vatican a tranché la question de l'infaillibilité et affirmé le caractère irréformable de la sentence papale prononcée ex cathedra, reste le meilleur commentaire de la proposition condamnée par Alexandre VIII : « Nous y trouvons, dit Steyaert, un spécimen de l'audace, dont quelques hommes font preuve parmi nous en ce moment à l'égard d'une doctrine qui est celle du monde catholique, si on excepte un certain nombre de gens dans notre Belgique et un plus grand nombre en France. » Parmi ces adversaires de l'infaillibilité ponti-

ficale, il suffit de nommer celui qui était alors l'oracle des jansénistes à Louvain, Jean Opstraet, dans son ouvrage De locis theologicis.

30. Ubi quis invenerit doctri- Quand on trouve une docnarn in Augustino clare funda- trine clairement établie dans tam, illam absolute potest te- saint Augustin, on peut absolunere et docere, non respiciendo ment la soutenir et l'enseigner, ad ullam pontificis bullam. sans avoir égard à aucune

bulle des papes.

Havermans avait avancé cette proposition à Anvers, le 8 mars 1677, Spécimen doclrinec, p. 111, et Steyaert nous apprend qu'il n'avait pas manqué d'approbateurs parmi ses collègues. Du reste, l'abbé Martin de Barcos, neveu de Saint-Cyran, n'avait guère eu d'autre objet que d'établir la même doctrine, dans son livre anonyme : Quse sit sancti Augustini et doctrinœ ejus auctoritas in Ecclesia, Paris, 1650. Assurément l'autorité de saint Augustin est grande dans la sainte Église, particulièrement en ce qui concerne les matières de la grâce; malgré tout, l'infaillibilité n'a été promise qu'à l'Eglise universelle et au pontife romain. En cas de conilit réel, ce serait donc l'autorité de saint Augustin qui devrait céder. S. Thomas, Sum. theol., IIa IIe, q. x, a. 12. Mais, si les baianistes et les jansénistes en appelaient ainsi au grand docteur d'IIippone, c'était pour abriter sous son ombre leurs erreurs, plusieurs fois réprouvées par l'Église. Procédé scandaleux, schismatique et hérétique.

31. Bulla Urbani VIII « In La bulle d'Urbain VIII qui eminenti », est subreptitia. commence par ces mots In

eminenti, est subreptice.

Le Mémoire du P. Duffy donnait celte proposition comme défendue à Louvain, le 19 octobre 1678, mais sans nommer l'auteur. Pareil propos n'était pas rare parmi les baianistes et les jansénistes d'alors; Sinnich en avait donné l'exemple. Spécimen doctrinœ, p. 86-90. Le but de cette tactique est manifeste. La bulle In eminenti, du 6 mars 1641, est celle qui confirmait les actes pontificaux promulgués contre les propositions de Baius, sous Pie V en 1567, et sous Grégoire XIII en 1579, et qui condamnait le livre de Jansénius comme renouvelant quelques-unes de ces propositions; il fallait la faire passer pour subreptice, c'est-à-dire extorquée par les jésuites frauduleusement et sur une fausse exposition des faits. Procédé inefficace, remarque Steyaert; car, les constitutions émises depuis par Innocent X et Alexandre VII, et certainement authentiques, étaient beaucoup plus fortes que la bulle In eminenti. Urbain VIII avait lui-même protesté d'avance contre ces insinuations, en insérant ces mots : ex diligenti et m a titra ejusdem libri cui litulus, Augustinus, lectione.». Au reste, la bulle d'Alexandre VIII dans la partie qui condamnait les trente et une propositions dont nous nous occupons, eut bientôt le même sort que la bulle In eminenti; Arnauld la traita de subreptice dans les Difficultés proposées à M. Steyaert, IXe partie, 96e difficulté. Ce procédé mérite la même appréciation que celui d'Havermans dans la proposition précédente.

Un mot, en terminant ce commentaire, sur l'attitude du parti atteint par la constitution d'Alexandre VIII. Il y eut les jansénistes réfractaires, comme Arnauld et dom Gerberon ; ce parti se prolongea dans Quesnel et le pseudosynode de Pistoie. A Louvain même, un docteur lié avec les jansénistes, qu'on croit être Jean Libert Hennebel, fit paraître un opuscule de 16 pages in-4°, intitulé : Notx brèves ac modestee in propositions xxxi, S. Inquisitionis decreto nnper proscriptas, Cologne (en fait, Louvain), Nicolas Schouten, 1691. Ces Notes enlevaient souvent aux propositions censurées leur vraie signification; parfois même, sous prétexte de les expliquer, elles éludaient la condamnation. Exemple, la note relative à la 25e proposition, où on lit cette glose : « Ne

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