‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 298 sur 536 · Valuit aliquando baptismus sub hac forma collatus · texte numérisé non relu

Valuit aliquando baptismus sub hac forma collatus

In nomine Patris, etc., praetermissis illis : Ego te baptizo.

Il fut un temps où l'on conférait validement le ba] têma sous cette forme : Au nom du Père, etc., en omettant ces mots : Je te baptise.

Thèse soutenue à Louvain, le 21 avril 1677, par l'augustin François Farvacques. Voir Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays- Bas, Louvain, imprim. acadéin., 1770, t. XVIII, p. 92. Au moyen âge, cette même thèse avait eu quelques rares partisans; on la retrouve dans l'oratorien Jean Morinr De psenit., 1. VIII, c. xvi, n. 21. Elle n'en avait pas moins contre elle des raisons décisives. Au III" livre des Décrétales, tit. xi.n, c. i, on lit une déclaration d'Alexandre III, où il prononce l'invalidité du baptême quand le ministre ne dit pas : Je te baptise, etc. Si quis puerum ter in aqua immerserit in nomine Patris et Fitii et Spiritus Sancti, Amen; et non di.rerit : Ego baptizo te in nomine Patris et Filii et Spiritus Sanctir Amen, non est puer baptizatus. Denzinger, n. 331. Plus tard, le concile de Florence avait clairement supposé qu'il était nécessaire, pour conférer validemenf le baptême, d'exprimer avec l'invocation de la très sainte Trinité, l'action exercée par le ministre : Si exprimitur actus, qui per ipsiim e.rercetur ministrum, cum sanclx Trinitatis invocatione , per/icitur sacranirutuni. Denzinger, n. 591. L'assertion de Farvacques était donc plus que téméraire. Remarquons en passant que dans.

ALEXANDRE VIII, PROPOSITIONS CONDAMNÉES PAR LUI

une thèse, soutenue en 1704 à l'abbaye de Saint-Étienne de Caen, on osa encore laisser indécis si ces paroles : Je te baptise, sont nécessaires pour la validité du baptême. Un acte épiscopal de M9r l'évêque de Bayeux, du 5 mai 1707, réprima cette audace, en condamnant les Thèses thcologicse. Cf. Dictionnaire des livres jansénistes, Anvers, 1752, au mot Thèses theologicse.

28. Vaiet baptismus collatus a ministro, qui omnem ritum externum formamque baptizandi observât, intus vero in corde suo apud se resolvit :

Non intendo, quod facit Ecclesia.

Valide est le baptême conféré par un ministre qui observe tout le rite extérieur et garde la forme du sacrement, mais dit fermement à part soi : Je n'ai point l'intention de faire ce que fait l'Église.

C'est encore Farvacques qui soutint cette proposition à Louvain, en 1678. Voir Mémoires cités, et Berti, 0. S. Aug., Opus de theologicis disciplinis, 1. XXX, c. xvi, Venise, 1760, t. in, p. 218. Steyaert nous apprend qu'elle eut un grand succès auprès de la jeunesse avide de nouveautés, après la diffusion en Belgique d'une théologie due à un religieux français; c'était apparemment l'ouvrage du récollet Jean Marius Scribonius, intitulé : Pantalithia seu Sunima totius veritatis theologicse, infol., Paris, 1620. Au tome IV, disp. I, De sacram., q. VII, p. 21, il distingue de l'intention spéculative et interne l'intention qui concerne la pratique et se termine à l'acte extérieur, ad praxim redacta et in actuni externum prosiliens; cette dernière suffit, peu importe l'intention interne, s'il s'agit de la validité du sacrement. De là le raisonnement de Farvacques : Peu importe ce que le ministre pense, dit et veut intérieurement; peu importe qu'à part soi il n'ait point l'intention de faire ce que fait l'Église, si en réalité, il fait ce que fait l'Église, en observant tout le rite extérieur et en gardant la forme du sacrement. Que résulte-t-il du rejet de la proposition 28e par le siège apostolique ? Directement, qu'une disposition même purement intérieure du ministre qui se formulerait ainsi : Je n'ai point l'intention de faire ce que fait l'Eglise, est incompatible avec Y intention de faire ce que fait l'Église, requise dans le ministre du sacrement par le concile de Florence, dans le décret Pro Armenis, et par le concile de Trente, sess. VII, can. 11. Denzinger, n. 590, 735. Indirectement, que Yintention de faire ce que fait l'Église, essentielle à la validité du sacrement, renferme quelque chose de plus, que la simple position du rite extérieur, pour que le ministre agisse vraiment comme ministre du sacrement. La théorie de l'intention dite externe, telle qu'elle a été soutenue plus tard par Drouin, Serry et quelques autres, se trouve-t-elle par le fait même atteinte? C'est l'avis du plus grand nombre. Voir, dans le traité De sacramentis in génère, de Lugo, disp. VII, sect. n, m ; S. Alphonse, n. 20-23; Franzelin, th. xvi,xvii.

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