C. Toussaint
16. ALEXANDRE DE LYCOPOLIS. Écrivain de la fin du ni" siècle, dit de Lycopolis, ou parce qu'il est né en Egypte dans cette ville de la Thébaïde, ou parce qu'il en a été l'évêque, après avoir passé du paganisme au manichéisme et du manichéisme au christianisme. Ayant vécu avec les familiers de Manès et ayant embrassé sa doctrine, il fut l'un de ceux qui en reconnurent l'hétérodoxie et la réfutèrent solidement. Pliotius, Cont. manich., I, 11, P. G., t. en, col. 33. Il composa un traité, qui porte ca titre: 'A>,s?âvSpou AuxoiroXtxou eiciarjsétj/avTOÇ \\ k'Ôvwv, Tzpoi; ta; Mavr/atou Solaç. Rien n'indique qu'il l'ait écrit après sa conversion ; mais on sent que sa sympathie est acquise au christianisme. Il constate d'abord que la philosophie des chrétiens est simple et efficace, comme l'expérience le prouve, pour la pratique du bien et de l'honnête; ensuite qu'il est des esprits, épris de nouveauté, amis de la lutte, qui cherchent à rivaliser de sagesse, à se dépasser les uns les autres, mais qui, n'ayant pas de règle, franchissent les bornes et tombent dans l'erreur. Or l'un de ces esprits, c'est Manès. Il connaît sa théorie ; il la tient de première main ; il l'a même partagée et il comprend la séduction qu'elle exerce sur des gens qui acceptent les doctrines sans examen et même sur des philosophes comme lui et ses anciens compagnons. Mais il s'est dégagé à temps. Au moment de l'exposer, il avoue la difficulté qu'il y a pour réfuter des auteurs qui n'ont pas de principe fixe, n'apportent pas de preuves, se contentent d'affirmations (5) et même de simples allégations poétiques (10). Prenant un à un tous les points du manichéisme, il les condamne au nom de la philosophie, comme illogiques, contradictoires, absurdes. — Ce petit traité de 26 chapitres, qualifié de libellus aureus, par Allatius, In Eusth. He.racm., P. G., t. xvm, col. 821, n'a pas été sans exercer la patience de savants tels que H. Valois et Combefis, tant le style en est dur et la pensée parfois obscure. Il a du moins le mérite d'avoir été inspire'1 par un esprit vraiment scientifique, d'être en contact immédiat avec l'erreur attaquée et de la combattre victorieusement au nom de la raison, p.txà \6~[o\>. C'est un ouvrage à consulter pour l'histoire et la réfulation du manichéisme.
Photius, Cont. manich-, i, 11, P. G., '. en; Alex. Lyc, P. L.,
t. xvm, col. 412-418; Beausobre, Hist. du manich., p. 235-237; Brinkmann, Alexandri Lycop. contra Manichsei opiniones disputatio, Leipzig, 1895.
G. Bareille.
17. ALEXANDRE DE SAONT-ELPIDE, général des ermites de Saint-Augustin, archevêque d'Amalfi. Dans la lutte entre Louis de Bavière et Jean XXII, il délendit les prérogatives de la papauté. Il écrivit à cette lin De jurisdictione imperii et auctorilate doniini ponti/icis, Turin, 1494; Rimini, 1624, et De ecclesiastica unitatc ; De ecclesiastica poteslale, Lyon, 1498. Il composa encore un ouvrage De paupertate evangelica à l'occasion des controverses soulevées par les franciscains à ce sujet. Ses œuvres ont été insérées par Rocaberti, clans la Bibliolheca pontijicia, t. n, Rome, 1695. Il mourut en
Wetzer et Welte, Kirchenlexicon, 2' édit., t. i, p. 496, Fribourg-en-Brisgau, 1886.