C. Sommervogel
ALFONSE. Voir Alphonse.
ALFRIC (Saint), archevêque de Cantorbéry depuis le
21 avril 995, mourut le 16 novembre 1005 ou le 28 août 1006, a été confondu souvent avec d'autres personnages du même nom. Entre autres ouvrages nous possédons de lui un recueil de trente-cinq canons qui traitent principalement des sept ordres mineurs et majeurs (can. 8-18), des obligations des prêtres (can. 5, 7, 19-32), en particulier du célibat ecclésiastique (can. 5-7), des livres qu'ils doivent posséder (can. 21), du respect qu'ils doivent avoir pour les quatre premiers conciles œcuméniques, qui sont mis au-dessus de tous les autres (c*n. 33).
Mabillon, Acta SS. Bened., Paris, 1668, t. via, p. 61-64, re-
ALFRIG (SAINT) — ALGER
proiluil par P. I.., t. r.xxxix, col. 1455, 1460: Mores, De JElfrico Dorobernensi archiepiscopo, Londres, 1789; Wharton.De Elfrico archiep. Cantuarienis, dans Anglia sacra, 1691, t. i, p. 125-134, reproduit dans P. L., ibid., col. 1459-1470; Wright, Diog. brit. Ut-, Londres, 1842, t. I, p. 480-494.
A. Vacant.
1. ALGER. Formé à l'école cathédrale de Liège, successivement clerc, diacre et écolàtre du chapitre de Saint- Barthélémy dans cette ville, puis, sous l'épiscopat d'Otbert (1091-1119), chanoine de la cathédrale, Alger occupa cette dernière charge pendant vingt ans jusqu'à la mort de l'évêque Frédéric (1121). Il figure en cette qualité comme témoin dans des chartes de 1107 (original dans le chartrier de Saint-Jean aux archives de l'État à Liège), 1112 (Martène, Ampl. coll., t. IV, p. 1187), 1 1 13 (cartulaire de Sainte-Croix f. 39 aux archives de l'État à Liège). Refusant les offres avantageuses de quelques évêques d'Allemagne, il embrassa la vie monastique à Cluny. Il y renouvela la donation qu'il avait faite jadis à ce monastère sous l'abbé Ponce, étant encore dans le monde. Mabillon, Annales O. S. B., t. VI, p. 72; Bruel, Chartes de Cluny, Paris, 1894, t. v, p. 330-331. Il y devint prêtre et vécut encore dix ans. Pierre le Vénérable, Contra Petrobrus., P.L., t. clxxxix, col. 788; Chron. Cluniac, ou de Gérard d'Auvergne, dans Marrier, Bibl. Cluniac., annot., p. 139. On peut placer sa mort vers 1131 ou 1132. Pierre le Vénérable et Nicolas de Liège, ses contemporains, en font le plus grand éloge.
Alger est auteur de plusieurs ouvrages, qui furent tous, semble-t-il, composés avant son entrée dans le cloître: 1° un recueil de lettres sur des affaires ecclésiastiques, signalé par Nicolas de Liège, mais aujourd'hui perdu; — 2" un traité en faveur des droits de l'église cathédrale de Liège sur les églises secondaires de cette ville que Mi)' G. Monchamp croit retrouver dans l'appendice au Liber officiorum ecclesiœ Leodiensis publié par MM. Bormans et Schoolmeesters, Bulletin de la commission royale d'histoire de Belgique, V* série, t. vi, p. 505- 520 (communication privée d'un travail manuscrit); — 3" Liber sententiarum magistri A, manuscrits à Paris, cod. lat. 3881 , à Troyes, cod. 1317, auVatican, cod. 4361, etc., attribué à Alger par Herm. Huefler, dont l'opinion a été admise par Maassen et P. Fournier. Ce traité offre de nombreuses analogies avec le De sacramentis d'Alger, auquel il a sans doute servi de base; il dépend étroitement de la Panormia d'Yves de Chartres et a été utilisé par Gratien. C'est une conception théologique plutôt que juridique; — 4° De sacramentis corporis et sanguinis domini libri 111, édit. Érasme à Bâle, 1530; Malou à Louvain, 1847; P. L., t. clxxv, col. 439 854; Hurter, S.S'. Patrum opuscula, t. xxm, Inspruck, 1873, p. 58-370; trad. allem. à Mayence, Schœffer, 1551. Dans le livre Ier, Alger expose la doctrine de l'Église sur la vérité de la présence réelle et substantielle du Christ dans le sacrement de l'autel et il la prouve par l'Écriture et la tradition; il traite ensuite de la manière dont on reçoit le sacrement. Dans le livre II, il examine les questions relatives à la matière, à la forme et aux effets du sacrement. Dans le livre 111, il combat ceux qui font dépendre la validité et l'efficacité du sacrement de la dignité du prêtre. Le livre d'Alger est surtout dirigé contre Bérenger et les vaudois. Alger continue et complète l'œuvre de Lan franc et surtout de Guitinond d'Aversa. Son argumentation est claire, subtile, pénétrante. Il accentue surtout la spiritualité et l'indivisibilité du corps du Christ, qu'il affranchit des lois de l'espace; de cette façon, sans employer, comme Paschase Radbert, le mot de creari combattu par Bérenger, ii donnait une explication aussi facile que solide de la transsubstantiation. C'est ('gaiement lui qui le premier a nettement et clairement établi la doctrine de la permanence des qualités sensibles, des éléments comme accidentia per se après la consécration; — 5" Traclalus de misericordiaet juslitia, Martène,
Thés, anecd., t. V, col. 1020-1138; P. L., t. ci.xxx, col. 857-9(58. Cet ouvrage est moins une compilation de canons qu'un exposé systématique de la discipline ecclésiastique; si l'auteur rassemble des matériaux, il les trie et les travaille. Hauck, A'. G. Deulschlands, Leipzig,
1896, t. m, p. 953. Le but de l'auteur est d'établir une concordance entre les contradictions apparentes des lois ecclésiastiques. Le livre Ier, De la miséricorde, examine dans quels cas il faut adoucir la rigueur de la discipline ecclésiastique et traite de la validité des sacrements conférés par des ministres indignes; le livre II, Delà justice, expose les cas où il faut appliquer rigoureusement la loi et la manière de le faire; il traite de l'accusation contre les clercs, de la procédure à suivre, des appels à Rome. Dans le livre III, il est question des excommuniés, des condamnés, des schismatiques et des hérétiques, de la validité et des effets de leurs sacrements, notamment de la simonie, ce qui amène l'auteur à polémiser contre saint Pierre Damien à propos de son Liber gratissimus et à parler des rapports entre le pouvoir civil et l'Église. Le travail d'Alger se fait remarquer par sa clarté et sa méthode; l'auteur énonce de courtes thèses, qu'il prouve par les Pères, les canons synodaux et les Décrétales (parfois fausses). Richter a montré en 1834 que ce travail forme une source importante du décret de Gratien, qui lui a emprunté des titres de chapitres et des citations; — 6° Traclalus de gratta et libero arbitrio, Pez, Thcs. anecd., t. iv, part. II, p. 111-118; P. L., t. clxxx, col. 969-972, courte dissertation sur la liberté de l'homme avant et après la chute, la prescience divine et la prédestination, nécessité de la prière pour obtenir la grâce et nécessité de la grâce pour faire le bien ; — l°De sacrificio missae, Mai, Script, veter. nova coll., Rome, 1837, t. ix, p. 371-374; P. L., ibid., col. 853-856; Hurter, SS. Patrum opuscula, t. xxm, p. 371-377, courte explication du canon de la messe, qui se trouve à la suite du traité précédent et de la même main dans le cod. lat. 812 de la Bibliothèque nationale de Paris, et que pour ce motif on a attribuée à Alger.
Sources : Pierre le Vénérable, Epist., 1. Ill.epist. U, P.L., t. clxxxix, col. 279; Contra Petrobr., ibid., col. 788; De miracutis, 1. I, c. xvn, ibid., col. 882-883; Nicolas de Liège dans Mabillon, Vetera Analecta, Paris, 1723, p. 129, P. L., t. clxxx, col. 737-738; Opéra dans P. L., t. clxxx, col. 739-972; Érasme, Opéra, édit. 1703, Epist., 1095, t. m, p. 1274-1277; Ceillier, Hist. gén. des aut. sacrés, 2' édit., t. xiv, p. 379-386; Hist. tilt, de la France, 2' édit., t. XI, p. 158-167; D. François, Bibl. gén. des écrivains de l'ordre de Saint-Benoit, Bouillon, 1770, t. I, p. 37; Richter, Beitr&ge zur Kennlniss der Quellen des kanonischèn Hechts, Leipzig, 1834, p. 7-17; H. Huefler, Beitrdge zur Gesch. der Quellen des kan. Rechts, Munster, 1862, p. 1-67; Maassen dans Krit. Vierteljahrscln ift de Poszl, Munich, t. v,1863, p. 186; de Theux, Chapitre de Saint-Lambert à Liège, Bruxelles, 1871, t. i, p. 109-110; Bach, Dogmengeschichte des M. A., Vienne, 1873, t. i, p. 389-391; Schnitzer, Berengar von Tours, Stuttgart, 1892, p.370-390;P. Fournier, dans Bibliothèque de l'École des Chartes,
1897, p. 651-656; Hurter, Nomenclator Iiterarius, Inspruck, 1899, t. iv, col. 11-13.
U. Bkrlière.
2. ALGER Guillaume Rounseville, théologien américain unitaire, né à Freetown (Massachusetts), le 30 décembre 1822, étudia la théologie à l'université' Harvard, tout près de Boston, et fut successivement pasteur de plusieurs églises à Roxburg, Boston et New- York; depuis 1882 il s'esl retiré' à lioston. Son ouvrage principal est .1 critical history of the doctrine of a future life, dont la douzième édition a été publiée à Boston en 1885, livre érudit, mais dangereux, à cause de sis tendances universalisles, où l'on peut trouver les objections modernes contre l'éternité des peines; un appendice contient une liste classiliée d'environ cinq mille ouvrages se rapportant à la nature, l'origine et la destinée de rame; c'est l'œuvre d'Ezra Abbot, devenu fameux par l'édition américaine du Dictionary oj the Bible. Un doit aussi à Alger The end of the worbl and
ALGER — ALLATIUS
the day of judgment, 1870; A symbolic history of the cross of Christ, 1881.
Voir Appleton's Cyclopxdia of American Biography, New- York, 1891, p. 49.
A. Tanqverey.
ALIGNAN (d') Banoît, théologien, évêque de Marseille, était abbé du monastère bénédictin de Notre- Dame de la Grasse, au diocèse de Carcassonne, lorsqu'en 1229, il fut appelé à l'épiscopat. A cette époque, Marseille était agitée par des discussions entre l'abbaye de Saint-Victor et les bourgeois de cette cité au sujet de la juridiction civile dont les moines réclamaient une partie. Benoit d'Alignan réussit à tout concilier et, en 1239, se joignit à Thibaut, roi de Navarre, et au comte de Champagne, pour un voyage en Terre-Sainte. A son retour, il mécontenta ses diocésains en voulant les soumettre au comte de Provence. En 1260, il entreprit un nouveau voyage de trois années en Palestine et Alexandre IV lui adressa ensuite une bulle lui enjoignant d'exhorter ses diocésains à se croiser. A la fin de sa vie, il était passé dans l'ordre des frères mineurs. Il mourut le 15 juillet 1268. Il a composé un important ouvrage : Tractatus fidei contra diversos errores super titulum de summa Trinitate et fide catholica in decretalibus. C'est un. véritable traité de théologie par demandes et par réponses, remarquable par sa clarté et sa concision. La préface seule en a été imprimée par Baluze, dans ses Miscellanea, in-fol., 1761, t. n,p.2't>2, sous le titre : Prœfationes Benedicli episcopi Massiliensis in commentarium suum de sancta Trinitate et fide catholica. On trouve encore dans Baluze un petit traité de Benoît d'Alignan, au sujet des dîmes et dirigé contre les frères prêcheurs et les frères mineurs qui, dans son diocèse, avaient enseigné que ceux qui refusaient de payer les dîmes ne péchaient pas mortellement. Il avait composé également une exposition de ['Oraison dominicale et de la Salutation angélique, qui n'a pas été imprimée.
Gallia christiana, t. i, p. 651 ; Histoire littéraire de la France, t. xix, p. 84; Poitevin -Peitavi, Notice sur Benoît d'Alignan, évêque de Marseille, in-8°, 1810.
B. Heurtebize.
ALIMONDA Gaétan, cardinal, naquit à Cënes le
23 octobre 1818, fut supérieur du séminaire de sa ville natale et devint évèque d'Albenga (province de Gênes) le 21 septembre 1877. Léon XIII le créa cardinal de curie, du titre de Sainte-Marie in Traspontina, le 12 mai 1879, ce qui l'amena à donner sa démission de l'évêché d'Albenga. Quatre ans plus tard, 9 août 1883, il fut promu au siège archiépiscopal de Turin qu'il occupa jusqu'à sa mort, 30 mai 1891. Le cardinal Alimonda a laissé la réputation d'un prélat zélé, d'un écrivain savant, d'un orateur de talent. On a de lui : Il sopranaturale nell'uomo, 4 vol. in-8°; L'uomo sotto la leggedel sopranaturale, 4 vol. in-8"; I problemi del sec. xix, 4 vol. in-8°; Lutero e l'Ilalia, 1888, in-8°; Lamusica sacra, 1887.
Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, 1895, t. m, col. 1250.
A. Beignet.
ALIPRANDI Laurent, théologien italien de la fin du xvme siècle. On lui doit Osservazioni teologico-polemiche, in-8°, Pavie, 1787. 11 y réfute les théories du protestant Pertsch qui, dans son libelle Vom Recht der Beichstuhle, critiquait comme nouvelle et inconnue de l'Église primitive la pratique de la confession auriculaire.
Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, 1895, t. m, col. 682.