‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 371 sur 536 · AMAMA — AMAURY DE BENE · texte numérisé non relu

AMAMA — AMAURY DE BENE

professeur à l'université de sa ville natale. Il y passa le reste de sa vie ayant refusé en 1026 d'aller à Leyde prendre la place d'Erpenius. Par ses leçons et ses efforts aussi bien que ses deux grammaires et son dictionnaire hébraïque, il lit faire des progrés considérables à l'étude de l'hébreu en Hollande et il contribua à réformer la vie des étudiants, en luttant spécialement contre l'ivrognerie. Il travailla à la correction de la version hollandaise de la Bible, en la comparant avec le texte original et les meilleures traductions en d'autres langues, et communiqua au public le résultat de ses travaux : Bijbelsche Conferentien, in-4°, Amsterdam, 1623. Cf. Richard Simon, Histoire critique du Nouveau Testament, Rotterdam, 1690, p. 529-530; De l'inspiration des Livres sacrés, Rotterdam, 1687, p. 10, 11. Mais l'œuvre principale de sa vie fut une critique violente du décret du concile de Trente qui déclarait authentique la Vulgate latine et de l'édition officielle, publiée en 1592, de cette version catholique. Le titre de son premier écrit indique bien le but qu'il poursuivit constamment : Dissertatiuncula qua ostendilur prœcipuos Papismi errores ex ignorantia Ebraismi et Vulgata versione partim ortum partim incrementum sumpsisse, in-4°, Franeker, 1618. Il entreprit de noter tous les passages qu'il regardait comme mal traduits dans la Vulgate et il publia d'abord sa critique du Pentateuque : Censura Vulgatse atque a Tridentinis canonizatse versionis quinque librorum Mosis, in-4°, Franeker, 1620. Il ne se bornait pas à signaler les fautes de traduction que les catholiques eux-mêmes reconnaissent dans la Vulgate ; il attaquait aussi l'interprétation donnée par la tradition catholique à de nombreux passages de cette version. Détourné un instant de son dessein par d'autres travaux, il y revint pour répondre à la critique du père Mersenne. Ce docte religieux avait réfuté Amama pour les six premiers chapitres de la Genèse. La riposte d'Amama parut d'abord à part, Epistola ■Kp6ôpo\i.oç ad M. Marsennam, 1627, puis dans ÏAntibarbarus biblicus, in-4°, Amsterdam, 1628. Cet ouvrage contient diverses dissertations et la critique de la Vulgate sur les livres historiques de l'Ancien Testament, sur Job, sur les psaumes et sur les écrits de Salomon. Il devait avoir deux parties, ayant chacune trois livres. La seconde n'a pas été publiée; mais on ajouta à la deuxième édition de ÏAntibarbarus, in-4°, Franeker, 1656, un quatrième livre contenant la critique de la Vulgate sur Isaïe et Jérémie. Mis à l'Index, le 21 novembre 1707.

Le barbare que l'auteur attaque n'est pas seulement le père Mersenne, mais tout docteur catholique qui reste fidèle à l'interprétation des Pères. Richard Simon, Histoire critique du Vieux Testament, Rotterdam, 1685, p. 473-474, reconnaît à la vérité dans cet ouvrage « quelque érudition; mais il n'y parait, ajoutet-il, aucun jugement ». Amama, en effet, emprunte souvent ses arguments aux auteurs catholiques; il se contredit ainsi lui-même et prouve par là que ia barbarie n'est pas entrée dans l'Église catholique avec la Vulgate. Sa critique est, d'ailleurs, acerbe et violente.

Bayle, Dictionnaire historique et critique, Rotterdam, lfp97, t. i, p. 223-225; Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire lutéraire des Pays-lias, Louvain, 17C8, t. h, p. 254; Michaud, Biographie universelle, Paris, 1811, t. u, p. 11-12; Hœfer, Nouvelle biographie générale, Paris, 1855, t. n, p. 'J8:i; Kirchenle- :rii,vu ■'■!■' édit., Fribourg-en-Brisgau, 1882, t.i,p.678; Yi^uuruux, Dictionnaire de lu Bible, t. i, col. 432-433.

E. Mangknot.

AMAT Félix, né en 1750 à Sabadell en Catalogne, fut confesseur du roi Charles IV, abbé de Saint-Ildefonse, puis archevêque de Palmyre; il mourut eu 1824. On a de lui : I" Tralado de la Tglesia deJesu Christo, 12 vol. iu-l", Madrid, 1793-1803; — 2" Observaciones pacifiai* sobre in Potestad ecclesiastica, 3 vol. in-'r, Barcelone, 1817-1823. Cet ouvrage, publié sous le pseudonyme de

Macario Padua Melado, a été mis à l'index par deux décrets (6 septembre 1824 et 26 mars 1825). Un ouvrage posthu me sur l'Églisea été condamné, le 27 novembre 1840.

Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, 1895, t. m.

Page 1