Cognoscitives 1 Opinion
/ Imagination.
\ Sensibilité.
Ce tableau d'ensemble est précédé, dans la Logique de Blemrnides, de définitions et d'explications dont la clarté ne laisse rien à désirer. P. G., t. xlii, col. 712, 716; cf. encore, col. 733-736.
La clarté ne laisse rien â désirer, non plus, dans l'œuvre psychologique de Nicéphore Choumnos, personnage des plus inlluents à la cour de Michel VIII (1261- 1283) et d'Andronic II (1283-1328). Un manuscrit de Patmos contient, entre autres ouvrages de lui, deux petits traités intitulés, l'un 'AvtiOstixô; irpbç IlXomvov TtEpi <1/\JJ£TJ;, et l'autre flepl t^ç. GpE7tTiXïj; xal a'KTGrjUxr,; 'iu/r|; xai Tùiv xaià TaÛTa; x!vt,«te(ov. J. Sakkélion, IlaT|j.axY) ptêXioGr.xrj, Athènes, 1890, p. 74. De ces deux traités, le premier, YAntitheticusinPlotinum de anima, se trouve dans Migne, P. G., t. ('.XL, col. 1403-1438 : il a été publié' par Fr. Creuzer, d'abord dans son Plotini de pulchritudine, Heidélberg, 1814, p. 395-457, ensuite dans son édition complète de l'iotin, t. il, Oxford, 1835, j). 1416-1430. Quant au second,.!. Sakkélion, op. et loc. cit., le donne comme inédit; mais il semblerait, à lire K. Krumbacher, op. cit., p. 482, qu'il faille l'identifier
Facultés de lame. ' 2" Vitales et aPPétitives
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avec le Dialogus de anima que Fr. Creuzer a publié sans nom d'auteur, en 1835, à la suite de VAntithetictis in Plotinum , p. 1443-1447. Sans embrasser aveuglément toutes les opinions d'Aristote, Choumnos est un adversaire avoué, non seulement des néo-platoniciens, mais encore de Platon : par-dessus l'auteur alexandrin son traité atteint en droite ligne le rival du Stagyrite. Pour le prouver et montrer du même coup à quelle école se rattache notre philosophe, il suffit de dire que les propositions soutenues par lui contre Plotin sont les suivantes : les âmes ne préexistent pas aux corps; elles n'émigrent pas d'un corps dans un autre; la brute n'est et ne sera jamais douée d'une âme intelligente; nos connaissances ne sont pas de vieux souvenirs qui se réveillent; les corps ressusciteront; unis à l'âme ils jouiront de biens éternels ou subiront des peines éternelles. On devinera sans peine, à ce résumé, que Nicéphore Choumnos n'ignorait point le T héophraste d'Énée de Gaza. P. G., t. lxxxv, col. 871-1004.
Ce que je disais tout à l'heure au sujet de la part très large faite par lilemmides au chapitre des facultés de l'âme dans tous ses ouvrages philosophiques, il faudrait le répéter pour la plupart des Byzantins qui se sont occupés de psychologie. Ainsi, Mathieu Cantacuzène, le fils aîné de l'empereur Jean Cantacuzène (1341-1355), écrivit pour sa propre fille un petit traité sur les trois puissances de l'âme. Ces trois principes sont ceux-là mêmes que Platon a imaginés : l'un qui s'émeut et s'indigne, tô 0u[j.o£i5£; ; un autre qui résonne et connaît, tô Xoyia-Tcxôv ; le dernier, enfin, qui convoite tout ce qui se rapporte aux plaisirs et aux délices du corps, tô stti- 6'jjxr]Tixôv. Ce dernier est placé dans le foie (Platon le mettait dans le ventre) ; la colère se trouve dans le cœur; l'intelligence enfin dans le cerveau. Le reste du traité est moins d'un psychologue que d'un physiologue. Il a été publié par J. Sakkélion, AeXtiVjv tîj; i<7Toptxî); xa\ èôvoXoyixîi; âtaipîai; ty|ç 'EXXâôoç, Athènes, t. II, 1885- 1889, p. 436-439, et, d'une façon plus correcte, dans le Ilapvaaaôç, Athènes, t. xi, 1888, p. 282-284. B. Antoniades a donné les variantes du manuscrit de Moscou, AeXti'ov, t. iv, 1892-1895, p. 527-532.
On a de Grégoire Palamas, mort vers 1360, une curieuse prosopopée en trois parties; on y voit tour à tour l'âme dresser contre le corps un réquisitoire en règle, le corps se défendre, et le tribunal fictif prononcer son verdict : Prosopopœia animée accusantis corpus et corporis se defendentis, cum, judicio. P. G., t. cl, col. 959, 1347; A. Jahn, in-8°, Halle, 1884. Cette étrange composition s'ouvre par une considération toute platonicienne sur la nature de l'âme et sur ses parties. Cf. K. Krumbacher, op. cit., p. 485-486. Le même auteur parle également de l'âme en plus d'un passage de ses Capila pliysica, tlteologica, etc. P. G., t. cl, col. 1140 sq.
Un des plus complets représentants de la science religieuse byzantine à son déclin est Syméon, archevêque de Thessalonique (1410-1429). Sans avoir écrit sur le sujet qui nous occupe de traité méthodique, il n'a pas manqué de nous en dire quelque chose en passant. Ici, il affirme que l'âme est créée par Dieu et unie au corps dès le premier instant de la conception, ouo-riç (i.e. ty\>yr{c) jxàv àv a'JT'ii (i.e. (ipiçsi) cpycn-xâj; àp-/9i8ev tû> <77répij.aTi êrifjuo-jpYixvjÔEi'aô-jviiiEi, P. G. , t. clv, col. 840; là, que cette âme, en dehors de la vie qu'elle communique au corps, possède une vie, une existence propre, -r\ 4"JX*i 5è û xat tô <To)}j.a Î(oo7roteî', àXXà xoù xaO' kûttJv êori, P. G., t. clv, col. 837; ailleurs, que l'âme est immatérielle de sa nature. P. G., t. clv, col. 844. Certain passage de lui sur le concept, sur le verbe intérieur, est tout à fait digne de notre scolastique. P. G., t. clv, col. 348-349.
Joseph Bryennios, mort vers 1436, se rapproche beaucoup par la méthode comme par la doctrine de Nicéphore Blemmid.es : c'est un définisseur perpétuel. Telle
de ses pages, où il traite ex professo de l'âme, n'offre qu'une accumulation de définitions empruntées à Platon aussi bien qu'à Aristote. Voici celle qu'il adopte pour son propre compte; je la donne dans le texte original, fort difficile à se procurer : 'iu'/r, £<7Tiv o-iffia Xstuty], àopa-ro; ts xa'i a<7-/rj[j.àT[<TTo;, elxtôv 6so{j xat ôtioiuirt;- -/.où u.ip'0 T0wnr]ç oO Ta TpS7iTa xcxt' evlpyeiav (xôvov, Xoyiffj/.ôç, O'jiaô; xa\ emôuiu'a, àXXà iroXXài jj.5XX.ov Ta èvdvTa tocjtti xa6' •jTtapÇtv, voO; xai Xôyo; xài vEÛjxâ Ècm ; l'unie est une substance simple, invisible, sans forme déterminée; c'est l'image et la ressemblance de Dieu : elle n'a pas seulement comme parties les instruments de ses opéralions, c'est-à-dire le raisonnement et les deux appétits concupiscible et irascible, mais encore et surtout Ich puissances innées qui la constituent, l'intelligence, la raison, le principe vital. 'Iwa-rj? [j.ova-/o'j toù Bpuevviu-j Ta eûpeOÉvTa, Leipzig, 1768-1784, t. I, p. 55. Ailleurs, il ne distingue dans l'âme que deux parties : le Xoycxdv et l'àXoyov. Au Xdyoç, il attribue le voûç et le izvvj\j.o. ; à l'aXoyov, le 8uij.ô; et rèiriO'ju,îa, la çavTatua et l'aî'<j8ï)<ri;. Tom. cit., p. 50. Mais il revient àla division platonicienne des troisparties pourfonder son système moral. Tom. cil., p. 130, 167. Sa répartition des puissances (Suvâ^eiç) en trois catégories, végétatives, vitales, cognoscitives, est en tout semblable à celle de Blemmides. Même similitude pour les opérations attribuées à chacune d'elles. Des cinq facultés de connaître, levo-jç et la îcàvoia appartiennent au Xoyixôv, la çavTaffia et l'al'cÛ/ii:; à l'aXofov, la Sd?a est commune aux deux. Tom. cit., p. 66 sq. En résumé, la psychologie de Bryennios, comme celle de Blemmides et de tous les Byzantins est un syncrétisme de tous les systèmes antérieurs. Cf. Ph. Meyer, Des Joseph Bryennios Schriften, Lcben und Bildung, dans Byzantinisc/ie Zeitschrift, t. v (1896), p. 74-111, et plus spécialement les pages 108-109.
Quand Bryennios mourut, la querelle qui divisait déjà les contemporains de Nicéphore Choumnos, K. Krumbacher, op. cit., p. 479, élait sur le point d'éclater à nouveau dans le monde philosophique. Durant tout le moyen âge, en dépit de controverses passagères, une sorte de compromis avait régné, à Byzance, entre Aristote et Platon; il s'agissait maintenant d'opter entre les deux écoles. De là les polémiques passionnées qui s'élevèrent, vers le milieu du XVe siècle, sur l'autorité des deux princes de la philosophie et la valeur de leurs systèmes respectifs. Engagé d'abord par Gennadius et Pléthon, le débat fut continué par Bessarion et Georges de Trébizonde, puis par tous les savants grecs de la Benaissance. Cf. W. Gass, Gennadius und Plcthon, in-8°, Breslau, 1844; A. Stôckl, Geschiclite der Philosophie des Miltelalters, in-8\ Mayence, 1866, t. m, p. 136-151 ; H. Vast, Le cardinal Bessarion, in-8°, Paris, 1878, p. 326-363; Ch. Huit, Le platonisme à Byzance et en Italie à la fin du moyen âge, Compte rendu du troisième congrès scientifique international des catholiques. Sciences philosophiques, in-8», Bruxelles, 1895, p. 293-309. Les autres ouvrages relatifs à cette question sont cités par K. Krumhacher, op. cit., p. 429. Très intéressante en elle-même, cette grande querelle n'eut aucune influence sur la psychologie. On discuta beaucoup, de part et d'autre, sur les théories de Platon et d'Aristote relatives à l'âme humaine ; mais on ne jeta dans le débat aucune idée nouvelle. Il n'y a donc pas lieu de nous y arrêter.
IV. Depuis la. prise de Constantinople par les Turcs. — Avec la conquête ottomane commence pour l'Église grecque une existence toute nouvelle, dont les conditions imposèrent nécessairement aux esprits une orientation qu'ils n'avaient point connue auparavant. Dans le domaine psychologique, le seul qui doive nous occuper ici, cette conquête amena comme dans les affaires extérieures une certaine anarchie. L'enseignement traditionnel faisant défaut, les rares intelligences que tourmentaient encore les problèmes de la destinée
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humaine, se créeront une sorte de philosophie individuelle, au gré de leur caprice ou des inlluences du dehors. Dans son Discours sur la création, Pachomios Rliusanos (1510-1553?) enseigne la création de l'âme par Dieu et l'immortalité du premier homme, bien que, sur ce dernier point, sa doctrine soit un peu hésitante. Ph. Meyer, Die theologische Literatur der griechischen Kirche im xvi Jahrhundert, in-8°, Leipzig, 1899, p. 49. Théophile Corydallée (1563-1646) se lit au xvne siècle, l'ardent propagateur des doctrines d'Aristote. Disciple de l'Italien César Cremonini, il écrivit comme ce dernier un Traité de l'âme qui le fait mettre par plusieurs de ses coreligionnaires au nombre des athées; il allait jusqu'à nier l'immortalité de l'àme. Ph. Meyer, op. cit., p. 10. Son influence n'en fut pas moins considérable, et tous les philosophes grecs du XVIIe siècle, Alexandre Mavrocordato, Nicolas Koursoulas, Georges Sougdouris, furent péripatéticiens. Une nouvelle ère s'ouvrit avec le XVIIIe siècle. Méthode Anthracites mit en grec les œuvres de Descartes et de Malebranche et, en 1723, un synode de Constantinople le condamna comme hérétique ; il avait fini par tomber dans un panthéisme idéaliste, qui mettait en cause l'existence même de l'âme. Un autre philosophe, Christodoulos d'Acarnanie, embrassait quelque temps après les erreurs de Spinoza et l'Église oflicielle l'excommuniait en 1793. Ph. Meyer, op. cit., p. 14. Et pourtant vers la même époque, l'évèque de Campanie, Théophile, écrivait dans son Ta|xeïov 6p6o3o££a;, un chapitre presque irréprochable sur l'àme humaine; c'est le quatre-vingt-seizième de cet ouvrage si souvent réimprimé. Cf. l'édition de Tripoli, 1888, in-8», p. 209- 215. Le célèbre Eugène Bulgaris (1716-1806) n'est qu'un éclectique en philosophie; il emprunte à Locke beaucoup de ses théories, rejette les idées innées et regarde l'âme comme une table rase. 'II Xoyixii, èx 7ra).ai<ov te xaï vewTÉpiov (ruvspavta-QEÏira, in-8°, Leipzig, 1766, p. 58-59. Dans son Cow>'s de t/téologie, Bulgaris passe rapidement sur l'origine de l'âme et ses facultés; il en prouve assez bien la spiritualité, en appuyant ses conclusions sur plusieurs textes scripturaires. ©EoXoyix'jv, in-8°, Venise, 1872, p. 380-389. La démonstration de la spiritualité de l'âme semble avoir été la grande préoccupation des théologiens grecs de la fin du dernier siècle. Le seul chapitre qu'Athanase de Paros consacre à l'âme dans son Exposé des dogmes est intitulé : ot^ àôâvaTÔv -ci yp^jj.a xa'i açôaprov, tj OéoÛev tô> àvOpcÔTca) i\nrvvjn§v.GZ. <|/'J-/Y1. 'E7iitoij.ï) eïte aVXXoyr, tô>v Oei'wv tT|Ç tïicttewç Soyl>.à-w, in-8», Leipzig, 1806, p. 262-269.
Nicodème l'Haghiorite, de Naxos (f 1809), traite souvent de l'âme dans ses nombreux et volumineux ouvrages, mais sans trop sortir du domaine de l'ascétisme. Quand il lui arrive de parler psychologie, il ne fait que répéter la vieille théorie de la division de l'àme en trois parties : XoyicrTcxôv, 8uu.txov, È7rcO\j|i7)T'.x6v. Voir par exemple, son ouvrage intitulé : K^ttoç -/apÎTtov, in-4°, Venise, 1819, p. 10. Le manque d'originalité est, d'ailleurs, le moindre défaut de la philosophie des Crées modernes. A peine affranchis du joug ottoman, ils se livrèrent avec leur ardeur ordinaire à l'étude des systèmes philosophiques de l'Allemagne ou de la France et, sans toujours les comprendre, essayèrent de les faire pénétrer dans leur langue, sinon dans leur esprit. Il sortit de ce chaos une philosophie composite, dont l'histoire n'est pas à faire; elle devrait se borner à une sèche énumération de traductions ou d'adaptations d'ouvrages étrangers. On doit pourtant une mention spéciale à un philosophe encore vivant, Apostolos Makrakis, dont la doctrine sur le compose'' humain eut l'honneur d'être condamnée, en 1879, par le saint-synode de Grèce. Dans bon nombre de brochures, comme dans son journal le Aôyo;, Makrakis préconise ce qu'il appelle le Tpia-'JvOsTov, c'est-à-dire la composition de l'homme en trois éléments : 'l?v/y\, i:v£-j|j.a, <sù>\t.a. ou o-ipf. La nature humaine n'est parfaite qu'à la
condition de les réunir tous les trois. Jésus-Christ luimême n'a été homme parfait que le jour où il reçut, dans les eaux du Jourdain, « l'esprit, » t'o 7rvEJ|j.a. Condamné à Athènes, Makrakis en appela au patriarche de Constantinople Denys V, et lui adressa, sous forme de mémoire, une apologie de son système. A l'entendre, le 7rvE0[j.a n'est pas la ùvyrj; c'est une parcelle, une communication « de l'esprit de Dieu et du Christ faite à l'homme, en tant que celui-ci est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu ». Notre philosophe ne craint pas d'appuyer son dire sur l'autorité de saint Grégoire de Nysse ; il n'admet point que le IIe concile œcuménique ait anathématisé cette erreur dans la personne d'Apollinaire. L'occasion était belle pour le patriarche de Constantinople d'affirmer par une intervention officielle sa suprématie doctrinale; mais Denys V ne répondit point et Makrakis continue d'enseigner sa théorie du TpccûvÔETov. Un autre écrivain encore vivant, Nectaire Kephalas, a écrit sur les Commémoraisons funèbres un intéressant opuscule, dont la majeure partie est consacrée à prouver l'immortalité de l'âme. Ta tepà u,vr)u.ôo-jva, in-8°, Athènes, 1892, p. 7-24. En dehors de ces deux écrivains, je ne puis que signaler, par ordre de date, les auteurs de manuels scolaires ou de traités les plus répandus : N. Khortakis, 'Av6pa>nûXoyi'a <xio|AaTix-r) xai ^•J/oXoyixr,, in-8°, Athènes, 1865; C. Papadoukas, Wvyo- Xoyîa Ëfj.TCiptxrl, in-8», Athènes, 1871; P. Bradas Armenis, 'E7riaroXa\ 4>i).o6éou xai E'iyEvi'ov, v^toi a-JVTOfio; UEpt 'ii-jyr^ xa\ 8eo0 6i8a<rxaX:a, in-8°, Athènes, 1884 ; J. Skaltsounis, ^PuyoXoytxa'i |xE>.ÉTai, in-8°, Athènes, 1889 ;— 'Ap(j.oveat 5(pi(7Tcavi<T[j.O'j xai È7ri<TTï||iT); xa\ TtEp'i yEvÉaEw; to-j àv6p(Ô7ro'j, in-8", Athènes, 1893; A. K. Spathakis, *FuyoXoy;a è[iuEtpixT) x«i Xoyixïj, in-8°, Athènes, 1895; D. Olympios, ^ÏV/oXoyia; è[j.7rEipiXTj; Èy/Ecpi'8iov (simple traduction du manuel de G. A. Lidner), in-8°, Athènes, 1896; T. Sophianos, 0su>pï)TixY) 4/uX0^0Yta> in-8°, Constantinople,
V. Eglise russe. — L'Eglise russe, dans son enseignement officiel sur l'âme humaine, s'en tient strictement à la doctrine formulée au XVIIe siècle dans la Confessio orthodoxa, si souvent imprimée depuis, part. I, rép. 28. Elle professe naturellement la création de l'àme par Dieu. Mais comment entend-elle cette création? Elle ne le détermine point d'une manière précise. Toutefois, le plus grand de ses théologiens, Macaire, pense « que Dieu crée les âmes humaines, ainsi que les corps, par la vertu de cette même bénédiction : Croissez et multipliez-vous, donnée par lui dès le commencement au premier couple; qu'il les crée, non de rien, mais de l'âme des parents ». Ce qui pousse Macaire à adopter cette manière de voir, c'est la doctrine du péché originel, « dont la transmission, dit-il, serait impossible si Dieu tirait les âmes du néant. » Objecte-t-on au théologien russe que l'âme, être simple, ne saurait être formée d'une autre âme? Il répond que Dieu, esprit pur, engendre pourtant de son essence le Fils et produit le Saint-Esprit, sans qu'il y ait division ou partage de son indivisible essence. Aussi ajoute-t-il avec les anciens docteurs que le mystère de la création de nos âmes n'est accessible qu'à Dieu seul. Théologie dogmatique orlliodoxe, trad. par un Russe, t. I, in-8», Paris, 1859, p. 535. Tout en professant cette opinion, Macaire rejette le traducianisme et la divisibilité de l'àme des parents; il n'admet pas que Dieu crée les âmes de rien, doctrine inconciliable à ses yeux avec le dogme de la transmission du péché originel. Cette grave question tle l'origine de l'àme a fort préoccupé les théologiens russes, mais ils ne sont point encore parvenus à s'entendre sur un mode de conciliation. Cf. Et. Jauwsky, Indication des questions théologiques , dans les Lectures chrétiennes, 1844, t. m, p. 400-113; Th. Procopovitch, Tlieologia christiana orthodoxa, in-8°, Kœnigsberg, 1773-1775, t. il, p. 37-15. L. Petit.